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02/05/2009

JEAN-MARIE DEDECKER: "JE NE M'ARRETE JAMAIS!" (DH 19-04-09)

JM DEDECKER - DH 19-04-09.jpg

Vendredi, la VRT et VTM annonçaient que le député Jean-Marie Dedecker avait engagé un détective privé pour enquêter sur le ministre des Affaires étrangères, Karel De Gucht (Open VLD), dans le cadre de la vente du Palais de Justice de Furnes. Nous avons interrogé le leader de LDD: il est plus nuancé. 

La Dernière Heure: Vous confirmez l'engagement de ce détective privé?

Jean-Marie Dedecker: Oui! Il m'était revenu que Karel De Gucht pourrait avoir joué un rôle à propos d'immeubles dont la vente était destinée à rééquilibrer le budget de l'Etat.

DH: De quels biens s'agit-il?

JMD: Il s'agit de six palais de Justice – et pas seulement celui de Furnes – mais aussi de notre ambassade à Tokyo. Dans tous ces dossiers, on retrouve également le nom de la famille Jaspers…

DH: Qu'est-ce qui vous a semblé suffisamment troublant pour recourir au service d'un détective privé?

JMD: Les firmes ayant participé à ces ventes sont belges, mais leurs conseils d'administrations sont étrangers. Mieux, ils changent souvent de pays et se retrouvent parfois en Irlande.

DH: Que vient faire Karel De Gucht dans tout cela?

JMD: Pendant que j'examinais ce dossier, quelqu'un m'a averti que le ministre aurait servi de contact lors de l'une ou l'autre de ces ventes.

DH: Trouvez-vous que ce type d'enquêtes relève de votre rôle de parlementaire?

JMD: En travaillant de la sorte, j'ai déjà poussé la ministre Fintje Moerman à la démission. Il y a aussi eu le dossier Koekelberg…

DH: Pour ces affaires, aviez-vous aussi eu recours à des détectives privés?

JMD: Il s'agit plutôt de spécialistes. Pour les Palais de Justice, j'ai pris un détective privé parce que les sociétés étaient dirigées à partir de l'étranger. Il me fallait un bureau spécialisé pour savoir pourquoi les conseils d'administration étaient hors de nos frontières. 

DH: Etes-vous arrivé à un résultat?

JMD: Non! Je ne suis pas parvenu à mettre la main sur les documents me permettant de conclure.

DH: Karel De Gucht a souvent été cité, ces derniers temps: affaire Fortis, dossier de la vente des Palais de Justice…

JMD: Sans compter qu'il a menti sur les trois coups de fil qu'il aurait passés à sa banque. Il semble pourtant que je suis le seul à m'en inquiéter. Si j'ai du avoir recours à ce détective, c'est parce que la presse ne fait plus son travail. Aujourd'hui, il faut qu'on lui mette la matière en bouche pour qu'elle se mette en route.

DH: Vous accepteriez qu'un détective privé enquête sur vous?

JMD: Il ne s'agit pas d'enquêtes sur la vie privée de Monsieur De Gucht ou de sa famille. Cela, je m'en fous: il fait ce qu'il veut!

DH: Commet votre dossier a-t-il atterri dans des rédactions?

JMD: La faute en revient au porteur qui devait me fournir les conclusions du détective privé: il les a transmises à la presse.

DH: Vous allez en rester là?

JMD: Je ne m'arrête jamais!

Aernoudt ne reviendra pas!

DH: Le député LDD Rob Van de Velde s'est récemment plaint de la confection de certaines de vos listes?

JMD: Toutes les partis connaissent des problèmes lors de l'élaboration des listes. De plus, dans tout nouveau parti, surviennent des opportunistes et des idéalistes. Surtout lorsque ce parti grimpe dans les sondages… En l'espèce, le problème a été résolu dès le lendemain du jour où il s'est posé.

