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15/01/2010

HENRI SIMONS, ETERNEL OUBLIE? (Que du bonheur, DH du 10-01-10)

simons.jpgDans son édition d'hier samedi, notre confrère La Libre Belgique évoquait un autre marchandage que celui pour les trois présidences de SPF: il vise à désigner les responsables d'institutions culturelles chapeautées par le Fédéral. À l'issue de Conseil des ministres de vendredi, rien n'a été décidé dans ce dossier. Parmi les postes à distribuer, une place d'administrateur au Palais des Beaux-Arts. En remplacement de Frédéric Delcor, le PS songerait à Henri Simons, ex-Ecolo recalé au scrutin électoral. Ce boulimique est actuellement directeur de l'asbl Atomium, patron-fondateur de l'asbl d'urbanisme Citytools et… membre du cabinet de Paul Magnette à titre d'expert, comme indiqué sur le site www.magnette.fgov.be Or, qu'a-t-on pu observer en parcourant la liste des signataires de la carte de vœux du ministre du Climat et de l'Energie? Simons n'y figurait pas! Simple hasard, sans doute…

24/12/2009

PHILIPPE VAN PARIJS: "LA BELGIQUE A BESOIN DE PERSONNES COMME VAN ROMPUY" (Paris Match du 24-12-09)


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Pour commenter l’édition 2009 du Belge de l’année, Paris Match a interrogé Philippe Van Parijs qui anime la Chaire Hoover d'éthique économique et sociale, à l’Université catholique de Louvain. Ce philosophe est un des observateurs les plus aiguisés de l’actualité politique, économique et médiatique belge. Fait rare, il lui arrive de participer à des débats, organisés tant au nord qu’au sud du pays. Il était donc intéressant de lui demander quel regard il portait sur les résultats.

Paris Match : Sur un plan global, comment analysez-vous ce classement ?

Philippe Van Parijs : Un premier point d’abord. Ce sondage est bien celui « du » Belge de l’année écoulée : une seule femme – Kim Clijsters - figure parmi les dix premières personnalités retenues. Deuxième observation, bien que l’enquête ait été réalisée par des médias du sud du pays, il s’agit bien du « Belge » et non du « francophone » puisque, si l’on reprend les mêmes dix premiers, on trouve Herman Van Rompuy, Frank De Winne, le père Damien, Kim Clijsters, qui sont tous Flamands.

PM : Kim Clijsters figure dans le sondage, tandis que Justine Henin n’y est pas. Le signe d’une sympathie plus grande des Belges à son égard ?

PVP : Kim Clijsters est parvenue à confirmer son retour et le public a considéré comme remarquable le fait que cette joueuse soit mère de famille. Justine Henin, elle, n’a pas encore pu confirmer son retour.

PM : Les résultats auraient-ils été fort différents, en Flandre ?

PVP : Certains noms figureraient sûrement dans la liste – Van Rompuy, le père Damien, Frank De Winne, et même Daerden ou Reynders –, mais d’autres s’y seraient ajoutés : des personnalités moins connues, au sud du pays, comme le ministre Frank Vandenbroeck, par exemple.

PM : Si, personnellement, vous aviez voté, les résultats auraient-ils été fort différents ?

PVP : J’aurais ajouté l’un ou l’autre nom, comme ceux de Paul Magnette, qui a émergé en 2009, Bart De Wever, pour sa personnalité et sa victoire aux élections régionales, ainsi que le bruxellois Nabil Ben Yadir, réalisateur du film « Les barons » qui vient d’être primé au festival du film de Marrakech.

PM : Herman Van Rompuy doit-il sa victoire à sa seule élection à la présidence de l’Union européenne ?

