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02/09/2009

QUE DU BONHEUR (DH 30-08-09)


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De Clerck a joué sur du velours

A en croire un éminent membre de la commission Justice qui s'est tenue vendredi, celle-ci aurait du avoir lieu au moins 10 jours plus tôt. "C'était un peu comme des figues après Pâques", ramassait le commissaire. Et de s'étonner que, malgré les "parlottes" – 4 heures sur les évasions et 3 heures sur la juge De Tandt -, on n'avait même pas trouvé le temps d'évoquer l'enquête demandée au Comité "P". Ce dernier investigue effectivement sur Glenn Audenaert et les présumés liens que le directeur judiciaire de la police judiciaire fédérale de Bruxelles aurait eu avec la société Ijsboerke. C'est du moins ce que prétend l'avocat Peeters, au centre de la tourmente. Enfin, dernier commentaire de notre confident: "Vendredi, Stefaan De Clerck, ministre de la Justice, a joué sur du velours." Même l'opposition, comme on le sait, n'a pas exigé sa démission. C'est tout dire…

Verhofstadt n'est pas Van Rompuy

La semaine dernière, nous reprenions les propos d'André Flahaut s'élevant contre les flamandisation des relations internationales. Nous mettions cette phrase dans la bouche du bouillant socialiste: "Charles Michel n'est-il pas cornaqué par l'ancien conseiller diplomatique d'Herman Van Rompuy?" En lisant cela, le ministre MR a failli s'étrangler de rage. Rectifions donc: Flahaut avait cité le directeur général de la Coopération au Développement, Peter Moors, qui fut conseiller diplomatique de Guy Verhofstadt, et non de Van Rompuy. Honte à nous!

Affaire "Scieur": tout n'est pas dit…

Nous revenions récemment, sur l'arrêt dit "Scieur", du nom du président du tribunal de Première instance de Marche-en-Famenne qui avait rédigé un document intitulé "rôle de vacances", en l'antidatant et en y ajoutant une mention ne figurant pas sur le document initial. Le magistrat avait été jusqu'à utiliser la pièce, sachant qu'elle était fausse. On le sait, ces faits lui avaient valu d'être radié à vie et d'être condamné à six mois d'emprisonnement. Le jugement établissait en outre que le juge d'instruction Luc Riguelle avait participé à l'élaboration du faux. Or celui-ci n'avait jamais été poursuivi. Plus étrange, la magistrate qui avait dénoncé les faits – la juge Marie-Pierre Drisket – et la partie victime du faux – Jean-François et Jean-Pierre Sterpin – s'étaient vu refuser de disposer d'une copie de leur audition et du dossier répressif. Ce n'est pas tout, le juge Riguelle continue à siéger, comme si de rien n'était. De même, des membres du greffe, eux aussi impliqués dans le faux, continuent à travailler. Il n'en est pas de même pour la juge ayant dénoncé les faits: elle a été "expatriée" à Liège où elle se plaint de brimades, de la part de sa hiérarchie et de membres du personnel. Elle jure, mais un peu tard, qu'on ne la prendra plus à dénoncer des faits délictueux…

vrebos.jpgLa brique de Vrebos

Jeudi, une brique va atterrir dans les bacs des libraires: un ouvrage de près de 1.000 pages reprenant l'ensemble de l'œuvre théâtrale de pascal Vrebos. Le livre, édité par Le Cri, est préfacé par Jacques De Decker. Le Secrétaire perpétuel de l'Académie royale de langue et littérature françaises de Belgique rappelle que c'est à Patmos, île de la Mer Egée, que Vrebos a rédigé la plupart de ses écrits: là où Saint Jean conçut l'Apocalypse. De Decker rappelle aussi qu'il assista à la création d'Un Agenda orange, première œuvre du prolifique auteur: c'était en 1970, à la Chapelle de Boendael. Après avoir lu les 23 pièces de l'auteur, le Secrétaire perpétuel tire cette conclusion: "L'époque s'est mise à ressembler à du Vrebos." Difficile de faire plus beau compliment…

La bévue de la semaine

Le site du très sérieux Monde annonçait récemment le décès de l'ancien maire de Lyon, Francisque Collomb, battu aux élections municipales de 1989 par Michel Noir, et décédé le 24 juillet dernier à l'âge respectable de 98 ans. Cette nécrologie, parue dans la rubrique Carnet, était agrémentée d'une photo de M. Collomb… Gérard, maire actuel et sans lien de parenté avec son prédécesseur. Cette bévue rappelle celle d'un quotidien belge illustrant le décès d'Audrey Hepburn en 1994, par une photo de Katharine Hepburn, toujours vaillante à l'époque.

