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26/10/2009

P. DELWIT, A PROPOS DU MR: "LE MAL EST FAIT!" (DH 26-10-09)

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La Dernière Heure: Ce qui se passe au MR est-il causé par le fait que ce parti est un assemblage de différentes formations politiques?

PD: Oui, puisqu'on voit par exemple que tous les cadres qui comptent au MCC contestent, tandis que le FDF est uni derrière Didier Reynders. Cet élément joue donc, mais ce n'est pas le seul.

DH: A quoi conduit cette première constatation?

PD: On peut remarquer que le FDF a bien sa place au sein du MR, tandis que le MCC ne l'a pas.

DH: Quelle difficulté rencontre donc ce mouvement?

PD: Depuis Jean Gol, le parti a tenté d'avancer vers une fusion, mais sans conclure. La formation du MR ne devait être qu'une étape, et on est pourtant loin d'une formation intégrée. C'est une situation "entre deux" qui a peu de chance de fonctionner à long terme…

DH: Voyez-vous des points de ressemblance avec ce qui a pu se passer dans le passé, au sein du MR?

PD: Le MR a toujours été un parti où le poids des personnalités était important. Qu'on se souvienne des conflits entre Damseaux et Gol, entre Ducarme et Gol ou entre Ducarme et Duquesne, derrière lequel se trouvaient Jean Gol, Louis Michel…

DH: Quel est le nœud du problème entre les ténors de chaque camp?

PD: Je pointerais un élément de stratégie personnelle, les approches de Louis Michel et de Didier Reynders étant fort différentes. Le premier met en avant sa capacité à nouer des alliances, tandis que le second, comme Jean Gol, veut s'imposer par ses résultats électoraux.

DH: Or, les résultats ne sont pas là…

PD: En Belgique, la règle du jeu veut de plus en plus que le président d'un parti porte le poids d'une victoire comme celui d'une défaite.

DH: Il y a aussi le cumul…

PD: A l'échelle belge, c'est un fait exceptionnel, mais il y a d'autres exemples: Milquet au CDH, et il y a peu, Di Rupo au PS.

DH: Pareils cumuls existent pourtant dans d'autres pays…

PD: Oui, mais en Belgique, ils sont difficilement praticables, en raison des différents niveaux de pouvoir. Le fait d'être dans l'opposition à un étage, et dans la majorité à un autre trouble la visibilité...

DH: La stratégie des opposants, qui sont montés par à-coups, n'est-elle pas curieuse?

PD: Non, parce que leurs déclarations ponctuelles ont été coordonnées, de même que les répliques…

DH: Les deux camps sont obligés de trouver une solution…

PD: Trouver un moyen terme ne sera guère aisé. Mais le statu quo actuel ne peut durer.

DH: Ce samedi, les commentateurs semblent avancer deux noms: Daniel Bacquelaine et Willy Borsus?

PD: Oui, mais il s'agit de deux personnalités fort marquées et donc difficilement acceptables par chacun des deux camps.

DH: Et l'offre de médiation faite par Richard Miller?

PD: Il a l'avantage, lui, d'être proche des deux camps. Cela peut donc être une voie…

DH: Tout cela va laisser des traces?

PD: Le mal est fait!

DH: C'est-à-dire?

PD: Il va y avoir des traces, en interne d'abord, comme entre Christine Defraigne et Dominique Tilmans, mais dans l'opinion aussi. Remonter la pente sera difficile…

DH: Vous songez aux prochaines élections fédérales, en 2011?

PD: Elles auront lieu dans 19 mois. C'est à la fois très proche et très lointain. Il faut aussi voir comment va évoluer la crise et les négociations sur BHV. Mais redonner une image d'unité va prendre du temps.

18/01/2009

QUE DU BONHEUR (DH 18-01-09)

