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21/12/2009

LEO TINDEMANS: "POURQUOI NE PAS REUNIR UN CONSEIL DES SAGES?" (Paris Match, 10-12-09)


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Nous avons rencontré l'ancien Premier ministre, Leo Tindemans, dans sa retraite d'Edeghem, en plein déménagement: il a fait le tri de ses documents, en offrant une partie au Kadoc (Centre catholique de recherche et de documentation), à la KUL de Leuven. ­gé de 87 ans, il a déjà publié 8 livres et songe déjà à un neuvième, sur Clausewitz. Il suit l'actualité de près: quelques heures avant cette interview, à minuit précise, le ministre d'Etat était devant sa télévision, pour suivre les résultats du référendum suisse sur les mosquées. "La politique est toute ma vie!

Paris Match: Qu'avez-vous pensé en apprenant que 57% des Suisses s'était prononcé contre la présence de minarets sur le sol helvétique?

Leo Tindemans: Cela prouve, une fois de plus, que la politique n'est pas une science exacte!

PM: Chez nous, qu'avez-vous pensé de l'accession d'Herman Van Rompuy à une haute charge européenne?

LT: Je vous rappelle qu'Herman a été membre de mon cabinet, lorsque j'étais Premier ministre. Je ne vous apprendrai rien non plus en vous disant qu'il est intelligent et loyal. J'estimais qu'il n'avait pas encore donné tout ce qu'il pouvait…

PM: Avez-vous encore des contacts avec lui?

LT: Bien sûr! Nous parlons de littérature, mais aussi de politique. Au Cd&V, vu qu'il n'y avait plus de porte-parole en matière d'Affaires étrangères, on lui avait demandé de remplir ce rôle. Le voilà parti…

PM: Et Wilfried Martens: vos relations ont été tendues…

LT: C'était aussi un membre de mon cabinet. Quand nous nous rencontrons, nous parlons également de l'actualité politique.

PM: On ne vous a guère entendu, ces derniers temps…

LT: A mon âge, il est parfois difficile de s'exprimer: certains auraient tendance à se dire: "Bon papa recommence…"

PM: Vous êtes pourtant un sage?

LT: Le mot est bien choisi: "sage". En Belgique, il n'y a pas de véritable groupe de sages. Cela semble même exclu!

PM: Il y a bien le Conseil de la Couronne, avec les ministres d'Etat…

LT: Lors de la dernière crise, le Roi en avait bien reçu certains, mais tout ce qu'on avait trouvé à dire était qu'il n'y avait aucune femme parmi ceux reçus au Palais...

PM: "On" avait aussi oublié Guy Spitaels…

LT: Exactement, il est quand même le chef intellectuel des socialistes francophones. S'il le souhaitait, il pourrait intégrer ce Conseil de sages.

PM: Combien de sages devraient idéalement être dans ce Conseil que vous appelez de vos vœux?

LT: Ils pourraient être 5, par exemple. 5 hommes au-dessus de la mêlée. Je regrette qu'on n'ait jamais pu se réunir, à quelques uns, pour tenter de trouver des solutions aux problèmes du moment.

PM: Avez-vous déjà parlé de votre idée au Roi?

LT: Au Roi Baudouin, oui! Pas à Albert II!

PM: Vous Le rencontrez tout de même parfois?

LT: Oui, quand Il me voit, Il me gentiment: "Tiens, Tindemans, vous êtes toujours vivant?"

PM: Pourquoi ne Lui demandez-vous pas audiences, pour Lui faire part de votre idée sur ce Conseil des sages?

LT: (nouveaux soupirs) Je ne veux pas être le grand-père de la politique belge!

PM: Cette fois, Jean-Luc Dehaene est entré en piste: il est un peu le tuteur d'Yves Leterme?

LT: Jean-Luc est l'auteur de réformes institutionnelles, dans les années 80. Peut-être a-t-il des idées… Cependant, il est vrai qu'en désignant Dehaene, on a enlevé la carte la plus importante, du jeu de Leterme. C'est d'autant plus délicat que le Premier ministre s'était fait une réputation sur les matières communautaires. Je trouve donc "curieux" qu'on ait demandé à un autre de s'occuper de ce dossier.

PM: Pourquoi "curieux"?

LT: Jean-Luc est issu d'une famille flamande, de la bourgeoisie francophone: c'est un phénomène sociologique qu'il sera intéressant d'observer.

PM: Votre avis sur le dossier institutionnel?

LT: On oublie souvent – et cela m'empêche parfois de dormir! (sic) – que le fédéralisme à 2 ne peut fonctionner. Le politologue d'Harvard, Carl Friedrich, l'a clairement expliqué: le fédéralisme à 2 conduit à la scission. C'est plus vrai aujourd'hui que jamais…

PM: Certains ont rappelé, ces derniers jours, qu'en 2005, on avait été tout près d'une solution, concernant BHV…

LT: En Belgique, on est souvent "tout près" d'une solution.

