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01/04/2010

REACTIONS A L'INCULPATION DE MODRIKAMEN: L'histoire démontre que l'argument du grand complot a déjà été utilisée (DH 27-03-10)


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Si, au sommet des partis francophones, il était impossible d'obtenir le moindre commentaire à propos de l'inculpation de Mischaël Modrikamen, certains politiques ont accepté de s'exprimer. Ainsi, Philippe Moureaux, vice-président socialiste. A la question de savoir si ce qui arrive à l'avocat relevait d'un complot, le président de la Fédération bruxelloise du PS répond: "Je pense que ce n'est pas très sérieux!" Cette affirmation lancée, Moureaux devient plus prudent: "Je ne connais pas suffisamment le dossier pour me prononcer. La seule chose qui m'importe est à la fois le respect de la présomption d'innocence, mais aussi qu'on laisse la Justice travailler."

Tout aussi prudent, le ministre wallon et futur président du CDH, Benoît Lutgen: "Laissons la Justice faire sereinement son travail."

Député wallon et président de l'intergroupe du MR, Richard Miller est plus prolixe, insistant sur plusieurs points. "Un, l'inculpation de Me Modrikamen ne signifie nullement qu'il est coupable: c'est une notion de base de notre démocratie. Deux, je suis dérangé de voir l'avocat mettre en œuvre une rhétorique basée sur le grand complot d'Etat: c'est inacceptable! Trois, Modrikamen pointe le MR: qu'il vise notre parti ou un autre, la démarche est totalement malsaine. Enfin, quatre, je suis persuadé qu'en étudiant l'histoire d'autres mouvements, proches des thèses que défend le PP, on retrouverait la même idée du grand complot. Cependant, je refuse de m'avancer sur ce terrain glissant…"

RUDY AERNOUDT, à propos de l'inculpation de Modrikamen: "Des laquais se prêtent à ce type de jeu!" (DH 27-03-10)


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Hier en milieu de journée, Rudy Aernoudt donnait, à l'agence Belga, son avis sur l'inculpation de Mischaël Modrikamen. Le coprésident du PP pointait principalement la politisation de la Justice. "Nous proposons une politique qui dérange car on touche aux privilèges", commentait Aernoudt. La Dernière Heure a retrouvé ce dernier en France pour tenter d'en savoir plus. "Ce qui se passe est extrêmement grave!", assène le compagnon de route de l'avocat. Et d'expliquer: "Notre parti a été lancé, il y a à peine trois mois et nous savons que la Justice a commencé son travail, il y a seulement deux mois. Comme coïncidence…" Il rappelle aussitôt qu'un mois après avoir créé sa liste, LDD, Jean-Marie Dedecker avait été soumis à un contrôle fiscal. Aernoudt voit-il dans cette opération la volonté de liquider le PP? Refusant de se prononcer sur le fond de l'affaire – il garde toutefois sa confiance en la séparation des pouvoirs –, l'économiste s'en tient aux dénégations de Me Modrikamen. Ce dernier les a assénées, lorsque les deux hommes se sont retrouvés à deux, il y a quelques heures, mais aussi lors d'une réunion avec les membres du PP, mercredi soir. "Il est vrai qu'en proposant par exemple la limitation du nombre de ministres, nous avons dû en faire trembler certains", affirme notre interlocuteur, tout en lâchant: "Espérons que les gens comprennent ce qui se passe…"

 

 

Mettant en avant la présomption d'innocence, Aernoudt s'étonne une nouvelle fois de l'impunité dont bénéficie le ministre des Pensions, Michel Daerden, coupable, lui, d'"enrichissement personnel avéré". Quant à l'avenir du Parti Populaire, son coprésident estime que rien ne remet en cause son existence, même s'il craint qu'aujourd'hui, les médias qui sont sur le coup, n'oublient bien vite l'affaire. D'ici aux prochaines élections législatives, en tous les cas.

Plus avant, Aernoudt réitère ses soupçons à l'égard de certains politiques – qui seraient à l'origine de l'enquête de la Justice –, tout en refusant de voir un élu de haut niveau à la base des ennuis de son ami. "Ils sont plus raffinés que cela!" Et de conclure: "Ce sont des laquais qui se prêtent à ce type de jeu…"

 

SOUS LE REGARD DE LA FLANDRE: HERMAN DE CROO: "Le Brabant wallon est devenu une des régions les plus riches d'Europe (DH 21-03-10)


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Ministre pour la première fois en 1977, Herman De Croo fait partie des hommes politiques qui auront marqué les XXème et XXIème siècles. Bourreau de travail, parfait trilingue, il connaît la Belgique comme sa poche. Il est un des politiques les plus connus, au nord comme au sud, et à ce titre, un « BV » (flamand connu) parmi les « BV ». C’est à ce titre que nous l’avons interrogé, dans le cadre de notre série « Sous le regard de la Flandre ».

La Dernière Heure : Vous habitez près la frontière linguistique, vos premiers souvenirs wallons doivent remonter, à longtemps ?

