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27/01/2010

SOUS LE REGARD DE LA FLANDRE - CARL HUYBRECHTS: "A BRUXELLES? JE ME SENS UN ABORIGENE!" (DH 24-01-10)


carlhuybrechts.jpg

Troisième épisode de notre rubrique dominicale: quel regard les Flamands les plus connus – les Bekende Vlamingen (BV) – portent-ils sur nous, Wallons et Bruxellois francophones?

Petit rappel. Les "BV", ce sont un peu les people flamands: quelques rares politiques, des journalistes et animateurs télé, d’anciennes Miss, des sportifs, certains participants à des émissions de divertissement. Cela va de la famille Pfaff à Bart De Wever, en passant par Frank De Winne ou Koen Wauters, le chanteur de Clouseau. La marque "BV" a été créée par la chaîne privée VTM, à ses débuts en 1989, avant d'être reprise par la presse écrite, Dag Allemaal et Het Laatste Nieuws en tête.

Aujourd'hui, la parole à Carl Huybrechts, figure emblématique des présentateurs sportifs de la VRT durant les années 70, 80 et 90, mais aussi aux commandes des célèbres Night of the Proms depuis plus de 20 ans, et chroniqueur de l'émission à succès de la RTBF, Studio 1.

À Bruxelles, je me sens un aborigène !sint-jan berchmans, gand,

La Dernière heure : En tant que commentateur de football, vous avez écumé les stades de Bruxelles et de Wallonie durant des décennies ?

Carl Huybrechts : Je connais la Wallonie depuis bien plus longtemps que cela : j’ai été scout au collège Sint-Jan Berchmans à Gand, et pendant 12-13 ans, j’ai participé à des camps. Ce sont mes meilleurs souvenirs de vacances. J’ai aussi des liens familiaux avec la Wallonie et, enfant, j’y allais en vacances avec mes parents.

DH : Vous aimiez bien ?

CH : C’était comme aller à l’étranger. Tout y était différent : la langue, la culture, la nourriture, la manière de manger…

DH : Puis, est arrivé le journalisme sportif ?

CH : EN 74, je suis tombé dedans, à la VRT ! Quand j’effectuais des reportages à l’étranger, je cherchais mes collègues de la RTBF. Certains sont devenus de véritables amis. J’ai écouté Arsène Vaillant pendant des heures me raconter sa vie de joueur de foot. C’était un gentleman. Et Laboureur, quand nous nous voyons à The night of the Proms, nous nous embrassons à nous étouffer. Il y a aussi Michel Lecomte, Franck Baudoncq…

DH : Quelles sont les villes wallonnes que vous appréciez le plus ?

CH : Le premier véritable château que j’ai vu était à Bouillon, la ville de Marcel Javeau que je retrouve à Studio 1. Il y a aussi La Roche, où j’ai passé des vacances. Et plus tard, Liège : le Standard est le club de mon cœur qui a remplacé le Beerschot.

DH : Et Bruxelles ?

CH : Pour moi, Flamand, je digère mal le fait qu'on oublie que cette ville fut flamande, il y a deux siècles. Sur les poutres de l’Hôtel de Ville, il y a des dictons en vieux flamand. Peu de francophones le savent. Quand je me promène à Bruxelles, je me sens comme un aborigène ! J’y suis un paria !

DH : Pouvez-vous expliquer ?

CH : Il y a quelques jours, j’étais avec un ami fonctionnaire et nous avons été manger près de la Grand-Place. Impossible de trouver un restaurant avec une carte écrite en bon flamand. Impossible aussi de trouver un seul serveur qui nous parle dans notre langue.

DH : Vous n’aimez pas Bruxelles ?

CH : Si je ne rencontre aucun problème avec les Wallons – qui se foutent de BHV ! –, je trouve que Bruxelles n’est plus une ville agréable à vivre.

DH : Qu’est-ce que BHV a à voir avec votre jugement sur la capitale ?

CH : Les francophones quittent la capitale pour aller vivre dans des communes flamandes et veulent y être chez eux. Que Bruxelles se soit francophonisée est une chose, mais qu’on n’aille pas plus loin !

DH : Avant, vous aimiez Bruxelles ?

CH : Oui, mais n’y a plus de vrais Bruxellois ! Toots Thielemans, avec qui j’ai travaillé, il y a peu, est un véritable Brusselleer : il parle le flamand des Marolles, il a d’énormes qualités de cœur. Plus rien n’est authentique, à Bruxelles : j'ai appris que Roger Vanden Stock, patron du Sporting d’Anderlecht, veut que son club devienne 100% francophone ?