PM: Le problème des 3 bourgmestres semble plus insoluble: on les nomme ou on ne le nomme pas, il n'y a pas de demi-mesure…

LT: Dans un pays qui se veut fédéral, demandons-nous ce que dit la Constitution? Celle-ci a donné aux régions le contrôle des bourgmestres.

PM: Du côté francophone, on dit que la décision du gouvernement flamand de ne pas désigner les bourgmestres est illégale…

LT: Certains sont mécontents de voir le gouvernement flamand s'occuper de problèmes auxquels on n'avait pas songé.

PM: C'est-à-dire?

LT: J'en reviens à mon idée de Conseil des sages qui pourrait se pencher sur des points de droit qui font problème. Mon raisonnement vaut aussi pour les facilités: sont-elles ou non transitoires? Le Conseil, toujours lui, pourrait se pencher sur la manière dont ces facilités ont été créées, puisque aujourd'hui, tous les juristes n'ont pas la même interprétation.

PM: Existe-t-il encore des sages, en Belgique?

LT: Cherchons en effet s'il existe des sages, au nord comme au sud?

PM: Pourtant les problèmes sont là…

LT: J'ai demandé à un de mes anciens chefs de cabinet de décrire les facilités: personne ne s'est intéressé à son travail. De même, le professeur Senelle a écrit un livre sur les compétences du Roi: nul n'en a parlé. Quand j'étais sénateur, je siégeais au sein d'une commission de révision de la Constitution: nous avons tenu plus d'une centaine de réunions dont les procès-verbaux doivent se trouver dans l'une ou l'autre cave du Parlement. Cette commission, elle n'existe même plus.

PM: Le Sénat ronronne trop?

LT: Prenons l'exemple des secrétaires d'Etat. À l'origine, il s'agissait d'assistants des ministres. C'est devenu tout autre chose: souvenez-vous de Reginald Moreels qui, de 1995 à 99, était secrétaire d'Etat à la Coopération, adjoint au Premier ministre: c'est aberrant!

PM: Vous lisez la presse du nord et du sud: l'écart est immense entre elles?

LT: Il y a un an, alors qu'on croyait que la Belgique allait exploser, je devais parler en Wallonie. J'ai téléphoné aux organisateurs pour demander comment ma présence serait perçue. Mon interlocuteur m'a répondu que l'institution qui m'avait invité l'avait fait, à l'unanimité de son conseil d'administration. Et cela s'est passé le mieux du monde…

PM: Comment ressentez-vous cet éloignement?

LT: Avec beaucoup de tristesse. À l'étranger, on se demande comment il se fait que Flamands et francophones ne se parlent plus.

PM: Certains, dont Wilfried Martens, ont dit que l'ambiance était meilleure qu'il y a un an…

LT: Quand on est chargé d'une mission comme l'a été Wilfried, on se croit obligé d'être optimiste. Surtout pour faire bonne impression. J'espère qu'il dit vrai…

10/12/2009

AVE DAERDEN (PARIS MATCH 03-12-09)

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Ministre des Pensions, Michel Daerden se sent comme un poisson dans l’eau. Vous pensez bien : des chiffres du matin au soir, et du soir au matin, des chiffres à ne plus savoir qu’en faire. L’occasion de faire le point avec le ministre qui vient de suivre un stage intensif de néerlandais, à Spa…

Paris Match : Mijnheer de minister, hoe is het met uw nederlands ?

Michel Daerden : Zeer goed ! Nu spreek ik graag. Beter dan vroeger !

PM : Was et moeilijk ?

MD : Ik heb vooruitgangen (progrès) gedaan, zoals u kan het zien…

PM : Le système belge des pensions est-il équitable ?

MD : Ce système a fait ses preuves. Il convient de le pérenniser et de l’améliorer. C’est pour cela que Marie Arena, qui m’a précédé aux Pensions, avait réuni une conférence nationale. J’attends de cette dernière qu’elle me fasse des propositions.

PM : Un récent sondage a indiqué que 50% des Belges était inquiet pour sa Pension…

MD : Personnellement, je suis convaincu que notre pays continuera à payer les pensions. Les montants figurent aux budgets pour 2010 et 2011. Ensuite, c’est-à-dire jusqu’en 2015, l’effort sera supportable. Reste l’après 2015 : selon les chiffres du vieillissement, il est évident qu’il faudra trouver une contribution additionnelle. Elle ne peut venir que du fond argenté.

PM : En matière de vieillissement, la Wallonie a un avantage sur la Flandre dont les habitants sont plus âgés…

MD : Vous ne m’entendrez jamais poser le problème des pensions sur le plan communautaire. Je le règlerai toujours avec la plus grande loyauté fédérale.

PM : La crise que nous vivons ne fait qu’aggraver le problème des pensions ?

MD : C’est évident ! Elle accroît le déficit budgétaire, de 5 à 6%. Mais je vous rappelle que le plan d’assainissement, prévu par le gouvernement, prévoit l’équilibre en 2015.

PM : Et l’âge de la retraite : faut-il le déplacer ?

