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05/10/2009

HERMAN DE CROO: MON CHEVAL SERA DANS LE CORTEGE DE MON ENTERREMENT (DH 01-10-09)


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Mercredi, Herman De Croo diffusait un communiqué sur son état de santé. Le matin même, l'ancien ministre et ex-président de la Chambre avait rencontré l'équipe médicale qui l'avait soigné pour son cancer des cordes vocales. Les conclusions révèlent que le traitement qu'il a suivi a été efficace, au point qu'il peut espérer des chances de guérison à 96 ou 97%.

La Dernière Heure: Quelles leçons tirez-vous de ce coup dur?

Herman De Croo: La sénatrice SP.A et obstétricienne, Marleen De Temmerman, a été victime du même mal que moi: elle m'avait prédit que je risquais de perdre la voix, mais aussi le goût, sans parler de ma capacité de déglutition. C'est ce dernier point qui m'inquiétait le plus. Par bonheur, il n'en a rien été.

DH: Durant le traitement, vous n'avez pas modifié votre mode de vie?

HDC: Pas le moins du monde! Je nageais et montais à cheval deux fois par semaine, tout en continuant à travailler full time. Seule différence, je me couchais vers 22h.

DH: Vous n'aviez pas modifié votre alimentation?

HDC: J'ai continué à boire une bouteille de vin par jour, mais n'ai suivi aucun régime particulier. Je rappelle que mon traitement n'était en rien une chimiothérapie.

DH: Vous avez souffert?

HD: Par bonheur, je n'ai ressenti qu'une légère gêne dans la gorge: un début d'irritation, mais il ne m'a pas empêché de goûter à l'aveugle du chocolat et d'en préciser le pourcentage de cacao.

DH: Ce mercredi, en allant aux nouvelles, vous aviez le trac?

HDC: Je n'y ai guère pensé. Et j'ai été soulagé en observant le regard des médecins qui m'avaient mis une sorte de périscope dans le nez, tout en ma faisant boire un verre d'eau. Après cela, ils m'ont donné rendez-vous dans deux mois…

DH: En sortant de la clinique, vous avez averti vos proches?

HDC: J'ai envoyé une vingtaine de sms, entre Gand et Bruxelles, tout en en recevant autant. Un des plus émouvant était celui de Karel De Gucht qui m'a écrit: "It makes my day and your life…" Quant à Patrick Dewael, le président de la Chambre, nous avons bu ensemble une Orval.

DH: Qu'en est-il désormais de ce que vous appelez votre triple combat?

HDC: En continuant à me battre, je veux démontrer que mon acharnement n'était pas pro domo. Pour ce qui concerne le fait de porter le traitement que j'ai subi à 7 jours, l'université de Gand va l'allonger de dix-sept heures: on commence à se rendre compte que les cellules cancéreuses ne se reposent pas le week-end!

DH: Et les deux autres parties de votre combat?

HDC: A propos du centre de Mol, où sont produits les isotopes, il faut qu'il soit renouvelé pour 2016. La décision doit être prise cette année. Mol est un des six centres qui existent de par le monde. Lors de ses missions à l'étranger, le Roi ne se fait-il pas systématiquement accompagner par une équipe de Mol: preuve de son excellence!

DH: Reste le traitement par protons…

HDC: Il s'agit de l'handrothérapie, sur le site de Louvain-la-Neuve. Cette technique permet d'éviter les dommages collatéraux. C'est le troisième volet de mon combat…

DH: Comment allez-vous vous battre?

HDC: Madame Onkelinx, ministre de la Santé, m'a demandé de participer à un groupe de travail. Je tiens à souligner que les spécialistes flamands soutiennent que la ministre ne se bat pas en faveur du cancer dans l'unique but d'alimenter les caisses du sud du pays…

Le VLD va mal, mais il le sait!

DH: Vous avez été au congrès de votre parti, le week-end dernier, à Ostende?

HDC: J'y ai constaté deux choses remarquables: le Tour de Flandre mené par les instances du VLD a permis à 1.200 personnes de s'exprimer sur le parti. Leurs critiques furent dures, mais constructives. Ensuite, l'étude menée sur les résultats des élections a été très approfondie. C'est de cela dont nous avons discuté à Ostende. Le VLD va mal, mais il le sait!

DH: D'où vient le mal?

HDC: Le CD&V a réalisé le plus mauvais score de son histoire, en perdant 120.000 électeurs. Depuis 2003, nous en avons perdu 350.000, soit 35% de notre électorat. Ces pertes ne sont pas liées au communautaire, mais à l'économique. Sait-on que 60% des électeurs de la NVA affirment ne pas choisir ce parti pour son combat linguistique?!

