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08/02/2010

SOUS LE REGARD DE LA FLANDRE, MARIANNE THYSSEN: "J'AI PASSE TROIS JOURS DE VACANCES DANS UN HOTEL A BRUXELLES!" (DH 07-02-10)


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Cinquième épisode de notre rubrique dominicale: quel regard les Flamands les plus connus – les Bekende Vlamingen (BV) – portent-ils sur nous, Wallons et Bruxellois francophones? Pour rappel, les "BV" sont un peu les people flamands. Cela va de la famille Pfaff à Bart De Wever, en passant par Frank De Winne ou Koen Wauters, le chanteur de Clouseau. Cette semaine, nous avons interrogé Marianne Thyssen, présidente du CD&V et députée européen. Une parfaite bilingue et grande bosseuse.

La Dernière Heure : Quelle image avez-vous de la Wallonie ?

Marianne Thyssen : Celle que j’ai quand j’y passe à bicyclette : de la verdure, plus d’étendue qu’en Flandre.

DH : Votre région préférée, dans le sud du pays ?

MT : La Gaume, sans aucun doute.

DH : Connaissez-vous les régions industrielles : Charleroi, Liège ?

MT : Non ! J’aimerais d’ailleurs voir Liège. Y passer en voiture éveille la curiosité. Mais je n’en ai pas encore eu le temps…

DH : Vraiment ?

MT : Ce week-end, j’ai essayé de rencontrer en une fois « mes » ministres CD&V. C’était impossible et on a donc dû organiser deux réunions.

DH : D’autres villes que vous aimeriez mieux connaître ?

MT : Tournai, sans aucun doute ! Petite fille, j’y ai été en voyage scolaire. Ce dont je me souviens me donne envie d’y retourner.

DH : Selon vos proches, vous aimez aussi Orval et sa bière…

MT : (elle fusille gentiment du regard son porte-parole) C’est vrai, je l’avoue, c’est une région que j’adore. Et c’est ma bière préférée.

DH : Durant vos périples à vélo, vous avez rencontré des Wallons. Quelle typologie en feriez-vous ?

MT : Ils ne sont pas fort différents de Flamands. Sauf qu’ils sont moins stressés.

DH : Vous êtes la deuxième interviewée à dire cela : à quoi l’attribuez-vous ?

MT : Sans doute au fait que ceux que je vois habitent surtout à la campagne.

DH : A quoi est dû, selon vous, le fait que Flamands et Wallons soient proches ? Ce n’est pas une idée fort répandue…

MT : Il y a sans conteste plus de proximité entre Wallons et Flamands qu’entre les premiers et les Français ou entre les seconds et les Hollandais.

DH : Comment considérez-vous les francophones que vous côtoyez en politique ?

MT : Au Parlement européen, je m’entends fort bien avec l’Ecolo Philippe Lambert ou la CDH Anne Delvaux, voire enfin le germanophone Mathieu Grosch.

DH : Quelle langue parlez-vous entre vous ?

MT : On commence nos discussions en parlant chacun sa langue, puis cela varie…

DH : Et Bruxelles, qu’en pensez-vous ?

MT : C’est la ville où je passe l’essentiel de mon temps, puisque j’y travaille. Cette ville devient une vraie métropole. Mais, comme pour la Wallonie, je n’ai pas assez de temps pour flâner en ville…

DH : Depuis que vous y travaillez, Bruxelles s’est-elle dégradée ou améliorée ?

MT : Je ne peux vous répondre qu’au travers des témoignages qu’on m’a donnés. Ils sont plutôt positifs !

DH : Ce qu’on vous a dit ne vous donne pas envie de vous balader ?

MT : Une nouvelle fois, je n’en ai pas le temps. Il y 20 ans, j’aimais me promener dans la capitale, mais ce temps est révolu. C’en est au point qu’il y a peu, à défaut de temps pour partir à l’étranger, j’ai passé deux ou trois nuits dans un hôtel bruxellois. Et là, j’ai pu me balader à ma guise. Cela m’a fort plu.

DH : Quels endroits avez-vous retenus ?

MT : J’ai été dans le quartier du centre de congrès et de l’Albertine – c’est merveilleux ! –, j’ai visité le musée Magritte et d’autres très beaux endroits comme Tour et Taxis, les galeries de la Reine où j’ai été au cinéma, avant de boire un drink.

