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18/01/2009

JEAN-MARIE DE DECKER: IL FAUDRA CHOISIR

 

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Après 24 heures d'un cirque particratique qu'on on n'en avait plus connu depuis longtemps, le SP.A a décidé de conserver son nom. Cette valse-hésitation ne devrait guère fortifier ce parti qui sot déjà malmené d'un sondage paru, hier samedi, dans Het Laatste Nieuws. La Dernière Heure a interrogé Jean-Marie De Decker (LDD) sur l'émiettement des partis en Flandre. Mais aussi sur l'arrivée de Bert Anciaux au SP.A et sur le rapprochement entre Rudy Aernoudt (LiDé) et le MR, au sud.

La Dernière Heure: Normalement, en Flandre, aucun parti n'aura plus de 20%: que pensez-vous de cet émiettement?

Jean-Marie De Decker: (rires) C'est très bien, ça!

DH:

JMD: A un moment donné, les partis vont devoir décider avec qui ils gouvernent. Je parle de toutes les anciennes familles politiques qui ont fait des accords entre elles, pendant des décennies: désormais, elles vont devoir choisir entre gouverner à gauche ou à droite.

DH: Vous voyez cela comment?

JMD: Par exemple, le CD&V et le VLD vont devoir choisir entre la liste De Decker et les socialistes. 

DH: L'émiettement ne rendra pas la Flandre ingouvernable?

JMD: Mais non! Regardez ce qui se passe avec le gouvernement fédéral: ce n'est rien d'autres que l'amalgame de plusieurs partis. Pourquoi? Parce qu'il est impossible qu'un gouvernement comprenant le MR et le CDH travaille correctement…

DH: Pourquoi dites-vous ça?

JMD: Joëlle Milquet est une communistes qui va à la messe. MR et CDH ne peuvent gouverner ensemble, ce n'est pas possible!

DH: Et si aucun parti ne veut de vous?

JMD: Les partis traditionnels ne peuvent exclure tout le monde. Ils ont déjà exclu le Vlaams Belang, ils ne pourront exclure la liste De Decker. S'ils continuent, le peuple ne comprendra plus rien du tout!

DH: Vous ne trouvez vraiment pas que vous venez compliquer le jeu, en Flandre?

JMD: Pas du tout! Au départ, on  se moquait de moi lorsque j'ai créé la liste De Decker. Et pourtant aujourd'hui, nous sommes le troisième parti.

DH: Comment cela se fait-il?

JMD: Simplement parce que le peuple ne veut plus du Vlaams Belang.

DH: Que pensez-vous de ce qui s'est passé entre Bert Anciaux et le SP.A?

JMD: (rires) C'est un type formidable: il est capable de diviser un atome avec les mains!

DH: Mais encore?

JMD: Dans le temps, ma famille était Volksunie. Je peux vous affirmer qu'Anciaux, lui, détestait les socialistes. Mais il change souvent: il a été très flamand, puis il ne l'est plus. Il a été Volksunie, puis il ne l'a plus été. Il varie…

DH: Et la réaction des socialistes?

JMD: Je suis persuadé que les socialistes de la base ne vont guère apprécier ce qui s'est passé.

DH: Pourquoi?

JMD: En Flandre, le parti socialiste pratique la démocratie des diplômés: au SP.A, il n'y a plus d'ouvriers. Seulement des universitaires.

DH: Au sud, Rudy Aernoudt semble se rapprocher du MR…

JMD: Cela ne m'étonne pas! À la base, Rudy vient de cette famille politique-là…

DH: Comment expliquez-vous ce qui se passe…

JMD: Reynders est très malin! Il va anticiper ce que Aernoudt veut faire. Il ne veut pas perdre deux ou trois pour cent. Reynders a intérêt que la droite ne se divise pas!

DH: Pour vous, ce qui arrive est une bonne chose?

JMD: Non! Il vaudrait bien mieux que les gens puissent voter pour un parti qui n'est pas pourri par le pouvoir. Comme en Flandre, où existe ma liste. 

DH: Vous trouvez qu'au sud du pays, cela n'existe pas?

JMD: Il n'y a que le FN et c'est un parti d'escrocs.

11/01/2009

Dr Catherine Moureaux

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Jeudi sur Bel RTL, Philippe Moureaux était l'invité du "Grand jury". Il y a a évoqué les dossiers les plus sensibles du moment: les 20 ans de la
Région de Bruxelles-Capitale, le conflit israelo-palestinen… A propos de ce dernier et de ses éventuelles répercussions chez nous, le président de la fédération bruxelloise du PS a cité, à deux reprises, les observations de sa fille, Catherine, médecin "de terrain". Nous l'avons interrogée.

La Dernière Heure: Quel type de médecin êtes-vous?

Catherine Moureaux: Je travaille dans une maison médicale au forfait, à Ixelles. Nous prenons intégralement en charge les patients qui sont en règle de cotisation et sommes directement payés par les Mutuelles.

DH: Quel type de patientèle avez-vous?

CM: Je m'occupe surtout de patients jeunes, défavorisés, ayant des problèmes psychologiques. Je fais cela depuis 5 ans.

DH: Lors de conversations avec votre père, vous lui avez dit que le conflit israelo-palestinien va vous donner "du travail pour 20 ans"?

CM: Nous avons effectivement parlé de ce qui se passait actuellement à Gaza. Il est clair que les images vues en direct par les gens ont un terrible impact sur ceux qui sont déjà fragilisés.

DH: En quoi?

CM: Le fait que les images soient diffusées en direct rend beaucoup plus perceptible le caractère horrible de la guerre. Ce n'est plus comme ce que l'on peut voir dans un film. J'ajoute que cette constatation s'applique tout autant à la communauté juive.

