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15/01/2010

GERARD DEPREZ: "RICHARD FOURNAUX DOIT FAIRE UN PAS DE COTE" (DH 10-01-10)


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Outre qu'il est membre du MR, Richard Fournaux est aussi membre, et même vice-président, du MCC. Nous avons demandé au président de cette chapelle du MR, Gérard Deprez, ce qu'il pensait du renvoi en correctionnelle du bourgmestre de Dinant.

La Dernière heure: En tant que président du MCC, quelle est votre position dans l'affaire Fournaux?

Gérard Deprez: Après en avoir discuté avec Didier Reynders, nous avions arrêté une position commune: à savoir que Richard Fournaux devait faire un pas de côté. Richard nous a écoutés puisqu'il a annoncé, dans un premier temps, qu'il se mettait en congé du conseil de police, puis il est revenu sur sa décision et a fait des déclarations que je juge inopportunes.

DH: Allez-vous lui redemander de faire un pas de côté?

GD: Je compte l'avoir au téléphone durant ce week-end et lui rappellerai qu'il doit faire un geste. J'insiste cependant sur le fait qu'il est présumé innocent. J'irai même plus loin: j'ai la conviction absolue que Richard est innocent. Ce n'est pas un homme vénal. Mais il doit faire un pas de côté.

DH: S'il ne le fait pas, même après une décision en ce sens du Conseil de conciliation et d'arbitrage du MR qui se réunit dans 10 jours?

GD: Dans ce cas, il se mettrait dans une solution inextricable. Mais je vais m'atteler à ce qu'il fasse un pas de côté, avant le 18 janvier.

DH: N'est-il pas bizarre de ne se mettre en congé que d'une partie de ses compétences de bourgmestre?

GD: Didier Reynders et moi n'avons jamais affirmé que nous allions nous limiter à une mise en congé du conseil de police. Richard Fournaux est vice-président du MCC: il pourrait aussi s'en mettre en congé.

DH: Pourquoi ne se mettrait-il pas en congé total de son poste de bourgmestre?

GD: N'oublions pas qu'il existe des cas tragiques. C'est pour cela que nous n'exigeons pas qu'il se mette en congé comme sénateur ou comme bourgmestre. Il pourrait se mettre en congé d'autres attributions de sa fonction de bourgmestre et les déléguer à un échevin par exemple.

DH: Croyez-vous vraiment que cela passerait, dans la population?

GD: Il y a certaines attributions de bourgmestre dont il ne peut se départir sans rentrer dans l'illégalité. Cela, il faut l'éviter.

DH: Vous dites que vous croyez en son innocence. Qu'a-t-il fait de répréhensible qui lui vaille les foudres de la justice?

GD: Richard est parfois tellement préoccupé par le bien de sa ville qu'il veut y arriver à tout prix. Et, manifestement, il n'est pas un expert en droit administratif.

SOUS LE REGARD DE LA FLANDRE (1) ALEXANDER DE CROO (DH 10-01-10)


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Ce dimanche, la DH lance une nouvelle rubrique: "Les francophones vus par les Bekendissimes". Ou, quel regard les Flamands les plus connus – les Bekende Vlamingen (BV) – portent-ils sur nous, francophones wallons et bruxellois. En Flandre, le "BV" est une marque déposée, ou presque. On y trouve quelques rares politiques, des journalistes et animateurs télé, d'anciennes Miss, des sportifs, certains participants à des émissions de divertissement, bref des people. Cela va de la famille Pfaff à Bart de Wever, en passant par Frank De Winne ou Koen Wauters, le chanteur du groupe Clouseau. Marc Coenegracht, "chef magazine" du premier quotidien flamand, Het Laatste Nieuws, affine la notion de "Bekende Vlamingen": "La dénomination "Bekende Vlaming" date de la naissance de la chaîne privée, VTM, en 1989. Elle a vite été reprise par la presse écrite, et surtout le magazine Dag Allemaal et Het Laatste Nieuws. Avec le temps, être "BV" est devenu un phénomène de moins en moins rare, mais plus éphémère. Le candidat à une émission de télévision peut être élevé au rang de "BV", du jour au lendemain, et retomber dans l'anonymat tout aussi rapidement. Au faîte de la gloire, il fera la une des journaux et sera invité sur les plateaux télé." Enfin, notre interlocuteur tente d'expliquer pourquoi il n'y a pas de "WC" (Wallons connus)? "Surtout parce que le public francophone est restreint, et plus tourné vers la France que la Flandre ne l'est vers les Pays-Bas. Depuis la création de VTM, les Flamands ne regardent presque plus la télé hollandaise." Ceci posé, pour la première de cette nouvelle rubrique dominicale, nous avons interrogé Alexander De Croo, fils d'Herman et tout jeune président de l'Open VLD. À ce double titre, il est déjà un "BV".

