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20/08/2009

LUTTE CONTRE LES EVASIONS: UN FAMEUX CASSE-TETE (DH 16-08-09)


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Vingt-trois juillet 2009. Un événement va se dérouler qui sera peu commenté par la presse flamande – l'affaire, il est vrai, se passe en Flandre, et le ministre de tutelle est du Nord du pays -: avec l'aide d'un hélicoptère, trois détenus s'évadent de la prison de Bruges. Or celle-ci est équipée de filets empêchant pareilles évasions. Oui mais voilà, les fugitifs n'étaient pas incarcérés dans le quartier de haute surveillance, sur lequel sont posés ces fameux treillis. Preuve qu'ils ne sont pas la panacée. Lundi en huit, lors d'une réunion qui se tiendra entre les acteurs de ce dossier, gageons que la sécurisation des prisons sera abordée. Même si elle ne figure pas à l'ordre du jour. Afin d'en savoir plus, nous avons interrogé Laurent Sempot, attaché à la direction générale des établissements pénitentiaires, au SPF Justice, Didier Breulheid, délégué CSC service public et Laurent Vrijdaghs, président de la Régie des Bâtiments.

 

Le dossier repart de zéro

La Dernière Heure: Trois évasions à Bruges, alors que la prison est protégée par des filets…

Laurent Sempot: Les détenus étaient ailleurs. Reste que la pose de treillis est extrêmement chère: à Bruges, le préau en question est grand comme un terrain de football.

DH: Qu'en est-il des autres prisons?

LS: Au même titre que tous les bâtiments de l'Etat (musées, administrations…), les prisons sont gérées par la Régie des bâtiments. Celle-ci a introduit des dossiers en 2007. Ils viennent d'être réactivés par le ministre de la Justice, Stefaan De Clerck, suite à la triple évasion de Bruges.

DH: Qu'entendez-vous par "réactivation des dossiers"?

LS: Comme on l'a vu à Bruges, la pose de filets n'est pas la seule option pour mieux sécuriser les prisons. On peut aussi envisager le placement de poteaux, au milieu des terrains à protéger, voire le tirage de câbles qui quadrilleraient les lieux. Le ministre veut réexaminer ces différentes solutions.

DH: A priori, Stefaan De Clerck privilégie-t-il un type de protection?

LS: Je crois savoir qu'à son cabinet, on est assez favorable aux poteaux. Mais aucune option n'a encore été officiellement retenue.

DH: Quand elle était ministre de la Justice, Laurette Onkelinx préférait les filets. N'a-t-on pas déjà perdu beaucoup de temps?

LS: Le dossier repart à zéro et la Régie des bâtiments travaille à son propre rythme. Étant donné l'étendue de ses compétences, elle a aussi sa sensibilité propre.

DH: Qui décide quoi?

LS: C'est la Justice qui gère ce problème et la Régie qui le finalise.

DH: On a l'impression que chacun se renvoie la balle…

LS: La triple évasion de Bruges montre combien il est difficile de privilégier une solution. À la limite, rien ne dit qu'on ne peut pas envisager un mixe des différentes options: filets, poteaux, câbles… La protection en serait peut-être améliorée, sans parler des coûts que l'on pourrait diminuer.

L'hyper-sécurisation est dangereuse

La Dernière Heure: En tant que syndicaliste, y a-t-il une solution que vous privilégiez, pour la protection des prisons?

Didier Breulheid: L'hyper-sécurisation pourrait, elle-même, se révéler dangereuse. La pose de filets, pour ne parler que de cette solution, conduira les détenus à réfléchir à d'autres moyens pour s'évader. Je songe à une escalade de la violence, dont la prise d'otages.

DH: A quel niveau placeriez-vous la qualité de la sécurité des prisons belges?

DB: A Bruges, Ittre, Andenne et Gand, la sécurité est bonne. Même s'il y reste des problèmes à résoudre…

DH: A quoi songez-vous?

