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18/01/2010

SOUS LE REGARD DE LA FLANDRE (2): KIM GEVAERT (DH 17-01-10)


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Deuxième épisode de notre rubrique dominicale: quel regard les Flamands les plus connus – les Bekende Vlamingen (BV) – portent-ils sur nous, Wallons et Bruxellois francophones?

Petit rappel. Les "BV", ce sont un peu les people flamands: quelques rares politiques, des journalistes et animateurs télé, d’anciennes Miss, des sportifs, certains participants à des émissions de divertissement. Cela va de la famille Pfaff à Bart De Wever, en passant par Frank De Winne ou Koen Wauters, le chanteur de Clouseau. La marque "BV" existe depuis les débuts de la chaîne privée VTM, en 1989, avant d'être reprise par la presse écrite Dag Allemaal et Het Laatste Nieuws en tête. Selon Marc Coenegracht, chef magazine du second, s'il n'existe pas de "FC" (francophones connus"), c'est avant tout dû à la petite taille de notre territoire, mais aussi au fait que nous sommes bien plus tournés vers la France que les Flamands ne le sont vers les Pays-Bas. Difficile dès lors, pour nos "vedettes", de rivaliser avec les Sarkozy, Drucker et autre Hallyday (même s'il est Belge).

Deuxième "BV" à se prêter au jeu: Kim Gevaert, pour une interview en français.

À Bruxelles, quand je parle flamand, on me comprend mal!

La Dernière heure: A quoi vous fait songer la Wallonie?

Kim Gevaert: La première image qui me vient à l'esprit est celle d'un tour de que j'y ai fait, il y a quelques années, dans le cadre du projet Go Active (Classe en forme). Les enfants étaient super et me réclamaient beaucoup de bisous. J'ai refait la même chose, il y a un an et j'en ai un aussi bon souvenir…

DH: Ces petits francophones étaient-ils différents de ceux de Flandre?

KG: Non, je me souviens de la même gentillesse, de part et d'autre. Peut-être les écoliers wallons étaient-ils plus intéressés par le nombre de médailles et de trophées que j'avais remporté.

DH: A quoi vous fait penser la volonté de séparer certaines fédérations sportives?

KG: La plupart du temps, les relations sont très bonnes entre sportifs. En athlétisme par exemple, nous avons toujours formé une excellente équipe. Si cela n'avait pas été le cas, nous aurions été moins fortes. Hélas, cette ambiance ne se retrouve pas au sein des fédérations.

DH: La diversité n'est donc pas un problème?

KG: Au contraire, elle rend plus forts. Un exemple concret: si je prends ma voiture et que je roule pendant une demi-heure, j'arrive dans une région – Bruxelles - où l'on parle plusieurs langues, où les cultures sont variées. C'est extra! Pour moi, qui adore la Belgique, cette diversité est une vraie force!

DH: Selon vous, les Wallons sont-ils différents des Flamands?

KG: En Wallonie, on sent évidemment plus la culture française. Concrètement, cela veut dire que les gens sont plus relax, moins stressés qu'en Flandre.

DH: Le caractère wallon comporte-t-il des points négatifs?

KG: Je regrette que les francophones ne parlent pas mieux flamand. C'est dommage! Quand on voit le niveau des petits francophones qui sortent de sixième humanité, la différence est effarante. Surtout que certains n'ont même pas appris l'autre langue! Cela, je ne le comprends vraiment pas…

DH: Avez-vous senti un changement de mentalité, des deux côtés du pays, entre le tout début de votre carrière, et le moment où vous l'avez arrêté?

KG: En dehors du sport, mes amis francophones font beaucoup d'efforts pour apprendre le flamand: connaître la culture de l'autre facilite l'intégration.

DH: Y a-t-il des villes wallonnes que vous appréciez particulièrement?

KG: Il y a un an, j'ai été à Laroche et j'ai beaucoup aimé cette petite ville. Il y a aussi Liège que j'apprécie, surtout qu'elle a fort changé, ces derniers temps: elle s'est modernisée. J'aime beaucoup sa nouvelle gare…

DH: Et Bruxelles?

KG: J'y suis souvent. Ce que j'y préfère, c'est la diversité qui fonctionne bien. Quant à mes endroits préférés, ce sont le Grand-Place, le Grand Sablon. Seul point négatif, quand je m'exprime en flamand, on me comprend mal. C'est regrettable…

Mini-quiz DH

DH: Qui est ministre-président de la Région de Bruxelles-capitale?

KG: Charles Picqué.

DH: Parfait. En Flandre, il y a les dynasties Van Rompuy, Tobback, et du côté francophone?

KG: Les Michel, les Daerden.

DH: Exact. Qui est bourgmestre de Mons?

KG: Je ne sais pas.

DH: Elio Di Rupo. En football, pouvez-vous citer trois clubs wallons?

KG: À part le Standard, je ne vois pas.

DH: Charleroi, Mons, Mouscron… Connaissez-vous trois présentateurs de JT?

KG: À part Julie Taton, je ne vois pas.

