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02/09/2009

ANDRE FLAHAUT: "JE NE ME SUIS PAS ENNUYE DURANT LES VACANCES!" (DH 30-08-09)


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La Dernière Heure: Durant des années, vous avez été le ministre "qui ne prenait jamais de vacances": en été, vous avez profité de ne plus être aux affaires pour prendre des congés?

André Flahaut: La politique est une affaire de continuité et ce n'est pas parce que les vacances arrivent qu'il n'y a plus rien à faire… Cette année, j'ai surtout été frappé par l'absence de nombre d'acteurs, sauf dans le dossier de la justice. De la sorte, la plupart des dossiers n'ont pas bougé: c'était un peu comme si un consensus avait régné pour ne rien dire de ce qu'allait être la rentrée…

DH: Vous ne vous êtes donc pas ennuyé?

AF: Non, pas du tout! Comme les années précédentes, j'ai suivi les dossiers avec attention et recul. Parmi eux, bien entendu, la Justice, avec ses rebondissements et la gestion par à-coups qu'on a vécue: les évasions, l'affaire De Tandt jusqu'à la commission d'hier vendredi.

DH: C'est tout?

AF: Non! J'ai aussi suivi des activités plus locales Ainsi, la volonté de la direction de la Poste de supprimer le bureau de Louvain-la-Neuve…

DH: Qu'en pensez-vous?

AF: Avant l'été, j'avais déjà rencontré le patron de la Poste. Ce dossier témoigne de la volonté aveugle d'imposer un plan de gestion arbitraire.

DH: C'est-à-dire?

AF: L'enfant que constitue Louvain-la-Neuve est devenu plus important que la grand-mère qu'est Ottignies. Dans certains cénacles flamands, on plaide pour la rentabilité extrême, alors que ce raisonnement a montré ses limites pour les banques. Le discours socialiste est plus actuel que jamais.

DH: Pour en revenir à l'affaire De Tandt?

AF: Je suis actuellement au Congo – de manière totalement privée, j'insiste! Cependant, ce n'est pas pour y donner des leçons. Je paraphraserais la vieille formule: on ne monte pas au poteau de téléphone quand on a un trou dans son pantalon!

DH: Qu'allez-vous plaider au Congo?

AF: Je souhaite que notre nouveau ministre des Affaires étrangères n'oublie pas ce pays. Les événements d'il y a quelques années (Ndlr: les déclarations de karel De Gucht) ont laissé des traces. La réouverture de notre consulat est un signe. Notre nouvel ambassadeur l'a bien compris. Il ne faut cependant pas que la situation budgétaire belge entraîne la diminution de l'intensité de notre collaboration avec le Congo.

24/08/2009

QUE DU BONHEUR (DH 23-08-09)


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Le triple combat d'Herman De Croo

Depuis qu'il a révélé son cancer des cordes vocales, Herman De Croo a été submergé par les messages de sympathies. Les plus hautes autorités congolaises, qui devaient l'accueillir durant l'été, n'ont pas été les dernières à l'encourager. Il reste encore au ministre d'Etat à subir 6 séances de radiation pour arriver à la fin de son traitement. Contacté, il nous a affirmé, d'une voix faible, que les principaux désagréments qu'il avait craints n'étaient pas apparus: pas de déglutition douloureuse, pas de brûlure de la gorge, pas de perte de salive… D'ici septembre, il commencera un triple combat. Le premier est de pouvoir bénéficier, pour tout cancéreux qui subit le même traitement, d'une irradiation sept jours sur sept: la maudite coupure du week-end permet en effet aux cellules malades de se revivifier. Deuxième bataille, la lutte contre la rareté des isotopes. Troisième engagement du ministre, avec Laurette Onkelinx, ministre de la Santé publique, qui l'a contacté sur le sujet, De Croo va entrer en guerre pour que soit conservé en Belgique un centre de recherche digne de ce nom (l'handrothérapie). "Sait-on, assène le libéral, que 50.000 cas sont découverts chaque année? Si l'on n'y prend garde, mi-2010, des milliers de Belges risquent de voir post-poser leur diagnostic… " À bon entendeur…

flahaut.jpgFlahaut: "La Flandre utilise les structures de la Belgique quand cela lui convient!"

Rrroberrrt Urrrbain n'est pas content. Il l'a fait savoir, vendredi, par un communiqué estimant que la nomination d'un commissaire adjoint à l'expo de Shanghai, Leo Delcroix, était une concession à Mère Flandre. Impossible cependant, à la lecture de ce texte, de comprendre si le socialiste a volontairement démissionné de son poste ou s'il y a été contraint par les événements. Une chose est sûre: la désignation de Delcroix donne des boutons à certains. Ainsi, André Flahaut qui reprend sur son blog la liste des portefeuilles attribués à des Flamands, en matière de relations internationales: Premier ministre, Affaires étrangères, Justice, Budget, Intérieur, Défense… Sans parler de l'entourage de certaines éminences: Charles Michel n'est-il pas cornaqué par l'ancien conseiller diplomatique d'Herman Van Rompuy? Interrogé, Flahaux ajoute des éléments éloquents. Accrochez-vous bien! Avant même d'avoir été nommé commissaire à l'expo 2010, le sulfureux Leo Delcroix a participé à une réception à l'ambassade de Chine à Bruxelles. De Même, Yves Leterme s'est rendu au Congo, à un sommet sur la francophonie (!), sans être officiellement ministre des Affaires étrangères. Autre joyeuseté, c'est une société de Vilvorde qui a remporté l'appel d'offre concernant l'audit de la radio nationale congolaise.Le premier citoyen de cette Ville, Jean-Luc Dehaene, était d'ailleurs présent à la signature du contrat. Ajoutez-y le retour en force de Luc Vanden Brande qui tente de reposer sa candidature comme secrétaire général du Conseil de l'Europe, alors qu'il n'est plus parlementaire et que la Flandre refuse de signer la convention de protection des minorités, au sein du même Conseil. À ces faits, Flahaux adjoint la récente convocation de l'ambassadeur hollandais par le ministre-président flamand, Kris Peeters, pour un problème fluvial: du jamais vu! Traduction lapidaire du socialiste: la Flandre utilise les structures de la Belgique quand cela lui convient.

maingain.jpgMaingain: "Le retour de l'Etat CVP!"

