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17/02/2010

SOUS LE REGARD DE LA FLANDRE: RIK VAN CAUWELAERT: "LE VRAI PATRON DE BRUXELLES HABITE A MOLENBEEK!" (DH 14-02-10)


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Nouveau chapitre de notre rubrique dominicale: quel regard les Flamands les plus connus – les Bekende Vlamingen (BV) – portent-ils sur nous, Wallons et Bruxellois francophones? Pour rappel, les "BV" sont un peu les people flamands. Cela va de la famille Pfaff à Bart De Wever, en passant par Frank De Winne ou Koen Wauters, le chanteur de Clouseau. Cette semaine, nous avons interrogé Rik Van Cauwelaert, directeur du premier hebdomadaire généraliste du nord du pays, "Knack". L'équivalent de feu Pourquoi pas? ou du Vif.Ce n'est pas un hasard si Van Cauwelaert est régulièrement invité sur les plateaux télé du pays: il est un des meilleurs, et des plus anciens, observateurs du jeu politique belge, aussi bien flamand que wallon.

La Dernière Heure: A quoi songez-vous lorsque vous pensez à la Wallonie?

Rik Van Cauwelaert: A la ville d'Enghien. J'habitais dans le Pajottenland (Ndlr: la partie du Brabant flamand qui longe la commune d'Anderlecht) et j'allais à vélo jusqu'à Enghien. La durée dépendait du nombre d'estaminets dans lesquels nous nous arrêtions. (il éclate de rire).

DH: D'autres souvenirs?

RVC: Oui, mes voyages scolaires. Nous allions presque inévitablement dans des lieux touristiques comme la cascade de Coo.

DH: Et après votre scolarité?

RVC: Mon père était le patron du quotidien "Het Volk" et j'ai commencé ma carrière de journaliste dans le domaine des sports. Je couvrais beaucoup le football, allant régulièrement suivre le Standard, le FC Liège ou Tilleur. Ils étaient tous les trois en première division. Puis, en 1986, je suis entré à Knack et, à cause de mes antécédents familiaux, je voulais être tout sauf journaliste politique. Mais, en 87, lors d'une réunion, j'ai attiré l'attention de mon rédacteur en chef, Frans Verleyen, sur la montée en puissance de José Happart. "Pourquoi n'observerions-nous pas de plus près ce qui se passe en Wallonie?", ai-je soufflé.

DH: C'est Happart qui vous a donc lancé?

RVC: A ce moment, pour calmer le jeu à Fourons, Charles-Ferdinand Nothomb avait imaginé qu'un professeur local deviendrait bourgmestre. Le stratagème n'a duré qu'une nuit, mais Knack avait écrit que l'homme était revenu sur son accord, suite aux pressions qu'Happart aurait exercées sur ses enfants. Ce dernier était furieux et je suis allé le rencontrer. L'interview que j'ai faite était la première qu'il donnait à un média flamand…

DH: Quels sont les politiques wallons qui ont marqué?

RVC: Les Mathot, Cools, JJ Merlot, Van Cauwenbergh, Vander Biest… Je m'entendais bien avec les plus loufoques (sic). Mais aussi avec des plus sérieux comme Nothomb ou Spitaels, avec lequel j'ai fait de longues promenades dans sa ville d'Ath.

DH: Quelles sont les villes wallonnes que vous préférez?

RVC: J'adore Liège, Namur… La première est ma préférée. Elle a beaucoup de points communs avec Anvers.

DH: Lorsque vous êtes devenu directeur de Knack, avez-vous continué à aller en Wallonie?

RVC: Aimant les livres anciens, je me rends souvent sur des marchés ou dans des bouquineries à Charleroi, Liège, voire à la Foire de Redu.

DH: Et Bruxelles?

RVC: Le siège du Volk étant à Bruxelles, mon père m'avait inscrit à Saint-Luc, rue des Palais. J'accompagnais aussi ma mère qui faisait du shopping dans la capitale. J'ai donc connu le Bruxelles d'autrefois, avec l'héliport, ou l'ancien boulevard Léopold II, avant les tunnels…

DH: Que pensez-vous du tempérament bruxellois?

RVC: Existe-t-il encore de vrais Bruxellois? Je me le demande… Je songe à Paul Vanden Boeynants: j'avais eu l'exclusivité de son retour, après sa condamnation pour fraude fiscale, mais mon rédac chef ne croyait pas qu'il allait revenir.

