Blogs DHNET.BE
DHNET.BE | Créer un Blog | Avertir le modérateur

16/03/2009

LE DERNIERE PETITE "CROTTE" DE JOSE HAPPART

happart.jpg

Mardi, la Commission des Affaires générales du Parlement wallon se penchera sur deux propositions de résolutions signées par José Happart, président de l’assemblée. La première vise à ce que deux tiers des ministres wallons soient des élus régionaux. La seconde proposition prévoit que les candidats élus sur des listes régionales prêtent serment au parlement wallon. Nous avons demandé à José Happart de motiver ses deux textes.

La Dernière Heure : Pour ce qui concerne les ministres, votre proposition s’inspire du mode l’élection des bourgmestres ?

José Happart : Je demande que l’exécutif soit composé de deux tiers au moins d’élus régionaux, dont le ministre-président.

DH : Pourquoi insister pour que le ministre-président soit dans ces deux-tiers ?

JH : Je ne veux plus que cela se passe comme en 2004. Sur les 9 ministres, 6 – dont le ministre-président, j’insiste – devraient, selon moi, être issus du parlement wallon.

DH : Vous pointez presque l’ensemble du gouvernement, puisque seul Didier Donfut est un élu régional ?

JH : Je veux que l’on soit transparent avec l’électeur. Ceux qui sont déjà député ou sénateur ailleurs, doivent s’engager à venir siéger au parlement wallon.

DH : Votre seconde proposition voudrait que tout candidat élu à la région prête serment au parlement wallon ?

JH : Quiconque s’inscrit sur une liste régionale s’engagerait sur l’honneur à prêter serment au sein de l’assemblée régionale.

DH : Vous avez signé seul ces deux textes ?

JH : Oui, parce que je crois avoir le recul qui convient. Et peut-être aussi, ai-je la hauteur nécessaire. Tout autre que moi aurait pu être sanctionné…

DH : C’est-à-dire que vous ne pourrez pas être sanctionné par votre non-reconduction comme président puisque vous ne serai pas candidat ?

JH : J’ai dit que si j’étais candidat effectif, c’était comme tête de liste. Sinon, je serai dernier suppléant. 

DH : Et comme il y a peu de chances que vous soyez tête de liste…

JH : Vous avez compris : normalement, on pourra difficilement me sanctionner. Je m’en fous… 

Pierre Vercauteren, professeur à la FUCAM : « Une manière de rester présent ! »

DH : Comment faut-il prendre les propositions de résolution de José Happart ?

PV : Elles confirment ses préférences régionales. Il profite de la campagne électorale qui commence pour appuyer le fait régional.

DH : Sa proposition demandant à tout candidat sur une liste régionale de s’engager à prêter serment au parlement va dans ce sens ?

PV : C’est une manière pour lui d’accentuer le poids régional. Il veut que le centre de gravité politique se déplace plus encore vers les régions. 

DH : Et sa proposition sur les 2/3 du gouvernement wallon qui devrait être composé d’élus wallons ?

PV : Elle a pour but d’éviter le jeu de chaises musicales tel que nous l’avions vécu en 2004. Mais les choix finaux interviendront en fonction des résultats.

DH : C’est-à-dire ?

PV : Un parti ne se situant qu’à un seul niveau de pouvoir – comme c’est le cas du MR, actuellement – pourrait fort bien revendiquer de rentrer à la région. Certains ministres fédéraux, siégeant à la Chambre ou au Sénat, pourraient alors devenir ministres régionaux.

DH : Vous voulez dire que les propositions de José Happart n’ont pas d’effet contraignant ?

PV : Il faut d’abord qu’elles passent le cap de la commission au sein de laquelle elles seront discutées, puis celui de la séance plénière. Si elles étaient adoptées, elles ne le seraient que comme « résolutions ». Il s’agirait donc de déclarations d’intention. 

DH : Ce que José Happart fait là est du pur positionnement ?

