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10/04/2009

RUDY AERNOUDT: "JE SUIS TOUJOURS LA!" (DH 05-04-09)

rudy aernoudt - DH 02-04-09.jpg

Après avoir occupé la "une" des médias durant quelques mois, Rudy Aernoudt est rentré dans sa tanière. Non qu'il ait décidé de se taire – le pourra-t-il jamais? –, mais il s'est fait plus discret et plus prudent. Nous sommes allés le retrouver, chez lui à Lustin, pour jeter un œil dans le rétroviseur et lire dans sa boule de cristal.

La Dernière Heure: Après le psychodrame du mois de mars, vous êtes reposé?

Rudy Aernoudt: Je n'en ai pas eu le temps. Savez-vous que, cette semaine, j'ai donné 14 conférences.

DH: Vous y parlez de quoi?

RA: Du goût d'entreprendre, de la créativité comme source de l'économie et de la crise.

DH: C'est définitif: vous ne vous présentez pas aux élections du 7 juin?

RA: Je suis toujours là, même si, pour l'instant, la politique, c'est terminé.

DH: Vous dites "pour l'instant": vous reviendrez?

RA: Je me prépare pour les fédérales de 2011. Dans cette perspective, j'ai rencontré des gens de Lidé. Beaucoup sont venus à Lidé pour moi et l'ont quitté pour moi.

DH: A propos de préparation, votre candidature n'en a-t-elle pas manqué?

RA: C'est possible, mais j'en ai tiré les leçons. Tout n'est pas à jeter: le MR a repris certaines de mes idées, comme le CDH à Bruxelles, voire Ecolo avec son plan Marshal sur la bonne gouvernance…

DH: Quelle principal enseignement  tirez-vous de votre échec?

RA: Il faut d'abord effectuer un screening de ceux qui vont m'entourer. Quand un nouveau parti se crée, des gens enthousiastes arrivent, mais aussi des frustrés. Comme les anciens du Front National ou de l'UDRT…

DH: Comment les éviter?

RA: Justement, par un meilleur casting: les membres qui arrivent doivent être intègres et idéalistes. Et ne pas travailler pour eux-mêmes.

DH: On vous l'a pourtant reproché …

RA: J'ai créé Lidé et j'en ai porté la communication. Voyez le MR, c'est un éternel one man show de Reynders. Même chose pour le PS et le CDH.

DH: Lidé n'a jamais percé dans les sondages?

RA: On nous a donné 18%, 8% et 0,1%: c'est une bonne fourchette! Il existe un boulevard, de 10 à 12%, entre l'extrême droite et le MR.

DH: Vous estimez avoir été trahi?

RA: Beaucoup de mes amis le prétendent, moi pas!

DH: N'avez-vous pas aussi été trop vite?

RA: Oui, mais… les idées restent. 2009 était un test pour 2011. Cette année-là, j'aurai des listes à Bruxelles, en Wallonie et en Flandre.

DH: Vous vouliez combattre le mal wallon, sans vous être domicilié en Wallonie…

RA: C'est un détail! Je suis convaincu que c'est au niveau européen que tout se joue. Les gens savent-ils que la Flandre et la Wallonie, c'est 1,6% de l'Europe?

DH: On vous a aussi qualifié de populiste…

RA: Si mes idées sur le chômage sont populistes, Tony Blair est aussi un populiste. Je suis bien plus social que le PS…

DH: Pourquoi avoir attaqué de front les chômeurs?

RA: Vous faites allusion à la blague la plus connue de Wallonie! Ce n'était pas les chômeurs que je visais, mais ceux qui profitent du chômage. Voyez ce qui arrive avec le FOREM: cette institution a un mandat pour verser 500.000 euros aux syndicats. Trouve-t-on normal que le chômage soit devenu un véritable statut, en Wallonie, et que celui qui trouve du travail risque de ne pas gagner plus que s'il reste au chômage?

DH: Rire du chômage n'est pas une manière de faire passer ses idées…

RA: Je suis un homme ayant des idées et de l'humour: c'est comme ça!

"La politique, ça trompe énormément!"