DH: C'était l'époque où il avait créé sa liste bilingue, l'Union pour l'avenir des Bruxellois…

RVC: Oui! Les Bruxellois des quartiers populaires ont voté pour lui et il a fait un tabac.

DH: Comment qualifieriez-vous le Bruxellois-type?

RVC: C'est un gai luron. Je prendrais pour exemple le chauffeur de mon père: il me racontait des sketches de Toto Gassin, en bruxellois. J'en ai repris un, dans un récent éditorial, à propos du vice-Premier ministre Open-VLD, Guy Vanhengel. C'est l'histoire d'une petite souris qui a trop bu et prétend qu'elle va tuer un gros chat.

DH: Quels quartiers de Bruxelles ont votre préférence?

RVC: Knack était à l'origine situé avenue de Tervuren, puis à l'International Press Center – près du quartier européen – et enfin, en face de l'OTAN, à Evere. Je connais donc bien ces trois quartiers.

DH: D'autres aussi?

RVC: Le mercredi à l'aube, je vais au Marché aux puces, place du Jeu de balle, pour y dénicher des livres. J'aime aussi le parvis Saint-Gilles.

DH: Comme Flamand, vous vous sentez à l'aise, dans la capitale?

RVC: Evidemment!

DH: Parfait bilingue, vous êtes favorisé…

RVC: Même si cela m'énerve, j'ai fait un croix sur le fait qu'on me parle en flamand, à Bruxelles! Récemment, un de mes journalistes est tombé malade: on a eu du mal à trouver un médecin qui s'exprimait en flamand. Par contre, du côté des journalistes francophones, beaucoup sont bilingues. Bien plus qu'à l'époque où je couvrais le 16 rue de la Loi.

DH: D'autres remarques, sur Bruxelles?

RVC: Je me demande pourquoi les partis politiques n'y ont plus d'hommes de première classe…

DH: Il y a Charles Picqué…

RVC: Il a du poids certes, mais chacun sait que le vrai patron de Bruxelles habite Molenbeek. J'ai d'ailleurs peur de l'après-Moureaux…

André Gilain

Min Quiz DH

DH: Qui est bourgmestre de Wavre?

RVC: Je ne sais vraiment pas.

DH: Charles Michel.

RVC: Lui aussi est parfait bilingue.

DH: L'architecte de la nouvelle gare de Liège?

RVC: Je ne vois pas.

DH: Calatrava. Pourriez-vous citer trois dessinateurs de l'école de BD de Charleroi?

RVC: Franquin, Peyo, mais je n'en vois pas d'autres.

DH: Jijé, Joseph Gillain. Ou se situe le siège de la Communauté française.

RVC: A Bruxelles!

DH: Exact! Et la devise de la province de Luxembourg?

RVC: Je ne pourrais le dire.

DH: Une ardeur d'avance. Merci!

15/01/2010

SOUS LE REGARD DE LA FLANDRE (1) ALEXANDER DE CROO (DH 10-01-10)


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Ce dimanche, la DH lance une nouvelle rubrique: "Les francophones vus par les Bekendissimes". Ou, quel regard les Flamands les plus connus – les Bekende Vlamingen (BV) – portent-ils sur nous, francophones wallons et bruxellois. En Flandre, le "BV" est une marque déposée, ou presque. On y trouve quelques rares politiques, des journalistes et animateurs télé, d'anciennes Miss, des sportifs, certains participants à des émissions de divertissement, bref des people. Cela va de la famille Pfaff à Bart de Wever, en passant par Frank De Winne ou Koen Wauters, le chanteur du groupe Clouseau. Marc Coenegracht, "chef magazine" du premier quotidien flamand, Het Laatste Nieuws, affine la notion de "Bekende Vlamingen": "La dénomination "Bekende Vlaming" date de la naissance de la chaîne privée, VTM, en 1989. Elle a vite été reprise par la presse écrite, et surtout le magazine Dag Allemaal et Het Laatste Nieuws. Avec le temps, être "BV" est devenu un phénomène de moins en moins rare, mais plus éphémère. Le candidat à une émission de télévision peut être élevé au rang de "BV", du jour au lendemain, et retomber dans l'anonymat tout aussi rapidement. Au faîte de la gloire, il fera la une des journaux et sera invité sur les plateaux télé." Enfin, notre interlocuteur tente d'expliquer pourquoi il n'y a pas de "WC" (Wallons connus)? "Surtout parce que le public francophone est restreint, et plus tourné vers la France que la Flandre ne l'est vers les Pays-Bas. Depuis la création de VTM, les Flamands ne regardent presque plus la télé hollandaise." Ceci posé, pour la première de cette nouvelle rubrique dominicale, nous avons interrogé Alexander De Croo, fils d'Herman et tout jeune président de l'Open VLD. À ce double titre, il est déjà un "BV".