DH: Quelle réflexion vous suggère cette baisse?

HDC: A Ostende, nous avons appris que le VLD n'était même plus un second choix pour les gens. Non seulement personne n'est contre nous, mais les gens préfèrent les autres. Cette indifférence est gravissime! En Allemagne, les libéraux viennent de faire 14% et on parle d'un petit parti. Or le VLD risque de faire moins…

DH: Que faire?

HDC: Nous avons décidé d'ouvrir une nouvelle présidence. Du profil qu'aura le futur patron du VLD, nous saurons si le parti reste au fédéral ou s'il s'en retire.

DH: Vous comprenez le souhait de Verhofstadt de ne plus diriger le parti?

HDC: Il nous l'a expliqué: comme président des libéraux européens, il manque de temps pour diriger le VLD. Sa meilleure présidence, il l'a faite sans être député ni sénateur. Il nous faut un président à temps plein.

DH: Et son mea culpa?

HDC: Ce n'est pas innocent: il rappelle indirectement que nous avons réussi nos meilleurs scores sous Willy De Clercq en 1981 et sous Guy Verhofstadt, en 2004.

DH: Serez-vous candidat, lors de ces deux scrutins?

HDC: Au fédéral, je pourrais fort bien l'être, même si mon fils Alexander se présente. Aux communales de 2012, j'aurai 75 ans. Mais ne dit-on pas que c'est un âge où les cardinaux se retirent et où le pape reste en fonction…

A mon enterrement, mon cheval sera dans le cortège

DH: Votre cancer vous a-t-il fait penser à la mort?

HDC: Je n'y ai pas songé, mais à mon enterrement, si!

DH: C'est-à-dire?

HDC: N'étant pas pratiquant, je ne veux pas être enterré à l'église. Je ne suis pas non plus franc-maçon…

DH: Ah bon?

HDC: Absolument, même si je respecte la maçonnerie. Le grand-père de ma femme a fondé les amis philanthropes et m'a proposé de devenir maçon. J'avais 26 ans et ai refusé.

DH: Reste l'incinération…

HDC: Je n'en veux pas! Il y a bien le hall omnisports de ma commune où je pourrais être enterré (rires). Notre équipe de handbal y joue en division d'honneur…

DH: Plus sérieusement?

HDC: Ma famille possède un caveau dans lequel une place m'est réservée: on y a déjà gravé ma date de naissance… Non, la seule chose que je demande pour mon enterrement, c'est que mon cheval soit dans le cortège.

06/09/2009

JEAN-MARIE DEDECKER: "PAS BONNE, LA CHANSON DE CLOUSEAU!" (DH 06-09-09)

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Depuis son demi-échec électoral, on n'a guère entendu Jean-Marie Dedecker. Sauf pour dénoncer l'affaire de la maison flamande à New York. Nous lui avons demandé comment se portait son parti et comment il avait vécu l'entrée de son rival Bart De Wever au gouvernement de Kris Peeters. Sans oublier son avis sur la chanson pro-belge du groupe Clouseau…

La Dernière Heure: Etes-vous remis de votre score décevant, aux élections du juin?

Jean-Marie Dedecker: Disons que, si nous avons bel et bien gagné les élections, nous avons perdu les sondages qui nous donnaient 10%. Au final, nous n'avons eu que 8%.

DH: Vous avez donc plutôt perdu les élections…

JMD: Non, nous avons fait un pour cent de plus qu'au scrutin précédent. Mais il est vrai que les sondages nous donnaient plus…

DH: A quoi attribueriez-vous ce demi-échec?

JMD: L'électeur n'a pas récompensé les partis qui avaient le meilleur programme, mais ceux qui étaient les plus médiatisés. Prenez par exemple le CD&V qui n'a tenu aucune des promesses contenues dans son programme…

DH: Avez-vous payé l'affaire du détective privé que vous aviez engagé pour suivre Karel De Gucht?

JMD: Je reconnais que j'ai été piégé par ce détective (Ndlr: pour rappel, celui-ci a transmis le fruit de ses recherches à une chaîne télé), mais cela n'a pas joué.

DH: Où en est l'affaire: Karel De Gucht avait porté plainte contre vous?

JMD: Pas contre moi! Il a porté plainte contre le détective et contre inconnu.

DH: Quelle est votre intime conviction, dans ce dossier?

