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25/11/2008

Demannez, gouverneur de Bruxelles, et Saint-Josse, dirigée par un néo-Belge?

 

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Depuis qu'il était apparu que la gouverneure de Bruxelles, Véronique Paulus de Châtelet, s'en irait début 2009, divers noms avaient été cités comme candidats potentiels: Françoise Dupuis, Stéphane de Lobkowicz… Cette fois, la messe semble bien être dite. Nous avons en effet appris, au plus haut niveau du PS bruxellois, que les cadors de la fédération s'étaient mis d'accord sur le nom d'un successeur à la "gouvernante", comme la surnomme Philippe Moureaux. Le nom de l'heureux-z-élu? Jean Demannez, bourgmestre de Saint-Josse-ten-Noode. Il nous a personnellement confirmé avoir été approché par ses "chefs" et être plus qu'intéressé par le poste. L'accord étant acquis entre les Picqué, Onkelinx et Moureaux – "Celui-ci n'a vu aucun inconvénient dans le choix de son "ami" Demannez" –, le point devrait être évoqué au gouvernement bruxellois. Et il reviendra ensuite au ministre-président, Charles Picqué, d'apposer sa signature au bas du document. C'est qu'il faut aller vite: Véronique Paulus quitte sa fonction le 1er janvier prochain et ne veut pas rester un jour de plus. Certes, Demannez a suffisamment roulé sa bosse pour savoir qu'il ne sera gouverneur qu'après avoir prêté serment. C'est pour cela qu'il n'évalue ses chances qu'à… 99,9%. Une autre succession sera plus chaude: celle de Demannez à la tête de Saint-Josse: depuis  sa conception il y a quarante ans, le secrétaire d'Etat, Emir Kir, a tout fait, et même plus, pour ceindre un jour l'écharpe maïorale. Mais d'autres jeunes pousses socialistes n'ont pas dit leur dernier mot. Du travail en perspective pour le président de la Fédération, Philippe Moureaux. Osera-t-il faire de Saint-Josse la première commune bruxelloise dirigée par un néo-Belge? Surtout si l'on se souvient que Kir est loin de n'avoir que des fans…

 

Marche pour l'unité du pays 2007: la DN présente la facture! (DH du 23-11-08)

marche pour l'unité (DH 23-11-08).jpgQui ne se souvient de la "Grande marche pour l'unité du pays", organisée par un petit bout de femme, Marie-Claire Houart, le 18 novembre 2007. Il y a tout juste un an, donc. Pas à dire, du côté de la Défense nationale, certains n'ont pas oublié l'événement. En cause, l'aide logistique (tentes, estrade, générateurs électriques…) qu'avait apporté le département à la partie festive de la manifestation: au parc du Cinquantenaire plus exactement, où se déroulait une Fête de l'Unité.

En effet, un an après le spectacle musical qui attira 35.000 personnes, son organisateur, Alain Mahiat, a vu tomber dans sa boîte aux lettres une délicieuse facture, lourde de 1.300 euros, que lui avait adressée la Défense. Le temps pour ce bénévole d'aller aux nouvelles et, la semaine dernière, il recevait un premier rappel. A l'époque où il avait négocié l'aide de l'armée, Mahiat avait négocié avec André Flahaut qui était encore ministre. Il n'avait pas trouvé choquant d'aider une manifestation de soutien à l'existence du pays. Depuis, Pieter De Crem l'a remplacé et l'on a de la peine à imaginer qu'il ne soit pas au courant de l'envoi de cette douloureuse. Comme cela avait été le cas pour le prêt de cars de l'armée destinés à conduire des jeunes à Auschwitz.

Mahiat n'a cependant pas perdu tout espoir: il a écrit à l'actuel ministre de la Défense ainsi qu'à celui des Finances, leur demandant s'ils ne pouvaient trouver une solution. Par les temps qui courent, 1.300 euros, ce n'est pas rien! Alain Mahiat croise donc les doigts, espérant de la part des deux Excellences un rien de compréhension. A suivre…

 

17/11/2008

Le professeur Zayan: "Fortis est la Sabena suicidaire d'un management sans communication!"