DH: À propos de nouveau parti, votre ami Rudy Aernoudt a fait un flop…

JMD: Il a été roulé magistralement. Selon moi, ce n'est pas Maingain qui l'a roulé, mais Reynders lui-même.

DH: Il s'agissait d'un scénario bien préparé?

JMD: J'en suis persuadé! Le but n'était pas seulement d'éliminer Aernoudt du MR, mais de faire la même chose par rapport à Lidé.

DH: Aernoudt annonce qu'il reviendra pour les fédérales de 2012…

JMD: Il ne reviendra pas!

DH: Le vide qu'il laisse en Wallonie ne vous donne pas plus envie de vous y présenter?

JMD: Non, il n'y aura pas de listes LDD en Wallonie. À Bruxelles, évidemment, oui!

10/04/2009

RUDY AERNOUDT: "JE SUIS TOUJOURS LA!" (DH 05-04-09)

rudy aernoudt - DH 02-04-09.jpg

Après avoir occupé la "une" des médias durant quelques mois, Rudy Aernoudt est rentré dans sa tanière. Non qu'il ait décidé de se taire – le pourra-t-il jamais? –, mais il s'est fait plus discret et plus prudent. Nous sommes allés le retrouver, chez lui à Lustin, pour jeter un œil dans le rétroviseur et lire dans sa boule de cristal.

La Dernière Heure: Après le psychodrame du mois de mars, vous êtes reposé?

Rudy Aernoudt: Je n'en ai pas eu le temps. Savez-vous que, cette semaine, j'ai donné 14 conférences.

DH: Vous y parlez de quoi?

RA: Du goût d'entreprendre, de la créativité comme source de l'économie et de la crise.

DH: C'est définitif: vous ne vous présentez pas aux élections du 7 juin?

RA: Je suis toujours là, même si, pour l'instant, la politique, c'est terminé.

DH: Vous dites "pour l'instant": vous reviendrez?

RA: Je me prépare pour les fédérales de 2011. Dans cette perspective, j'ai rencontré des gens de Lidé. Beaucoup sont venus à Lidé pour moi et l'ont quitté pour moi.

DH: A propos de préparation, votre candidature n'en a-t-elle pas manqué?

RA: C'est possible, mais j'en ai tiré les leçons. Tout n'est pas à jeter: le MR a repris certaines de mes idées, comme le CDH à Bruxelles, voire Ecolo avec son plan Marshal sur la bonne gouvernance…

DH: Quelle principal enseignement  tirez-vous de votre échec?

RA: Il faut d'abord effectuer un screening de ceux qui vont m'entourer. Quand un nouveau parti se crée, des gens enthousiastes arrivent, mais aussi des frustrés. Comme les anciens du Front National ou de l'UDRT…

DH: Comment les éviter?

RA: Justement, par un meilleur casting: les membres qui arrivent doivent être intègres et idéalistes. Et ne pas travailler pour eux-mêmes.

DH: On vous l'a pourtant reproché …

RA: J'ai créé Lidé et j'en ai porté la communication. Voyez le MR, c'est un éternel one man show de Reynders. Même chose pour le PS et le CDH.

DH: Lidé n'a jamais percé dans les sondages?

RA: On nous a donné 18%, 8% et 0,1%: c'est une bonne fourchette! Il existe un boulevard, de 10 à 12%, entre l'extrême droite et le MR.

DH: Vous estimez avoir été trahi?

RA: Beaucoup de mes amis le prétendent, moi pas!

DH: N'avez-vous pas aussi été trop vite?

RA: Oui, mais… les idées restent. 2009 était un test pour 2011. Cette année-là, j'aurai des listes à Bruxelles, en Wallonie et en Flandre.

DH: Vous vouliez combattre le mal wallon, sans vous être domicilié en Wallonie…

RA: C'est un détail! Je suis convaincu que c'est au niveau européen que tout se joue. Les gens savent-ils que la Flandre et la Wallonie, c'est 1,6% de l'Europe?

