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30/10/2009

LETERME: "UN DIRIGEANT ETRANGER M'A DEMANDE DE L'AIDER A TUER" (DANS PARIS MATCH, CETTE SEMAINE)

05/10/2009

ERIC ADELBRECHT (RADIO CONTACT): "PAS DE COMPETITION ENTRE BEL RTL ET NOUS!" (PARIS MATCH 01-10-09)

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Paris Match: Vous êtes le patron d'une radio à succès. Comment faites-vous pour combattre la crise?

Eric Adelbrecht: Pour la combattre, il faut tenter d'être le meilleur possible en préservant son chiffre d'affaires et en réduisant ses charges. A la vérité, je dois avouer qu'avec les 30 ans d'histoire de Contact, nous disposons d'un trésor de guerre qui rend les choses plus faciles. Il n'est pas question pour autant de faire des folies…

PM: L'année 2009 a dû être particulière, pour vous?

EA: C'est plutôt 2008 qui a été spéciale: pendant qu'elle s'est écoulée, nous avons senti venir la crise, ce qui nous a contraints à la traverser avec une vision à moyen terme. L'année prochaine, 2010, sera une année de transition et j'espère qu'elle nous permettra de vivre une relance.

PM: Comment se déroule cette fin d'année?

EA: En ce qui concerne les annonceurs, la période est particulière: on sent à la fois qu'ils tentent de remonter la pente, mais également qu'ils sont tributaires de leurs maisons-mères. Sur base de ces deux paramètres, nous devons leur redonner confiance en mettant en avant les valeurs les plus dynamiques de notre radio.

PM: Comment faites-vous pour y parvenir?

EA: Nous avons la chance de posséder une station qui positive beaucoup. Pour donner confiance à nos annonceurs, nous misons beaucoup sur notre marque de fabrique et vendons autrement notre publicité.

PM: N'est-il pas plus difficile de tirer votre épingle du jeu dans un univers où règne la crise, surtout dans les médias?

EA: Non, je ne crois pas! Un média comme Radio Contact est une valeur refuge. Les gens viennent y retrouver un rayon de soleil et un peu de détente. Notre slogan "feel good" va dans ces sens…

PM: Comment motivez-vous vos équipes pour qu'elles soient plus fortes?

EA: D'abord, je leur demande de me faire confiance, tout en leur disant où je veux aller. Ma première mission est donc de les convaincre. Seconde étape, elles peuvent constater que les résultats sont là: nous ne cessons de monter. Disant cela, je sais que le plus dur reste à faire: poursuivre notre progression…

 

PM: Au-delà des mots, comment faites-vous pour dynamiser vos troupes?

EA: J'aime beaucoup la phrase qui dit que, pour être bien appliquée, une stratégie doit être bien expliquée. Je tente de le faire, jour après jour.

PM: Vous parlez de vos troupes: combien avez-vous de collaborateurs?

 

EA: Nous disposons d'une soixantaine d'équivalents temps pleins.

PM: A combien se monte votre budget de fonctionnement?

EA: Il est de huit millions d'euros.

PM: Et le chiffre d'affaires de la publicité?

EA: Vingt millions d'euros.

PM: La masse salariale de Radio Contact?

EA: Quatre millions et demi d'euros.

PM: Enfin, vos revenus nets?

EA: Quatorze millions d'euros!

PM: Quel être votre secret pour rester fort?

EA: C'est l'adrénaline. Elle me conforte dans mes choix et me donne envie de continuer, toujours et toujours.

PM: Radio Contact est, depuis peu, première en Communauté française. La lutte avec Bel RTL est sans merci?

EA: Nous appartenons au même groupe et sommes complémentaires. Sans cela, ce serait très difficile à vivre. En fait, Bel RTL et Contact font chambre à part. Il nous revient d'affiner nos produits pour rester totalement complémentaires.

PM: Et la RTBF?

EA: A côté de nos deux radios, la RTBF compte cinq radios. Elle représente un peu la pensée unique.

PM: Comment définiriez-vous votre rivalité avec Bel RTL?

EA: Le but de Contact n'a jamais été de détrôner Bel RTL, mais de proposer le meilleur produit possible, quitte à devenir numéro un. Nous y sommes parvenus et c'est une belle récompense. Mais nous n'en tirons aucune fierté.

PM: Vraiment?

