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26/12/2011

VISART, CHEF CAB DE MILQUET: UN TRANSFERT QUI POSE PROBLEME (DH 26-12-11)

En fin de semaine, le bruit courait que Cédric Visart de Bocarmé, jusqu'alors Procureur Général de Liège, allait devenir le chef de cabinet de la ministre de l'Intérieur, Joëlle Milquet. Vendredi soir, soit quelques jours avant la fin du mandat du PG et malgré les tentatives du CDH de le prolonger de 5 ans, un communiqué officiel confirmait la rumeur. 

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29/09/2009

INTERVIEW, ROBERT WTTERVULGHE: FORTIS EST UN REVELATEUR (DH 20-09-09)


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La Dernière Heure: Avez-vous lu l'interview de Maurice Lippens?

Robert Wtterwulghe: Oui, et j'ai même trouvé curieux qu'il s'exprime!

DH: Pourquoi?

RW: Parce que, dans l'affaire Fortis, la responsabilité est collective. Lippens a agi avec son conseil d'administration. Le seul avantage de son interview est qu'elle le démontre: "Vous voyez, il était trop rapide de dire que c'était moi…" Même s'il dit cela de manière feutrée.

DH: Mais encore…

RW: A l'époque du déclenchement de l'affaire, j'avais parlé de syndrome Messier, c'est-à-dire de vouloir la croissance pour la croissance. Fortis est tombée suite à la survenance d'un élément exogène, à savoir la crise. Il ne faut toutefois pas oublier que l'affaire KB a coûté aussi cher que Fortis. Si cette dernière n'avait pas appliqué le principe de croissance, elle serait passée. C'est la même chose pour l'automobile: la crise a accéléré le phénomène: il y a cinq ans, l'emploi et l'exportation diminuaient déjà…

DH: Que faites-vous de l'actionnaire?

RW: Outre que Fortis a eu une politique qui l'a fragilisée, son actionnaire a été le pigeon de l'affaire, en raison de la mauvaise prise de décision. En résumé, Fortis est donc le révélateur d'une dégradation de la société belge et de l'existence de réseaux. Nous sommes en pleine crise des valeurs qui frappe la Belgique, et surtout le nord.

DH: Fortis a été un déclencheur, c'est-à-dire?

RW: On savait qu'il y avait des pressions sur certains magistrats et qu'il existait des relations incestueuses entre le pouvoir politique et la justice. Le tout, aujourd'hui, est de revenir aux valeurs de nos sociétés. Sans cela, je crains que nous revivions des dérives: le nazisme ne s'est-il pas construit sur les dérives des années 30?

DH: Que faut-il penser des inculpations de l'avocat de l'Etat dans Fortis, Christian Van Buggenhout, et du président de la Cour de Cassation, Ivan Verougstraete?

RW: Ce qui arrive est très grave! Qu'un avocat soit inculpé, c'est déjà grave, mais cela existera toujours. Mais ici, nous vivons le révélateur d'une dérive: l'éthique n'est plus respectée, à cause des réseaux dont je parlais.

DH: Quel est le risque?

RW: On peut craindre des menaces extrémistes! Qu'il suffise d'écouter les thèses de certains partis flamands à propos de l'intolérance, du rejet de l'autre, de la nécessité de repli et du sentiment de refus de l'autre, voire du refus de toute solidarité.

DH: Pour vous, tout fout le camp?

RW: Je n'irais pas jusque là, mais on vit une déglingue du respect de la règle et du droit. Je songe aussi à la dérive de certains partis qui, s'ils ont défendu le pauvre et l'opprimé, n'en sont plus là.

DH: Le ministre des Finances, Didier Reynders, est-il en pleine tourmente?

RW: Je ne sais pas! Je n'ai pas d'information à ce sujet. Mais si l'avocat de l'Etat, Me Van Buggenhout, est intervenu comme il l'a fait, il y a des questions à se poser…

DH: On va droit au clash?