DH: On vous a aussi qualifié de populiste…

RA: Si mes idées sur le chômage sont populistes, Tony Blair est aussi un populiste. Je suis bien plus social que le PS…

DH: Pourquoi avoir attaqué de front les chômeurs?

RA: Vous faites allusion à la blague la plus connue de Wallonie! Ce n'était pas les chômeurs que je visais, mais ceux qui profitent du chômage. Voyez ce qui arrive avec le FOREM: cette institution a un mandat pour verser 500.000 euros aux syndicats. Trouve-t-on normal que le chômage soit devenu un véritable statut, en Wallonie, et que celui qui trouve du travail risque de ne pas gagner plus que s'il reste au chômage?

DH: Rire du chômage n'est pas une manière de faire passer ses idées…

RA: Je suis un homme ayant des idées et de l'humour: c'est comme ça!

"La politique, ça trompe énormément!"

Bien en vue sur la table de Rudy Aernoudt, le livre de Jean-François Kahn: "Pourquoi il faut dissoudre le PS". Sûr que l'ex-leader de Lidé s'en inspirera pour son prochain livre retraçant sa malheureuse expérience. Son titre? "La politique, ça trompe énormément", qu'il compte rédiger, à la Côte, durant la semaine qui vient. Encore un livre?! On a parfois l'impression que le Gantois "court perdu", comme on dit à Bruxelles! Il avoue apparaître un peu "cahotique", mais est avant tout "très organisé". Aernoudt regarde peu la télévision, n'est pas sportif, le travail étant son seul véritable hobby. C'est ce qu'il nomme "le fil… bleu" de sa vie. Pour parvenir à mener de front ses différentes activités, il dispose d'un atout majeur: "Je retiens tout!" Ainsi, quand le ministre Dupont dit que tout va bien dans l'enseignement, le Gantois bouillonne, évoquant les chiffres d'une dizaine d'études qui montrent que l'enseignement francophone est, au contraire, le plus médiocre du monde! C'est par le même réflexe qu'il explique aux Flamands que, s'ils se séparaient des Wallons, ils ne pourraient pas s'offrir une voiture neuve tous les trois ans, comme on leur fait croire!

Non à "la politique des drapeaux"!

Comment celui qui aurait dû y participer voit-il l'après élection? "Ce sera très problématique. En Flandre, il sera très difficile de former une tripartite entre, d'une part le CD&V et l'Open VLD, et d'autre part le SP.A ou Groen. Les deux premiers devront dès s'allier à la liste De Decker ou à la NVA. En Wallonie, le CDH étant une annexe du PS, il suffira à ces deux partis de s'adjoindre Ecolo qui est dans l'âme, un parti de gauche." Et le MR? "Didier Reynders s'est isolé lui-même!" Le 8 juin au matin, on devrait donc avoir, selon le professeur Aernoudt, une Wallonie de gauche contre une Flandre de droite. Qui l'eût cru?! Et le même de se lancer dans des explications où informations se mêlent aux rumeurs pour défendre ses thèses sur l'avenir du pays et la crise économique et financière. En ce qui concerne la Belgique, il veut casser les frontières, ricanant à l'idée que le ministre-président flamand se soit rendu à Washington et à Milan pour y inaugurer des "flamish house". C'est "la politique des drapeaux"! Au même moment, la capitale américaine s'était ouverte à la Virginie et au Maryland pour former une grande entité économique. Aernoudt dénonce enfin les hommes politiques, éternellement "en guerre" contre l'autre communauté. Comme ce FDF auquel il réserve manifestement un chien de sa chienne, après l'échec de son propre arrimage au MR. Le verbomoteur Aernoudt en vient enfin à disséquer la crise: si la Belgique ne bouge pas, elle sera dépassée par l'Espagne, l'Allemagne et la France, devenant ainsi le pays européen où l'impôt des sociétés est le plus élevé: 33,99%. Les chiffres, toujours les chiffres…