PV : Oui, c’est pour lui, une manière de rester présent. Ses propositions sont des actes politiques, pas des actes juridiques. Il ne peut rien imposer. Pour y arriver, il faudrait passer par des décrets.

09/03/2009

DIDIER REYNDERS: "JE SAIS QUE JE SUIS L'HOMME A ABATTRE!"

reynders - dh 08-03-09.jpg

La Dernière Heure : L’accord intervenu sur Fortis est le bon ?

Didier Reynders : Au sein du gouvernement, nous avons réfléchi à ce qui était possible et je crois que la solution trouvée est la bonne : pour les épargnants, pour le personnel…

DH : Le PS « prend acte » de la solution…

DR : J’ai lu le communiqué du Parti Socialiste : on y parle un peu comme si la décision avait été prise par d’autres. Toute la différence est là : Yves Leterme, puis Herman Van Rompuy, ont aidé à trouver une solution, tandis que le PS, lui, prend acte. Et pourtant, Madame Onkelinx a travaillé à la solution. C’est même elle qui a demandé que se déroule l’ultime kern, vendredi après minuit…

DH : N’y avait-il pas d’autres solutions que BNP Paribas ?

DR : L’Etat ne peut tout mettre dans le secteur financier. Certes, le Premier ministre a dit que le « stand alone » était possible. Mais il faut savoir à quel prix ? Il n’est pas question que la Belgique prenne trop de risques…

DH : Pour vous, BNP était la meilleure solution ?

DR : Pour moi, oui ! Et pour certains actionnaires, il s’agit peut-être de la moins mauvaise.

DH : Maître Modrikamen dit qu’il lui reste des cartouches…

DR : C’est le combat de sa vie. Il ne changera plus d’avis.

DH : Vous semblez confiant…

DR : Nous avons négocié avec le CA dont les membres avaient été élus à une très large majorité. Si, au début de l’affaire Fortis,  l’émotion a été forte au sein de la population, je n’ai pas varié dans mes choix et je crois que les gens commencent à comprendre. Ils en ont par-dessus la tête…

DH : Que visez-vous ?

DR : Je songe à Fortis, mais aussi à d’autres dossiers comme l’enseignement, la formation… Ce seront les débats de base de la campagne.

DH : Vous êtes certain qu’ils ne seront pas occultés par les suites de l’affaire Fortis ou par d’autres sujets ?

DR : Les débats sur les thèmes que j’évoque auront bien lieu. Il va falloir discuter de la manière de mieux valoriser l’enseignement, mais aussi de la plus grande autonomie à octroyer aux directeurs d’écoles, de la dépolitisation des places dans les crèches. Sans oublier l’emploi. Je lis que Madame Milquet « veut » le poste de l’enseignement, dans le prochain gouvernement. Mais elle l’a ! Et qu’a-t-elle fait ? Les gens le savent fort bien…

DH : Les premiers échos de la campagne en témoignent : vous êtes l’homme à abattre…

DR : Je me souviens qu’en 2007, les présidents de parti refusaient de débattre avec moi. Au PS, j’avais régulièrement Laurette Onkelinx face à moi, et au CDH, André Antoine. Cela ne nous a pas empêchés de remporter les élections. L’électeur a choisi et c’est lui qui choisira en juin prochain.

Le PS, incapable de gérer ses crises internes

DH : A Huy, le MR vient d’être rejeté dans l’opposition…

DR : Depuis que la MR, Isabelle Lissens, était devenue bourgmestre, on n’a plus entendu parler de Huy. Avant cela, cette ville était ingérable : comme Charleroi…

DH : Ne percevez-vous pas votre mise à l’écart à Huy comme un signe funeste ?

DR : Je le prends surtout comme le signe de l’incapacité du PS à gérer ses crises internes.

DH : C’est un problème de gouvernance ?