DH: Elle est animatrice, pas journaliste. Vous auriez pu citer François De Brigode, Akima Darmouch, Nathalie Maleux, Ophélie Fontana…

 

15/01/2010

SOUS LE REGARD DE LA FLANDRE (1) ALEXANDER DE CROO (DH 10-01-10)


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Ce dimanche, la DH lance une nouvelle rubrique: "Les francophones vus par les Bekendissimes". Ou, quel regard les Flamands les plus connus – les Bekende Vlamingen (BV) – portent-ils sur nous, francophones wallons et bruxellois. En Flandre, le "BV" est une marque déposée, ou presque. On y trouve quelques rares politiques, des journalistes et animateurs télé, d'anciennes Miss, des sportifs, certains participants à des émissions de divertissement, bref des people. Cela va de la famille Pfaff à Bart de Wever, en passant par Frank De Winne ou Koen Wauters, le chanteur du groupe Clouseau. Marc Coenegracht, "chef magazine" du premier quotidien flamand, Het Laatste Nieuws, affine la notion de "Bekende Vlamingen": "La dénomination "Bekende Vlaming" date de la naissance de la chaîne privée, VTM, en 1989. Elle a vite été reprise par la presse écrite, et surtout le magazine Dag Allemaal et Het Laatste Nieuws. Avec le temps, être "BV" est devenu un phénomène de moins en moins rare, mais plus éphémère. Le candidat à une émission de télévision peut être élevé au rang de "BV", du jour au lendemain, et retomber dans l'anonymat tout aussi rapidement. Au faîte de la gloire, il fera la une des journaux et sera invité sur les plateaux télé." Enfin, notre interlocuteur tente d'expliquer pourquoi il n'y a pas de "WC" (Wallons connus)? "Surtout parce que le public francophone est restreint, et plus tourné vers la France que la Flandre ne l'est vers les Pays-Bas. Depuis la création de VTM, les Flamands ne regardent presque plus la télé hollandaise." Ceci posé, pour la première de cette nouvelle rubrique dominicale, nous avons interrogé Alexander De Croo, fils d'Herman et tout jeune président de l'Open VLD. À ce double titre, il est déjà un "BV".

DH: Vous considérez-vous comme un "BV"?

ADC: Cette question est une première! Si je suis un "BV", ce serait un résultat étonnant de mon élection à la présidence du VLD.

DH: Comment percevez-vous la Wallonie?

ADC: Je vais partir d'un exemple concret: lorsque je me promène à cheval, si je suis en Flandre, je ne peux pénétrer dans les forêts, alors que je peux le faire en Wallonie. Cela dit tout sur nos différences…

DH: Quels sont vos liens avec Bruxelles?

ADC: Comme étudiant à la VUB, puis professionnellement, j'ai habité dans divers quartiers de la capitale: à Forest, près de la place du Châtelain, près de la gare d'Etterbeek… Je connais donc bien Bruxelles.

DH: Avez-vous vu Bruxelles se transformer?

ADC: On y parle beaucoup plus de langues qu'avant. Par contre, rien n'a changé en matière de propreté. Je prends beaucoup le train: le couloir entre la Gare Centrale et le métro est une honte!

DH: Votre regard sur la Wallonie?

ADC: J'en ai une image très verte. De chez moi, j'aperçois des arbres et des forêts, bien plus qu'en Flandre. Au niveau économique, la Wallonie est une région dynamique où les gens veulent avancer. Enfin, selon moi, le Wallon est un bon vivant.

DH: Et l'image d'une Wallonie paresseuse et éternelle assistée?

ADC: Il s'agit d'un cliché. En Flandre également, nous avons des régions où la vie est plus aisée – Courtrai – et d'autres où c'est le contraire, comme Hasselt.

DH: Qu'aimez-vous comme villes en Wallonie?

ADC: Je connais bien Tournai puisque je n'habite pas loin. Cependant, j'avoue que je connais moins Liège et le Luxembourg. Je vais corriger cette lacune.

DH: Comment définiriez-vous le caractère wallon?

ADC: Il n'y a pas "un" caractère wallon. Je retiendrais pourtant que le Wallon aime bien vivre et bien manger. Il aime aussi discuter et manier la rhétorique. Le Flamand est plus rationnel.

DH: Et le Bruxellois?

ADC: C'est un ket qui parle un mélange des deux langues. Un peu comme je le fais avec ma mère qui est d'origine francophone. Le Bruxellois est plus "je-m'en-foutiste" et ne se laisse pas classifier.

DH: Comment percevez-vous l'éloignement entre le nord et le sud: en politique, dans les médias, dans la culture et la peoplelisation?

ADC: On peut discuter pendant des heures de ce phénomène pour savoir s'il est heureux ou non. Je n'en retiens qu'une chose: il existe!

DH: Une élection, au sein d'une circonscription nationale, serait-elle une manière de freiner la distanciation entre le nord et le sud?

ADC: La seule manière de la rendre opérante est qu'elle ne soit pas accompagnée de quotas entre Flamands et francophones.

DH: Votre avis sur les médias francophones?

DH: En radio, j'ai été invité à Matin Première (RTBF) et sur Bel RTL matin. On m'y a beaucoup interrogé sur le communautaire. Alors que la priorité est à l'économique.

DH: Que pensez-vous de la hargne dont est victime, sur internet, la journaliste de la VRT qui a participé à l'émission "De slimste man ter wereld", Linda De Win ?

ADC: Elle est connue pour être péremptoire et aimer la compétition. En flamand, on dit qu'il faut être "sur ses orteils" pour répondre à ses questions. De là vient sans doute la campagne menée contre elle…

Mini-quiz

DH: Pouvez-vous citer 3 ministres des gouvernements wallon ou de la Communauté Française?

ADC: Non, pas à part Rudy Demotte.

DH: Quel est le grand projet culturel de la Ville de Mons?

ADC: Je ne sais pas!

DH: Devenir la capitale européenne de la Culture en 2015! Connaissez-vous la ville natale de Georges Simenon?

ADC: Je ne sais pas…

DH: Liège. Autre question, qui est le bourgmestre de Charleroi?

ADC: Je ne sais pas.

DH. Jean-Jacques Viseur (CDH). Et enfin, quelle est la plus petite commune bruxelloise?

ADC: Saint-Josse-ten-Noode.

DH: Exact!