EA: Oui! Il n'y a aucune mauvaise compétition entre nous.

PM: Quel est désormais votre but?

EA: Persévérer. Quand j'ai pris la tête de Contact, j'avais promis que nous deviendrions les premiers. Maintenant, nous allons devoir tenir.

PM: Ce sera le plus dur?

EA: Effectivement! Surtout que tout le monde va s'attaquer au leader. Reste que c'est jouable, même si ce sera compliqué.

 

Laure Pauwline

PM: A Liège, à l'occasion des Fêtes de Wallonie, Laure Pauwline, votre chanteuse fétiche, va monter la première sur le podium. Un rêve se réalise?

EA: Ce sera effectivement un très grand moment pour elle!

PM: C'est vous qui l'avez découverte: comment s'est passée votre rencontre?

EA: Elle est mariée à Charles De Pauw qui est un ami de Philippe Delusinne, administrateur délégué de notre groupe. En grand patron qu'il est, celui-ci nous a dit qu'il ne pouvait pas prendre de décision concernant cette chanteuse. Il l'a donc aiguillée vers moi.

PM: Vous avez en quelque sorte pris le relais?

EA: Exactement! J'ai d'abord constaté que, non seulement, Laure était très jolie, mais aussi qu'elle possédait une fort jolie voix. Un problème se posait pourtant: en Belgique, les maisons de disques locales ne prennent plus de risques pour les artistes belges francophones. Nous avons donc décidé de faire nous-mêmes ce qu'elles ne font plus.

PM: Avec Laure Pauwline, le succès fut rapidement au rendez-vous?

EA: Ce fut effectivement une belle réussite, puisqu'elle a déjà un tube à son actif: "Chacun son chemin". Nous en avons été le moteur et tout s'est bien construit. N'oublions pas non plus qu'il nous a fallu trouver des gens pour orchestrer cette réussite.

PM: Avez-vous rapidement senti que cela allait marcher?

EA: Oui, tout de suite, pour les motifs que j'ai énoncés et parce qu'elle chante très juste. La suite est une affaire de travail.

PM: Vous avez pointé le problème des maisons de disque…

EA: Ce qui se passe est vraiment dramatique. Elles signent de moins en moins d'artistes belges francophones. Leurs directeurs du marketing sont Flamands et ne connaissent pas notre notre marché. Résultat, quatre-vingt pour cent de leurs investissements se font en Flandre. Il n'y a donc plus de places pour de nouveaux talents francophones. C'est très grave pour les jeunes à qui l'on ne permet plus d'avoir de visibilité.

PM: Vous suppléez donc les maisons de disques?

EA: C'est un peu cela! Nous prenons le relais, avec une prise de risques sur certains artistes et en trouvant des dynamiques pour que cela fonctionne.

PM: Qu'en est-il de nos artistes plus connus?

EA: Une chanteuse comme Maurane est quasi française. Pour d'autres, comme Lafontaine ou Alec Mansion, cela fonctionne vaille que vaille, ou grâce à internet. Quant à Axel Red ou Lara Fabian, elles disposent de contrats internationaux.

PM: Quel est l'avenir de la chanson belge francophone?

EA: C'est à nous qu'il revient de mettre en avant le talent de nos artistes.

PM: Comment se porte le marché du disque, en général?

EA: La question est très compliquée parce qu'on n'a pas encore trouvé un modèle physique pour remplacer le CD. Cela, même si l'achat de musique par internet se porte plutôt bien. C'est un nouveau challenge…

13/09/2009

INTERVIEW, CLAUDE JAVEAU, A PROPOS DU SONDAGE ESTIVAL DE PARIS MATCH: "LES BELGES NE VEULENT PAS QUE LEUR ENFANT AILLE DANS UNE ECOLE OU IL Y A DES ARABES!" (PM 03-09-09)


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Paris Match: Comment analysez-vous l'ensemble des vainqueurs, par semaine: selon vous, sont-ils représentatifs de l'été?

Claude Javeau: Il convient d'abord de tenir compte du fait que c'est la rédaction de Paris Match qui propose les personnalités au choix des lecteurs. Ceux-ci auraient sans doute porté leurs votes de manière bien différente si on ne leur avait pas suggéré les noms en question.

PM: Venons-en aux vainqueurs, semaine par semaine. Pour le premier scrutin, François Pirette devance Albert II, Tom Boonen et Eddy Merckx.

