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17/07/2011

JEAN-MARIE DEDECKER: "PLUTOT CREVER DEBOUT QU'A GENOUX" (DH 17-07-11)

Comment se porte la LDD, parti de Jean-Marie Dedecker, face au tsunami De Wever ? Craint-il d’imploser, comme le Vlaams Belang ? Nous le lui avons demandé.

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20/06/2011

SARAH TURINE: "CELA RISQUE DE PETER UN JOUR!" (DH 20-06-11)

Entretien exclusif avec Sarah Turine, cosecrétaire fédérale d’Écolo et chef de groupe des Verts au conseil communal à Molenbeek.

MOLENBEEK La fin de semaine a été chaude, médiatiquement s’entend, concernant les problèmes de sécurité à Molenbeek. Sarah Turine (Écolo) a répondu à nos questions.

Écolo siège dans l’opposition. Quel regard portez-vous sur ce qui s’est dit, ces derniers jours ?

“La question est complexe parce que le quartier maritime est un lieu de tensions. Cependant, il ne s’agit pas uniquement de délinquance, mais de la problématique du vivre ensemble. Les femmes, travaillant dans le quartier, sont insultées ou injuriées.”

La faute à la commune ?

“Ce serait trop simple de parler ainsi. Philippe Moureaux est parvenu à aller chercher des subsides – par exemple, pour la CLES : Cellule de lutte contre l’exclusion sociale – mais, à mon sens, cet outil n’est pas bien utilisé.”

Il y a une ghettoïsation, en quelque sorte…

“Le mot est trop fort. Je parlerais plutôt d’homogénéisation. On a rénové le quartier afin que les gens s’y sentent mieux, mais ils ne sortent pas. Voilà pourquoi ils se sentent mal à l’aise .”

Philippe Moureaux a toujours dit qu’il voulait faire de Molenbeek un “laboratoire social” : a-t-il raté son coup ?

“Il y a du positif, dans ce qui a été fait à Molenbeek, mais il n’existe pas de projet politique d’émancipation. Les contrats de quartier… tout cela est bien, mais on ne donne pas à la population les outils pour qu’elle appartienne à son quartier.”

Pour en revenir au quartier maritime…

“Le chômage des jeunes est fort important et les assistants observent une forte radicalisation. Le quartier se situe entre de gros pourvoyeurs d’emplois comme Tour et Taxis. Ceux qui y travaillent n’habitent pas là. Pourquoi ne créerait-on pas des activités qui leur permettraient de rencontrer les habitants du quartier...”

Manque-t-il de policiers ?

“Certes, mais s’ils étaient fournis, il faudrait les payer. Le problème réside surtout dans la rotation des policiers et dans le fait qu’ils ne sont pas bruxellois et ne connaissent pas la réalité du quartier. Il manque aussi cruellement d’agents de quartier, de patrouilles à pied ou à vélo.”

On reproche à Moureaux d’être trop proche de la communauté maghrébine à laquelle il laisse tout faire par électoralisme…

“Il est bon qu’un bourgmestre soit en contact avec cette communauté. Reste à voir ce qu’il fait avec eux…”

Ces derniers jours, il a minimisé les tensions…

“Moureaux ne se remet pas en question. Il est dangereux de laisser le couvercle sur la marmite. Si on le fait trop longtemps, cela pètera un jour.”

12/06/2011

BART DE WEVER EST L'ENFANT DES DEHAENE, TOBBACK, DE GUCHT... (DH 12-06-11)

Olivier Maingain (FDF) guère optimiste sur les chances d’aboutir à un accord

Hier samedi, il n’y en avait que pour Bart De Wever. Le président de la N-VA avait, en effet, accordé des interviews à La Libre , au Laatste Nieuws et au Standaard . Sans oublier sa participation au Zevende dag (VRT), vendredi. Nous avons demandé à Olivier Maingain comment il analysait cette présence multimédia.