DH : Une Orval ?

MT : Non, j’aime aussi beaucoup le café !

DH : Quel est la caractère-type du Bruxellois ?

MT : J’y connais surtout des Flamands. Ils donnent l’impression d’être de passage. Un peu comme les étrangers du Parlement européen…

DH : Même à Bruxelles, il y a un véritable éloignement entre Flamands et francophones. Comme dans tout le pays ?

MT : En effet, il y a deux opinions publiques. Pour les connaître, il est bon de lire des journaux des deux langues.

DH : À propos de cette disparité, est-elle définitive ?

MT : On ne peut revenir en arrière.

 

Mini Quiz DH

DH : Trois villes arrosées par la Meuse ?

MT : Namur, Dinant et je n’en vois pas d’autres…

DH : Andenne, Huy, Liège… Le nom du présentateur-vedette de la RTBF ?

MT : Je ne sais vraiment pas…

DH : François De Brigode. Quelle était la compétence principale de Michel Daerden quand il était à la Région wallonne ?

MT : Le Budget !

DH : Exact ! Où joue le Standard de Liège ?

MT : Je ne pourrais le dire.

DH : A Sclessin !

MT : Mon mari ne va pas être content : il regarde beaucoup le foot. Enfant, il a même joué avec Jean-Marie Pfaff…

DH : Dernière question : Qui est bourgmestre de Bruxelles-Ville ?

MT : Freddy Thielemans !

DH : Parfait ! Merci beaucoup.

31/01/2010

SOUS LE REGARD DE LA FLANDRE (4): BRUNO TOBBACK: "LES WALLONS ONT DU MAL A ACCOMPLIR LEURS PROJETS!" (DH 31-01-10)


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Quatrième épisode de notre rubrique dominicale: quel regard les Flamands les plus connus – les Bekende Vlamingen (BV) – portent-ils sur nous, Wallons et Bruxellois francophones?

Petit rappel. Les "BV", ce sont un peu les people flamands: quelques rares politiques, des journalistes et animateurs télé, d’anciennes Miss, des sportifs, certains participants à des émissions de divertissement. Cela va de la famille Pfaff à Bart De Wever, en passant par Frank De Winne ou Koen Wauters, le chanteur de Clouseau. La marque "BV" a été créée par la chaîne privée VTM, à ses débuts en 1989, avant d'être reprise par la presse écrite, avec le plus important hebdo, Dag Allemaal, et le premier quotidien, Het Laatste Nieuws.Cette semaine, nous avons interrogé Bruno Tobback, fils de l’ancien ministre de l’Intérieur, et lui-même chef de groupe sp.a à la Chambre. Un « BV » qui monte…

La Dernière Heure : A quoi vous fait songer la Wallonie ?

Bruno Tobback : Les premières images remontent à ma petite enfance et plus particulièrement aux voyages scolaires que j’effectuais dans des lieux touristiques, comme le barrage de la Gileppe.

DH : Qu’en avez-vous retenu ?

BT : A l’époque, j’avais une dizaine d’années. Je ne me rendais pas vraiment compte que j’étais hors de Flandre : comme beaucoup de Flamands, nous n’avions pas vraiment l’idée d’être dans des zones touristiques.

DH : Et par la suite ?

BT : J’ai fait de l’escalade en Wallonie, au rocher de Freyr par exemple, près de Dinant. Et les aiguilles de Chaleux. Je faisais de l’escalade avec des amis en m’entraînais en salle à Leuven.

DH : Quel genre de personnes rencontriez-vous en escaladant les rochers wallons ?

BT : Il y avait toutes sortes de gens : des Wallons, mais aussi des Flamands, des Hollandais…

DH : Comment était l’ambiance ?

BT : Les gens étaient conviviaux, accueillants. (il rit) Ce n’est pas à proprement parler une spécificité de Dinant, je crois…

DH : D’une manière plus générale, quel regard portez-vous sur la Wallonie ?

BT : C’est une région qui dispose d’énormément de possibilités : aux niveaux économiques, culturels, touristiques… Certes, elle possède des potentiels, mais elle éprouve des difficultés à les réaliser. C’est une chose que j’ai du mal à comprendre : en Wallonie, je côtoie des gens créatifs, conviviaux… et pourtant, ils ont du mal à accomplir leurs projets.