PVP : Je dirais qu’il la doit surtout à cette désignation. Elle a fait parler de la Belgique et continuera à le faire. Cependant, il doit aussi sa nomination à la manière dont il a rempli sa fonction de Premier ministre : i l a apaisé le climat et a imposé une image positive. Au contraire d’Yves Leterme qui, jusqu’à présent, n’a pas été capable de remplir aussi bien sa tâche de Premier ministre. Et pourtant, ce dernier dispose d’atouts non négligeables : il est meilleur bilingue que Van Rompuy, son père est francophone et – ceci n’est pas si anecdotique qu’il n’y paraît – il est supporter du Standard.

PM : Un avis personnel sur la place d’Herman Van Rompuy ?

PVP : En Belgique, nous avons besoin de personnalités comme lui. Nous n’avons pas besoin d’un Obama ou d’un Blair. En ce sens, il est sain que Van Rompuy soit arrivé en tête : j’en suis heureux pour la santé de l’opinion publique.

PM : Comment pouvez-vous affirmer que Van Rompuy va continuer à faire parler de la Belgique ?

PVP : Tout va dépendre de ce qu’il fera : il va devoir montrer de quoi il est capable.

PM : Si Herman Van Rompuy avait été désigné président en février, croyez-vous qu’il aurait figuré en aussi bonne place dans ce sondage réalisé en fin d’année ?

PVP : Vous avez raison, il y a de fortes chances qu’il ait été moins bien classé.

PM : Avec pareil sondage, on est un peu le nez sur les événements…

PVP : Je vous répondrai par un exemple historique. Qui aurait pu dire à la fin de 1848, que l’événement le plus important de l’année avait été la rédaction, par Karl Marx, dans une petite rue d’Ixelles, du manifeste du Parti communiste ?

PM : Cela relativise-t-il fort ce sondage ?

PVP : Disons que cela relativise la porté des questions et des réponses.

PM : A la deuxième place, figure Frank De Winne : est-ce le reflet d’un certain chauvinisme ou bien son séjour dans l’espace doit-il être considéré comme un exploit capital ?

PVP : Sa place est surtout le reflet de sa présence dans les médias. Pour ce qui concerne l’importance de l’espace, il convient de la relativiser : c’est principalement un Belge qui a été sélectionné. Un sondage comme celui de Paris Match, RTL TVi et Bel RTL, c’est un peu comme si les médias demandaient si on les a bien écoutés. Il s’agit d’un instantané de fin d’année. Disons aussi que pareille enquête est une manière de faire le point.

PM : Comment réagissez-vous au fait qu’il y ait des groupes d’hommes, dans les 10 premiers : les agriculteurs en colère et les victimes de Ghislenghien ?

PVP : Cela montre que les gens sont sensibles au drame économique sans pareil que vivent les premiers et au calvaire humain que vivent les seconds.

PM : Et la présence du père Damien à la quatrième place ?

PVP : C’est un des éléments les plus étonnants du sondage car il n’est plus en vie. Mais une fois de plus, et comme pour Van Rompuy et Leterme, cette présence est le reflet de la place que lui ont donnée les médias.

PM : Les lauréats ne sont pas nécessairement tous là pour leur image positive : Michel Daerden par exemple, est fort controversé…

PVP : A côté de la reconnaissance, qui est le résultat d’une présence dans les médias, il faut tenir compte du fait que ce ne sont pas nécessairement les plus méritants qui ont été retenus.

PM : Le ministre Daerden a été, il est vrai, fort présent dans les médias…

PVP : En plus de cette présence, il y a aussi un réel talent de communicateur. Cela a plus pesé que les mesures qu’il a prises, ou non, voire que son efficacité au travail.

PM : Sa deuxième place parmi les hommes politiques doit-elle être considérée comme un désaveu pour ses détracteurs et faut-il y voir une victoire de la classe populaire sur les intellectuels de la politique ?

PVP : Dans la liste figurent 4 politiques. La place de Daerden traduit le fait que, dans l’opinion publique, il a plus de notoriété que d’autres. Pour préciser ma pensée, j’insiste sur le fait que ce ministre ne déshonore pas le sondage, mais il permet de mieux comprendre ce qu’est véritablement votre enquête.

PM : Vous songez à quelqu’un qui aurait pu se retrouver dans le sondage, négativement s’entend ?