MD : C’est un des thèmes-clé de la conférence nationale. Cependant, à titre personnel, j’estime que l’augmentation de l’âge de la retraite – 67 ans, comme aux Pays-Bas – est un faux débat, l’important étant d’améliorer le taux d’emploi, entre 55 et 65 ans. Et malheureusement, la Belgique est à la traîne…

PM : Il y a quelques semaines, 51.000 fonctionnaires ont failli ne pas toucher leurs pensions…

MD : Cela concernait l’ONSS des pouvoirs locaux, une institution qui rencontre effectivement des problèmes. Mais une solution a été trouvée. Pour ce qui concerne l’avenir, le gouvernement a demandé que le problème soit remis sur le métier…

PM : Les indépendants ont une toute petite pension : ils la jugent inéquitable…

MD : Dès mes 21 ans, j’ai été stagiaire réviseur, en tant qu’indépendant. Je sais donc de quoi je parle. À ce titre, j’affirme que l’indépendant mérite une pension digne de ce nom et…

PM : Ce n’est pas le cas…

MD : … et je rappelle que la pension des indépendants ne cesse d’être revalorisée. Pour 2010, grâce aux mesures prise par le gouvernement, on va tendre vers l’égalité entre la pension des indépendants et celle des salariés. Cette égalité, nous devons y arriver le plus vite possible…

PM : En 2020, par exemple ?

MD : Nenni ! (sic) Nous sommes à ce point proches de l’équilibre que nous allons y arriver bien avant 2020 : dès 2011 !

PM : Et les pensions de ceux qui ont travaillé pour la Communauté française et les Régions ?

MD : Ces pensions leur sont payées à 100% par le fédéral. Cependant, la loi de financement prévoit que les pouvoirs locaux doivent payer une cotisation de solidarité. Reste à savoir combien ?

PM : Etes-vous favorable à la déductibilité de l’épargne-pension ?

MD : C’est un des dossiers de la conférence nationale. Son président, Michel Jadot, est favorable au blocage. J’attends de recevoir ses conclusions pour m’exprimer…

PM : Quand sera-ce ?

MD : J’espère avoir un rapport intermédiaire pour la fin de cette année. Puis, durant le premier semestre 2010, nous tenterons de parvenir à un véritable consensus pour mieux défendre notre dossier devant les instances européennes.

PM : Pouvez-vous réagir au portrait qui suit : « Ambitieux et brillant, stratège et tacticien habile, il s’appuya sur le courant réformateur et démagogue pour son ascension politique. Son destin reste exceptionnel. » Il s’agit d’une définition de Jules César. Vous retrouvez-vous dans ce portrait ?

MD : Ambitieux : je le suis raisonnablement. Brillant : à chacun de juger si je le suis. Stratège : c’est nécessaire pour tout homme politique. Tacticien : ça, c’est obligatoire. Quant au destin, c’est souvent le hasard qui décide…

PM : Certains naissent avec moins de chances, moins de dons que d’autres…

MD : Prenez le cas d’Elio Di Rupo : à force de courage et de ténacité, il est parvenu à s’en sortir. Elio était certes doué à la base, mais il lui a fallu beaucoup travailler.

PM : Selon vous, notre société permet-elle vraiment à chacun de s’en sortir ?

MD : C’est cela, le socialisme : faire en sorte que personne ne reste au bord du chemin. J’y ai consacré toute ma vie, avec bonheur, je crois…

PM : Vous songez à toutes les permanences sociales que vous avez tenues ?

MD : Notamment ! Celles-ci se transforment peu à peu, avec le temps qui avance. Voyez l’utilisation de Facebook…

PM : C’est un outil que vous utilisez ?

MD : (il demande à un collaborateur d’ouvrir sa page d’accueil sur le site de socialisation) Constatez-le vous-même : Facebook permet d’aider les gens. Le nombre de ceux qui se sont inscrits comme mes fans ou supporters s’élève à 47.609. C’est un des indices de la relation que j’ai avec les gens.

PM : Le succès ne vous monte pas à la tête ?

MD : Je n’oublie jamais le milieu dans lequel je suis né, ni celui dans lequel j’ai grandi.

PM : D’où vous vient cette capacité à relativiser ?

MD : Chez moi, c’est inné !

PM : Certains, nés dans le même milieu que vous, attrapent vite la grosse tête, lorsqu’ils réussissent…

MD : Je vais vous faire une confidence : j’observe beaucoup ce type de personnages qui ont un goût immodéré pour le luxe. Il revient à chacun de choisir la vie qu’il mène…

PM : Pour en revenir au destin, vous êtes issu d’un milieu difficile et, malgré cela, vous êtes parvenu à vous forger « un destin exceptionnel ». Comme César…

MD : On peut effectivement m’appliquer cette définition. Pourtant, même si je suis né dans un milieu modeste, j’ai toujours été entouré de beaucoup d’amour et d’affection : celle de mes parents. J’y ai puisé une extraordinaire force pour traverser la vie…

PM : César a grandi dans une maison assez modeste, dans un bas-quartier de mauvaise réputation, comme vous : aviez-vous conscience que d’autres étaient mieux lotis ?