24/08/2009

MARC VERWILGHEN: "L'UN D'EUX NE DIT PAS LA VERITE!" (DH 23-08-09)

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À la guerre des polices que Marc Verwilghen avait dû gérer durant sa présidence de la commission Dutroux, puis comme ministre de la Justice, a succédé une guerre sans merci entre la PJ d'une part, et la magistrature d'autre part. Verwilghen est aujourd'hui sénateur et avocat. Nous l'avons interrogé sur l'affaire De Tandt. Notons que son interview a été menée avant que l'on apprenne qu'une instruction pénale était ouverte à charge de la présidente du tribunal de commerce.

 

La Dernière heure: Connaissez-vous le dossier?

Marc Verwilghen: Je ne le connais que pour l'avoir suivi dans la presse. Je dois ajouter que je ne connais pas Madame De Tandt et Monsieur Van Audenaert, dans le cadre strict de l'affaire. Reste que la situation est grave: l'objectivité de la magistrature peut-elle encore être garantie?

DH: Quel que soit son dénouement, l'affaire va-t-elle laisser des traces?

MV: Des traces considérables, oui! Pour reprendre une phrase que j'ai prononcée lorsque je présidais la commission Dutroux: de la juge De Tandt, présidente du tribunal de Commerce, et de Glenn Audenaert, directeur général de la PJ de Bruxelles, un des deux ne dit pas la vérité!

Une commission d'enquête?

DH: Comment savoir lequel ment?

MV: Au-delà du dossier proprement dit, il devra y avoir une réaction du politique: celui-ci ne peut évidemment juger les juges, séparation des pouvoirs oblige. On pourrait cependant envisager la mise sur pied d'une commission d'enquête qui se pencherait sur l'objectivité de la magistrature, en général.

DH: Pourquoi donner une mission si large à cette commission?

MV: Les politiques ne peuvent juger les juges, mais ils peuvent juges les responsables de la magistrature. Ainsi, le premier président de la Cour d'Appel de Bruxelles, Guy Delvoie, doit intervenir. L'événement que nous vivons est suffisamment sérieux pour que celui-ci mène une action immédiate. Même s'il est en vacances, comme j'ai cru le lire… N'oublions pas que les affaires qu'aurait à trancher la juge De Tandt pourraient entraîner des actions si ce qu'on reproche à la juge s'avérait.

DH: Vous évoquez une commission d'enquête, mais le Conseil Supérieur de la Justice ne s'est-il pas déjà prononcé?

MV: Il l'a fait! Mais sans disposer de suffisamment d'éléments sur le problème de la déontologie qui est soulevé. Le CSJ devrait avoir plus de pouvoir pour connaître l'entièreté du dossier.

DH: Votre avis sur l'action du ministre de la Justice, votre successeur, Stefaan De Clerck?

MV: Il a agi comme il convenait de la faire. Son intervention a permis de redonner confiance au justiciable. Peut-être aurait-il dû le faire plus promptement…

DH: Que se passera-t-il s'il apparaît que Madame De Tandt est dans son bon droit?

MV: Avant de me prononcer, je voudrais insister sur la présomption d'innocence dont elle doit bénéficier. Si elle n'a rien commis de répréhensible, elle disposera de procédures pour se faire rendre justice. Elle retrouvera dès lors son honneur et pourra reprendre son travail.

DH: Certains évoquent aussi l'influence de la franc-maçonnerie, voire de l'Opus Dei, dans la magistrature: avez-vous déjà senti l'influence de l'une ou de l'autre?

MV: Bien sûr, je connais ce type d'intervention, depuis 33 ans que j'exerce la fonction d'avocat. J'ai toujours su que certains juges étaient attachés à la Loge ou à l'Opus Dei. Sans toujours le cacher. Leur vie professionnelle ne peut être influencée par leur engagement philosophique. J'ai lu des plaintes qui prouvaient que certains se posaient des questions à ce sujet, mais rien n'a jamais été révélé.