PVP : Le coureur cycliste Frank Vandenbroucke, par exemple !

PM : Didier Reynders, lui aussi, a été controversé, dans son parti. Il est pourtant classé dans les 10 premiers…

PVP : Cela montre que ce sondage est le reflet des tendances politiques des lecteurs de Paris Match, Bel RTL et RTL TVi.

PM : A la lecture de l’enquête, croyez-vous que, pour le ministre des Finances, le plus dur est passé ?

PVP : Tout dépendra de ce qu’il fera !

PM : Alain Hubert est 9ème. Encore le reflet de l’inquiétude des citoyens pour la planète ?

PVP : C’est à la fois le reflet de la prise de conscience des médias, mais aussi de l’inquiétude des gens.

PM : Vous insistez beaucoup sur le rôle des médias…

PVP : Ce sont eux qui font qu’une personne est présente ou absente. Quelqu’un comme Jean-Pascal van Ypersele ne figure pas dans le sondage parce qu’il est plus austère et moins médiatique qu’Alain Hubert.

PM : Le Roi Albert II est seulement classé 7ème. En raison des controverses suscitées par les dotations, par les révélations sur sa fortune, ou faut-il y voir un signe négativement plus important ?

PVP : Non, je doute qu’il y soit pour ces raisons. Je m’étonne même que Le Souverain figure dans le sondage.

15/12/2009

VAN CAU: "J'ETAIS SEUL CONTRE TOUS!" (DH, 13-12-09)


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La Dernière Heure : Le nouveau président, Paul Magnette, avait dit que votre candidature à la vice-présidence était un mauvais signal…

Jean-Claude Van Cauwenberghe : Au contraire, je voyais ma candidature comme le symbole d’une réconciliation. Je ne suis pas élu, ayant fait sept voix contre 13, ce qui n’est pas mal. Et, surtout, je suis redevenu membre de l’exécutif.

DH : Vous vous attendiez à cette défaite ?

JCVC : Oui, je l’avais dit en arrivant au dépouillement.

DH : Comment expliquez-vous ce mauvais résultat ?

JCVC : Pour le poste de vice-président « homme », auquel je me présentais, il y avait 3 candidats. L’un d’eux s’est désisté, il y a peu, et toutes les forces d’en face se sont regroupées sur un même candidat. Dans de telles conditions, il n’était pas facile de gagner.

DH : Vous êtes amer ?

JCVC : Outre que cette élection s’est déroulée dans les conditions particulières que j’ai énoncées, elle fait suite à quatre années de diabolisation. Je le répète : il ne m’était pas facile de gagner dans de telles conditions.

DH : Vous remettez cette élection en question ?

JCVC : Je pourrais le faire ! Magnette a bel et bien bâti toute sa réputation sur un manichéisme : le fait que le nouveau président ait à ce point pris position contre moi mériterait l’introduction d’un recours. Évidemment, je n’en ferai rien.

DH : Vous allez conserver la même ligne de conduite ?

JCVC : Je vais continuer à me battre. Pour preuve, j’ai déjà déposé 6 points pour le prochain ordre du jour. Leurs thèmes : le port du voile, la fin des commissariats de quartier, la construction d’un stade de foot pour le mondial…

DH : Votre candidature était-elle une manière de mieux protéger votre fils, en cas de victoire ?

JCVC : Non ! De toute manière, si j’avais été élu, on aurait dit que la vice-présidence n’était pas importante, ce que Magnette avait fait avant de connaître le résultat du scrutin. Reste que le bureau compte 16 membres, dont certains me sont proches, et que la vice-présidente élue, Brigitte Fronville, a aussi son franc-parler. Je ne suis pas seul.

DH : Pas de regrets, donc ?

JCVC : Hors toute immodestie, s’il y avait autant de caméras et de journalistes ce samedi soir, c’était à cause de ma candidature. Avec ou sans casquette de vice-président, je continuerai dans la voie que je me suis fixée : je resterai vigilant!