Certains rétorquent bien que le PS participa à la répartition des portefeuilles ministériels, lors de la formation du gouvernement. Réponse de Flahaux: "Nous sommes arrivés après la rupture de l'Orange-bleue et n'allions tout de même pas tout remettre en question!" Un peu léger, pour Olivier Maingain qui maintient qu'à l'époque, rien n'avait encore été décidé en matière de portefeuilles. Le président du FDF s'interroge pourtant sur le dernier mouvement diplomatique qui, comme nous le révélions dans notre rubrique du 26 avril dernier, réservait la part belle aux ambassadeurs flamandsl. Et d'évoquer ni plus ni moins que "le retour de l'Etat CVP!" Maingain s'apprête à poser une question parlementaire sur le sujet…

van binst.jpgLa phrase de la semaine

Ancien capitaine du Sporting d'Anderlecht, Gilbert Van Binst n'a pas son pareil pour détendre l'atmosphère, même après une défaite comme celle subie par son club, mercredi soir à Lyon. "Pendant toute la journée, les gens m'ont charrié. J'ai répondu que je n'avais pas vu le match." Ce pieux mensonge n'empêche pas le "Gilles" de coter les joueurs. Ainsi par exemple, "Wasilewski: 4, Je l'ai cherché sur son flanc, mais je ne l'ai pas trouvé. Il était partout, sauf là! Juhasz: 5, il n'a pas fait grand chose et donc, il n'a pas fait grand chose de mal. Polak: 4, Où veut-il aller? Dans un grand club: pour réchauffer le banc? Gillet: 4, Vous l'avez vu? Moi, pas…" Le reste à l'avenant!

04/10/2008

Melchior Wathelet (28-09-08)

"A la Flandre d'assumer un éventuel déficit du fédéral"

Pour son deuxième exercice budgétaire, le secrétaire d'Etat au Budget, Melchior Wathelet, n'a guère été aidé par la chance. En cause, deux phénomènes qu'il ne maîtrise pas comme la diminution de la croissance et la hausse de l'inflation, mais aussi des phénomène belgo-belges comme le refus du gouvernement flamand de verser au fédéral 400 millions. La Dernière Heure a fait le point avec lui.

La Dernière Heure: Vos prochaines semaines vont être consacrées au budget…
Melchior Wathelet: J'ai terminé les bilatérales avec mes collègues et nous avons tranché concernant les dépenses primaires, c'est-à-dire celles des départements…

DH: Qu'est-ce qui fait que vous devez trouver cinq à cinq milliards et demi: c'est énorme…
MW: Il y a certes une baisse des recettes fiscales, mais aussi le fait que la Belgique prend de plein fouet la diminution de la croissance, sans parler du contrecoup de l'inflation qui augmente.

DH: Avez-vous trouvé des cadavres dans le placard?
MW: A la Défense Nationale, il y a certaines charges du passé. On y a engagé des factures sans que les sommes n'aient été prévues lors de l'engagement. Il faut donc trouver de l'argent.

DH: Vous visez l'ancien ministre, André Flahaut?
MW: Mon but n'est pas de pointer du doigt l'un ou l'autre.

DH: La croissance et l'inflation, vous ne pouvez que les acter?
MW: Si l'on annonce tel ou tel chiffre pour le budget, c'est toujours d'après une base qui a été calculée précédemment, c'est-à-dire à politique inchangée. A nous de modifier la donne…

DH: Le gouvernement va donc pouvoir prendre de nouvelles mesures?
MW: Bien sûr! Mais elles doivent coûter le moins cher possible. Nous l'avons par exemple fait pour les gardiens de prison.

DH: Vous pouvez aussi faire des réajustements?
MW: Nous en faisons sur les médicaments, mais de manière à ce que les gens le sentent guère. Aux entreprises pharmaceutiques à compresser leurs coûts. Mais il y a d'autres mesures à prendre dans le domaine des soins de santé.

DH: Un gros dossier semble être celui des 400 millions que la Flandre refuse de donner: cela vous met en colère?
MW: Nous sommes dans l'impasse et s'il n'y a pas de solution, le gouvernement flamand sera redevable d'un déficit d'autant, dans le budget fédéral.

DH: Comment se fait-il que la Flandre refuse?
MW: C'est d'autant plus incroyable que la mesure date de l'époque où Johan Vande Lanotte était ministre du Budget, en 2004. Son parti n'est plus au fédéral, mais au gouvernement flamand. Et là, c'est surtout un socialiste, Frank Vandenbroucke, qui bloque. Le gouvernement Peeters ne respecte pas un engagement pris précédemment.

DH: Que faire?
MW: Je l'ai dit, il reviendra à la Flandre d'assumer le déficit de 400 millions d'euros qu'aura le budget fédéral. Ce n'est pas acceptable, ni pour le fédéral, ni pour la Wallonie et Bruxelles qui, elles, tiennent leurs engagements. Cela, alors que la somme en question représente seulement de l'argent qu'on demande à la Flandre de ne pas dépenser.

DH: Comme autres dossiers chauds, il y a la lutte contre la fraude…
MW: (rires) … mon collègue Carl Devies s'en occupe quand il n'est pas cambriolé…