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02/05/2009

MODRIKAMEN: "LE NON SIGNIFIERAIT LA PERTE DE 5.000 EMPLOIS!" (DH 26-04-09)

modrikamen - DH 26-04-09.jpg

Mardi, à Gand, se tiendra une nouvelle Assemblée générale de Fortis. Sera-ce le chant du cygne, pour Maître Modrikamen et les autres tenants du "non"? Nous avons interrogé l'avocat…

La Dernière Heure: Vous venez de tirer vos dernières cartouches?

Mischael Modrikamen:  Avec l'approche de l'assemblée générale, nous avons d'abord effectué un rapport de fond, ce que d'autres comme Mac Kinsey n'avaient pas fait. Puis, nous avons présenté notre plan et enfin, nous avons rédigé une lettre ouverte destinée au grand public.

DH: Elle n'a guère remporté de soutien…

MM: Certains ont eu peur, en fonction de la position qu'ils occupent dans leurs sociétés. (l'avocat nous cite quelques noms…) De même, certains de ceux qui soutiennent le "oui" admettent que le "stand alone" est une bonne solution…

DH: Jeudi, à la Chambre, le Premier ministre vous a une nouvelle fois adressé une fin de non-recevoir…

MM: Là, on en était presque à l'invective. Malheureusement, personne n'a jamais accepté de discuter de nos chiffres…

DH: Pourquoi revenez-vous chaque fois à la charge en demandant de rencontrer le gouvernement?

MM: Ce dernier oublie qu'une action en nullité est pendante, mais aussi que nous avons des managers capables de gérer la banque.

DH: Vous réprouvez la déclaration du Premier ministre?

MM: D'abord, il l'a faite suite à la question d'un membre de la majorité: c'est cousu de fil blanc et c'en devient presque suspect. Il accepte de parler avec l'étranger, mais pas avec nous. J'ai l'impression que personne n'ose nous affronter.

DH: Herman Van Rompuy affirme aussi que le gouvernement n'a pas de plan "b"…

MM: Cela s'adresse à l'assemblée générale. Il prétend qu'il ne sert à rien de voter "non". Nous disons: au contraire…

DH: Que ferez-vous si le "oui" l'emporte?

MM: Nous verrons d'abord s'il y a lieu d'introduire un recours en annulation. Plus concrètement, si le "oui" l'emporte, la banque passera sous contrôle français. Ensuite, dans les mois qui viennent, on peut s'attendre à 5.000 suppressions d'emplois, sans compter que le siège s'en ira à Paris.

DH: Pourquoi ce lancinant appel à voter "non"?

MM: Ceux qui voteront "non" peuvent le faire en vue d'éventuels dommages et intérêts, en cas d'action au fond. Lundi, nous aurons la liste de ceux qui viennent voter…

DH: Vous restez optimistes?

MM: Naturellement, nous avons fait tout ce qui était possible. Voter "oui" serait une erreur historique. Pour la Belgique.

Black listage or not black listage?

Dans l'interview qu'il nous a donnée, Me Modrikamen regrette qu'une sortie ait été faite qui faisait allusion à d'éventuelles pressions, dans le dossier Fortis. Il vise un mail, envoyé par le patron d'une boîte de communication à une série de représentants des petits actionnaires. Affirmant avoir eu un contact avec le cabinet Reynders, l'auteur du mail écrit, noir sur blanc: "Les signataires d'un éventuel appel au "non" seront "blacks listés" (sic). Plus que la menace d'éventuels ennuis fiscaux, ceux qui ont reçu ce mail évoquent le danger, pour ceux qui voteraient "non", d'être ostracisés. Une affirmation gravissime qui fait songer aux pratiques en vogue dans certains pays totalitaires. Il ne s'agit pourtant que d'une rumeur parmi d'autres, depuis qu'a débuté l'affaire "Fortis".  Signalons enfin que seule l'association de défense des actionnaires a souhaité rendre ce mail public.

50 SOLDATS BELGES EN CHINE: 300.000 € (DH 21-04-09)

soldats belges en chine - DH 21-04-09.jpg
Dans la nuit de dimanche à lundi, à minuit précise, un Airbus C130 de la Défense Nationale a quitté Melsbroek ayant à son bord 50 candidats colonels. Destination de ce stage destiné à les faire grimper au rang de colonels? La Chine! Coût du périple? 300.000 €, nourriture non comprise. Pour mémoire, la mission des parlementaires wallons s'élevait à 80.000 €. Les villes que nos dévoués bidasses visiteront sont Xi'an, Pékin et Shanghai, soit celles qui figurent en tête de celles que proposent les Tours Operator. Pas mal…

Ayant eu veut du périple organisé par la Défense, des membres de nos représentations diplomatiques ont tenté d'en faire profiter certains proches. En vain! Alors qu'un Airbus dispose de 150 places et que celui qui s'est envolé l'autre nuit volera aux 2/3 vide…

Plusieurs remarques, pour mieux comprendre l'émoi suscité par ce séjour, et surtout son coût. Ce stage aurait tout aussi bien pu s'effectuer à Strasbourg, voire à Washington qui est une destination hebdomadaire de la Défense. Comme lieu de formation, la capitale américaine aurait été tout aussi indiquée que celle de Chine.