 

philippe sonnet - quedub 18-01-09.jpg

Philippe Sonnet: tenter de ne pas faire de vagues…

Mercredi, c'est à 16h09 que tombait le Belga annonçant que la Chambre du conseil de Charleroi renvoyait en correctionnelle l'échevin carolo, Philippe Sonnet (MR), pour fraude fiscale. Il ne fallait que quelques minutes pour que Didier Reynders, alors en commission des Finances de la Chambre, reçoive copie du communiqué. De fort méchante humeur, le ministre passait deux coups de fil aussi brefs que discrets – pas un de plus –, avant de demander de pouvoir s'absenter. Beaucoup sourirent, croyant alors à un rebondissement dans le dossier Fortis. Pas du tout! Lorsqu'il revint, Reynders avait retrouvé une meilleure mine, comme en témoigna le second communiqué qui tomba à 16h32 annonçant la démission de Sonnet. Là où, en pareils cas, le PS met du temps à réagir – la convocation de la cacochyme commission d'audit –, au MR, on préfère mener les affaires plus rondement. But de la manoeuvre: tenter d'éviter tout emballage médiatique. Cela, c'est pour la théorie: à propos de Sonnet, son parti craint plus qu'une affaire Ducarme-bis, l'ex-échevin ayant déjà dû, on le sait, démissionner d'office de la Cour des comptes où il était contrôleur adjoint.

 

jean-denis lejeune - quedub 18-01-09.jpgAffaire Jean-Denis Lejeune: Dehaene l'avait pressenti…

C'est le 21 octobre 1996 que Jean-Luc Dehaene, alors Premier ministre, avait reçu les familles des enfants disparus (les Russo, Lejeune, Marchal…), dans sa résidence du Lambermont. Quelques semaines plus tard, lors de son annuel repas avec les représentants de la presse, Dehaene leur avait commenté sa rencontre. Avec ce sens de la formule qui n'appartient qu'à lui, il avait ainsi expliqué en substance: "Après l'avoir bien observé, je peux vous dire avec certitude que Jean-Denis Lejeune cherche avant tout un job." Sans doute, mais le père de Julie ne s'attendait sûrement qu'un jour, son "job" le ramène à ce point sur le devant de la scène…

 

pierre galand - quedub 18-01-09.gifPierre Galand: une stratégie qui CAL!

Lorsque nous avions révélé ici que Pierre Galand, sénateur PS à l'époque, remplacerait Philippe Grollet à la tête du Centre d'Action Laïque (CAL), la nouvelle n'avait pas plu à tout le monde. Depuis 1986 en effet, Galand préside l'association belgo-palestinienne. S'il a bien démissionné du Sénat en entrant au CAL, il n'a jamais quitté le second poste. C'est ainsi que, dimanche dernier, il participait à la manifestation contre le massacre de Gaza. A lire le nombre de commentaires sur les sites de discussion, cette présence ne plaît guère. Etrange en effet, pour certains de ses amis, de voir le président du CAL défiler à côté de manifestants qui scandant "Allah Akbar!" Plus étrange encore, pour certains juifs du Centre d'Action laïque, d'accepter que le même prenne aussi clairement fait et cause pour les Palestiniens. Malgré certaines précautions oratoires – "Nous ne sommes pas antisémites" -, Galand a bien du mal à calmer le malaise qui couve parmi les siens …

 

Le FDF: entre deux chaises!

"Si le CD&V veut instituer une commission d'enquête parlementaire pour tenter de "blanchir" les actes ou manquements du cabinet de l'ancien Premier ministre, il s'engage dans une voie sans issue. Il serait inconvenant de chercher à instrumentaliser le Parlement pour qu'il devienne l'arbitre entre le pouvoir exécutif et le pouvoir judiciaire. (…) Le président de la Chambre des Représentants a incontestablement joué un rôle dans la chute du gouvernement Leterme. (…) En fait le sphinx de Rdode-St-Genèse s'était préparé depuis belle lurette à exercer cette fonction (de Premier ministre). Son prétendu sens du devoir austère est une de ses habiletés à ne pas s'exposer davantage."

De qui sont ces lignes? De Jean-Marc Nollet? D'un hebdo satirique? D'Alain Destexhe? Non, elles sont extraites du dernier édito de "Perspectives francophones" et sont signées "La rédaction", le rédac chef de "Perspectives" et le porte-parole du parti amarante ne faisant qu'un: Guy Debisschop. Pour mémoire, le FDF est une chapelle du MR, lequel appartient à la majorité.

jean demannez - quedub 18-01-09.jpgLa phrase de la semaine

La semaine dernière, Trends-Tendances pointait Jean Demannez (PS) comme étant un très mauvais élève au sein du Parlement bruxellois: selon l'hebdomadaire, le bourgmestre de Saint-Josse n'avait guère pris d'initiatives en tant que député, depuis 2004.

Réponse de Demannez: "Vous conviendrez avec moi qu'il m'était impossible de le faire dans un Parlement où je ne siège plus depuis plus de 7 ans!"