JMD: De Gucht a menti trois fois devant le Parlement, à propos de l'affaire Fortis. Et je me demande bien pourquoi la Justice n'analyse pas le fond du dossier…

DH: Quel effet cela vous a-t-il fait que Bart De Wever (NVA) fasse 5% de plus que vous?

JMD: Avec son franc-parler et son flamingantisme, il fait partie de la nouvelle génération.

DH: Franc-parler et flamingantisme: il est un peu comme vous?

JMD: Il existe une différence: je suis libéral de droite et De Wever ne l'est pas! Mais avec ses 13%, il avait le droit d'entrer au gouvernement flamand.

DH: Depuis les élections, vous avez dénoncé un nouveau scandale: la gabegie au sein de la maison flamande à New York…

JMD: C'est exact! Le directeur général vient d'être remercié.

DH: Comment se fait-il que vous parveniez à dénoncer tant de scandales?

JMD: Je prépare très, très bien mes dossiers et j'ai l'image d'être quelqu'un de correct. Sans compter que je suis une grande gueule et que je travaille beaucoup!

DH: Quel est votre avis sur le disque "Leve Belgïe, Vive la Belgique" que vient de sortir le groupe Clouseau?

JMD: Je suis partisan de la libre-pensée et de la libre-parole.

DH: Ce n'est pas un avis sur la chanson…

JMD: Je la connais certes, mais je ne trouve pas que ce soit une chanson réussie. Tant pour la mélodie que pour les paroles.

DH: Vous n'êtes pas d'accord avec le fond?

JMD: Disons que je ne partage pas ce que chante Clouseau. Mais si je rencontre en rue le leader du groupe, Koen Wauters, j'en parlerai avec lui autour d'une bière. Pour résumer, à part que les journaux ont demandé aux hommes politiques ce qu'ils pensaient de ce morceau, on n'en parle pas autour de moi. Normal, je le répète, ce n'est pas une bonne chanson…

02/09/2009

ANDRE FLAHAUT: "JE NE ME SUIS PAS ENNUYE DURANT LES VACANCES!" (DH 30-08-09)


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La Dernière Heure: Durant des années, vous avez été le ministre "qui ne prenait jamais de vacances": en été, vous avez profité de ne plus être aux affaires pour prendre des congés?

André Flahaut: La politique est une affaire de continuité et ce n'est pas parce que les vacances arrivent qu'il n'y a plus rien à faire… Cette année, j'ai surtout été frappé par l'absence de nombre d'acteurs, sauf dans le dossier de la justice. De la sorte, la plupart des dossiers n'ont pas bougé: c'était un peu comme si un consensus avait régné pour ne rien dire de ce qu'allait être la rentrée…

DH: Vous ne vous êtes donc pas ennuyé?

AF: Non, pas du tout! Comme les années précédentes, j'ai suivi les dossiers avec attention et recul. Parmi eux, bien entendu, la Justice, avec ses rebondissements et la gestion par à-coups qu'on a vécue: les évasions, l'affaire De Tandt jusqu'à la commission d'hier vendredi.

DH: C'est tout?

AF: Non! J'ai aussi suivi des activités plus locales Ainsi, la volonté de la direction de la Poste de supprimer le bureau de Louvain-la-Neuve…

DH: Qu'en pensez-vous?

AF: Avant l'été, j'avais déjà rencontré le patron de la Poste. Ce dossier témoigne de la volonté aveugle d'imposer un plan de gestion arbitraire.

DH: C'est-à-dire?

AF: L'enfant que constitue Louvain-la-Neuve est devenu plus important que la grand-mère qu'est Ottignies. Dans certains cénacles flamands, on plaide pour la rentabilité extrême, alors que ce raisonnement a montré ses limites pour les banques. Le discours socialiste est plus actuel que jamais.

DH: Pour en revenir à l'affaire De Tandt?

AF: Je suis actuellement au Congo – de manière totalement privée, j'insiste! Cependant, ce n'est pas pour y donner des leçons. Je paraphraserais la vieille formule: on ne monte pas au poteau de téléphone quand on a un trou dans son pantalon!

DH: Qu'allez-vous plaider au Congo?

AF: Je souhaite que notre nouveau ministre des Affaires étrangères n'oublie pas ce pays. Les événements d'il y a quelques années (Ndlr: les déclarations de karel De Gucht) ont laissé des traces. La réouverture de notre consulat est un signe. Notre nouvel ambassadeur l'a bien compris. Il ne faut cependant pas que la situation budgétaire belge entraîne la diminution de l'intensité de notre collaboration avec le Congo.