DH: Quel est l'effet le plus perceptible de cette médiatisation en direct du conflit?

CM: L'impuissance! Ceux qui voient ces images en direct ne peuvent pas réagir. Les plus fragiles d'entre eux sont incapables de prendre de la distance par rapport à ce qu'ils voient.

DH: En découle une pathologie propre?

CM: Oui, il s'agit du syndrome de stress post-traumatique. Les terribles événements auxquels on assiste sans pouvoir rien faire conduisent à des troubles du sommeil, par exemple. Mais ils touchent aussi jusqu'aux relations sociales…

DH: Constatez-vous un accroissement des consultations?

CM: Non! Pour qu'il y ait une surconsultation, il faudrait que nous recevions des patients qui ne viennent pas habituellement. Ce n'est pas le cas pour le moment. Nous verrons tout d'abord des gens chez chez lesquels une saumatisation a eu lieu, c'est ceux dont le corps a exprimé le stress psychique.

DH: A propos de fracture sociale, le fait que le nombre des tués palestiniens soit le plus important peut-il avoir un impact chez nous?

CM: Cela peut effectivement accentuer l'idée qu'une population comme celle-là se différencie. Le phénomène rejoint d'autres faits avérés comme la discrimination à l'embauche…

 

Je fais déjà de la politique active

Fille de la secrétaire d'Etat bruxelloise, Françoise Dupuis, et du bourgmestre de Molenbeek, le docteur Catherine Moureaux est née en 1978. Plus âgée, sa sœur Isabelle est elle aussi médecin. 

DH: Vous faites de la politique active?

CM: Je n'exerce aucun mandat, mais ai été candidate sur la liste du PS, emmenée par Laurette Onkelinx, lors des communales de 2006 à Schaerbeek?

DH: Vous vous présenterez encore?

CM: C'est fort possible! On verra…

DH: Faites-vous de la politique active?

CM: Bien sûr, puisque j'ai adhéré au PS et que je me suis présentée aux communales de 2006.

DH: Vous allez suivre la voie de vos parents?

CM: Je vous l'ai dit: on verra…

 

04/01/2009

DE CLERCK: "Tout le CD&V est derrière Van Rompuy!"

 

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À propos du ministre de la Justice, le terme de "nouveau" ne s'applique pas à Stefaan De Clerck. On le sait, il occupa le poste de 1995 à 1998. Cette fois, il revient pour remplacer un de ses amis, Jo Vandeurzen, parti dans des conditions troublantes que De Clerck analyse.

 

La Dernière Heure: En laissant croire que vous partiriez pour Jo Vandeurzen, le moment venu, vous avez semblé ne pas vouloir rester jusqu'en 2011…

Stefaan De Clerck: Au contraire, je suis favorable à ce que le gouvernement aille jusqu'à son terme! Si l'on votait pour le fédéral en juin prochain, cela nuirait au débat communautaire. 

DH: C'est-à-dire?

SDC: Le communautaire est lié aux régionales, alors que le socio-économique concerne le fédéral.

DH: Et pour en revenir à Vandeurzen…

SDC: Il s'agit d'un ami, au même titre qu'Yves Leterme et Inge Vervotte que j'ai personnellement préparée pour la grande politique. Leur honneur m'est très cher et je vais les aider pour qu'ils le retrouvent, après le carton rouge de la Cour de Cassation. Cela ne veut pas dire que je songe pour eux, à un poste précis ou à un moment particulier.

DH: Qu'espérez-vous pour eux?

SDC: Il faut qu'ils remontent sur le terrain! Je dis cela, d'une manière générale.

DH: Actuellement, ce n'est pas l'amour fou, au CD&V…

SDC: Nos formons un grand parti, avec des gens de qualité et une jeune génération qui monte. Il est cependant vrai que la génération intermédiaire a fait des choses qui laissent des traces. Mais il ne s'agit pas d'un clivage, au sens négatif du terme. 

DH: Le CD&V est donc uni, derrière Herman Van Rompuy?

SDC: Au sein du parti, tout le monde est d'accord de continuer à 200%! Il va falloir travailler sur le long terme. Et je sais qu'on pourra compter sur ceux que nous avons cités…

DH: Avez-vous senti que le Premier ministre bénéficiait de la confiance du gouvernement?

SDC: Nous avons eu un seul conseil des ministres et il est trop tôt pour juger. Mais il est vrai que la confiance sera le mot-clé de cette équipe.

DH: Que visez-vous, au sein de votre département?

SDC: Mon prédécesseur, Jo Vandeurzen, a été un grand ministre de la Justice, même s'il n'est pas resté longtemps. Je vais continuer sur les bases qu'il a tracées. 

DH: Quels seront vos dossiers prioritaires?

SDC: L'organisation des cours et tribunaux, et le management de la Justice. Plus, une liste d'éléments qui concernent le droit matériel. Je reviens à un poste où j'ai déjà été, il y a 10 ans: avec mon successeur direct, Tony Van Parijs, nous avions lancé 160 projets de loi. Je vais analyser où ils en sont…

DH: Votre avis sur les rapports entre le politique et la Justice?

SDC: Il s'agira de mon premier grand dossier. Comme ministre de la Justice, j'ai connu le même choc entre ces deux institutions, à l'époque de l'affaire Dutroux. Il est vrai que c'était à un autre niveau: je parle de la récente démarche exceptionnelle du Premier président de la Cour de Cassation…

DH: Vous vous attendiez à ce qui s'est passé?

SDC: Non, pas du tout! Mais je suis persuadé qu'Yves (Leterme) et Jo (Vandeurzen) ont été de bonne foi. Je vais étudier comment préparer la commission parlementaire, même si cette tâche revient au pouvoir législatif...