MD : Bien sûr ! Je constatais que ceux de mon âge étaient mieux vêtus et, plus tard, qu’ils roulaient en moto et qu’ils possédaient de belles voitures. Ils partaient en vacances alors que moi, je devais travailler pendant mes congés. Je ne regrette rien car cela m’a apporté une conscience sociale…

PM : En arrivant au Parlement, vous vous êtes rapidement fait connaître : on vous appelait « le député à la Porsche ». C’était une revanche ?

MD : A 26 ans, j’ai terminé mes études de réviseur et, après avoir travaillé pendant 10 ans, je me suis effectivement offert une Porsche. Peut-être était-ce une erreur, mais j’ai toujours détesté l’hypocrisie. Pourquoi devais-je caché que j’avais de l’argent ?

PM : Vous l’avez conservée lorsque vous êtes entré au Parlement, en 1987 ?

MD : J’avais le choix : vendre ma Porsche et acheter une Golfe, ou conserver ma Porsche et rouler avec ma plaque du Parlement. J’ai gardé ma Porsche. Toujours par rejet de l’hypocrisie.

PM : Vous êtes un peu comme ces jeunes joueurs de football qui, dès la signature de leur premier contrat, s’offrent une voiture de luxe ?

MD : Je suis fier d’être comparé à une star du football ! Aujourd’hui, à 60 ans, j’ai acquis une certaine sagesse…

PM : Pour en revenir à Jules César, il était dictateur à vie. Qu’abrogeriez-vous ou que promulgueriez-vous comme loi si vous étiez dictateur à vie ?

MD : Etre dictateur ne fait pas partie de ma manière de penser. (il se fâche) Je suis un démocrate et compte bien le rester à vie !

PM : Avez-vous déjà visité des dictatures ?

MD : Oui, c’est la pire des choses ! Sous une dictature, les peuples vivent dans la misère, ils n’ont aucun pouvoir de s’exprimer, c’est le règne de la délation, des incarcérations abusives et des mauvais traitements. La dictature est ce que j’exècre le plus au monde.

PM : Pourtant, certains dictateurs sont reçus dans nos démocraties : Kadhafi, par exemple…

MD : Les relations internationales sont une matière complexe et la Belgique ne vit pas en autarcie.

PM : Selon la secrétaire d’Etat française, Rama Yade, celui qui serre la main de Kadhafi doit se la laver…

MD : Si je devais un jour le faire, je réfléchirais à ce que m’imposent les obligations de ma fonction…

PM : Votre collègue de parti, Willy Burgeon, était proche du pouvoir de Corée du Nord.Il s’y est rendu à la tête d’une délégation, filmée il y a des années par l’équipe de Strip-Tease. L’auriez-vous accompagné dans cette dictature, s’il vous y avait invité ?

MD : Il m’est arrivé de me rendre dans des pays de l’Est, lors de missions. Ce fut le cas à l’occasion du premier anniversaire de l’accident de la TAROM. Le soir, je me suis retrouvé à l’hôtel, au milieu des familles des victimes qui se plaignaient de ne pas être indemnisées. C’était poignant. Je n’oublierai jamais ces moments…

PM : Toujours à propos de César, que pensez-vous de Cléopâtre ?

MD : J’ai toujours été conscient du rôle que jouaient les femmes dans la vie des hommes politiques. Je ne suis dupe de rien ou, en tout cas, le moins possible.

PM : César eut une vie amoureuse intense. Il séduisit de nombreuses femmes, tout au long de sa vie. Et vous ?

MD : Il y a eu un certain nombre de femmes, dans ma vie. Elles m’ont beaucoup donné et je leur ai un peu rendu !

PM : C’est du donnant-donnant ?

MD : La vie est faite d’échanges entre les êtres humains. À longueur d’années…

PM : Vous attachez de l’importance au renvoi d’ascenseur, comme on dit ?

MD : Il faut apprendre à vivre avec l’ingratitude des autres. Un vieil échevin de Ans, ma commune, m’a dit un jour : « Je sais que, le jour où je ne serai plus échevin, certains prendront l’autre trottoir pour ne plus me saluer. » Il avait raison.

PM : C’est une pensée digne de Camus…

MD : Etre conscient que la vie politique n’est pas éternelle, qu’elle est soumise à des élections, il faut l’accepter.

PM : Etes-vous d’un tempérament sceptique ?

MD : Il faut croire en l’être humain. Sans cela, il vous manque quelque chose.

PM : Selon vous, le monde politique est-il le plus injuste, le plus dur qui soit ?

MD : Je ne connais pas tous les autres milieux… Je suis pourtant persuadé que le monde politique est très dur ! Reste que j’ai choisi de faire de la politique en toute connaissance de cause.

PM : Sauf à être malhonnête, ce n’est pas un monde où l’on s’enrichit…

MD : Effectivement !

PM : Pourquoi avez-vous choisi d’y faire carrière ?

MD : Pour servir les gens !

PM : Vous regrettez d’avoir choisi cette voie ?

MD : N’exagérons pas ! Voilà 15 ans que je suis ministre et je n’irais jamais m’en plaindre. Même s’il m’est arrivé de vivre avec des administrateurs délégués – que je ne citerai pas – qui gagnaient bien mieux leur vie que moi…

PM : Comment s’est passé votre retour au fédéral, il y a quelques mois ?

