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20/08/2009

QUE DU BONHEUR (DH 16-08-09)


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Le "nouveau" yacht d'Albert II

Beaucoup de bruit (pour rien?), à propos du yacht d'Albert II. En milieu de semaine, des médias ont en effet annoncé que le Roi avait acquis un nouveau bateau: l'Alpa (contraction d'Albert et Paola). Or en lisant les articles relatant le scoop, on apprenait que l'engin (sic) avait été acquis en 2008. Le reste était extrait d'une réponse du ministre de la Défense, Pieter De Crem, au député NVA, le bien nommé Jan Jambon. A savoir par exemple que le Souverain avait passé 65 jours sur ses yachts successifs en 2005, 48 en 2006, 8 en 2007 et 44 en 2008. L'année dernière, à la mi-août, Albert II et Paola avaient d'ailleurs été photographié sur l'Alpa par la presse italienne. Au VLD, certains affirment même qu'en rentrant en Belgique, le Roi avait fait un crochet par la Toscane, et plus particulièrement par la seconde résidence qu'y possède Guy Verhofstadt. Pareille séjour du Souverain chez un de ses anciens Premiers ministres est un événement particulièrement rare. Plus rare en fait que l'achat d'un "nouveau" yacht, un an plus tôt…

Cédric Visart: deux affaires qui dorment

A l'occasion du remue-ménage au sein de la magistrature, certains ont ressorti deux autres affaires. La première est celle de la plainte au Conseil Supérieur de la Justice à l'encontre de Cédric Visart de Bocarmé. Celle-ci concerne, on s'en souvient, une affaire de détournement qu'aurait effectué un curateur, Me Maudoux. A l'époque, Visart était Procureur du Roi, à Namur. On le soupçonne d'avoir gelé l'affaire, le CSJ ayant rendu un avis particulièrement saignant dans lequel il parle d'un "traitement de faveur" réservé à ce dossier par Visart, aujourd'hui procureur général de Liège. Or curieusement, selon nos informations, l'avis n'aurait pas encore été transmis au ministre de la Justice, Stefaan De Clerck dont, simple détail, Visart fut autrefois chef de cabinet. La seconde affaire est celle du juge Sieur, condamné pour faux et usage de faux. Si son principal collaborateur, le juge Riguelle, n'a jamais été inquiété, celui qui fut leur victime, un certain Sterpin, s'est vu refuser tout accès au dossier par le Parquet général. Autre hasard, Cédric Visart était cité dans le dossier. Comme quoi, tout est dans tout…

colmant.jpgBruno Colmant, le faux-proche de Reynders

Dans le cadre de l'annonce de l'arrivée de Bruno Colmant, actuel CEO d'Euronext Belgium, chez Fortis Holding, de nombreux commentateurs ont prétendu qu'il y aurait "du Reynders" dans ce transfert haut de gamme. Certes, Colmant fut bien chef de cabinet du vice-Premier ministre durant quelques petits mois, certes, l'homme est d'une intelligence hors norme, mais leur relation ne "clopa" jamais. Si, comme le ramasse un proche du président du MR, on se quitte rarement en mauvais terme avec Didier, le nouveau numéro deux de Fortis ne partira jamais en vacances avec son ancien patron. En témoigne, une petite, toute petite histoire qui ne plut pourtant guère à Reynders: un jour, en pleine circulation, au beau milieu du boulevard Botanique, Colmant fut plaqué par son chauffeur pour l'avoir traité avec des mots qu'un cocher n'utiliserait pas avec son cheval. Après l'incident, le chef de cabinet eut beau se confondre en excuses, rien n'y fit. Au 12 rue de la Loi, l'aventure – ô combien symbolique – fit grand bruit et Colmant ne parvint jamais à remonter la pente. Ce type d'accrochage avec des subalternes, Reynders lui pas aimer…

geertrui windels.jpgLes phrases de la semaine

Surnommée la "woel water" (enfant turbulent) par l'hebdomadaire Knack, l'épouse d'Herman Van Rompuy, Geertrui Windels, a un caractère nettement plus tranché que celui de son mari. Dans Humo, elle ne fait rien pour démentir son surnom. Ainsi, à propos de sa commune, Rhode-Saint-Genèse: "Je dis aux francophones qu'il n'y aurait pas eu de frontière linguistique s'ils avaient montré du respect pour la population flamande. Un Flamand n'ouvrirait jamais un restaurant dans les Ardennes en ne parlant que le flamand. Les francophones le font en périphérie et ils disent que nous sommes des racistes." Et de conclure par des propos plus mesurés: "Parfois je suis jalouse de la force qu'Herman puise dans sa foi!" Geertrui parle d'or!

LUTTE CONTRE LES EVASIONS: UN FAMEUX CASSE-TETE (DH 16-08-09)


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Vingt-trois juillet 2009. Un événement va se dérouler qui sera peu commenté par la presse flamande – l'affaire, il est vrai, se passe en Flandre, et le ministre de tutelle est du Nord du pays -: avec l'aide d'un hélicoptère, trois détenus s'évadent de la prison de Bruges. Or celle-ci est équipée de filets empêchant pareilles évasions. Oui mais voilà, les fugitifs n'étaient pas incarcérés dans le quartier de haute surveillance, sur lequel sont posés ces fameux treillis. Preuve qu'ils ne sont pas la panacée. Lundi en huit, lors d'une réunion qui se tiendra entre les acteurs de ce dossier, gageons que la sécurisation des prisons sera abordée. Même si elle ne figure pas à l'ordre du jour. Afin d'en savoir plus, nous avons interrogé Laurent Sempot, attaché à la direction générale des établissements pénitentiaires, au SPF Justice, Didier Breulheid, délégué CSC service public et Laurent Vrijdaghs, président de la Régie des Bâtiments.