CJ: Selon moi, ce n'est pas Pirette le plus grand comique francophone, mais bien Michel Daerden. D'une manière plus générale, en Belgique, il ne reste guère de véritables humoristes. Comme en France, d'ailleurs. Je citerais pourtant Kroll qui ose, en dessin, ce que beaucoup n'osent pas, dans leur spécialité. Pour en revenir au scrutin, Albert II et Eddy Merckx sont des valeurs sûres…

PM: Deuxième semaine: les bébés belge de la pub Evian, devant Jean-Michel Javeau, le faux prince belge et Joëlle Milquet…

CJ: J'avoue que je n'ai pas vu la pub Evian – j'étais en vacances –, mais il doit sans conteste y avoir une fierté de voir ces bébés de chez nous figurer dans une publicité de cette ampleur. Concernant Javeau, on l'a vu abondamment, au point qu'il a éclipsé Isabelle Durant. C'est bien lui le patron des Ecolos. Et comme il est plus photogénique que Jean-Claude Marcourt ou Philippe Courard… Enfin, Joëlle Milquet a voulu récupérer l'enseignement. Voilà Marie-Dominique Simonet mal prise…

PM: En troisième semaine, Albert II devance Eddy Merckx, Bob et Bobette, ainsi que la Reine Fabiola.

CJ: La présence d'Albert II n'est pas étonnante et celle de Merckx non plus. Quant à Bob et Bobette, ce sont des produits flamands qui ont été lancés en Wallonie.

PM: Quatrième semaine. Les agriculteurs précèdent le cycliste Vanden Broeck, devant Catherine Fonck et Kim Clijsters.

CJ: Trouver les tracteurs à cette place est normal: on n'a vu qu'eux. La ministre Fonck, elle, a tout fait pour qu'on la voie et, pour Kim Clijsters, je parlerais de matraquage.

PM: Cinquième semaine, les victimes non-indemnisées de Ghislenghien ont été choisies devant Olivia Borlée, Steven Defour et les accidentés de la route.

CJ: Le procès de Ghislenghien est aussi une forme de matraquage. Mais ici, les gens défigurés que l'on voit sont les victimes d'une impéritie et leurs visages font de l'effet à la télévision, même si c'est triste à dire. Olivia Borlée est toute mignonne, quant à Defour, il me conduit à une constatation: quand je regarde une photo de l'équipe du Standard, je n'y vois aucun Liégeois. Je dis cela en tant qu'originaire de cette ville.

PM: Pour la sixième semaine, Kim Clijsters revient au premier plan et devance les jeunes filles qui ont sauvé les pensionnaires d'un home, puis viennent les volontaires qui testent le vaccin contre la grippe et, enfin, Delphine Boël.

CJ: Nous avons déjà évoqué Kim Clijsters, tandis que le cas du home symbolise notre destin à tous (il en va de même pour le home de Melle): il s'agit de deux cas de générosité.

PM: En septième semaine, viennent l'employé du home ucclois mort en héros, puis Marie-Dominique Simonet, les athlètes belges à Berlin et Francine De Tandt.

CJ: Le crime d'Uccle est crapuleux, vu que la victime était connue de son assassin et, surtout, qu'il ne sert à rien de braquer un home: il n'y a rien à y voler. Quant à la ministre Simonet, sa famille politique a voulu récupérer l'enseignement et ne pourra révoquer l'idée de mixité sociale. Dans ce dossier, j'évoquerais aussi un non-dit: les gens ne veulent pas que leur enfant aille dans une école où il y a des arabes. Autre constat, le collège Saint-Michel est mieux protégé que Donbassegio, micheline toussaint, lizin, leterme,  Bosco. C'est dur, mais c'est comme ça… Enfin, concernant la juge De Tandt, si l'affaire est avérée, la démocratie trinquera. Et cela peut devenir plus grave: le barreau sera visé, les experts judiciaires… Ceci prouve enfin, malgré tout ce qu'on a dit, que le Conseil Supérieur de la Justice est politisé: même lorsqu'il convient de nommer un garde-chasse à Céroux-Mousty.

PM: Huitième semaine, Walter Baseggio révèle qu'il est atteint du cancer, tandis que Micheline Toussaint et Anne-marie Lizin s'affrontent.