MD : Ce fut un des grands moments de ma carrière, je ne m’attendais pas à un accueil aussi chaleureux. Je ne remercierai jamais assez Herman Van Rompuy…

PM : César était Empereur de Rome. Vous êtes l’Empereur des chiffres ?

MD : Mon père me rappelle souvent combien j’étais fort en matière de chiffres… Ils ont toujours été ma passion. Ils m’ont permis de gagner ma vie et d’élever ma famille. Que serais-je devenu sans eux ?

PM : Votre fils, Frédéric, a hérité du même don ?

MD : Oui, chez lui aussi, c’est un don !

PM : Votre fille Aurore a le don artistique, elle ?

MD : Je ne pourrais le dire, n’ayant aucun don en cette matière. On verra si elle a ce don : le temps dit toujours la vérité…

PM : On dirait du Jean-Claude Van Damme…

MD : …

PM : Vous êtes fier de vos enfants ?

MD : Je fais tout pour qu’ils puissent réaliser leurs objectifs.

PM : Etiez-vous un père proche ?

MD : Non, j’ai toujours été un père absent ! Mes enfants doivent leur éducation à leur mère respective. Pour ma part, j’ai toujours fait face à mes obligations matérielles.

PM : Ils vous reprochaient vos absences ?

MD : Ils ne me l’ont jamais dit. Peut-être le pensaient-ils…

PM : Suiviez-vous Aurore quand elle était à Paris ?

MD : Non, son monde n’était pas le mien !

PM : À propos de Frédéric, craignez-vous un jour de dire : « Tu quoque fili mi ! », comme Jules César ?

MD : L’expérience m’a appris que la relation père-fils était difficile. C’est une facette de la vie qu’il faut apprendre à gérer…

PM : Avez-vous suivi le lancement du Parti Populaire de Me Modrikamen ?

MD : Le fait qu’on en ait abondamment parlé prouve que la Belgique est une véritable démocratie. Le peuple dira la vérité.

06/12/2009

MODRIKAMEN: LE CHEVALIER BLANC DE FORTIS VEUT CREER UN BIG BANG! (Paris Match 26-11-09)


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Paris Match : Le Parti Populaire, que vous lancez officiellement ce jeudi, est-il déjà en ordre de marche ?

Mischael Modrikamen : Si vous voulez savoir si nous avons un siège, un secrétariat… c’est oui ! Nous avons trouvé une maison, avenue Molière, à Ixelles. Mais pour le reste, le Parti Populaire va innover en utilisant les nouveaux moyens technologiques. Par exemple, nous allons trouver des sympathisants en créant des buzz.

PM : Le PP compte-t-il déjà beaucoup de membres ?

MM : Jusqu’à présent, notre cabinet d’avocats était la seule adresse connue. Nous y avons reçu des centaines de lettres : des gens qui avaient l’habitude de voter blanc ou d’autres, issus du MR, du CDH, voire même du PS.

PM : Ne craignez-vous pas un mélange des genres, entre votre travail d’avocat et celui d’homme politique ?

MM : Le cabinet compte une bonne dizaine de collaborateurs qui travaillent sur des dossiers précis, parfois politiques. Personnellement, je suis avocat depuis 20 ans et le fait de lancer le PP est ma liberté.

PM : Pour vous, un homme politique ne peut avoir cette seule activité ?

MM : Exactement ! C’est en cela que nous apportons du sang neuf. Il est bon qu’un parlementaire conserve son métier de base : avocat, médecin, enseignant… Il faudrait faire, comme aux Etats-Unis, des allers-retours entre des fonctions civiles et la politique. Nous ne voulons pas laisser la politique aux mains des seuls politiques !

PM : Et un ministre ?

MM : C’est un job à plein temps. Au Barreau, par exemple, une règle empêche d’être à la fois avocat et ministre.

PM : N’avez-vous pas l’impression de trahir les gens en profitant de la renommée que vous a donnée l’affaire Fortis ?

MM : 99% des gens qui m’accusent de trahison sont des mauvais coucheurs. Les autres, c’est-à-dire l’immense majorité, m’enjoignent de continuer mon combat.

PM : Comment faire comprendre à vos clients que vous continuerez à les défendre, alors que vous vous lancez d’autres défis personnels ?

MM : Je le répète, le principal message que je reçois des gens est : « Continuez ! » Je vais suivre ce conseil…

PM : Vous continuez à utiliser des formulations fortes en parlant, à propos de l’affaire Fortis, de « monstruosité juridique ». Agirez-vous de même en politique ?

MM : Avoir le sens de la formule constitue-t-il un défaut ? Je ne manie pas la langue de bois, sans pour autant être un extrémiste. J’aime appeler les choses par leur nom.

PM : Comment allez-vous choisir les membres du PP en évitant ce qui est arrivé à Rudy Aernoudt : l’arrivée dans Lidé de gens liés à l’extrême droite ?