DR : Totalement ! Comme en Région wallonne et en région bruxelloise. L’accord qui vient d’intervenir à Huy réunit le PS et l’opposition qui étaient, jusqu’alors, en bagarre totale. Dans toutes les négociations qu’il y a eu, on n’a parlé que de nombre de postes, de jeux d’influence… jamais de projets ou de dossiers.

MISCHAEL MODRIKAMEN: "IL ME RESTE DES CARTOUCHES!"

modrikamen - DH 08-03-09.jpg

La Dernière Heure : Que pensez-vous du dernier accord Fortis ?

Mischael Modrikamen : Il n’apporte rien de neuf. Ni pour les actionnaires, ni par rapport à la dernière AG !

DH : Et d’une manière plus globale ?

MM : En termes d’intérêt général, je n’y vois aucune amélioration. Pire, les choses s’aggravent. Je suis inquiet pour l’emploi : l’accord n’en parle pas et, au mieux, seule une « inside letter » l’évoque.

DH : Les Français sont rassurants…

MM : Je rappelle que, dans le cas de figure du « stand alone » et selon ce qu’on sait du rapport Mac Kinsey, on parle de départs naturels. Or, s’il y a des économies, elles se feront à Bruxelles. Je songe à la salle des marchés, au back office… 

DH : Il ne fallait pas choisir BNP Paribas ?

MM : Jeudi, le Monde avait un titre, du genre « Les Belges s’agenouillent devant Sarkozy ! »

DH :  N’avez-vous pas le sentiment d’être de plus en plus seul ?

MM : On assiste à un grand jeu de rôle. En privé, le top de la banque affirme préférer un « stand alone », tandis qu’en public, il dit autre chose.

DH : Qu’allez-vous faire ?

MM : Nous serons logiques avec nous-mêmes : lors de l’AG d’avril prochain, nous voterons « non » !

DH : Le « non » risque pourtant de ne plus passer…

MM : Si les fonds spéculatifs votent – l’accord leur fait gagner un peu –, dans ce cas, le « oui » risque de passer. Au détriment des actionnaires historiques.

DH : Vous ne pourrez rien y faire…

MM : Si telle est l’intention, nous irons en référé pour que les conditions de vote soient les mêmes que lors de la dernière AG.

DH : Le front des actionnaires ne semble plus uni…

MM : Je sais qu’il y a des voix divergentes, ou que Deminor est circonspect. Selon mes informations, Ping An reste en faveur du « non ». 

DH : On vous sent confiant…

MM : Je réfléchis et je peux vous dire que je n’ai pas encore tiré toutes mes cartouches. Il me reste encore quelque chose d’étonnant…

DH : Une chose étonnante ou détonante, comme les cartouches ?

MM : (il rit) Les deux !

DH : Vous allez continuer à vous attaquer à l’Etat ?

MM : Ce même Etat n’a jamais voulu négocier. Nous l’avons attaqué via la Justice et voilà qu’il nous replace les plats. Certains oublient qu’une banque est comme le cœur et le sang qui circule : en cédant Fortis à BNP Paribas, on se prive de l’organe qui contrôle 40%. Bientôt, il faudra aller à Paris… 

DH : Vous ne regrettez rien ?

MM : Ce que je fais vaut la peine ! Je ne plierai pas !

DH : La période électorale a commencé…

MM : L’Etat a une vue à court terme, pas les actionnaires. Certains politiques nous vomissent car nous mettons des grains de sable dans les rouages qu’ils ont huilé.

DH : Savez-vous pourquoi ils refusent de négocier ?

MM : Il y a peu, Madame Milquet a dit que j’étais un « avocat médiatique » : les politiques seraient-ils les seuls à pouvoir s’exprimer dans les médias ?

DH : Croyez-vous que le gouvernement fait front commun ?

MM : Au sein du kern, se déroule un jeu pervers. Certes, le « stand alone » comporte des risques, mais la situation des banques va s’améliorer…