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18/01/2010

ALAIN MATHOT: "LOGER LES CONDAMNES AU BON ENDROIT" (DH 17-01-10)


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La Dernière Heure: Votre site internet indique que vous n'appréciez pas la loi sur les logements sociaux qu'André Antoine a édictée, sous le précédent gouvernement wallon?

Alain Mathot: Il est clair qu'il y a un réel problème en matière de logements sociaux. Si on continue comme ça, on va vers leur fin…

DH: Pouvez-vous expliquer?

AM: Avant, ceux qui souhaitaient bénéficier d'un logement social étaient reçus par du personnel qui analysait l'attribution des logements selon toute une série de critères. Aujourd'hui, après l'affaire de la Carolo, le gouvernement a émis des critères objectifs, mais il n'a pas pensé à tout. Il y a, et il y aura toujours, des cas auxquels on n'a pas songé…

DH: Par exemple?

AM: Dans ma ville, Seraing, nous avons 6.000 logements sociaux pour un parc de 30.000 logements. Notre turn-over est bien plus grand qu'à Chaudfontaine où il y a 6 (sic) logements sociaux. Si cela continue, Seraing va accueillir toute la misère de Wallonie. Avec la nouvelle loi, le problème se pose tant au niveau de la mixité sociale qu'à celui des finances.

DH: Concrètement?

AM: La nouvelle loi ne prévoit pas la nécessité d'avoir recours au certificat de bonne vie et mœurs. Est-il normal que l'on mette un pédophile dans un immeuble où vivent une cinquantaine d'enfants?

DH: Où va-t-on le mettre, si toutes les sociétés de logements sociaux se renvoient la balle?

AM: Pas question d'appliquer une double peine aux condamnés! Il revient aux sociétés de logements sociaux de mettre ces gens au bon endroit. Elles en auraient bien la possibilité, mais la nouvelle loi les en empêche. Ce n'est pas à Charleroi que l'on doit décider dans quels logements sociaux de Seraing doit aller un pédophile!

DH: Vous visez le ministre Jean-Marc Nollet (Ecolo), successeur d'André Antoine, qui est Carolo?

AM: Il paraît qu'il est en train de revoir la loi…

DH: Votre coup de gueule est plus qu'un effet de manche pour barrer la route à votre rival liégeois, Michel Daerden, dont on ne cesse de parler?

AM: Vous trouvez qu'on parle toujours de lui en bien?

DH: Certains ont noté que vous étiez le grand absent des vœux du PS liégeois, le week-end dernier…

AM: J'étais à Las Vegas, au salon des télécommunications. Je souhaite doter Seraing d'un réseau de la nouvelle génération.

DH: Pour en revenir aux logements sociaux?

AM: Un policier va siéger au conseil d'administration de la Maison Sérésienne: il a accès au certificat de bonne vie et moeurs, lui! Je le répète, l'idée n'est pas de ne pas loger quelqu'un qui a été condamné pour pédophilie, mais de le loger au bon endroit!

SOUS LE REGARD DE LA FLANDRE (2): KIM GEVAERT (DH 17-01-10)


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Deuxième épisode de notre rubrique dominicale: quel regard les Flamands les plus connus – les Bekende Vlamingen (BV) – portent-ils sur nous, Wallons et Bruxellois francophones?

Petit rappel. Les "BV", ce sont un peu les people flamands: quelques rares politiques, des journalistes et animateurs télé, d’anciennes Miss, des sportifs, certains participants à des émissions de divertissement. Cela va de la famille Pfaff à Bart De Wever, en passant par Frank De Winne ou Koen Wauters, le chanteur de Clouseau. La marque "BV" existe depuis les débuts de la chaîne privée VTM, en 1989, avant d'être reprise par la presse écrite Dag Allemaal et Het Laatste Nieuws en tête. Selon Marc Coenegracht, chef magazine du second, s'il n'existe pas de "FC" (francophones connus"), c'est avant tout dû à la petite taille de notre territoire, mais aussi au fait que nous sommes bien plus tournés vers la France que les Flamands ne le sont vers les Pays-Bas. Difficile dès lors, pour nos "vedettes", de rivaliser avec les Sarkozy, Drucker et autre Hallyday (même s'il est Belge).

Deuxième "BV" à se prêter au jeu: Kim Gevaert, pour une interview en français.

À Bruxelles, quand je parle flamand, on me comprend mal!

La Dernière heure: A quoi vous fait songer la Wallonie?

Kim Gevaert: La première image qui me vient à l'esprit est celle d'un tour de que j'y ai fait, il y a quelques années, dans le cadre du projet Go Active (Classe en forme). Les enfants étaient super et me réclamaient beaucoup de bisous. J'ai refait la même chose, il y a un an et j'en ai un aussi bon souvenir…

DH: Ces petits francophones étaient-ils différents de ceux de Flandre?

KG: Non, je me souviens de la même gentillesse, de part et d'autre. Peut-être les écoliers wallons étaient-ils plus intéressés par le nombre de médailles et de trophées que j'avais remporté.

DH: A quoi vous fait penser la volonté de séparer certaines fédérations sportives?

KG: La plupart du temps, les relations sont très bonnes entre sportifs. En athlétisme par exemple, nous avons toujours formé une excellente équipe. Si cela n'avait pas été le cas, nous aurions été moins fortes. Hélas, cette ambiance ne se retrouve pas au sein des fédérations.