 

Le dossier repart de zéro

La Dernière Heure: Trois évasions à Bruges, alors que la prison est protégée par des filets…

Laurent Sempot: Les détenus étaient ailleurs. Reste que la pose de treillis est extrêmement chère: à Bruges, le préau en question est grand comme un terrain de football.

DH: Qu'en est-il des autres prisons?

LS: Au même titre que tous les bâtiments de l'Etat (musées, administrations…), les prisons sont gérées par la Régie des bâtiments. Celle-ci a introduit des dossiers en 2007. Ils viennent d'être réactivés par le ministre de la Justice, Stefaan De Clerck, suite à la triple évasion de Bruges.

DH: Qu'entendez-vous par "réactivation des dossiers"?

LS: Comme on l'a vu à Bruges, la pose de filets n'est pas la seule option pour mieux sécuriser les prisons. On peut aussi envisager le placement de poteaux, au milieu des terrains à protéger, voire le tirage de câbles qui quadrilleraient les lieux. Le ministre veut réexaminer ces différentes solutions.

DH: A priori, Stefaan De Clerck privilégie-t-il un type de protection?

LS: Je crois savoir qu'à son cabinet, on est assez favorable aux poteaux. Mais aucune option n'a encore été officiellement retenue.

DH: Quand elle était ministre de la Justice, Laurette Onkelinx préférait les filets. N'a-t-on pas déjà perdu beaucoup de temps?

LS: Le dossier repart à zéro et la Régie des bâtiments travaille à son propre rythme. Étant donné l'étendue de ses compétences, elle a aussi sa sensibilité propre.

DH: Qui décide quoi?

LS: C'est la Justice qui gère ce problème et la Régie qui le finalise.

DH: On a l'impression que chacun se renvoie la balle…

LS: La triple évasion de Bruges montre combien il est difficile de privilégier une solution. À la limite, rien ne dit qu'on ne peut pas envisager un mixe des différentes options: filets, poteaux, câbles… La protection en serait peut-être améliorée, sans parler des coûts que l'on pourrait diminuer.

L'hyper-sécurisation est dangereuse

La Dernière Heure: En tant que syndicaliste, y a-t-il une solution que vous privilégiez, pour la protection des prisons?

Didier Breulheid: L'hyper-sécurisation pourrait, elle-même, se révéler dangereuse. La pose de filets, pour ne parler que de cette solution, conduira les détenus à réfléchir à d'autres moyens pour s'évader. Je songe à une escalade de la violence, dont la prise d'otages.

DH: A quel niveau placeriez-vous la qualité de la sécurité des prisons belges?

DB: A Bruges, Ittre, Andenne et Gand, la sécurité est bonne. Même s'il y reste des problèmes à résoudre…

DH: A quoi songez-vous?

DB: Outre que, comme à Bruges, il est impossible de poser des filets sur toute une prison, leur placement implique d'autres problèmes: le contrôle du trafic aérien, la création de normes plus strictes pour les baptêmes de l'air, l'obligation de posséder un certificat de bonnes vies et mœurs pour les pilotes… Déontologiquement, je ne puis cependant vous citer toutes les failles que nous avons repérées.

DH: Cela donnerait des idées aux candidats à l'évasion?

DB: Exactement! Sans compter que la protection des prisons n'est pas l'affaire des syndicats: nous sommes là pour protéger le personnel pénitentiaire, tandis qu'il revient aux politiques de protéger l'ensemble de la population.

DH: Certains semblent accuser de tous les maux la Régie des bâtiments…

DB: Les moindres travaux imposent l'avis de la Régie. À la prison d'Andenne, il a fallu des mois pour réaliser des choses qui ne demandaient que peu de temps.

DH: Y a-t-il des prisons que vous estimez mal protégées?

DB: Bien sûr! Je citerais Huy, Dinant, Lantin… Ces trois-là sont très anciennes.

Responsabilités partagées entre la Justice et la Régie

La Dernière Heure: La Régie des bâtiments a-t-elle traîné, dans le dossier de la sécurisation des prisons?

Laurent Vrijdaghs: En 2007, Laurette Onkelinx a proposé des pistes au gouvernement, mais ce n'était que des pistes. Pas du concret. Je dirais qu'entre la Justice et la Régie, les responsabilités sont partagées. Ainsi, dans certains cas, la Justice refuse le placement de poteaux. Il n'existe pas une seule et unique solution.

DH: Il y aurait donc d'autres pistes qui n'ont jamais été officiellement évoquées?

LV: Oui, comme la plantation d'arbres de haute taille, l'installation de phares, mais cela ne convient que pour la nuit… En n'oubliant pas que toute option nécessite des choix: quelle taille pour les filets, quel maillage, serré ou non…

DH: Où en est-on réellement?

LV: A la Régie, nous avons déjà fait des dizaines de propositions concrètes et le temps a été long pour la mise en place de groupes de travail. Mais là, on y est: la Justice est occupée à lister les problèmes afin que nous puissions intervenir.

DH: Par exemple?

LV: Je peux annoncer que les travaux débuteront en septembre, pour les prisons de Hasselt et Bruges. Et, d'ici la fin de l'année, la liste complète sera sur la table.

DH: Si l'on vous suit, la Justice et la Régie travaillent désormais ensemble?

LV: Exactement! Les ministres des deux départements ont d'ailleurs signé un protocole qui permet de ne plus partir dans tous les sens. De plus, dans les deux ministères, existent des responsables spécifiques des dossiers: un à la Justice, pour la Régie, et deux autres à la Régie, pour la Justice. En outre, un plan pluriannuel a été conçu qui a trait aux investissements, aux travaux lourds…