DH : Ce que vous décrivez entache-t-il les relations entre Flamands et francophones ?

CH : Enfant, j’entendais ma mère compter en français et je regardais Le jardin extraordinaire, puis Le week-end sportif avant Sport week-end, à la VRT! C’était un peu comme si, Flamands et francophones étaient sur un même bateau. Aujourd’hui, il y a deux bateaux

DH : Votre conclusion ?

CH : Il faut réinventer la Belgique : la manière dont elle a été construite et dont on tenté de la faire survivre ne fonctionne plus. Ses structures politiques – et tous les dossiers importants : sécurité sociale, travail, économie… – sont paralysés par le communautaire. Que la Belgique reste un seul pays, ou deux, ou trois, peu importe, mais il faut que chaque partie roule à la vitesse qui lui convient.

Mini Quiz DH

DH : Pouvez-vous citer cinq ministres fédéraux francophones ?

CH : Milquet, Onkelinx, Magnette, Daerden, Reynders!

DH : Exact. Qui est bourgmestre de Liège ?

CH : Je ne sais pas !

DH : Willy Demeyer. Quels fleuves arrosent Namur ?

CH : La Meuse et la Sambre !

DH : Parfait ! Pouvez-vous citer trois chanteurs belges francophones ?

CH : Adamo, Jo Lemaire, mais je ne vois pas de troisième…

DH : Maurane, par exemple. Enfin, deux musées ont été inaugurés en 2009, du côté francophone. Lesquels ?

CH : Je ne vois vraiment pas !

DH : Le musée Hergé, à Louvain-la-Neuve, et le musée Magritte, à Bruxelles. Merci.

02/09/2009

ANDRE FLAHAUT: "JE NE ME SUIS PAS ENNUYE DURANT LES VACANCES!" (DH 30-08-09)


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La Dernière Heure: Durant des années, vous avez été le ministre "qui ne prenait jamais de vacances": en été, vous avez profité de ne plus être aux affaires pour prendre des congés?

André Flahaut: La politique est une affaire de continuité et ce n'est pas parce que les vacances arrivent qu'il n'y a plus rien à faire… Cette année, j'ai surtout été frappé par l'absence de nombre d'acteurs, sauf dans le dossier de la justice. De la sorte, la plupart des dossiers n'ont pas bougé: c'était un peu comme si un consensus avait régné pour ne rien dire de ce qu'allait être la rentrée…

DH: Vous ne vous êtes donc pas ennuyé?

AF: Non, pas du tout! Comme les années précédentes, j'ai suivi les dossiers avec attention et recul. Parmi eux, bien entendu, la Justice, avec ses rebondissements et la gestion par à-coups qu'on a vécue: les évasions, l'affaire De Tandt jusqu'à la commission d'hier vendredi.

DH: C'est tout?

AF: Non! J'ai aussi suivi des activités plus locales Ainsi, la volonté de la direction de la Poste de supprimer le bureau de Louvain-la-Neuve…

DH: Qu'en pensez-vous?

AF: Avant l'été, j'avais déjà rencontré le patron de la Poste. Ce dossier témoigne de la volonté aveugle d'imposer un plan de gestion arbitraire.

DH: C'est-à-dire?

AF: L'enfant que constitue Louvain-la-Neuve est devenu plus important que la grand-mère qu'est Ottignies. Dans certains cénacles flamands, on plaide pour la rentabilité extrême, alors que ce raisonnement a montré ses limites pour les banques. Le discours socialiste est plus actuel que jamais.

DH: Pour en revenir à l'affaire De Tandt?

AF: Je suis actuellement au Congo – de manière totalement privée, j'insiste! Cependant, ce n'est pas pour y donner des leçons. Je paraphraserais la vieille formule: on ne monte pas au poteau de téléphone quand on a un trou dans son pantalon!

DH: Qu'allez-vous plaider au Congo?

AF: Je souhaite que notre nouveau ministre des Affaires étrangères n'oublie pas ce pays. Les événements d'il y a quelques années (Ndlr: les déclarations de karel De Gucht) ont laissé des traces. La réouverture de notre consulat est un signe. Notre nouvel ambassadeur l'a bien compris. Il ne faut cependant pas que la situation budgétaire belge entraîne la diminution de l'intensité de notre collaboration avec le Congo.