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02/02/2009

EDITION: COMME UNE HISTOIRE DE PLAGIAT (DH 31-01-09)

colorie l'histoire de belgique - DH 31-01-09.jpg
Au printemps 2006, sortait un ouvrage, "L'histoire de Belgique", réalisé par le duo Sylvie Lausberg, pour les textes, et Joëlle Broen, pour les dessins. Les critiques étaient élogieuses, jusqu'au Monde qui qualifiait ainsi l'ouvrage des "Editions de l'Arbre": "Un manuel scolaire qui entreprend, sous les allures paisibles d'un album à lire et à colorier, un démontage en règle de quelques balivernes historiques. D'où, sans doute, l'étonnant succès qu'il rencontre (…) Des parents et des enseignants de tous les réseaux recommandent chaudement sa lecture et son utilisation dans les classes."

Or voilà qu'en 2008, les auteurs apprenaient par hasard la sortie de deux livres, eux aussi intitulés "L'histoire de Belgique" et surtitrés  "Colorie, joue et appends".  Même format, même concept, même public cible, il était l'œuvre, à la fois des éditions Jourdan mais aussi, tiens, tiens… des mêmes Editions de l'Arbre (celles qui ont édité "L'histoire de Belgique sortie en 2006, donc). Outre cette coédition, un fameux "plus": profitant de la série télé dans laquelle Annie Cordy racontait "L'histoire de Belgique", l'artiste paranait les deux ouvrages. Même titre donc, mais aussi mêmes repères graphiques en couverture, comme les couleurs noir-jaune-rouge sur la tranche et les mêmes crayons tricolores au bas de la couverture. Normal, vous direz-vous, pour un livre sur la Belgique. Soit! Mais il y a plus troublant. La mise en page, d'abord: texte à droite et un grand dessin à colorier, à gauche. Sur le fond, le second ouvrage puise sans gêne dans celui, publié en 2006. Ainsi, le chapitre consacré au Roi Baudouin: "Baudouin 1er, les débuts de l'Europe" pour le premier livre et "Sous le rège de Baudouin", pour celui paru en 2008. L'un écrit: "En 1958, la Belgique organise à Bruxelles une grande exposition universelle. Le symbole de l'exposition, qui deviendra celui de la Belgique, est l'Atomium. Ses neuf boules représentent une molécule de fer agrandie 165 millions de fois et symbolyse les neuf provinces belges d'alors." Ce thème devient, da,s l'autre ouvrage: "En 1958, la Belgique organise à Bruxelles une exposition universelle. Au pied de l'Atomium construit pour l'occasion. Il représente une molécule cristalline de fer agrandie 165.000 fois. Ses neuf boules symbolisent les neuf provinces belges." Certes, on ne peut évoquer l'Atomium de mille façons. On peut vous l'assurer: en parcourant les ouvrages rivaux, on découvre des tas de similitudes particulièrement troublantes. Cela sent le plagiat à plein nez.

annie cordy - DH 31-01-09.jpgQu'en pense Annie Cordy?

On l'a dit, l'ouvrage sorti en 2006 fut un succès: 3.000 exemplaires épuisés en un mois, puis un nouveau tirage de 500 exemplaires. Hélas, depuis la sortie du livre concurrent, "parrainé" par Annie Cordy, les ventes du premier s'approchent de zéro. S'estimant spoliées, les auteurs de celui-ci ont fait appel au service du cabinet d'avocats Berenboom, spécialiste en matière de droit d'auteurs. Selon un courrier envoyé à partie adverse, il indique: "Vous avez tout simplement substitué votre livre à celui de mes clientes, auprès du même public. La confusion est telle que le site www.chapitre.com mentionne le nouvel ouvrage comme étant celui de Madame Lausberg." N'oublions pas non plus que, éditrices de l'ouvrage paru en 2006, les éditions de l'Arbre se retrouvent co-éditrices, avec les éditions Jourdan, du livre paru en 2008, comme l'indique le © en fin d'ouvrage. De la concurrence déloyale en plus du plagiat, donc!