DB: Outre que, comme à Bruges, il est impossible de poser des filets sur toute une prison, leur placement implique d'autres problèmes: le contrôle du trafic aérien, la création de normes plus strictes pour les baptêmes de l'air, l'obligation de posséder un certificat de bonnes vies et mœurs pour les pilotes… Déontologiquement, je ne puis cependant vous citer toutes les failles que nous avons repérées.

DH: Cela donnerait des idées aux candidats à l'évasion?

DB: Exactement! Sans compter que la protection des prisons n'est pas l'affaire des syndicats: nous sommes là pour protéger le personnel pénitentiaire, tandis qu'il revient aux politiques de protéger l'ensemble de la population.

DH: Certains semblent accuser de tous les maux la Régie des bâtiments…

DB: Les moindres travaux imposent l'avis de la Régie. À la prison d'Andenne, il a fallu des mois pour réaliser des choses qui ne demandaient que peu de temps.

DH: Y a-t-il des prisons que vous estimez mal protégées?

DB: Bien sûr! Je citerais Huy, Dinant, Lantin… Ces trois-là sont très anciennes.

Responsabilités partagées entre la Justice et la Régie

La Dernière Heure: La Régie des bâtiments a-t-elle traîné, dans le dossier de la sécurisation des prisons?

Laurent Vrijdaghs: En 2007, Laurette Onkelinx a proposé des pistes au gouvernement, mais ce n'était que des pistes. Pas du concret. Je dirais qu'entre la Justice et la Régie, les responsabilités sont partagées. Ainsi, dans certains cas, la Justice refuse le placement de poteaux. Il n'existe pas une seule et unique solution.

DH: Il y aurait donc d'autres pistes qui n'ont jamais été officiellement évoquées?

LV: Oui, comme la plantation d'arbres de haute taille, l'installation de phares, mais cela ne convient que pour la nuit… En n'oubliant pas que toute option nécessite des choix: quelle taille pour les filets, quel maillage, serré ou non…

DH: Où en est-on réellement?

LV: A la Régie, nous avons déjà fait des dizaines de propositions concrètes et le temps a été long pour la mise en place de groupes de travail. Mais là, on y est: la Justice est occupée à lister les problèmes afin que nous puissions intervenir.

DH: Par exemple?

LV: Je peux annoncer que les travaux débuteront en septembre, pour les prisons de Hasselt et Bruges. Et, d'ici la fin de l'année, la liste complète sera sur la table.

DH: Si l'on vous suit, la Justice et la Régie travaillent désormais ensemble?

LV: Exactement! Les ministres des deux départements ont d'ailleurs signé un protocole qui permet de ne plus partir dans tous les sens. De plus, dans les deux ministères, existent des responsables spécifiques des dossiers: un à la Justice, pour la Régie, et deux autres à la Régie, pour la Justice. En outre, un plan pluriannuel a été conçu qui a trait aux investissements, aux travaux lourds…

 

QUE DU BONHEUR (DH 09-08-09)


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L'étrange pouvoir des comités de direction

On s'en souvient, le gouvernement n'était pas resté inactif, suite aux mouvements de grève du printemps dernier: il avait débloqué le budget nécessaire à l'engagement de 600 (!) nouveaux matons. Et pourtant! À la grande fureur des ministres, les membres du comité de direction du SPF Justice en ont décidé autrement. Seule une petite partie des engagés a été affectée à la mission pour laquelle elle avait été recrutée. Ce détournement a d'ailleurs été débattu, début juillet, lors d'un conseil des ministres. "C'est la logique Coperfin qui permet de telles embrouilles", nous a commenté un ministre. Traduction libre: les patrons des administrations font ce qu'ils veulent des décisions gouvernementales. Notre confident poursuit: "Il en va de même pour le remplacement des fonctionnaires qui partent à la pension. Étant donné qu'ils coûtent cher à cause de leur ancienneté, on les remplace par un plus grand nombre de recrues qu'il ne faudrait." Résultat? "Si l'on ne fait rien, dans 20 ans, la Fonction publique sera surpeuplée!" Comme on vous le dit! Que ceux qui croient qu'il s'agit d'une galéjade aillent donc voir du côté de Steven Vanackere, ministre CD&V de la Fonction publique, et Melchior Wathelet, secrétaire d'Etat CDH au Budget: ils ont été chargés de plancher sur ce dossier brûlant. Mais chut, ne le répétez pas, cela doit rester entre nous…