MM : Nous allons trier nos membres et leur demander d’adhérer à des valeurs. Un screening sera également effectué par un comité.

PM : Et votre programme ?

MM : Il est basé sur trois valeurs : la justice, la solidarité et la responsabilité. La première implique, pour tous, une égalité des droits et des devoirs. Pas de passe-droits ni de clientélisme.

PM : Vous citez ensuite la solidarité…

MM : Etre solidaire des plus démunis et des plus faibles ne signifie pas en faire des assistés. La sécurité sociale est comparable au filet qui recueille le trapéziste qui fait une chute. Ce filet doit lui permettre d’amortir sa chute pour qu’il remonte sur le trapèze. Trop de gens s’installent dans le filet. Résultat, il va craquer un jour.

PM : Certains ne peuvent faire autrement : les plus vieux, les handicapés…

MM : Bien sûr ! Il faut aider ceux qui ne peuvent vraiment travailler.

PM : Pour en revenir à votre programme…

MM : Un des points essentiels est que la Belgique doit être mieux administrée. Nous prônons donc la suppression des provinces et d’autres institutions comme la Cocof ou la Cocon. Nous voulons un état fédéral fort et trois régions. Point. De même, le PP veut diminuer le nombre de parlementaires et de ministres. Ceux-ci passeraient de 62 à 22 : 7 au fédéral et 5 dans chaque région. Les cabinets ministériels seraient remplacés par le sommet des administrations. Nous sommes aussi favorables à la fin du vote obligatoire, au scrutin majoritaire à deux tours – comme en France –, de même qu’à la fin des suppléances et à la création d’une circonscription fédérale. Les candidats devront avoir un discours pour tout le pays. Sans parler du vote on web…

PM : Le nombre de députés régionaux bruxellois est le résultat d’un savant dosage institutionnel. Le modifier équivaudrait à rebattre les cartes autre part…

MM : Bruxelles fait partie d’un tout. Nous proposons de revoir toute la Constitution ainsi que la structure du pays.

PM : Croyez-vous vraiment que le Parlement d’aujourd’hui va voter la révision de tous les articles de la Constitution ?

MM : Bien entendu !

PM : Et BHV ?

MM : Le PP propose un double début de solution. Primo, si l’on adopte la circonscription unique, on peut scinder BHV. Deuzio, on peut aisément sortir de l’affrontement nord-sud en permettant de parler anglais aux centaines de milliers d’habitants qui ne parlent ni flamand ni français. De même, nous proposons que les deux Brabant deviennent trilingues, sauf Louvain.

PM : Economiquement, que prônez-vous ?

MM : Le travail doit être remis au centre de tout. Il faut le rendre intéressant et, pour y parvenir, réformer le code des impôts. Celui qui gagne moins de 12.500 € doit être taxé à o% ; entre 12.500 € et 50.000 €, l’impôt s’élèvera à 19% ; au-delà de 50.000 €, ce sera 29%.

PM : Vous avez évoqué le filet qui protégeait les travailleurs qui tombaient de leur trapèze, mais que faites-vous des chômeurs ?

MM : Le PP exige la fin du chômage à durée indéterminée. Celui qui ne peut s’y soustraire doit effectuer des travaux d’intérêt collectif. C’est une de nos mesures phares !

PM : La justice au sens précis du terme est aussi un des points-clés du programme du PP…

MM : L’Etat ne remplit plus son rôle, en cette matière. Voyez les récentes émeutes à Anderlecht, la non-exécution des peines…

PM : Que faire ?

MM : Nous voulons un big-bang ! L’organisation de la justice doit être centrée sur le justiciable via la suppression du Conseil d’Etat, de la Justice de paix… Plus besoin des auditeurs du Conseil d’Etat ni des avocats généraux de la cour de Cassation : faisons-en des présidents de cour d’Appel, par exemple… Dynamisons aussi les règles de procédure ou, comme en France, supprimons les juges d’instruction ! C’est le Parquet qui doit enquêter !

PM : Allez-vous aussi loin pour l’enseignement ?

MM : Le PP veut un retour aux valeurs ainsi qu’une plus grande motivation. Nous sommes opposés aux expérimentations telles que certains gauchistes les prônent. L’école est là pour transmettre un savoir et des valeurs. En cette matière aussi, nous voulons un big-bang. Les parents doivent par exemple avoir une liberté totale.

PM : Concrètement ?

MM : Les parents reçoivent un chèque et le donnent à l’institution qu’ils ont choisie pour leur enfant. L’école, elle, choisit ses enseignants.

PM : Ne craignez-vous pas que tous les parents se ruent vers les mêmes écoles et en délaissent d’autres ?

MM : Si vous faites allusion à la mixité (sociale), il s’agit pour nous d’un nivellement par le bas. On le constate dans des établissements de la Ville de Bruxelles : des enfants y sont inscrits qui n’ont ni le niveau ni la discipline…

PM : Que faites-vous pour les élèves en difficulté, pour les parents à problèmes ?

MM : Nous sommes favorables à du coaching, pour les uns comme pour les autres.

PM : Autre sujet, l’immigration ?