Harman De Croo : Il y a même très, très longtemps ! Il y a 50 ou 60 ans, mon père était bourgmestre de Michelbeek d’où 2.200 mineurs partaient en train, chaque matin, vers les mines wallonnes. Nous allions régulièrement les voir partir. Nous nous rendions aussi régulièrement dans les sanatoriums où ils étaient soignés.

DH : Vous avez effectué vos études en français, ce qui fait de vous un bilingue plus que parfait…

HDC : C’était au collège Saint-Stanislas, à Mons, en 1942.

DH : Qu’est-ce qui a surtout changé, depuis cette époque ?

HDC : Le Hainaut est la province qui a connu les plus de mutations. Quand je l’ai connue, la Wallonie était riche et bien dans ses bottes. Cependant, avec la fermeture des charbonnages, elle a connu – et surtout le Hainaut – une crise effroyable. Certaines villes ont cependant été épargnées : Leuze, Renaix, Tournai et, en dehors du Hainaut, le Brabant wallon qui, grâce entre autres à Louvain-la-Neuve, doit être devenu une des régions les plus riches d’Europe.

DH : Vous estimez que la Wallonie redémarre ?

HDC : Tout à fait ! Voyez Charleroi, le Centre, Liège…

DH : Quel portrait feriez-vous du wallon moyen.

HDC : Il n’y a pas « un » wallon moyen. Tout dépend d’où il vit, des autorités dont il dépend… L’identité wallonne varie très fort. Prenez l’exemple de Mouscron : elle est passée de Flandre occidentale au Hainaut. Sur 3.500 habitants, 10% sont Français. Dans cette ville, on parle français, flamand, anglais…

DH : La Wallonie devient plus bilingue ?

HDC : Exactement, alors que c’est le contraire en Flandre. Quand je suis devenu ministre, en 1977, il n’y avait aucune traduction, au sein du gouvernement. Aujourd’hui, cela existe, dans les deux sens. Autre remarque, en Wallonie, le bilinguisme est tant français-néerlandais que français-anglais.

DH : Quelles sont les villes que vous préférez, dans le sud du pays ?

HDC : Sentimentalement, il y a d’abord Mons, puisque j’y ai fait mes études. Puis Tournai, pour sa cathédrale à la fois gothique et romane. Ensuite Namur et Ath, que j’apprécie tout particulièrement. Si j’avoue moins bien connaître Liège, c’est pourtant une ville toute particulière : j’aime l’expression : « Je viens de quitter la Wallonie pour entrer à Liège. »

DH : Comment les hommes politiques sont-ils appréciés en Flandre ?

HDC : On les aime beaucoup. Ainsi Louis Michel, Didier Reynders, Charles Michel, Rudy Demotte…

DH : Et Bruxelles ?

HDC : J’y fais la navette depuis 1955, soit ma première année à l’ULB. J’y vivais 4 à 5 jours par semaine, habitant avenue de l’Université, puis à Dilbeek. Ce furent mes secondes résidences.

DH :Appréciez-vous les habitants de la capitale ?

HDC : Il y a beaucoup moins de « Bruxellois » qu’on ne le croit, mais une énorme minorité de fortunés - +/- 100.000 – d’Anglais, d’Américains, de Français… Aujourd’hui, quand j’entre à Bruxelles par la chaussée de Gand, j’y croise des Belges récents, plus pauvres, ou non-riches… Enfin à Bruxelles, n’oublions pas qu’il y a 50 à 60.000 Flamands.

DH : Par ces chiffres, vous voulez dire qu’il y a de moins en moins de véritables bruxellois ?

HDC : Exactement ! Cela, même si la ville dépasse ce que l’on peut attendre d’une capitale d’un million d’habitants : on y dépense plus d’un milliard d’anciens francs, chaque jour. C’est en cela que Bruxelles est la vache à lait de la Belgique.

DH : Quelle impression cela vous fait-il d’être un navetteur depuis 1955 ?

HDC : Un de mes chauffeurs m’a conduit à Bruxelles sans rien connaître de la ville. Il est un peu comme ceux qui viennent tous les jours en train. Je dirais qu’il existe une génétique de la navette : c’est la marque de fabrique des 400.000 navetteurs bruxellois !

DH : Aimez-vous Bruxelles ?

HDC : Beaucoup, la crasse mise à part ! Alors qu’à Londres ou Paris, les centres sont superbes et les alentours crasseux, à Bruxelles c’est le contraire.

DH : A quoi est-ce dû ?

HDC : Sans conteste au fait que la capitale est dirigée par 19 bourgmestres. Mais ce n’est pas le seul motif…

Min Quiz DH

DH : Le nom du président du Parlement de la Communauté française ?

HDC : Je ne sais pas !

DH : Jean-Charles Luperto. Comment s’appelle le carnaval de Stavelot ?

HDC : Les Blanc-Moussis !

DH : Exact ! L’équipe de basket de Charleroi est connue sous le nom de…

HDC : Spirous !

DH : Et le bourgmestre de la même ville ?

HDC : Jean-Jacques Viseur.

DH : Trois ministres du gouvernement bruxellois, Charles Picqué mis à part ?

HDC : Benoît Cerexhe, Evelyne Uyttebroeck, Emir Kir.

DH : Vous obtenez une grande distinction. Merci et bravo !