RW: Selon moi, il est éminemment vraisemblable que tout cela va se régler autrement que par des sanctions: des réseaux vont fonctionner et on risque d'avoir un déni de démocratie…

DH: Cela aussi, c'est grave…

RW: N'oublions cependant pas que les inculpés sont présumés innocents. Il ne s'agit donc pas de les lyncher. Le risque existe de proclamer qu'untel est blanc ou noir.

16/06/2009

MODRIKAMEN: FORTUYN N'ETAIT PAS UN POPULISTE (DH 14-06-09)

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La Dernière Heure: De quel constat partez-vous lorsque vous envisagez de lancer un parti?

Mischael Modrikamen: La gouvernance et nos institutions se trouvent dans une impasse. Je n'ai jamais senti autant de lassitude chez les gens, beaucoup ne sachant plus pour qui voter…

DH: Plus précisément?

MM: À gauche, il y a Ecolo, le PS et un parti que je qualifierais de "bobo", le CDH. À droite par contre, aucun parti ne s'assume réellement, comme c'est le cas en France, en Espagne, en Allemagne… En fait, chez nous, le MR représente de plus en plus la classe moyenne supérieure.

DH: Ce constat posé, qu'envisagez-vous?

MM: Je songe à créer un grand mouvement de la droite populaire. Il ferait face à la gauche qui se lève tôt, au CDH et à la droite libérale. L'idée sous-jacente serait que le citoyen se réinvestisse dans la politique: avec des flux de gens qui s'engagent en politique et d'autres qui retournent vers le privé. Comme cela se passe aux Etats-Unis…

DH: Pourquoi cette envie, déjà évoquée, de lancer un parti?

MM: Je suis avocat et, à part l'affaire Fortis, j'ai suffisamment de dossiers. Mais, suite à mes prises de position, j'ai reçu beaucoup de courriers m'invitant à rentrer dans l'arène politique. Ceci dit, je suis parfaitement conscient qu'on ne m'y attend pas les bras ouverts…

DH: Aujourd'hui, cette entrée est un fait ou une intention?

MM: Je vais me reposer en juillet et réfléchir. Je me prononcerai en août.

DH: Avez-vous un modèle?

MM: J'aimerais provoquer un électrochoc, et si je devais prendre un exemple, ce serait celui de Pim Fortuyn. Celui-ci n'était absolument pas d'extrême droite. S'il n'avait pas été assassiné, il serait devenu Premier ministre. Je reviens de Londres où j'ai rencontré des Hollandais: ceux-ci ne juraient que par Pim Fortuyn. Autre exemple, en 3 mois, Berlusconi est devenu président du Conseil.

DH: C'est très populiste, tout ça?

MM: Non! Fortuyn était un homme de rupture, pas un populiste. Il parlait le langage de la vérité. Quant à moi, je suis le contraire du populiste: je suis insensible aux jeux du stade et plutôt attiré par la complexité des choses. Les solutions sont rarement simples: ce n'est pas pour cela qu'il ne faut pas tenir un langage clair et net. L'UMP et Aznar sont-ils populistes?

DH: Appréciez-vous le style de Jean-Marie De Decker?

MM: Ce n'est pas un modèle, mais il a raison lorsqu'il critique les dysfonctionnements belges.

DH: L'expérience Aernoudt vous a fait réfléchir?

MM: En tant qu'homme, je l'apprécie et comme intellectuel, il a beaucoup d'idées. Mais il n'a pas mené son projet de manière assez professionnelle et a été un buzz médiatique, sans plus.

DH: Avez-vous déjà songé qu'il vous faudrait une équipe, des moyens, et qu'il vous manque une historicité?

MM: Pour l'historicité, je parviendrai à surpasser cela. Si je n'ai pas les finances et les équipes, mon projet ne se fera pas.

DH: Quelles seraient les grandes lignes de votre programme, à part la simplification des institutions dont vous avez déjà parlé?

MM: Le retour aux vraies valeurs: justice, éthique, responsabilité, travail…

DH: Et l'institutionnel?

MM: Je propose de mettre sur pied un grand pacte de gouvernance, avec l'élargissement de Bruxelles, voire même un Bruxelles trilingue allant jusqu'à Lasne, Waterloo, Rhodes… Dans ceux qui me sollicitent, se trouvent de nombreux Flamands…