Bien en vue sur la table de Rudy Aernoudt, le livre de Jean-François Kahn: "Pourquoi il faut dissoudre le PS". Sûr que l'ex-leader de Lidé s'en inspirera pour son prochain livre retraçant sa malheureuse expérience. Son titre? "La politique, ça trompe énormément", qu'il compte rédiger, à la Côte, durant la semaine qui vient. Encore un livre?! On a parfois l'impression que le Gantois "court perdu", comme on dit à Bruxelles! Il avoue apparaître un peu "cahotique", mais est avant tout "très organisé". Aernoudt regarde peu la télévision, n'est pas sportif, le travail étant son seul véritable hobby. C'est ce qu'il nomme "le fil… bleu" de sa vie. Pour parvenir à mener de front ses différentes activités, il dispose d'un atout majeur: "Je retiens tout!" Ainsi, quand le ministre Dupont dit que tout va bien dans l'enseignement, le Gantois bouillonne, évoquant les chiffres d'une dizaine d'études qui montrent que l'enseignement francophone est, au contraire, le plus médiocre du monde! C'est par le même réflexe qu'il explique aux Flamands que, s'ils se séparaient des Wallons, ils ne pourraient pas s'offrir une voiture neuve tous les trois ans, comme on leur fait croire!

Non à "la politique des drapeaux"!

Comment celui qui aurait dû y participer voit-il l'après élection? "Ce sera très problématique. En Flandre, il sera très difficile de former une tripartite entre, d'une part le CD&V et l'Open VLD, et d'autre part le SP.A ou Groen. Les deux premiers devront dès s'allier à la liste De Decker ou à la NVA. En Wallonie, le CDH étant une annexe du PS, il suffira à ces deux partis de s'adjoindre Ecolo qui est dans l'âme, un parti de gauche." Et le MR? "Didier Reynders s'est isolé lui-même!" Le 8 juin au matin, on devrait donc avoir, selon le professeur Aernoudt, une Wallonie de gauche contre une Flandre de droite. Qui l'eût cru?! Et le même de se lancer dans des explications où informations se mêlent aux rumeurs pour défendre ses thèses sur l'avenir du pays et la crise économique et financière. En ce qui concerne la Belgique, il veut casser les frontières, ricanant à l'idée que le ministre-président flamand se soit rendu à Washington et à Milan pour y inaugurer des "flamish house". C'est "la politique des drapeaux"! Au même moment, la capitale américaine s'était ouverte à la Virginie et au Maryland pour former une grande entité économique. Aernoudt dénonce enfin les hommes politiques, éternellement "en guerre" contre l'autre communauté. Comme ce FDF auquel il réserve manifestement un chien de sa chienne, après l'échec de son propre arrimage au MR. Le verbomoteur Aernoudt en vient enfin à disséquer la crise: si la Belgique ne bouge pas, elle sera dépassée par l'Espagne, l'Allemagne et la France, devenant ainsi le pays européen où l'impôt des sociétés est le plus élevé: 33,99%. Les chiffres, toujours les chiffres…

02/04/2009

BELGES ATTAQUES AU TCHAD?

 

TCHAD.JPG

(Photo Les buissons n'ont pas brûlé: ils ont donc difficilement pu bouter le feu au véhicule, comme le voudrait la thèse officielle de la DN...)

Certains pensent que le ministre De Crem a dédramatisé la situation

BRUXELLES Le 4 février dernier, en commission de la Défense de la Chambre, le ministre Peter De Crem (CD&V) était interrogé par le député Denis Ducarme (MR), à propos d'un incident rencontré par les forces belges au Tchad, fin 2008.

Le parlementaire s'étonnait, entre autres, que l'information ait été rendue publique par un média irlandais, l'Irish Times , et non par le département de la Défense. Voici la réponse du ministre : "Le 17 novembre 2008, une patrouille de l'Eufor a été survolée par deux hélicoptères de combat soudanais, en territoire tchadien, à douze cents mètres de la frontière avec le Soudan. La patrouille de l'Eufor, clairement identifiée avec marquage Eufor et panneaux de marquagehaute visibilité orange, était à l'arrêt.

"Elle se trouvait dans cette région dans le cadre de son mandat de protection suite à des incidents récents impliquant des populations civiles. Les hélicoptères soudanais ont tiré plusieurs roquettes en direction des véhicules, sans les atteindre, mais mettant le feu à la végétation."

Depuis la réunion de la commission, nous nous sommes procuré certaines photos prises après l'incident. Elles témoigneraient qu'à la Chambre, le ministre s'est surtout efforcé de dédramatiser l'incident.

En effet, selon les commentaires que nous avons pu recueillir sur base de ces clichés, le lieu de l'attaque n'abrite pas une végétation suffisamment dense pour qu'elle boute le feu à des véhicules : comme le démontre leur état, ils auraient bien été carbonisés par les roquettes soudanaises.

