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15/02/2009

TOM DEHAENE, LE FILS

 

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Il emmènera la liste CD&V, lors des prochaines régionales

C'est presque naturellement que, en juin prochain, Tom Dehaene, fils de qui vous devinez, emmènera la liste du CD&V, lors des élections régionales. En effet, en 2004, en tant que deuxième de la même liste, celui qui est aussi président du CPAS de Zemst avait déjà récolté 44.000 voix, soit 12.000 de plus que la tête de liste, Eric Van Rompuy.

La Dernière Heure: Votre père, ministre d'Etat, votre mère ayant eu 78.000 voix au Sénat en 2007, votre plus jeune sœur, conseillère communale à Merchtem: la politique est une affaire de famille, chez vous…

Tom Dehaene: Vous oubliez mon frère et mon autre sœur qui se sont présentés aux élections sociales… 

DH: On ne parlait donc que de politique, chez les Dehaene?

TD: Au contraire, quand mon père rentrait à la maison, il avait pris pour principe de fermer la porte à tout ce qui était politique…

DH: C'était une bonne décision?

TD: Oui, parce que, au niveau auquel il était arrivé, on n'aurait parlé que de ça. Et la politique est trop stressante…

DH: Et avec votre mère?

TM: Nous parlions très rarement de politique avec elle.

DH: Lorsque vous vous êtes lancé, avez-vous pourtant demandé conseil à votre père?

TD: La question s'est posée lorsque j'ai dû choisir entre rester dans le privé ou entrer au Parlement flamand. C'est une des rares fois où j'ai pris son avis, mais il a refusé de m'indiquer la voie à suivre…

DH: Il ne vous a rien dit?

TD: Je lui ai indiqué quels étaient, selon moi, les avantages et les inconvénients de chaque perspective. Il a approuvé cette façon de voir, mais a refusé de trancher. Il m'a répondu: "C'est à toi de décider." 

DH: Le rythme de travail de votre père ne vous a pas fait peur?

TD: Quand je travaillais dans le privé, j'avais aussi des horaires difficiles. Et mon beau-père, chauffeur de poids lourds internationaux, était aussi souvent absent lorsque ses enfants étaient plus jeunes. Cependant, il est vrai que cela n'a rien à voir avec le stress qu'a connu mon père...

DH: Vous êtes aussi, comme vos parents, supporter du Club de Bruges…

TD: (il rit) Toute ma famille l'est! Jusqu'à mes enfants…

DH: Vous y allez souvent?

TD: Non, c'est trop loin! En tout, cela me prend cinq heures…

DH: Vous avez joué à ce sport?

TD: Jusqu'à 14 ans, mais mon père n'avait pas le temps de venir me voir.

DH: Et vous?

TD: C'est la même chose. Quant à ma femme, comme ma mère, elle a aussi quatre enfants: il ne lui pas est facile non plus de les suivre tous…

DH: Question caractère, vous sentez-vous plus proche de votre père ou de votre mère?

TD: Je crois que j'ai un bon "mix" des deux: l'impatience de l'un et la persévérance de l'autre…

DH: Vos dossiers de prédilection, au Parlement flamand?

TD: Je m'intéresse aux problèmes sociaux. Comme président de CPAS, j'ai visité en Wallonie l'observatoire de l'endettement et des crédits. J'ai déposé une proposition en ce sens au Parlement flamand et c'est passé. 

DH: Votre avis sur BHV?

TD: Je suis favorable à une solution négociée. Beaucoup de Flamands affirment que la scission va résoudre bien de problèmes. Et si elle intervenait, ceux qui le veulent pourraient toujours voter pour la liste "Union francophone", même s'il n'y aurait plus de PS, de MR etc.

DH: Et la menace de certaines communes d'empêcher le déroulement des élections européennes?

TD: Si elles le font, le gouverneur les organisera. Ces élections auront donc bien lieu.

08/02/2009

Robert Wtterwulghe: "C'est le foutoir!"

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La Dernière Heure: Comment appréhendez-vous l'assemblée générale qui va se tenir mercredi?

Robert Wtterwulghe: Je m'étonner d'abord de la manière dont elle a été organisée: tant son ordre du jour que les compléments d'information qui ont été fournis…

DH: Elle sera tronquée?

RW: Tout démontre que l'Etat ne va pas tenir compte des actionnaires. De la même manière, il n'a pas tenu compte de la décision de la Cour d'appel.

DH: Vous y allez fort?!

RW: Je le dis clairement: Fortis est à la botte de l'exécutif. Soit on vote "pour" et l'Etat sera satisfait, soit on vote "contre" et il passera en force.

DH: Les actionnaires sont-ils tous sur pied d'égalité?

