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30/11/2009

MIET SMET: "WILFRIED EST TOUJOURS NERVEUX QUAND LE PALAIS L'APPELLE!" (DH 26-11-09)


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On le sait, c'est lors d'un séjour à Venise, avec son épouse, Miet Smet, que Wilfried a été rappelé par le Palais, pour préparer le retour d'Yves Leterme aux affaires. Nous avons retrouvé la femme de l'ancien Premier ministre, en Irlande, pour lui demander comment son mari et elles avaient réagi.

La Dernière Heure: C'est la deuxième fois que le Palais vous dérange, lors d'un séjour à l'étranger?

Miet Smet: Tout à fait! Faisant moi-même de la politique, et étant fille d'un homme politique, je n'ai pas été choquée. Si le Palais appelle Wilfried, il doit répondre présent. Nous sommes au service du pays.

DH: Plus généralement, quelle a été la réaction de votre mari?

WM: Après cet appel, il a tout de suite téléphoné au chef de cabinet du Roi pour se faire expliquer la situation du moment.

DH: Etat-il tracassé?

MS: Non, nerveux! Wilfried est toujours nerveux quand le Palais l'appelle pour ce type de mission. Dans la nuit qui a suivi, il a même tenté de trouver un avion pour que nous rentrions le plus vite possible.

DH: Vous étiez à Venise?

MS: Mon mari y donnait une conférence. Nous n'y serons resté qu'une demi-journée et n'avons quasi rien vu. J'espère que mon ami m'offrira un nouveau voyage là-bas…

DH: Vous a-t-il parlé de sa mission, pendant son déroulement?

MS: Bien sûr! Il a trouvé que l'ambiance avait fort changé, parmi les responsables politiques. Elle est bien meilleure.

DH: Avez-vous le même sentiment?

MS: Absolument! Il suffit d'écouter la radio et de regarder la télévision. Et cela se sent des deux côtés: au Nord et au Sud!

DH: Mark Eyskens, lui aussi du CD&V, a trouvé que la mission de votre mari était une perte de temps…

WM: Comme Wilfried l'a dit aux médias, Eyskens est libre de penser ce qu'il veut…

DH: Le même Eyskens a aussi dit que faire appel à votre époux était une humiliation pour Leterme…

WM: Ce n'est pas vrai! La situation est telle – crise économique, chômage, déficit budgétaire… - qu'il vaut mieux qu'Yves se concentre sur ces seuls sujets. S'il s'occupait lui-même du communautaire, il n'aurait pas le temps de faire autre chose. La désignation de Wilfried, puis de Jean-Luc, étaient donc des bonnes choses. Surtout que Wilfried a pleine confiance en Jean-Luc. Moi aussi.

DH: Avoir demandé l'aide de votre mari, puis de Dehaene, ne fait donc pas passer Leterme pour un incapable?

MS: Non! Il est bon d'isoler le dossier BHV. Ce qui a été fait l'a été pour le bien du pays et cela me rend heureuse… (elle laisse échapper quelques sanglots…)

22/11/2009

MARK EYSKENS: "WILFRIED MARTENS? UNE PERTE DE TEMPS!" (DH 22-11-09)


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La Dernière Heure : Que pensez-vous de la désignation de Wilfried Martens?

Mark Eyskens : Elle me surprend. Il est hors de la politique active et la problématique de BHV est très technique. De plus, Herman Van Rompuy avait déjà engagé des négociations qui lui avaient permis de trouver quelques pistes…

DH : Cette nomination par le Palais ne semble pas avoir vos faveurs…

ME : Pour moi, c’est une perte de temps. Et cela donne surtout l’impression qu’Yves Leterme est un incapable.

DH : C’est un peu humiliant pour lui ?

ME : Exactement ! Quand Jean-Luc Dehaene avait été désigné, en pleine crise, Leterme avait fulminé.

DH : Que va bien pouvoir faire Martens ?

ME : Il va rédiger une note avec trois ou quatre pistes…

DH : Sa mission sera rapide ?

ME : Elle durera trois jours, selon moi.

DH : Van Rompuy va-t-il continuer à jouer un rôle ?

ME : Certainement ! Sa désignation le renforce : au nord comme au sud, chez les socialistes comme chez les libéraux. Il est la coqueluche de tout le monde et, cerise sur le gâteau, il n’a plus rien à perdre…

DH : Vous avez évoqué des pistes pour BHV…

ME : Elles sont connues par les initiés. La première verrait un retour aux anciens arrondissements. La deuxième consisterait en une scission avec des facilités électorales pour ceux qui le souhaitent. La troisième serait une scission, avec possibilité d’inscription des six communes de la périphérie ou complémentaires. Quatrième possibilité, un droit d’inscription serait offert à tous les Belges qui le souhaitent. Enfin, une cinquième piste verrait une scission avec une réforme du Sénat : 25 élus y seraient issus d’une circonscription unique nommée Belgique.

DH : Laquelle a vos préférences ?

ME : Toute la question est qu’il faut un compromis « à la belge » : que les Flamands estiment que la scission a bien eu lieu et que les francophones puissent dire qu’il n’y a pas de scission.