"Encore heureux que nos militaires aient eu le temps de quitter leurs véhicules, à la vue des hélicoptères !", commente un expert. Et de préciser : "Sans cela, une dizaine d'hommes y seraient restés !"

Le même se demande enfin pourquoi la patrouille se trouvait "à 1.200 m" de la frontière soudanaise.

Nous avons interrogé le cabinet du ministre, lui soumettant un des clichés. Rappelant qu'en commission, M. De Crem avait suivi les constatations de l'état-major sur place, notre interlocuteur a persisté : "Les véhicules ont pris feu suite à l'embrasement de la végétation, comme l'ont dit des témoins et ceux qui ont mené l'enquête."

Nul doute que la prochaine réunion de la commission de la Défense sera chaude !

24/03/2009

JEAN-CLAUDE DEFOSSE: "LE PS PERD SON SANG-FROID!" (DH 22-03-09)

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Relayant le site du journaliste indépendant Mehmet Koksal, La Libre Belgique annonçait, mercredi, que Jean-Claude Defossé rejoignait Ecolo. 48 heures plus tard, l'ertébéen confirmait la nouvelle, créant la fureur des socialistes. PS. Nous l'avons interrogé. 

La Dernière Heure: Votre passage chez Ecolo fait du bruit…

Jean-Claude Defossé: Je ne suis que candidat à la candidature. J'ai besoin de deux tiers des voix de l'AG d'Ecolo.

DH: Cela sent l'improvisation…

JCD: J'ai dû accélérer les choses avec l'annonce, parue dans la presse.

DH: Pourquoi avoir encore présenté "Questions à la une", mercredi?

JCD: Quand la nouvelle est sortie, l'administrateur général de la RTBF, m'a demandé ce qu'il en était. Je lui ai répondu que je ne m'étais pas encore décidé. "Questions à la une" a donc été diffusée, mais je ne me suis pas rendu sur le plateau du JT pour désannoncer l'émission. Le lendemain, j'ai envoyé un mail et la rediffusion a été annulée.

DH: On vous reproche d'y avoir quand même participé…

JCD: Croyez-vous qu'après 37 ans de carrière, dont 110 "Questions à la une", j'avais besoin de cette émission-là pour mieux me faire connaître?

DH: C'est surtout sur votre déontologie que vous êtes attaqué…

JCD: En effet! Je découvre un nouveau métier où tous les coups sont permis. Je ne rentre pas en politique pour lisser mon ego: j'en ai assez…

DH: Que pensez-vous des journalistes qui ont franchi le pas vers la politique. Depuis Luc Beyer, Henri-François Van Aal…

JCD: Si vous vous souvenez de Beyer, il avait fait ses adieux, lors d'un dernier JT, les larmes aux yeux, demandant aux gens de lui accorder leur voix. Ce n'est pas tout à fait mon cas…

DH: Et les autres?

JCD: Il y a eu certaines expériences positives et d'autres qui ne furent pas une réussite. Henri Mordant, par exemple…

DH: Vous allez bénéficier de la notoriété que vous a apportée la RTBF?

JCD: Se présenter aux élections est un droit démocratique. Cependant il est vrai que ma notoriété me dispensera de dire aux gens qui je suis. Si Ecolo me prend, je vais surtout défendre mes idéaux. Enfin, ce que je fais est un "one shot": je ne vais pas revenir à la RTBF.

DH: Vous faites allusion à certains qui sont revenus, après la politique?

JCD: Ce fut le cas de Frédéric François qui eut la sagesse de faire l'international. Je suis un des fondateurs de l'association des journalistes indépendants: c'est elle qui a décrété que les journalistes revenant d'un cabinet ministériel devaient passer par un "sas". J'en avais aussi marre que les journalistes de la RTBF portent un dossard. Je n'en ai jamais eu.

DH: La RTBF vous a fait un cadeau en vous conservant, malgré votre pension?

JCD: Les présentateurs peuvent continuer après leur pension, mais ils gagnent un minimum. J'ai été sollicité et j'ai réussi après des castings, à Bruxelles, Liège, Namur…

DH: C'est surtout le PS qui est furieux…

JCD: Les derniers sondages sur Bruxelles lui font perdre son sang-froid.

DH: La ministre Laanan parle de vos "petits travaux audiovisuels très utiles"…

JCD: Je n'ai pas de leçon de déontologie à recevoir de Fadila Laanan!