CJ: Si je devais être morbide, je dirais que Baseggio n'est pas encore mort. Concernant Anne-Marie Lizin, il suffit de la voir pour rire.

PM: Que diriez-vous, de manière générale, de cette radiographie de notre société en été?

CJ: Deux remarques: un, comme je l'ai dit, la radiographie est fort tributaire des noms proposés, et deux, les Flamands en sont fort absents. Ainsi, Yves Leterme qui a réintégré le gouvernement fédéral. Quelle gaffe va-t-il encore nous proposer? Je trouve incroyable de le revoir comme ministre "étranger aux affaires", simplement parce qu'il a 800.000 voix qui lui collent à la peau!

PM: A l'inverse de l'enquête que nous avons menée sur les personnalités ayant marqué les 60 dernières années de Paris Match, le vote d'aujourd'hui est plus émotionnel, les votants s'étant exprimés sur l'actualité récente. Ne faut-il pas se réjouir que, dans une société soi-disant déshumanisée, les Belges soient offusqués par un braquage qui se termine en tragédie (la mort de l'employé du home ucclois devance largement l'affaire De Tandt). De même, les lecteurs sont touchés par la colère des agriculteurs, par le désarroi des victimes non-indemnisées de Ghislenghien…

CJ: Les drames que vous évoquez sont une identification et leur proximité est aisée à comprendre. En ce qui concerne les agriculteurs, je note qu'il n'y a guère de colère à leur égard: ils ne sont pas impopulaires.

PM: On trouve aussi une valeur sûre: Albert II, grâce au 21 juillet certes. Ne trouvez-vous pas cependant qu'il a moins la cote?

CJ: Il m'est difficile de répondre à la seconde partie de votre question car le Roi est un homme effacé. Ceci posé, je ne puis nier que l'achat de son yacht à plus de quatre millions d'euros a été mal perçu! De même, l'actualité royale en général a été pauvre: il y a bien eu la barbe de Philippe et la maladie de Laurent, mais c'était surtout des non-événements.

PM: Aucun politique ne figure au palmarès: cela s'explique-t-il seulement par le fait qu'ils étaient en vacances? Ce n'était pourtant pas le cas, début juillet…

CJ: Les gens ne comprennent plus la politique. Prenons un exemple, à Bruxelles, ils ont voté MR à Bruxelles et se retrouvent avec Picqué. Pourtant, j'aime bien l'homme car il ne parle pas la langue de bois. Si l'on en revient à la première partie de votre question, je crois surtout que les tractations entre partis ont eu lieu durant l'été et que la population ne sait pas vraiment ce qui va lui être proposé. C'est sans doute cela qui explique l'absence de politiques…

PM: Notre enquête met en valeur les Belges ayant le plus fait parler d'eux (en bien ou en mal): pour qui auriez-vous voté?

CJ: Personnellement, j'aurais plus évoqué des événements que des hommes. Comme le dossier Opel qui concerne 3.000 personnes, voire le retour des bonus chez Fortis banque. Il y avait aussi l'ouverture du consulat général de Marseille: c'est grave, ce cadeau que Karel de Gucht nous a laissé avant de quitter les Affaires étrangères.

PM: Comment jugez-vous la victoire finale des bébés belges de la pub Evian: est-elle uniquement dictée parce que le spot a été fort médiatisé? Ou alors les Belges, comme d'autres, ont besoin de douceur, de plaisir de vivre, en cette période trouble et sombre de crise économique?

CJ: Les bébés, cela fonctionne toujours! Aux arguments que vous avancez, j'ajouterais la fierté que les bébés soient belges – et blancs – et qu'on soit venu les chercher de France. Mais il s'agit d'un non-événement. Au même titre que la pub de Tia Hellebaut pour Pizza Hut, que je déteste.

PM: Sur le plan international, quelles auraient été pour vous les trois personnalités marquantes de l'été 2009?

CJ: J'en citerais plus que trois. J'ai été marqué par les attaques contre la volonté d'Obama de construire une véritable sécurité sociale – on le présente en nazi –, mais je retiendrais aussi le malaise de Sarkozy, les attentats aux Baléares, sans oublier Berlusconi et ses nymphettes: tant qu'on lui reproche cela, on ne parle pas de sa mise au pas de la magistrature et de la presse, ni sa politique fascisante à la Mussolini.