DH : Voulez-vous dire qu’il s’agit d’un problème plus général qui existe pour l’ensemble du pays ?

BT : C’est essentiellement dû au cycle énonomique que nous traversons. Et si en Flandre, cela va un peu mieux, c’est un don du ciel ! Il y a deux ou trois décennies, l’atmosphère était bonne en Flandre. Cependant, à deux pas de la Flandre, dans des régions comme Wavre, cela a aussi commencé à bouger avec l’installation de l’UCL, par exemple.

DH : Vous connaissez mieux le Brabant wallon ?

BT : Je le connais beaucoup mieux. La seule chose qui y manque vraiment est le bilinguisme.

DH : Et Bruxelles ?

BT : On y a toujours beaucoup de mal à obtenir des réponses qui ressemblent à du néerlandais.

DH : À part cela, vous connaissez à fond la capitale ?

BT : Oui ! D’abord parce que j’y travaille. Mais aussi parce que j’y ai étudié à la VUB, logeant à Ixelles et Etterbeek. J’y ai rencontré de véritables amis à Forest ou Uccle – où j’ai travaillé comme avocat – et ils le sont restés.

DH : Que pensez-vous de la ville en général ?

BT : Elle est un peu chaotique et connaît une difficulté d’organisation. Voyez les zones de police : les bourgmestres en sont responsables, mais aussi les chefs de la police, bref tout ce qui concerne la sécurité. Cette diversité est non seulement inefficace, mais elle coûte aussi très cher.

DH : Vous appréciez l’architecture bruxelloise ?

BT : Elle est variée, mais un peu bordélique. Quand on se promène dans des villes comme Paris ou Amsterdam, on peut apprécier une certaine harmonie, de la cohérence.

DH : Bruxelles devient plus intéressante ?

BT : C’est exact ! On y ressent un charme surréaliste. C’est celui de toute la Belgique… Reste qu’en général, à Bruxelles, on a gâché beaucoup de choses : voyez le nouveau Parlement européen ! Il est vrai cependant que cela va mieux : on ne fait plus pareils ratages à la même échelle. Pour conclure, je dirais que c’est une ville charmante.

DH : Que pensez-vous des Bruxellois ?

BT : La population de Bruxelles est beaucoup moins homogène qu’en Wallonie. J’ai beaucoup de respect pour la manière dont les Bruxellois se débrouillent : ils sont chaleureux et optimistes.

Mini Quiz DH

DH : Qui est ministre-président de la Communauté française ?

BT : Rudy Demotte !

DH : Quel est le prénom d’Adamo ?

BT : Salvatore !

DH : Qui entraîne le Sporting d’Anderlecht ?

BT : Ariël Jacobs !

DH : Quelle est la commune la plus peuplée de la Région de Bruxelles-Capitale ?

BT : Molenbeek ? Schaerbeek ?

DH : Non, il s’agit de Bruxelles-Ville qui compte 162.000 habitants, pour 123.000 à Schaerbeek et 105.000 pour Anderlecht. Dernière question, quel cours d’eau est connu, en Wallonie, pour sa culture du tabac ?

BT : La Semois.

DH : Exact et merci !

18/01/2010

SOUS LE REGARD DE LA FLANDRE (2): KIM GEVAERT (DH 17-01-10)


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Deuxième épisode de notre rubrique dominicale: quel regard les Flamands les plus connus – les Bekende Vlamingen (BV) – portent-ils sur nous, Wallons et Bruxellois francophones?

Petit rappel. Les "BV", ce sont un peu les people flamands: quelques rares politiques, des journalistes et animateurs télé, d’anciennes Miss, des sportifs, certains participants à des émissions de divertissement. Cela va de la famille Pfaff à Bart De Wever, en passant par Frank De Winne ou Koen Wauters, le chanteur de Clouseau. La marque "BV" existe depuis les débuts de la chaîne privée VTM, en 1989, avant d'être reprise par la presse écrite Dag Allemaal et Het Laatste Nieuws en tête. Selon Marc Coenegracht, chef magazine du second, s'il n'existe pas de "FC" (francophones connus"), c'est avant tout dû à la petite taille de notre territoire, mais aussi au fait que nous sommes bien plus tournés vers la France que les Flamands ne le sont vers les Pays-Bas. Difficile dès lors, pour nos "vedettes", de rivaliser avec les Sarkozy, Drucker et autre Hallyday (même s'il est Belge).