DH: Vous considérez-vous comme un "BV"?

ADC: Cette question est une première! Si je suis un "BV", ce serait un résultat étonnant de mon élection à la présidence du VLD.

DH: Comment percevez-vous la Wallonie?

ADC: Je vais partir d'un exemple concret: lorsque je me promène à cheval, si je suis en Flandre, je ne peux pénétrer dans les forêts, alors que je peux le faire en Wallonie. Cela dit tout sur nos différences…

DH: Quels sont vos liens avec Bruxelles?

ADC: Comme étudiant à la VUB, puis professionnellement, j'ai habité dans divers quartiers de la capitale: à Forest, près de la place du Châtelain, près de la gare d'Etterbeek… Je connais donc bien Bruxelles.

DH: Avez-vous vu Bruxelles se transformer?

ADC: On y parle beaucoup plus de langues qu'avant. Par contre, rien n'a changé en matière de propreté. Je prends beaucoup le train: le couloir entre la Gare Centrale et le métro est une honte!

DH: Votre regard sur la Wallonie?

ADC: J'en ai une image très verte. De chez moi, j'aperçois des arbres et des forêts, bien plus qu'en Flandre. Au niveau économique, la Wallonie est une région dynamique où les gens veulent avancer. Enfin, selon moi, le Wallon est un bon vivant.

DH: Et l'image d'une Wallonie paresseuse et éternelle assistée?

ADC: Il s'agit d'un cliché. En Flandre également, nous avons des régions où la vie est plus aisée – Courtrai – et d'autres où c'est le contraire, comme Hasselt.

DH: Qu'aimez-vous comme villes en Wallonie?

ADC: Je connais bien Tournai puisque je n'habite pas loin. Cependant, j'avoue que je connais moins Liège et le Luxembourg. Je vais corriger cette lacune.

DH: Comment définiriez-vous le caractère wallon?

ADC: Il n'y a pas "un" caractère wallon. Je retiendrais pourtant que le Wallon aime bien vivre et bien manger. Il aime aussi discuter et manier la rhétorique. Le Flamand est plus rationnel.

DH: Et le Bruxellois?

ADC: C'est un ket qui parle un mélange des deux langues. Un peu comme je le fais avec ma mère qui est d'origine francophone. Le Bruxellois est plus "je-m'en-foutiste" et ne se laisse pas classifier.

DH: Comment percevez-vous l'éloignement entre le nord et le sud: en politique, dans les médias, dans la culture et la peoplelisation?

ADC: On peut discuter pendant des heures de ce phénomène pour savoir s'il est heureux ou non. Je n'en retiens qu'une chose: il existe!

DH: Une élection, au sein d'une circonscription nationale, serait-elle une manière de freiner la distanciation entre le nord et le sud?

ADC: La seule manière de la rendre opérante est qu'elle ne soit pas accompagnée de quotas entre Flamands et francophones.

DH: Votre avis sur les médias francophones?

DH: En radio, j'ai été invité à Matin Première (RTBF) et sur Bel RTL matin. On m'y a beaucoup interrogé sur le communautaire. Alors que la priorité est à l'économique.

DH: Que pensez-vous de la hargne dont est victime, sur internet, la journaliste de la VRT qui a participé à l'émission "De slimste man ter wereld", Linda De Win ?

ADC: Elle est connue pour être péremptoire et aimer la compétition. En flamand, on dit qu'il faut être "sur ses orteils" pour répondre à ses questions. De là vient sans doute la campagne menée contre elle…

Mini-quiz

DH: Pouvez-vous citer 3 ministres des gouvernements wallon ou de la Communauté Française?

ADC: Non, pas à part Rudy Demotte.

DH: Quel est le grand projet culturel de la Ville de Mons?

ADC: Je ne sais pas!

DH: Devenir la capitale européenne de la Culture en 2015! Connaissez-vous la ville natale de Georges Simenon?

ADC: Je ne sais pas…

DH: Liège. Autre question, qui est le bourgmestre de Charleroi?

ADC: Je ne sais pas.

DH. Jean-Jacques Viseur (CDH). Et enfin, quelle est la plus petite commune bruxelloise?

ADC: Saint-Josse-ten-Noode.

DH: Exact!