robert urbain.jpgRobert Urbain a déçu

Les lecteurs de notre rubrique dominicale n'auront pas été étonnés par les derniers avatars de Robert Urbain, ex-commissaire général de l'exposition de Shanghai 2010. Par deux fois déjà, nous nous étions fait l'écho de la mauvaise humeur des Premiers ministres – Yves Leterme, puis Herman Van Rompuy – concernant l'inertie du ministre d'Etat socialiste dans ce dossier. Si Leterme avait fait appel à son coreligionnaire Leo Delcroix pour relancer la machine, Van Rompuy l'avait désigné commissaire adjoint, le 30 juin dernier. La suite était aisée à deviner. Sentant l'oignon, Urbain a donc préféré se retirer. Un peu comme Enzo Scifo qui démissionna de son poste d'entraîneur de Mouscron avant d'être officiellement remercié. L'ancien multi ministre du Commerce extérieur a beau avancer toutes les explications du monde, il ne convainc guère: il n'a pas été à la hauteur de cette tâche à 3.600 euros mensuels, menus frais non compris…

Paris Match ne connaît pas la crise

À Paris Match Belgique, on n'a pas été loin d'ouvrir le champagne: par rapport à l'année dernière, juillet 2009 totalise en effet 29,9% de ventes en plus. La mort de Michael Jackson n'est pas étrangère à ce succès qui permet au numéro sorti pour l'événement de battre ceux diffusés lors des décès de Jean-Paul II ou Rainier de Monaco, voire pour les attentats du 11 septembre 2001. Juillet est donc le meilleur mois depuis qu'existe l'édition belge de l'hebdomadaire. Crise mondiale, vous avez dit crise mondiale?!

rallye-des-autos.jpgManque d'imagination

Fin des années 80, dans une série consacrée aux vacances des hommes politiques, nos confrères de La Libre Belgique les avaient entre autres interrogés sur leur actrice idéale. Neuf sur dix avaient répondu: Catherine Deneuve. Cette année, L'Echo a remis le couvert en posant le même type de questions à certains grands décideurs: Roch Doliveux (UCB), Daniel Weekers (Be TV), Philippe Delusinne (RTL), Peter Praet (Banque Nationale), Mischael Modrikamen… Cette fois, c'est le très select "Rallye des autos" qui fait la quasi-unanimité, étant l'établissement le plus cité par ces Messieurs. Vincent, son patron, n'avait jamais connu pareille publicité gratuite…

Coups de soleil

À la télé, l'été n'est pas uniquement propice aux rediffusions. Il provoque également, de-ci de-là, des pannes de cerveau. Liste non exhaustive des récents couacs. À RTL, Micheline Thienpont, a parlé de la reprise de la Coupe de Belgique de football (au lieu du championnat), avant d'annoncer le décès de Corazon AquiTo. Côté RTBF, pour illustrer l'éventuel retour d'Emile MPenza en équipe nationale, l'archiviste avait choisi une photo de son frère, M'BO. Enfin, en France, on a pu entendre Harry Roselmack (TF1) conclure un bafouillage par un inusité "Je me suis mélangé les pinceaux". Nul n'est parfait…

La phrase de la semaine

"Écouter l'industrie du tabac, c'est comme écouter Marc Dutroux parler du combat contre les abus sexuels." (Le professeur Dubois, spécialiste du tabac, sur France 5)