Enfin, ce coûteux séjour de nos majors en Chine tombe d'autant plus mal que, depuis le 26 février 2009, la nouvelle législation contraint la Défense, comme les autres services publics, à vérifier que les objectifs poursuivis le sont en toute "bonne gouvernance". L'utilisation parcimonieuse du chauffage et de l'électricité, le recours à des photocopies recto verso et autres économies en matière de transport.

Récemment, dans De Morgen (28 mars 2009), la porte-parole de la Défense commentait ce qui n'était à l'époque qu'un projet et le justifiait par la nécessité de se plonger dans la géopolitique de pays émergents. L'Airbus ayant bel et bien décollé, il est permis de s'interroger: le moment est-il bien choisi pour effectuer pareil stage? En y renonçant, à la toute dernière minute, Pieter De Crem a répondu à cette question à 300.000 €!

JEAN-MARIE DEDECKER: "JE NE M'ARRETE JAMAIS!" (DH 19-04-09)

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Vendredi, la VRT et VTM annonçaient que le député Jean-Marie Dedecker avait engagé un détective privé pour enquêter sur le ministre des Affaires étrangères, Karel De Gucht (Open VLD), dans le cadre de la vente du Palais de Justice de Furnes. Nous avons interrogé le leader de LDD: il est plus nuancé. 

La Dernière Heure: Vous confirmez l'engagement de ce détective privé?

Jean-Marie Dedecker: Oui! Il m'était revenu que Karel De Gucht pourrait avoir joué un rôle à propos d'immeubles dont la vente était destinée à rééquilibrer le budget de l'Etat.

DH: De quels biens s'agit-il?

JMD: Il s'agit de six palais de Justice – et pas seulement celui de Furnes – mais aussi de notre ambassade à Tokyo. Dans tous ces dossiers, on retrouve également le nom de la famille Jaspers…

DH: Qu'est-ce qui vous a semblé suffisamment troublant pour recourir au service d'un détective privé?

JMD: Les firmes ayant participé à ces ventes sont belges, mais leurs conseils d'administrations sont étrangers. Mieux, ils changent souvent de pays et se retrouvent parfois en Irlande.

DH: Que vient faire Karel De Gucht dans tout cela?

JMD: Pendant que j'examinais ce dossier, quelqu'un m'a averti que le ministre aurait servi de contact lors de l'une ou l'autre de ces ventes.

DH: Trouvez-vous que ce type d'enquêtes relève de votre rôle de parlementaire?

JMD: En travaillant de la sorte, j'ai déjà poussé la ministre Fintje Moerman à la démission. Il y a aussi eu le dossier Koekelberg…

DH: Pour ces affaires, aviez-vous aussi eu recours à des détectives privés?

JMD: Il s'agit plutôt de spécialistes. Pour les Palais de Justice, j'ai pris un détective privé parce que les sociétés étaient dirigées à partir de l'étranger. Il me fallait un bureau spécialisé pour savoir pourquoi les conseils d'administration étaient hors de nos frontières. 

DH: Etes-vous arrivé à un résultat?

JMD: Non! Je ne suis pas parvenu à mettre la main sur les documents me permettant de conclure.

DH: Karel De Gucht a souvent été cité, ces derniers temps: affaire Fortis, dossier de la vente des Palais de Justice…

JMD: Sans compter qu'il a menti sur les trois coups de fil qu'il aurait passés à sa banque. Il semble pourtant que je suis le seul à m'en inquiéter. Si j'ai du avoir recours à ce détective, c'est parce que la presse ne fait plus son travail. Aujourd'hui, il faut qu'on lui mette la matière en bouche pour qu'elle se mette en route.

DH: Vous accepteriez qu'un détective privé enquête sur vous?

JMD: Il ne s'agit pas d'enquêtes sur la vie privée de Monsieur De Gucht ou de sa famille. Cela, je m'en fous: il fait ce qu'il veut!

DH: Commet votre dossier a-t-il atterri dans des rédactions?

JMD: La faute en revient au porteur qui devait me fournir les conclusions du détective privé: il les a transmises à la presse.

DH: Vous allez en rester là?

JMD: Je ne m'arrête jamais!

Aernoudt ne reviendra pas!

DH: Le député LDD Rob Van de Velde s'est récemment plaint de la confection de certaines de vos listes?

JMD: Toutes les partis connaissent des problèmes lors de l'élaboration des listes. De plus, dans tout nouveau parti, surviennent des opportunistes et des idéalistes. Surtout lorsque ce parti grimpe dans les sondages… En l'espèce, le problème a été résolu dès le lendemain du jour où il s'est posé.

DH: À propos de nouveau parti, votre ami Rudy Aernoudt a fait un flop…

JMD: Il a été roulé magistralement. Selon moi, ce n'est pas Maingain qui l'a roulé, mais Reynders lui-même.

DH: Il s'agissait d'un scénario bien préparé?

JMD: J'en suis persuadé! Le but n'était pas seulement d'éliminer Aernoudt du MR, mais de faire la même chose par rapport à Lidé.

DH: Aernoudt annonce qu'il reviendra pour les fédérales de 2012…

JMD: Il ne reviendra pas!

DH: Le vide qu'il laisse en Wallonie ne vous donne pas plus envie de vous y présenter?

JMD: Non, il n'y aura pas de listes LDD en Wallonie. À Bruxelles, évidemment, oui!