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16/06/2009

MODRIKAMEN: FORTUYN N'ETAIT PAS UN POPULISTE (DH 14-06-09)

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La Dernière Heure: De quel constat partez-vous lorsque vous envisagez de lancer un parti?

Mischael Modrikamen: La gouvernance et nos institutions se trouvent dans une impasse. Je n'ai jamais senti autant de lassitude chez les gens, beaucoup ne sachant plus pour qui voter…

DH: Plus précisément?

MM: À gauche, il y a Ecolo, le PS et un parti que je qualifierais de "bobo", le CDH. À droite par contre, aucun parti ne s'assume réellement, comme c'est le cas en France, en Espagne, en Allemagne… En fait, chez nous, le MR représente de plus en plus la classe moyenne supérieure.

DH: Ce constat posé, qu'envisagez-vous?

MM: Je songe à créer un grand mouvement de la droite populaire. Il ferait face à la gauche qui se lève tôt, au CDH et à la droite libérale. L'idée sous-jacente serait que le citoyen se réinvestisse dans la politique: avec des flux de gens qui s'engagent en politique et d'autres qui retournent vers le privé. Comme cela se passe aux Etats-Unis…

DH: Pourquoi cette envie, déjà évoquée, de lancer un parti?

MM: Je suis avocat et, à part l'affaire Fortis, j'ai suffisamment de dossiers. Mais, suite à mes prises de position, j'ai reçu beaucoup de courriers m'invitant à rentrer dans l'arène politique. Ceci dit, je suis parfaitement conscient qu'on ne m'y attend pas les bras ouverts…

DH: Aujourd'hui, cette entrée est un fait ou une intention?

MM: Je vais me reposer en juillet et réfléchir. Je me prononcerai en août.

DH: Avez-vous un modèle?

MM: J'aimerais provoquer un électrochoc, et si je devais prendre un exemple, ce serait celui de Pim Fortuyn. Celui-ci n'était absolument pas d'extrême droite. S'il n'avait pas été assassiné, il serait devenu Premier ministre. Je reviens de Londres où j'ai rencontré des Hollandais: ceux-ci ne juraient que par Pim Fortuyn. Autre exemple, en 3 mois, Berlusconi est devenu président du Conseil.

DH: C'est très populiste, tout ça?

MM: Non! Fortuyn était un homme de rupture, pas un populiste. Il parlait le langage de la vérité. Quant à moi, je suis le contraire du populiste: je suis insensible aux jeux du stade et plutôt attiré par la complexité des choses. Les solutions sont rarement simples: ce n'est pas pour cela qu'il ne faut pas tenir un langage clair et net. L'UMP et Aznar sont-ils populistes?

DH: Appréciez-vous le style de Jean-Marie De Decker?

MM: Ce n'est pas un modèle, mais il a raison lorsqu'il critique les dysfonctionnements belges.

DH: L'expérience Aernoudt vous a fait réfléchir?

MM: En tant qu'homme, je l'apprécie et comme intellectuel, il a beaucoup d'idées. Mais il n'a pas mené son projet de manière assez professionnelle et a été un buzz médiatique, sans plus.

DH: Avez-vous déjà songé qu'il vous faudrait une équipe, des moyens, et qu'il vous manque une historicité?

MM: Pour l'historicité, je parviendrai à surpasser cela. Si je n'ai pas les finances et les équipes, mon projet ne se fera pas.

DH: Quelles seraient les grandes lignes de votre programme, à part la simplification des institutions dont vous avez déjà parlé?

MM: Le retour aux vraies valeurs: justice, éthique, responsabilité, travail…

DH: Et l'institutionnel?

MM: Je propose de mettre sur pied un grand pacte de gouvernance, avec l'élargissement de Bruxelles, voire même un Bruxelles trilingue allant jusqu'à Lasne, Waterloo, Rhodes… Dans ceux qui me sollicitent, se trouvent de nombreux Flamands…

PROBLEME TECHNIQUE: PAS DE PARUTION DANS LA DH, LE 07-06-09.

MAINGAIN: "SUS AU BILINGUISME 0 BRUXELLES" (DH 31-05-09)

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8%: telle est la proportion d'électeurs flamands à Bruxelles, selon le président du FDF, Olivier Maingain. Sur base des calculs du Centre d'études du parti, qui a comptabilisé les convocations électorales envoyées par les 19 communes – 538.148 en français et 49.540 en flamand –, Maingain y va de propositions hardies pour Bruxelles.

DH: Que vous inspirent ces chiffres?