MM : Je suis un petit-fils d’immigré. Il n’y a aucun tabou à parler de l’immigration. La Belgique est une terre d’accueil et doit le rester. Elle doit cependant maîtriser l’immigration économique et les flux migratoires. En outre, celui qui vient en Belgique doit en respecter les règles et s’adapter. Quant au fait religieux, il s’agit d’une matière privée. Pas d’étendard, cependant : ni dans l’enseignement, ni dans les services publics. Le PP est d’accord avec l’ambassadeur du Maroc : les centaines de milliers d’habitants qui ont la double nationalité belgo-marocaine doivent être cogérés par nos deux pays.

PM : C’est-à-dire ?

MM : La Belgique et le Maroc doivent combattre ensemble l’extrémisme. Dans le même ordre d’idée, pourquoi les jeunes Marocains n’effectueraient-ils pas de stage dans l’armée, là-bas ? Pourquoi les détenus d’origine marocaine n’iraient-ils pas dans des prisons au Maroc – la Belgique en assumerait le coût – plutôt que les envoyer en Hollande ? Je donne l’exemple du Maroc, mais cela vaut aussi pour la Turquie ou tout autre pays… Afin de couper court à toute mauvaise interprétation, j’ajoute que le PP compte nombre de sympathisants d’origine marocaine.

PM : Et l’environnement ?

MM : Nous sommes opposés à tout dogmatisme et excédés par l’idéologie environnementaliste qui glorifie la terre et culpabilise ses habitants. Non aux discours catastrophistes ! Pas question cependant pour nous de refuser telle ou telle source d’énergie ou ne pas imaginer de nouvelles formes de voitures comme des pousse-pousse à moteurs…

PM : Que faites-vous de l’Europe ?

MM : La Belgique a toujours été à la pointe : la récente désignation d’Herman Van Rompuy en est l’exemple le plus récent. Dommage qu’il ne soit que le plus petit commun multiple… Reste que les 27 Etats sont paralysés par la lutte entre les fédéralistes d’une part et les tenants d’une union d’états d’autre part…

PM : Que reprochez-vous à Herman Van Rompuy ?

MM : Certes, il est très honnête et très intelligent, mais il n’a pas de capacité de leadership. L’honnêteté est un des critères pour un dirigeant politique, mais pas le seul.

PM : Quels sont vos modèles ?

MM : Churchill, Clémenceau et, plus près de nous, Ronald Reagan ou, aujourd’hui, Angela Merkel.

PM : Quels reproches adresseriez-vous aux partis politiques belges ?

MM : Le MR est trop positionné au centre et est devenu un parti de notables. Il est tout, sauf réformateur. Et la tentative de putsch qu’il vient de connaître est une triste pantalonnade. Ce parti est amené à disparaître comme tel. Le CDH est un centre mou dirigé par une « bobo » qui s’accroche au pouvoir, alors que ses membres ont des valeurs proches des nôtres. En Europe, les partis de la famille du CDH récoltent 40% des voix, là où lui n’en recueille que 14%. Le PS met en avant des valeurs généreuses, mais elles ont été dévoyées. Le népotisme et le clientélisme y règnent. Quant à Ecolo, s’il est en avance pour l’éthique, il est gangrené par une idéologie alter mondialiste anachronique.

PM : Quelle est, selon vous, la photographie de cette Belgique surréaliste qui implose constamment par ses aberrations politiques et, pourtant, où il continue de faire bon vivre ?

MM : Trouvez-vous vraiment qu’il fait bon vivre quand on n’ose plus sortir de chez soi ? Trouvez-vous qu’il fait bon vivre dans un pays dont le déficit est abyssal ?

PM : Vous proposez des big-bang : ne craignez-vous pas de provoquer un big-bang des big-bang, c’est-à-dire le chaos, en voulant tout changer, tout corriger d’un coup sec ?

MM : Prenons un exemple, celui de la sécurité. À de New York, c’est en instaurant la tolérance-zéro que les autorités ont rendu cette ville viable pour tous. On peut y prendre le métro sans danger. Il n’y a pas de zones de non-droit comme chez nous. Autre exemple, tout récent, celui de Madof : il a été condamné six mois après la découverte de ses activités délictueuses. Combien d’années aurait-il fallu chez nous ? Ce que nous proposons ne va pas conduire au chaos parce qu’il s’agit, dans les domaines dont j’ai parlé, de solutions du bon sens.

PM : Stratégiquement, que visez-vous ?

MM : Avec les réformes majeures que nous proposons, nous ne visons pas de faire un, voire deux ou trois pour cent, mais beaucoup plus.

PM : Avez-vous songé à ce que vous feriez en cas d’échec ?

MM : Nous nous retirerions sur la pointe des pieds, mais nous aurions essayé.

PM : Ne trouvez-vous pas bizarre de représenter le « Parti Populaire » alors que vous apparaissez sur les photos, en nanti, en train de fumer un gros cigare ?

MM : Certes, je suis aisé, mais c’est en partant de rien. L’argent n’est ni un tabou ni une tare.