Dans De Standaard, Bart De Wever affirme : “Avec la majorité au Parlement, la Flandre peut enfin jouer la démocratie réelle. Et nous y avons obtenu le soutien du MR…” S’agit-il d’un appel du pied ?

“Je n’ai pas à disséquer la pensée du président de la N-VA. Je rappelle simplement que je suis un des plus fervents opposants au nationalisme de Bart De Wever. Il est antieuropéen et n’a pas l’idéologie qu’il convient pour renforcer l’Europe. On ne fera pas face au débat lié à l’immigration en prônant un repli nationaliste. Cela n’a rien à voir.”

Selon vous, De Wever est-il un démocrate ?

“Disons qu’il n’est pas le démocrate le plus exemplaire que je connaisse. Je n’ai pas lu le livre de Marcel Sel, paru jeudi, mais le songe à certains faits, connus de tous…”

Est-il d’extrême droite ?

“Là n’est pas la question ! Je ne me demande pas s’il est influencé par ses idées familiales (Ndlr : son grand-père a collaboré, durant la guerre). Tout ce que je sais est qu’il est un homme qui n’est pas de ce siècle. Son discours nationaliste est rétrograde. Il est en train de travailler contre les objectifs de l’Europe. Celle-ci a, certes, des carences, mais ce n’est pas en l’affaiblissant qu’on va l’aider.”

En milieu de semaine, votre collègue du MR, Serge Kubla, s’en est pris à la Wallonie…

“Il a posé un diagnostic et a porté un jugement. C’est son droit. Nous devons avoir la fierté, pour nous-mêmes, comme francophones bruxellois et wallons, de porter un regard objectif sur le plan socio-économique.”

Que doivent viser les francophones ?

“Ils doivent avoir comme objectif de placer, pour nos deux régions, les indicateurs de croissance au-dessus de la moyenne européenne. Aujourd’hui, nous sommes en deçà, pour certains indicateurs, mais nous devons remonter. Pour y arriver, nous ne pouvons compter que sur nos forces. Nous ne serons forts qu’ensemble, Wallons et Bruxellois. Car, ne l’oublions pas, la région wallonne et Bruxelles, ensemble, ont un PIB quasi égal à celui de la Flandre. J’en ai marre du discours flamand qui fait passer Bruxelles et la Wallonie pour des régions sinistrées. Mais nous devons être plus exigeants avec nous-mêmes afin de nous faire respecter.”

En Flandre, il n’y a que des politiques de l’ancienne génération – Tobback, De Gucht, Dehaene… – pour s’opposer à De Wever…

“Ce dernier est l’enfant d’une certaine Flandre. Les personnes que vous citez n’ont pas eu le courage de contrer le nationalisme, quand il le fallait. Ils ont même eu une certaine complaisance. Ils ont eux-mêmes engendré les excès de Bart De Wever : son succès leur est dû.”

Avez-vous des exemples en tête ?

“Lorsque Karel De Gucht a affirmé que la Belgique s’évaporait, De Wever n’existait pas encore… Ces hommes ne doivent pas s’étonner, ensuite, du succès de la N-VA…”

Cette Flandre, à laquelle vous faites allusion, quelle est-elle ?

“Elle est celle qui a estimé que son autonomie ne devait pas être contrariée. Bart De Wever propose de faire une marche en avant, encore plus rapide. Pour y parvenir, la Flandre ne veut plus être contrariée par le Sud. Quitte à faire de la Belgique une coquille vide. C’est un processus sécessionniste qui n’a plus de fin…”

Sur quoi porte le débat actuel ?

“Il porte sur l’existence de l’Etat belge : voilà pourquoi je prédis que cela va encore prendre des mois, voire même plus…”

Comment prendre les déclarations de certains qui prétendent, régulièrement, qu’on est près d’un accord ?

“L’été dernier, les partis francophones qui négociaient (PS, CDH, Ecolo) ont beaucoup lâché et cela n’a pas servi. Bart De Wever ne sera satisfait que lorsqu’il aura rendu irréversible la fin de l’Etat belge.”