DH : Le CDV a-t-il toujours la NVA derrière la porte ?

ME : Ce temps est révolu. Dans mon parti, au top, on est convaincu que l’alliance avec la NVA a été improductive.

DH : Dans les scénarii que vous avez présentés, il n’y pas d’élargissement qui est pourtant une exigence de certains francophones…

ME : Beaucoup d’études démontrent que l’impact de Bruxelles s’exerce dans 80 communes autour de la capitale. Tant en Brabant wallon qu’en Brabant flamand. On pourrait donc maintenir Bruxelles, mais l’étendre, d’un point de vue économique, aux deux brabants. J’y ajoute une idée personnelle : la création d’écoles trilingues français-flamand-anglais. La désignation de Van Rompuy y aiderait…

DH : À propos de BHV, vous avez choqué certains en parlant de « problème villageois »…

ME : Rassurez-vous, j’ai choqué des Flamands, également.

DH : C’était une simple provocation langagière ?

ME : Non ! À côté des problèmes budgétaires récurrents, de la perte de compétitivité et des classements où la Belgique se trouve au bas de l’échelle, je maintiens que BHV est un problème villageois.

DH : Un problème villageois qui dure depuis longtemps. Que pensez-vous des solutions institutionnelles datant de l’époque Martens ?

ME : Sous Martens, ce fut positif, mais sous Dehaene, on a été trop loin. Un seul exemple, les compétences internationales données aux régions…

DH : Ce que vous venez de dire n’explique-t-il pas le recours du Palais à Martens ?

ME : Sans doute. Surtout que celui-ci défend Leterme depuis des semaines. Normal donc qu’il lui prépare le terrain…

15/11/2009

JOSY DUBIE, SENATEUR HONORAIRE: "NON A LA SOLIDARITE GOUVERNEMENTALE!" (DH, 15-11-09)


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"J'attends toujours un communiqué d'Ecolo concernant la décision du ministre-président wallon d'accorder de nouvelles licences pour les armes de la FN à la Libye." Josy Dubié y va fort, très fort, dans le mail envoyé, vendredi, aux membres du bureau politique d'Ecolo. Il avait déjà transmis oralement le même message, lundi dernier, lors de la réunion des barons Verts, sans résultat. D'où son courriel.

Dubié parle en connaissance de cause: il a été pendant 8 ans vice-président de la commission des Affaires étrangères du Sénat, après 20 années passées comme correspondant de guerre. Selon lui, "des armes légères sont à destruction massive car elles causent la mort de 500.000 personnes par an, selon l'ONU." Et de se défendre d'être contre toute arme. "La FN, dit-il, est une entreprise performante, leader mondial et j'ai un profond respect envers ses travailleurs, mais…" Parce qu'il y a un mais… "L'important n'est pas la fabrication, ou non, d'armes, mais de savoir à qui on les vend." Dans son viseur, le colonel Kadhafi: "Pas question d'envoyer des armes à ce mégalo!", s'emballe Dubié qui rappelle les mille et une frasques, voire les crimes du chef d'Etat libyen. Le Vert analyse ensuite les justifications du ministre-président wallon, Rudy Demotte (PS), selon lequel les armes livrées seront destinées au 32ème bataillon des forces d'élite libyennes afin de protéger un couloir humanitaire menant au Darfour. "C'est un couloir de la mort! Demotte sait-il que c'est un des fils Kadhafi qui commande ce bataillon?", s'interroge Dubié. Lorsqu'on lui fait remarquer que le dirigeant libyen est reçu partout dans le monde, notre interlocuteur répond par un chiffre: 46 milliards de dollars. C'est le poids de la Libye, avec son pétrole. Sans compter le rôle de Kadhafi dans la lutte contre les malheureux africains tentants de quitter leur continent pour l'Europe.

Pour en revenir à Demotte, l'Ecolo brandit l'arrêt du Conseil d'Etat estimant que le risque de voir les armes servir à commettre des violations des droits fondamentaux "suffit à justifier la suspension de l'exécution des actes attaqués." Sans parler d'un autre risque: celui que la Libye vende ces armes à des pays en conflit ou en crise. "Comme la Sierra Leone, l'IRA ou l'ETA qui utilisent des armes de Kadhafi."

Oui mais, politiquement? Saisi par la Ligue belge des Droits de l'Homme, à la demande de Dubié, le même Conseil d'Etat soutient que le ministre-président wallon ne pouvait accorder la licence d'exportation, en affaires courantes. "Demotte a violé la loi", clame l'Ecolo qui a explosé, mardi, au Parlement wallon où il assistait aux débats en tant que spectateur. "On n'a même pas évoqué ce sujet!, l'opposition MR préférant se demander si les armes étaient létales (mortelles), ou non." Et chez Ecolo, partenaire du PS au gouvernement? "C'est le silence radio! On joue au Ponce Pilate!" Conclusion de l'ancien sénateur: "Si la solidarité gouvernementale signifie qu'Ecolo doit s'asseoir sur le dossier, sur l'éthique, je suis contre cette solidarité!" Les Verts n'ont pas fini d'entendre Josy Dubié!