PM : La question qui tue : quel est alors l’état de votre fortune et combien avez-vous gagné avec l’affaire « Fortis » ?

MM : C’est la première fois qu’on me pose cette question ! Dans d’autres pays, les politiques doivent déclarer leur fortune et je n’y suis pas opposé.

PM : A combien s’élève-t-elle ?

MM : Je n’ai pas fait le calcul.

PM : N’êtes-vous pas un utopiste, voire un poujadiste ?

MM : Avant tout, je ne veux pas laisser à mes enfants une société qui se dégrade.

PM : Vous visez la Belgique ?

MM : Oui, mais aussi l’Europe qui se déchire. Pour en arriver à votre question précédente, je ne suis pas un utopiste parce que mes objectifs sont concrets et que je n’apporte pas la révolution. Quant au fait d’être poujadiste, je ne dis pas que je vais tout régler. Parfois, on me dit « populiste » : si c’est dans le sens de m’occuper des problèmes des gens, je le revendique ; si c’est parce que je propose des solutions simplistes, du genre « y’a qu’à », je ne suis pas populiste !

PM : En Belgique, des tentatives comme les vôtres ont déjà échoué, comme avec l’UDRT…

MM : Ce parti est né d’un réflexe corporatiste et poujadiste. Nos propositions vont, elles, dans le sens de celles de l’UMP ou de la CDU.

PM : Où vous situez-vous sur l’échiquier politique ?

MM : Nous proposons une alternative au PS, étant donné que ni le MR ni le CDH ne le font. Nous ne dénonçons pas seulement des dysfonctionnements, nous faisons des propositions.

PM : Où comptez-vous aller chercher vos électeurs au MR ? Au CDH ? Au PS ?

MM : Le MR est actuellement à 24% : il va passer à 12% d’électeurs habituels. De même, le CDH va tomber de 14% à 5% : les gens ne se retrouvent plus dans ce parti. Le PS, lui, est à 27-28% et va perdre 2 à 3%. Enfin Ecolo perdra des électeurs baladeurs. Vous avez un tableau de ce que nous espérons.

aernoudt.jpgPM : Rudy Aernoudt, qui est coprésident avec vous, est un pestiféré du MR. Ne risquez-vous pas d’être mis au ban par les libéraux ?

MM : Rudy est un véritable idéaliste. Il connaît à la perfection les dossiers économiques. Concernant sa tentative d’intégrer le MR, il s’est fait piéger. Son expérience nous a immunisés. Quant à son programme, je suis d’accord sur tous les points qu’il contient.

PM : Le PP incarnera-t-il une droite pure et dure ?

MM : Nos valeurs sont de droite, mais aussi de gauche. Nous incarnons une droite qui s’assume.

PM : Votre parti ne risque-t-il pas de surtout grappiller des voix au MR et de mieux installer le PS ?

MM : Si c’est le cas, cela voudra dire que le MR n’a pas fait ce qu’il devait.

PM : C’est pourtant le parti dont vous êtes le plus proche…

MM : Nous sommes plutôt proches du PLP d’Omer Vanaudenhove. Vous constaterez qu’à notre parti, manque seulement le « L » du milieu…

PM : Quel est encore votre espoir, dans l’affaire Fortis ?

MM : L’affaire en est au niveau du délibéré. Je ne puis donc faire de commentaires…

Quelques noms :

- Herman Van Rompuy : Un homme honnête, intelligent, mais ayant une absence totale d’ambition et de leadership.

- Didier Reynders : Il est intelligent, mais n’a pas d’intelligence émotionnelle. Il va provoquer le naufrage des libéraux.

- BHV : Un problème bien loin des préoccupations des gens et qui ne préoccupe que les partis politiques.

- Yves Leterme : (profond soupir) Un homme maladroit. Est-il vraiment prudent de le remettre en selle ?

- Albert II : Il est jovial et de bonne composition. Il craint l’avenir après lui…

- La famille royale et les dotations : Il serait temps d’objectiver la liste civile. D’accord pour un salaire accordé au Roi et à ses collaborateurs, mais avec plus de transparence.

- Les partis extrémistes flamingants : Ils sont détestables. En ce qui concerne le Vlaams Blok, ce serait une bonne chose qu’il se scinde en permettant à ses électeurs les plus modérés de s’en aller.

- La scission de la Belgique : Le PP est fédéraliste, bien que personnellement je sois francophone et non-belgicain. Reste que la Belgique apporte une valeur ajoutée. Pourtant, la scission ne me fait pas peur.

- Elio Di Rupo : C’est un homme intelligent et un grand stratège qui est à la tête d’un parti archaïque. Une cure d’opposition de 10 ans permettrait au PS de se refonder…

- Les impôts en Belgique : Ils sont injustes, trop élevés avec une surtaxation des revenus du travail.

- Le chômage en Wallonie : Il est scandaleux pour un pays comme le nôtre, mais aussi pour les chômeurs eux-mêmes.

- Me Vergès : Ce n’est pas un modèle. Même si sa stratégie de rupture est intéressante. Il s’est trop compromis dans des causes comme le terrorisme ou le nazisme.