Quant à la baronne Annie Cordy, nous avons bien entendu essayé de la joindre. Après plusieurs tentatives, nous avons reçu pour toute réponse un courrier comminatoire et fébrile de l'avocat des éditions de l'Arbre. Voilà qui tranche avec la bonhomie coutumière de la grande artiste, car on aimerait vraiment avoir son avis sur les agissements des éditions Jourdan et de celles de l'Arbre.

GEORGES UGEUX: NOUS VOUDRIONS RENCONTRER REYNDERS (DH 30-01-09)

 

georges ugeux - DH 30-01-09.jpg

Hier matin, L'Etat belge, Fortis holding et BNP Paribas se sont mis d'accord pour réaménager les conditions de cession des actifs belges de Fortis à BNP Paribas avaient été conclues, début du mois d'octobre 2008. Nous avons demandé à Georges Ugeux ce qu'il en pensait.

La Dernière Heure: Votre avis sur les négociations des dernières heures?

Georges Ugeux: Je note d'abord que les actionnaires qui sont arrivés après le 15 octobre ne pourront votre, lors de l'assemblée générale. Ensuite, le fait que le gouvernement s'est contenté de négocier avec Fortis holding est une véritable invitation à la révolte.

DH: Ce sont des choses que vous auriez aimé soulever?

GU: Nous avons proposé de voir le gouvernement, mais Monsieur Reynders ne l'a pas souhaité. Il nous a répondu qu'il ne savait pas qui nous représentions vraiment.

DH: Pourquoi ce souhait de le rencontrer?

GU: Nous souhaiterions mieux comprendre certaines de ses décisions.

DH: Selon vous, que vont faire les actionnaires?

GU: Ils ne vont pas changer leur vote 

DH: Les dernières négociations ne leur font rien gagner?

GU: Il faut les analyser de fort près pour voir si les actionnaires y gagnent quelque chose.

DH: Si vous deviez pointer le principal point sombre?

GU: Il réside dans le fait qu'on fait de Fortis une compagnie d'assurance. Or les marchés ont beaucoup changé et, vu le climat dans ce domaine, rien ne dit que cela pourra fonctionner longtemps…

DH: On ne vous sent pas totalement négatif?

UG: Non, c'est vrai! Le gouvernement a tenté de faire un pas dans la bonne direction, mais ce n'est pas suffisant.

DH: Qu'aurait-il du faire?

GU: Il aurait pu faire mieux s'il nous avait rencontrés, je crois.

DH: Avez-vous vu un changement avec le changement de Monsieur Leterme par Monsieur Van Rompuy?

GU: Il est clair que le changement de Premier ministre a changé la donne.

DH: De manière positive pour vous?

GU: Cela, nous le verrons…

DH: Qu'en est-il de la position chinoise?

GU: Si j'en crois Monsieur De Boeck, ils ont accepté ce qui est sorti des dernière négociations. Mais ce n'est guère étonnant: ce sont des assureurs… Depuis le début, nous avons considéré que nous devions les considérer comme alignés sur le management de Fortis. Mais ce sont des gens avec lesquels nous parlons…

DH: Que pensez-vous du travail des experts?

UG: Ils ont effectué une excellent travail d'analyse mais, personnellement, j'ai des réserves sur les propositions qu'ils ont émises: ils n'ont pas vu la perte de valeur qu'allait représenter l'émission de titres pour l'Etat.

DH: Savez-vous ce que vont faire les autres représentants d'actionnaires?

GU: Je sais que Deminor va voter contre les trois opérations…

DH: Qu'allez-vous faire en attendant l'assemblée générale?

UG: Je vais analyser les récentes avancées, mais aussi parler aux actionnaires et décider ce qu'il y aura lieu de faire pour le vote.