RW: Pas du tout! Regardez les Chinois: il me semble clair qu'ils ont utilisé un levier pour avoir plus (que les autres actionnaires). Je songe aux conventions d'Etat à Etat qui ont sans aucun doute joué un rôle.

DH: C'est-à-dire?

RW: Il y a eu des tractations entre Etats. Les Chinois ont eu des informations que les autres n'ont pas eues. Or, tous les actionnaires doivent être sur le même pied. Fortis ne suit pas le droit et continue à être à la botte du gouvernement. C'est l'Ancien Régime.

DH: Vrai?

RW: On vit une fin de règne où les politiques ont comme seule préoccupation de se faire réélire. Autre exemple, la manière dont ils se comportent à l'égard de la magistrature…

DH: Peut-on aussi dire cela pour la manière dont Fortis a été gérée?

RW: Prenez les fautes commises par Lippens: il a certes été trop loin, mais il n'a pas décidé seul. Il avait quand même un CA autour de lui.

DH: Pour en revenir à l'AG de mercredi…

RW: Je le répète: ils vont passer en force. Si les actionnaires votent pour des solutions adaptées, l'Etat coupera court à toute action en responsabilité. L'Etat a géré à la place du CA: c'est une gestion de fait.

DH: L'Etat a 41%...

RW: Sur cette base, il affirme qu'il pouvait faire ce qu'il voulait. Mais, que je sache, il avait des lois et des règlements intérieurs à respecter…

DH: Que visez-vous?

RW: Il y a de plus en plus d'informations et de textes, le pouvoir de la CBCFA a été renforcé et, pourtant, dans ce dossier, on nage en plein flou. Les points de repère s'effondrent. On nage en plein foutoir. Un foutoir voulu et créé.

DH: Un "foutoir voulu et créé": les dés sont pipés?

RW: Je l'ai déjà écrit en juillet: lors de l'augmentation de capital, la CBFA aurait pu aider à sauver la mise en imposant une restructuration fondamentale. Il suffisait, par exemple, de laisser tomber ABN Amro.

DH: Pour vous, il s'agit donc d'une planification?

RW: Cela s'est fait au sein même de l'exécutif. Je reprends l'exemple des 80 membres de BNP qui sont arrivés à Bruxelles un week-end d'octobre, sachant fort bien où ils devaient aller et ce qu'ils devaient chercher. Il y a aussi eu l'acquisition de plateaux pour les y mettre. On ne peut organiser ce type d'action militaire sans préparation.

DH: On peut répondre qu'il y avait déjà eu des négociations avec BNP: les Français savaient où ils mettaient les pieds…

RW: On ne fait pas le type de préparation que je viens de citer si l'issue n'est pas sûre. C'est très interpellant.

DH: Selon vous, si le vote de l'AG est "non", l'Etat passerait en force…

RW: Les actions sont dans le giron de la SPFI: l'Etat va donc pouvoir faire ce qu'il veut. Quant aux actions en responsabilité, l'Etat répondra: "Bonjour, mon lapin!" Il fera aussi pression sur les magistrats.

DH: Vous en voulez à l'Etat belge?

RW: C'est de la mauvaise gouvernance. Tous les Belges y perdent. Il faudrait supprimer les cabinets ministériels, dégraisser les administrations…

Ping An a été acheté!

bonhivers - DH 08-02-09.jpgAvant-hier vendredi, le Moniteur publiait un décret passé entre la Belgique et la Chine sur l'encouragement et la protection des investissements. Or il date du 6 juin 2005 et a seulement été voté par le Parlement wallon, le 15 janvier dernier. Les autres assemblées l'avaient approuvé, mais sans le vote wallon, il ne pouvait sortir ses effets. Nous avons interrogé Me Bonhivers, associé de Me Modrikamen. 

La Dernière Heure: Votre avis sur cette publication toute récente du Moniteur?

Olivier Bonhivers: On peut s'interroger sur cette soudaine parution. C'est à tout le moins un heureux hasard…

 DH: Que voulez-vous dire?

OB: Telle quelle, la convention avec la Chine ne rentrera en vigueur que le 1er mars prochain. Mais on pourrait lui donner un effet rétroactif.

DH: Que concerne-t-elle?

OB: Elle prévoit une indemnisation en cas de privation de propriété.

DH: Elle s'applique donc à l'affaire Fortis?

OB: On va au moins essayer de le faire: indemniser les Chinois pour la perte qu'ils auraient subie.  Sachant que Ping An possède 1.200.000 actions et que la convention prévoit une indemnisation entre 5 et 6 euros par action, les Chinois peuvent espérer 600 à 700 millions…

DH: Mercredi, les Chinois pourraient donc voter "oui"?

OB: S'ils le font, c'est qu'ils sont d'accord. On a en quelque sorte acheté le vote de Ping An. Il s'agit là d'un viol de l'égalité entre actionnaires. Nous vivons dans une république bananière…