OM: Cela n'a pas de sens de conserver une logique de groupes linguistiques au Parlement bruxellois, avec une surreprésentation flamande. Si l'on observe la pyramide des âges, dans dix ans, les Flamands ne représenteront plus que 5% de la population bruxelloise. Leurs partis le comprennent, qui organisent des campagnes bilingues

DH: Votre proposition est hors-campagne…

OM: Dans la campagne, l'enjeu de Bruxelles n'apparaît pas. J'interpelle donc les Bruxellois: qu'ils aient confiance en eux-mêmes, sans se faire dicter des mots d'ordre par l'extérieur! Il y va de l'autonomie constitutive de Bruxelles. Les Flamands de Bruxelles étant de plus en plus minoritaires, ils risquent de n'être plus que les relais des partis flamands de Flandre. Comme l'est Madame Grouwels

DH: Pourquoi casser la logique des groupes linguistiques?

OM: Parce que nous devons avoir une conception ouverte, comme dans les communes. Les listes y sont élaborées sur base des projets de gestion, pas sur base de l'appartenance linguistique

DH: Avez-vous déjà évoqué votre proposition au MR?

OM: Non

DH: Pratiquement, que donne votre proposition?

OM: Réduire d'un tiers le nombre de députés au Parlement bruxellois. Aujourd'hui, ils sont 89 en raison de la surreprésentation des Flamands. De même, les ministres ne seraient plus que 5 (4 francophones et 1 flamand), les 3 secrétaires d'Etat étant supprimés. La gouvernance serait modernisée. C'en serait aussi fini de la nécessité d'avoir une majorité dans chaque groupe linguistique pour certains dossiers. Sans compter que les finances seraient assainies: sait-on que les marchés publics, dont tous les cahiers des charges doivent être traduits en flamand, coûtent des centaines de milliers d'euros.

DH: Croyez-vous vraiment que les Flamands vous suivront?

OM: Je n'ai jamais conçu la politique communale en excluant un groupe linguistique et je veux qu'il en soit de même à la Région. Étant donné que le groupe linguistique flamand s'amenuise, il est temps de construire un modèle bruxellois avec une représentation politique conforme à la réalité sociologique. Pas question d'exclure les Flamands de la gestion publique. Pas question non plus que Bruxelles reste un lieu de rivalité linguistique. Je joue la citoyenneté partagée contre le nationalisme.

DH: Vous détricotez l'écheveau institutionnel belge?

OM: Non, parce que je fortifie la région de Bruxelles en passant à un modèle plus européen et plus ouvert en matière d'emploi des langues.

DH: Vous noyez les Flamands dans la masse…

OM: Dans la gestion administrative interne des communes, il y aura une langue de travail – à savoir celle qui est la plus partagée –, tandis que, dans leurs relations externes, on veillera scrupuleusement au respect de chacun, dans la diversité. C'est pourquoi je plaide pour que les Européens deviennent, non seulement des électeurs, mais aussi des candidats aux élections régionales.

DH: Qu'espérez-vous en proposant tout cela?

OM: Dès qu'on mettra des Européens sur les listes régionales, on ira vers le multilinguisme et vers la pluralité des langues et des cultures. Les rapports entre les communautés ne seront plus les mêmes car on rejettera l'idée que Bruxelles ne peut pas être l'égale des deux autres régions.

DH: Vous réservez aux Flamands de Bruxelles le sort des francophones de la périphérie…

OM: Le FDF n'est pas anti-flamand. Dans quelle commune aurions-nous jamais nié les droits intellectuels et collectifs des Flamands?

DH: Le sort des Flamands de Bruxelles est aussi lié à celui des francophones au fédéral…

OM: Le poids flamand à Bruxelles n'est pas comparable au poids francophone en Belgique. Si Bruxelles devient une référence, ce sera au bénéfice de tout le pays. Et cela décrispera peut-être les relations entre communautés au niveau fédéral…

Berchem la plus flamande, Uccle et Forest les plus francophones

Selon les chiffres de Centre d'étude Jacques Georgin, Berchem est la commune la plus flamande avec 17%, devant Ganshoren (14%). À l'opposé, Uccle et Forest sont les plus francophones puisqu'elles ne comptent toutes deux que 4% de Flamands. Entre ces deux extrêmes, on trouve Anderlecht et Evere qui totalisent 10% d'électeurs néerlandophones. La première commune de la Région, Bruxelles-Ville, a envoyé 69.775 convocations électorales en français et 9.951 en flamand, soit 12% du total.