DH: Et vous allez donc réintroduire une demande de rencontrer Didier Reynders?

UG: Nous allons nous y mettre avec tous les autres représentants des actionnaires. En espérant qu'il accepte de nous rencontrer…

26/01/2009

AIDE AUX BANQUES: LE DESARROI DES BELGES

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Mercredi, le gouvernement flamand décidait d'apporter une aide de deux milliards à la KBC. Ces aides étatiques seront-elles sans fin? Nous avons demandé son avis au sociologue Claude Javeau.

La Dernière Heure: Certains commencent à s'élever contre le fait que l'Etat aide les banques…

Claude Javeau: Je les comprends! D'autant que l'argent utilisé vient soit de la planche à billets, soit d'un accroissement de la dette publique, soit d'un enrichissement de l'Etat.

DH: Sentez-vous ce mouvement à l'égard de l'aide de l'Etat aux banques?

CJ: Je ne le sens pas trop. Mais je ricane surtout du fait que les économistes n'avaient rien prévu. Preuve que l'économie n'est pas une sciences!

DH: Vous comprenez cette aide de l'Etat?

CJ: Ce qui m'étonne le plus, c'est que l'Etat aide les banques jusqu'à y avoir une participation majoritaire, mais sans y revendiquer le droit de vote. Avec son aide de deux milliards d'euros à la KBC, le gouvernement flamand vient encore de le démontrer.

DH: Aider les banques, c'est aussi aider l'emploi: vous êtes d'accord?

CJ: Il est vrai que ce point de vue doit être pris en compte. En quelque sorte, il y a une logique…

DH: On ne pourrait donc imaginer que l'Etat n'agisse pas…

CJ: Je le répète, si l'Etat aide les banques, il doit bien trouver de l'argent quelque part…

DH: Vous plaidez donc pour que l'Etat prenne la direction des banques?

CJ: En France, de Gaulle l'a fait autrefois, tandis que plus récemment, Jospin a fait le contraire. C'est un clin d'œil de l'histoire… 

DH: Selon vous, pourquoi l'Etat ne prend-il pas la tête des banques?

CJ: Nous sommes dirigés par des coalitions: certains partis s'opposent à une participation directe de l'Etat. Ce que je dis est peut-être simpliste, mais les actionnaires devraient aller se rhabiller.

DH: Ne croyez-vous pas non plus que les gens ont du mal à voir tout cet argent qui part vers les banques, alors qu'eux-mêmes en manquent?

CJ: Sans doute! Même si, durant les fêtes, la population a autant dépensé que les autres années, on sent bien qu'elle a de gros soucis: d'une manière plus générale, les gens dépensent moins. Les grandes surfaces ne me démentiront pas… 

DH: Vous comprenez le désarroi des Belges?

CJ: Les gens ne comprennent plus. Mais ce qu'ils souhaitent avant tout, c'est de ne pas vivre une situation à l'islandaise. 

DH: Pour vous, il s'agit d'un désarroi plus général…

CJ: Les Belges ressentent une grande désaffection. En politique, ils ne comprennent pas trop que, quand "didier" dit quelque chose, "Elio" dit le contraire, et "Joëlle" vient aussi donner son point de vue.

DH: Comment définiriez-vous l'aide qu'apporte l'Etat aux banques?

CJ: C'est un peu le contribuable qui s'aide lui-même. 

DH: Est-ce viable, à long terme?

CJ: Non! Ou bien la conjoncture repart et les banques devront rembourser, ou bien il conviendra d'étatiser les banques, par des solutions autoritaires. On en reviendra aux bons vieux comptes-chèques…

DH: Une autre voie évoquée est le regroupement des banques: certains prétendent que cela conduirait à un clash social…

CJ: Tout dépend de la manière dont on envisage ce regroupement: d'un point de vue social, il s'agirait d'une mauvaise solution, alors que ce ne serait pas le cas d'un point de vue purement comptable.