DH: La diversité n'est donc pas un problème?

KG: Au contraire, elle rend plus forts. Un exemple concret: si je prends ma voiture et que je roule pendant une demi-heure, j'arrive dans une région – Bruxelles - où l'on parle plusieurs langues, où les cultures sont variées. C'est extra! Pour moi, qui adore la Belgique, cette diversité est une vraie force!

DH: Selon vous, les Wallons sont-ils différents des Flamands?

KG: En Wallonie, on sent évidemment plus la culture française. Concrètement, cela veut dire que les gens sont plus relax, moins stressés qu'en Flandre.

DH: Le caractère wallon comporte-t-il des points négatifs?

KG: Je regrette que les francophones ne parlent pas mieux flamand. C'est dommage! Quand on voit le niveau des petits francophones qui sortent de sixième humanité, la différence est effarante. Surtout que certains n'ont même pas appris l'autre langue! Cela, je ne le comprends vraiment pas…

DH: Avez-vous senti un changement de mentalité, des deux côtés du pays, entre le tout début de votre carrière, et le moment où vous l'avez arrêté?

KG: En dehors du sport, mes amis francophones font beaucoup d'efforts pour apprendre le flamand: connaître la culture de l'autre facilite l'intégration.

DH: Y a-t-il des villes wallonnes que vous appréciez particulièrement?

KG: Il y a un an, j'ai été à Laroche et j'ai beaucoup aimé cette petite ville. Il y a aussi Liège que j'apprécie, surtout qu'elle a fort changé, ces derniers temps: elle s'est modernisée. J'aime beaucoup sa nouvelle gare…

DH: Et Bruxelles?

KG: J'y suis souvent. Ce que j'y préfère, c'est la diversité qui fonctionne bien. Quant à mes endroits préférés, ce sont le Grand-Place, le Grand Sablon. Seul point négatif, quand je m'exprime en flamand, on me comprend mal. C'est regrettable…

Mini-quiz DH

DH: Qui est ministre-président de la Région de Bruxelles-capitale?

KG: Charles Picqué.

DH: Parfait. En Flandre, il y a les dynasties Van Rompuy, Tobback, et du côté francophone?

KG: Les Michel, les Daerden.

DH: Exact. Qui est bourgmestre de Mons?

KG: Je ne sais pas.

DH: Elio Di Rupo. En football, pouvez-vous citer trois clubs wallons?

KG: À part le Standard, je ne vois pas.

DH: Charleroi, Mons, Mouscron… Connaissez-vous trois présentateurs de JT?

KG: À part Julie Taton, je ne vois pas.

DH: Elle est animatrice, pas journaliste. Vous auriez pu citer François De Brigode, Akima Darmouch, Nathalie Maleux, Ophélie Fontana…

 

15/01/2010

FOURNAUX: "PAS QUESTION D'UN PAS DE COTE!" (DH du 11-01-10)


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Hier dimanche dans La Dernière Heure, Gérard Deprez, s'est exprimé sur l'affaire Fournaux. Le président du MCC auquel appartient aussi le bourgmestre de Dinant, demandait à son tour à son coreligionnaire de "faire un pas de côté", après son renvoi en correctionnelle, dans le cadre du dossier du casino de Dinant. Tout en disant cela, Deprez insistait sur la présomption d'innocence dont devait bénéficier Fournaux, ajoutant même: "J'ai la conviction absolue que Richard est innocent. Ce n'est pas un homme vénal!"

Invité à Mise au point (RTBF), ce même dimanche, Fournaux apportait d'abord comme précision qu'il n'était nullement renvoyé en correctionnelle, le recours qu'il avait introduit auprès de la Cour de cassation suspendant cette décision. Et d'ajouter: "On sait depuis quelques heures, que l'autre partie ne va pas en Cassation." Elle est donc bel et bien renvoyée en correctionnelle, elle. Revenant à son cas personnel, Fournaux précisait que, dans le futur, même si la décision de la Cour de cassation lui était défavorable, il continuerait à se battre jusqu'à épuisement total de la procédure judiciaire. "La manière dont nous avons travaillé était éthique", souligna-t-il. Aux journalistes qui réitéraient leur question, concernant l'éventuel "pas de côté" auquel l'invitaient tant le président du MR, Didier Reynders, que celui du MCC, Fournaux rétorquait qu'il attendait la réunion du Conseil de conciliation et d'arbitrage que son parti tiendra, le 18 janvier prochain. "Nous aurons l'occasion d'y débattre à l'aise du dossier", affirmait-il. Plus loin dans le débat, lorsque ses interviewers firent allusion aux affaires de Charleroi, pour lesquelles le MR s'était montré intraitable, exigeant des sanctions, voire même des démissions, le sénateur-bourgmestre dinantais répliqua qu'une affaire n'était pas l'autre: "A Charleroi, on a découvert un véritable système et les gens (mis en cause) étaient en aveu. Je suis persuadé au plus profond de moi-même d'avoir agi dans la légalité." En fin d'émission, il asséna: "On peut considérer que j'aurais pu faire un pas de côté, il y a dix ans. Mais je ne vois pas pourquoi, à partir du moment où l'histoire, y compris judiciaire, commence à me donner raison, je devrais faire ce pas de côté!"