 

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Observateur du comportement et de la gestuelle humaines, le psychologue René Zayan a suivi avec passion la récente saga financière. Hier samedi, il a accepté d'analyser les mimiques des principaux acteurs, ces dernières semaines. Tendant la presse du jour, il pointe plusieurs photos de l'administrateur-délégué de Dexia, Pierre Mariani, annonçant la perte d'1,5 milliard d'euro. "Il fait preuve d'une incroyable anxiété universelle!", s'enflamme Zayan. Le contraire du message verbal rassurant que tentait de faire passer Mariani…

 

La Dernière Heure: A propos de Fortis, que retenez-vous des derniers mois?

René Zayan: La banque a fait preuve d'un incroyable manque de communication. Cela, depuis le 27 juin, lorsque Maurice Lippens et Jean-Paul Votron ont annoncé vouloir renforcer le groupe. Ils n'ont rien expliqué, faisant preuve d'une neutralité hautaine pour le premier, et d'une tristesse faciale pour le second. Les images de l'époque le montrent.

 

DH: Vous ne découvrez pas cela, aujourd'hui seulement?

RZ: J'ai montré à des étudiants, tant francophones que français, des images des JT des derniers mois, et leurs cotations des mimiques des uns et des autres furent sans appel (cfr nos éditions de dimanche dernier).

 

DH: Vous avez été frappé par la prestance du ministre hollandais des Finances, Wauter Bos…

RZ: Comme son alter ego Reynders, Wauter Bos a reçu une cote très élevée, en matière de leadership/dominance: 78% et 98% pour le Néerlandais. Mais à la différence de Reynders, Bos s'exprimait dans sa langue: pour la plupart, mes étudiants n'ont donc coté que son non-dit.

 

DH: Ils ont aussi coté Herman Verwilst et Filip Dierckx…

RZ: Ceux-ci recueillent 4% pour l'un, et 0% pour l'autre. Leurs mimiques en témoignent: ce sont des dominés. Au contraire, le directeur général de BNP-Paribas, Baudouin Pro, est un dominant. Là où les images montrent Dierckx, souvent assis, peu bavard et statique, Pro mène régulièrement la marche, étant beaucoup plus debout et développant une gestuelle très ample.

 

DH: Un mot sur Lippens et Votron?

RZ: Si le premier dispose d'une aisance, il n'a pas de réelle autorité, étant trop neutre et sans empathie. Il est du genre à dire: "Nous avons raison, et voici pourquoi!" Quant à Votron, il est pathologiquement neutre, sans sociabilité et inexpressif. Les gens apprécient le décideur qui, en période de crise, parviendra même à plaisanter sur lui-même.

 

DH: Vous croyez vraiment que les gens perçoivent tout cela?

RZ: Oui, de manière inconsciente! Preuve, lorsque le gouvernement et le management ont voulu calmer le jeu, fin septembre, dès le lendemain, le cours baissait de 10%. Dès son arrivée, le successeur de Votron, Herman Verwilst, n'a-t-il pas regretté des manquements dans la communication. Enfin, le même est apparu à la télé, déprimé, mal rasé. Cela, pour son premier exposé en tant que CEO…

 

DH: Qu'est-ce que les gens auraient dû voir?

RZ: Pour le public, qui était anxieux, il aurait fallu des signes non-verbaux d'assurance. Les gens n'ont pas écouté le discours, mais ils ont été inconsciemment frappés par des signaux visuels de discordance entre le discours et le visage anxieux de Verwilst.

 

DH: Vous parlez de problèmes de communication du management, celui-ci n'a pourtant pas cessé d'informer ses clients…

RZ: L'information touche au verbal, à l'écrit, tandis que la communication est la manière de transférer l'information. Un seul exemple: rédiger des communiqués ne suffit pas, les photos et les images peuvent venir tout gâcher. Hier samedi, j'ai regardé Canal Z et j'ai coupé le son: j'en ai plus su des bredouillements de Mariani que si je l'avais écouté.