DH: Vous considérez-vous comme un "BV"?

ADC: Cette question est une première! Si je suis un "BV", ce serait un résultat étonnant de mon élection à la présidence du VLD.

DH: Comment percevez-vous la Wallonie?

ADC: Je vais partir d'un exemple concret: lorsque je me promène à cheval, si je suis en Flandre, je ne peux pénétrer dans les forêts, alors que je peux le faire en Wallonie. Cela dit tout sur nos différences…

DH: Quels sont vos liens avec Bruxelles?

ADC: Comme étudiant à la VUB, puis professionnellement, j'ai habité dans divers quartiers de la capitale: à Forest, près de la place du Châtelain, près de la gare d'Etterbeek… Je connais donc bien Bruxelles.

DH: Avez-vous vu Bruxelles se transformer?

ADC: On y parle beaucoup plus de langues qu'avant. Par contre, rien n'a changé en matière de propreté. Je prends beaucoup le train: le couloir entre la Gare Centrale et le métro est une honte!

DH: Votre regard sur la Wallonie?

ADC: J'en ai une image très verte. De chez moi, j'aperçois des arbres et des forêts, bien plus qu'en Flandre. Au niveau économique, la Wallonie est une région dynamique où les gens veulent avancer. Enfin, selon moi, le Wallon est un bon vivant.

DH: Et l'image d'une Wallonie paresseuse et éternelle assistée?

ADC: Il s'agit d'un cliché. En Flandre également, nous avons des régions où la vie est plus aisée – Courtrai – et d'autres où c'est le contraire, comme Hasselt.

DH: Qu'aimez-vous comme villes en Wallonie?

ADC: Je connais bien Tournai puisque je n'habite pas loin. Cependant, j'avoue que je connais moins Liège et le Luxembourg. Je vais corriger cette lacune.

DH: Comment définiriez-vous le caractère wallon?

ADC: Il n'y a pas "un" caractère wallon. Je retiendrais pourtant que le Wallon aime bien vivre et bien manger. Il aime aussi discuter et manier la rhétorique. Le Flamand est plus rationnel.

DH: Et le Bruxellois?

ADC: C'est un ket qui parle un mélange des deux langues. Un peu comme je le fais avec ma mère qui est d'origine francophone. Le Bruxellois est plus "je-m'en-foutiste" et ne se laisse pas classifier.

DH: Comment percevez-vous l'éloignement entre le nord et le sud: en politique, dans les médias, dans la culture et la peoplelisation?

ADC: On peut discuter pendant des heures de ce phénomène pour savoir s'il est heureux ou non. Je n'en retiens qu'une chose: il existe!

DH: Une élection, au sein d'une circonscription nationale, serait-elle une manière de freiner la distanciation entre le nord et le sud?

ADC: La seule manière de la rendre opérante est qu'elle ne soit pas accompagnée de quotas entre Flamands et francophones.

DH: Votre avis sur les médias francophones?

DH: En radio, j'ai été invité à Matin Première (RTBF) et sur Bel RTL matin. On m'y a beaucoup interrogé sur le communautaire. Alors que la priorité est à l'économique.

DH: Que pensez-vous de la hargne dont est victime, sur internet, la journaliste de la VRT qui a participé à l'émission "De slimste man ter wereld", Linda De Win ?

ADC: Elle est connue pour être péremptoire et aimer la compétition. En flamand, on dit qu'il faut être "sur ses orteils" pour répondre à ses questions. De là vient sans doute la campagne menée contre elle…

Mini-quiz

DH: Pouvez-vous citer 3 ministres des gouvernements wallon ou de la Communauté Française?

ADC: Non, pas à part Rudy Demotte.

DH: Quel est le grand projet culturel de la Ville de Mons?

ADC: Je ne sais pas!

DH: Devenir la capitale européenne de la Culture en 2015! Connaissez-vous la ville natale de Georges Simenon?

ADC: Je ne sais pas…

DH: Liège. Autre question, qui est le bourgmestre de Charleroi?

ADC: Je ne sais pas.

DH. Jean-Jacques Viseur (CDH). Et enfin, quelle est la plus petite commune bruxelloise?

ADC: Saint-Josse-ten-Noode.

DH: Exact!