Deuxième "BV" à se prêter au jeu: Kim Gevaert, pour une interview en français.

À Bruxelles, quand je parle flamand, on me comprend mal!

La Dernière heure: A quoi vous fait songer la Wallonie?

Kim Gevaert: La première image qui me vient à l'esprit est celle d'un tour de que j'y ai fait, il y a quelques années, dans le cadre du projet Go Active (Classe en forme). Les enfants étaient super et me réclamaient beaucoup de bisous. J'ai refait la même chose, il y a un an et j'en ai un aussi bon souvenir…

DH: Ces petits francophones étaient-ils différents de ceux de Flandre?

KG: Non, je me souviens de la même gentillesse, de part et d'autre. Peut-être les écoliers wallons étaient-ils plus intéressés par le nombre de médailles et de trophées que j'avais remporté.

DH: A quoi vous fait penser la volonté de séparer certaines fédérations sportives?

KG: La plupart du temps, les relations sont très bonnes entre sportifs. En athlétisme par exemple, nous avons toujours formé une excellente équipe. Si cela n'avait pas été le cas, nous aurions été moins fortes. Hélas, cette ambiance ne se retrouve pas au sein des fédérations.

DH: La diversité n'est donc pas un problème?

KG: Au contraire, elle rend plus forts. Un exemple concret: si je prends ma voiture et que je roule pendant une demi-heure, j'arrive dans une région – Bruxelles - où l'on parle plusieurs langues, où les cultures sont variées. C'est extra! Pour moi, qui adore la Belgique, cette diversité est une vraie force!

DH: Selon vous, les Wallons sont-ils différents des Flamands?

KG: En Wallonie, on sent évidemment plus la culture française. Concrètement, cela veut dire que les gens sont plus relax, moins stressés qu'en Flandre.

DH: Le caractère wallon comporte-t-il des points négatifs?

KG: Je regrette que les francophones ne parlent pas mieux flamand. C'est dommage! Quand on voit le niveau des petits francophones qui sortent de sixième humanité, la différence est effarante. Surtout que certains n'ont même pas appris l'autre langue! Cela, je ne le comprends vraiment pas…

DH: Avez-vous senti un changement de mentalité, des deux côtés du pays, entre le tout début de votre carrière, et le moment où vous l'avez arrêté?

KG: En dehors du sport, mes amis francophones font beaucoup d'efforts pour apprendre le flamand: connaître la culture de l'autre facilite l'intégration.

DH: Y a-t-il des villes wallonnes que vous appréciez particulièrement?

KG: Il y a un an, j'ai été à Laroche et j'ai beaucoup aimé cette petite ville. Il y a aussi Liège que j'apprécie, surtout qu'elle a fort changé, ces derniers temps: elle s'est modernisée. J'aime beaucoup sa nouvelle gare…

DH: Et Bruxelles?

KG: J'y suis souvent. Ce que j'y préfère, c'est la diversité qui fonctionne bien. Quant à mes endroits préférés, ce sont le Grand-Place, le Grand Sablon. Seul point négatif, quand je m'exprime en flamand, on me comprend mal. C'est regrettable…

Mini-quiz DH

DH: Qui est ministre-président de la Région de Bruxelles-capitale?

KG: Charles Picqué.

DH: Parfait. En Flandre, il y a les dynasties Van Rompuy, Tobback, et du côté francophone?

KG: Les Michel, les Daerden.

DH: Exact. Qui est bourgmestre de Mons?

KG: Je ne sais pas.

DH: Elio Di Rupo. En football, pouvez-vous citer trois clubs wallons?

KG: À part le Standard, je ne vois pas.

DH: Charleroi, Mons, Mouscron… Connaissez-vous trois présentateurs de JT?

KG: À part Julie Taton, je ne vois pas.

DH: Elle est animatrice, pas journaliste. Vous auriez pu citer François De Brigode, Akima Darmouch, Nathalie Maleux, Ophélie Fontana…