21/12/2009

OLIVIER MAIGAIN: "DEHAENE EST LE CHEF DE NEGOCIATEURS CD&V!" (DH 20-12-09)


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La Dernière Heure: Une enquête réalisée au nord vous place premier pour l'accueil que votre commune réserve aux Flamands…

Olivier Maingain: Ceci démontre que le FDF n'est pas anti-Flamand! À Woluwe-Saint-Lambert, nous respectons les minorités. De même, nous luttons contre les injustices que vivent les francophones en périphérie.

DH: Van Rompuy a-t-il apaisé les tensions communautaires?

OM: Certains l'ont presque sanctifié, mais il n'a jamais empêché son parti de prendre des initiatives, comme la confiscation de l'inspection pédagogique.

DH: La nomination des 3 bourgmestres est un préalable à la négociation?

OM: Pour engager le débat sur de bonnes bases, il faut qu'ils soient nommés!

DH: Est-ce une condition sine qua non pour vous asseoir à la table?

OM: C'est une condition pour entamer des négociations et pour arriver à une solution définitive.

DH: Les Flamands captent-ils cette demande?

OM: Des représentants du Conseil de l'Europe sont en Belgique: on va voir ce que cela va donner. Kris Peeters s'inquiète de l'image négative de la Flandre à l'étranger? Il ferait bien de poser des gestes d'apaisements.

DH: Jean-Luc Dehaene, grand négociateur: cela va-t-il apaiser les esprits?

OM: Je ne cherche plus à comprendre ce qui se passe au CD&V. Pour moi, Dehaene est avant tout le chef des négociateurs de son parti.

DH: Il n'est pas au-dessus de la mêlée?

OM: Il n'a jamais fait de cadeaux aux 20% de francophone de Vilvorde. Je ne vois pas pourquoi il en ferait aux autres! Même chose pour la loi de financement de 89, qu'il a faite avec un très faible Philippe Moureaux. On sait à qui on a à faire…

DH: Wilfried Martens a affirmé que l'ambiance était meilleure…

OM: On peut l'espérer! Si les Flamands veulent une plus grande autonomie, la clé de voûte de l'accord sera un élargissement de Bruxelles, via la Région bruxelloise ou la communauté française.

DH: Quid de la scission?

OM: L'accepter serait donner une prime aux séditieux, aux inciviques!

DH: On parle d'une communauté urbaine, de 60 ou 80 communes, gravitant autour de la capitale…

OM: Il s'agirait une nouvelle tranche napolitaine dans notre système institutionnel! Un nouveau brol qui permettrait à la Flandre d'avoir un droit de regard sur la mobilité à Bruxelles…

DH: Votre thème principal est l'élargissement: quel type d'élargissement?

OM: Il doit s'agir d'un mode de financement structurel, via l'apport de populations ayant une indéniable capacité contributive.

DH: Bart De Wever (NVA) vient encore de faire monter la pression…

OM: La NVA est au gouvernement flamand par la volonté du CD&V. L'esprit du cartel n'est pas effacé: je ne crois pas à un accord avec le gouvernement flamand où siège la NVA.

DH: Vous parlez du CD&V, de la NVA… Les déclarations du jeune président de l'Open VLD, Alexander De Croo, n'étaient pas apaisantes…

OM: Vous avez raison. Comment réagirait le nord si, à Bruxelles, un de ses bourgmestres n'était pas nommé? Tout serait bloqué!

DH: Vous avez déjà rencontré Dehaene?

OM: Oui, mais je préfère rester discret sur ce sujet…

DH: N'eut-il pas mieux valu, pour le MR, que Louis Michel devienne président de l'assemblée générale de l'ONU?

OM: Louis reste député européen: son rôle et sa place au Parlement européen sont indéniables.

DH: Ce qui s'est passé au MR a-t-il affaibli Didier Reynders?

OM: Dans l'opinion publique, on perçoit de nouveau une forte estime pour le président. Quant à Fortis, les petits actionnaires sentent bien qu'ils ont été manipulés par ceux qui prétendaient les défendre.

DH: Votre soutien à Didier Reynders était-il tactique?

OM: Je l'ai soutenu en tant que personne: le procès qui lui était fait m'était insoutenable. Je sais que la politique est dure, mais ici, on n'a pas respecté le minimum. Que je sache, le MR n'avait pas perdu les élections: si, à chaque résultat en deçà des espérances, il fallait avoir la peau du patron, on n'en sortirait plus. Mon soutien n'était pas tactique, il s'agissait de loyauté entre dirigeants.

DH: Et la solution intervenue?

OM: Elle est parfaitement équilibrée et je souhaite bonne chance à Willy Borsus: c'est un homme d'une grande rigueur.