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31/01/2010

OLIVIER MAINGAIN: "POURQUOI REFUSER AU FDF CE QU'ON PERMET AU MCC?" (DH 31-01-10)


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La Dernière Heure : Ce samedi, dans La Libre, Louis Michel s’interroge une nouvelle fois sur la volonté du FDF de créer des sections locales en Wallonie…

Olivier Maingain : Les statuts du MR permettent à chaque composante du Mouvement d’installer des sections locales où elle le souhaite. Le FDF est certes modeste, mais il n’y a pas de raison que nous n’apportions pas ce qui fait notre spécificité.

DH : Ces propos de Louis Michel vous étonnent-ils ?

OM : Il cohabite bien avec le MCC, pourquoi ne le ferait-il pas avec le FDF ?!

DH : Ses propos ne sonnent-ils pas bizarrement à un moment où le MR semble se regrouper ?

OM : Vous avez raison : pour l’instant, l’important est de se rassembler autour du Manifeste lancé par Didier Reynders !

DH : Sentez-vous que Louis Michel est soutenu, dans ce qu’il dit ?

OM : Aujourd’hui à Namur, j’ai présenté mes vœux aux membres wallons. Il y avait aussi des libéraux : j’ai perçu beaucoup de sympathie de part et d’autre

DH : En revenant, à ce moment précis, sur la création de sections locales wallonnes, Louis Michel a-t-il une idée derrière la tête ?

OM : Je trouve d’abord que revenir sur ce sujet est faire beaucoup d’honneur au FDF.

DH : Cernez-vous la stratégie de Louis Michel ?

OM : Je ne sais s’il s’agit de sa part d’un combat d’arrière-garde ou d’une réflexion passagère. Il devrait cependant comprendre que le développement du FDF peut participer à la réussite du MR. Ce dernier peut mieux faire que ressasser des analyses morbides. N’oublions pas qu’aux dernières élections, le PS a perdu 10 sièges, même si le MR n’a pas répondu à l’attente.

DH : Louis Michel semble surtout gêné par les propos dans lesquels vous annonciez que le FDF allait apporter une dose de « social »…

OM : Christine Defraigne – membre du groupe « Renaissance », comme Louis Michel – a tenu un discours qui colle à celui du FDF. Pourquoi ne le lui reproche-t-il pas ? On dirait que ce groupe a du mal à trouver sa spécificité…

DH : Comment est l’ambiance, au sein du MR ?

OM : Excellente ! Même si on n’entend pas toujours à l’extérieur du parti ce qu’on entend à l’intérieur

DH : Que voulez-vous dire ?

OM : Le FDF demande uniquement qu’on lui donne ce qu’on a donné au MCC. Ni plus, ni moins !

SOUS LE REGARD DE LA FLANDRE (4): BRUNO TOBBACK: "LES WALLONS ONT DU MAL A ACCOMPLIR LEURS PROJETS!" (DH 31-01-10)


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Quatrième épisode de notre rubrique dominicale: quel regard les Flamands les plus connus – les Bekende Vlamingen (BV) – portent-ils sur nous, Wallons et Bruxellois francophones?

Petit rappel. Les "BV", ce sont un peu les people flamands: quelques rares politiques, des journalistes et animateurs télé, d’anciennes Miss, des sportifs, certains participants à des émissions de divertissement. Cela va de la famille Pfaff à Bart De Wever, en passant par Frank De Winne ou Koen Wauters, le chanteur de Clouseau. La marque "BV" a été créée par la chaîne privée VTM, à ses débuts en 1989, avant d'être reprise par la presse écrite, avec le plus important hebdo, Dag Allemaal, et le premier quotidien, Het Laatste Nieuws.Cette semaine, nous avons interrogé Bruno Tobback, fils de l’ancien ministre de l’Intérieur, et lui-même chef de groupe sp.a à la Chambre. Un « BV » qui monte…

La Dernière Heure : A quoi vous fait songer la Wallonie ?

Bruno Tobback : Les premières images remontent à ma petite enfance et plus particulièrement aux voyages scolaires que j’effectuais dans des lieux touristiques, comme le barrage de la Gileppe.

DH : Qu’en avez-vous retenu ?

BT : A l’époque, j’avais une dizaine d’années. Je ne me rendais pas vraiment compte que j’étais hors de Flandre : comme beaucoup de Flamands, nous n’avions pas vraiment l’idée d’être dans des zones touristiques.

DH : Et par la suite ?

BT : J’ai fait de l’escalade en Wallonie, au rocher de Freyr par exemple, près de Dinant. Et les aiguilles de Chaleux. Je faisais de l’escalade avec des amis en m’entraînais en salle à Leuven.

DH : Quel genre de personnes rencontriez-vous en escaladant les rochers wallons ?

BT : Il y avait toutes sortes de gens : des Wallons, mais aussi des Flamands, des Hollandais…

DH : Comment était l’ambiance ?

BT : Les gens étaient conviviaux, accueillants. (il rit) Ce n’est pas à proprement parler une spécificité de Dinant, je crois…

DH : D’une manière plus générale, quel regard portez-vous sur la Wallonie ?

BT : C’est une région qui dispose d’énormément de possibilités : aux niveaux économiques, culturels, touristiques… Certes, elle possède des potentiels, mais elle éprouve des difficultés à les réaliser. C’est une chose que j’ai du mal à comprendre : en Wallonie, je côtoie des gens créatifs, conviviaux… et pourtant, ils ont du mal à accomplir leurs projets.

DH : Voulez-vous dire qu’il s’agit d’un problème plus général qui existe pour l’ensemble du pays ?

BT : C’est essentiellement dû au cycle énonomique que nous traversons. Et si en Flandre, cela va un peu mieux, c’est un don du ciel ! Il y a deux ou trois décennies, l’atmosphère était bonne en Flandre. Cependant, à deux pas de la Flandre, dans des régions comme Wavre, cela a aussi commencé à bouger avec l’installation de l’UCL, par exemple.

DH : Vous connaissez mieux le Brabant wallon ?

BT : Je le connais beaucoup mieux. La seule chose qui y manque vraiment est le bilinguisme.

DH : Et Bruxelles ?

BT : On y a toujours beaucoup de mal à obtenir des réponses qui ressemblent à du néerlandais.

DH : À part cela, vous connaissez à fond la capitale ?

BT : Oui ! D’abord parce que j’y travaille. Mais aussi parce que j’y ai étudié à la VUB, logeant à Ixelles et Etterbeek. J’y ai rencontré de véritables amis à Forest ou Uccle – où j’ai travaillé comme avocat – et ils le sont restés.

DH : Que pensez-vous de la ville en général ?

BT : Elle est un peu chaotique et connaît une difficulté d’organisation. Voyez les zones de police : les bourgmestres en sont responsables, mais aussi les chefs de la police, bref tout ce qui concerne la sécurité. Cette diversité est non seulement inefficace, mais elle coûte aussi très cher.

DH : Vous appréciez l’architecture bruxelloise ?

BT : Elle est variée, mais un peu bordélique. Quand on se promène dans des villes comme Paris ou Amsterdam, on peut apprécier une certaine harmonie, de la cohérence.

DH : Bruxelles devient plus intéressante ?

BT : C’est exact ! On y ressent un charme surréaliste. C’est celui de toute la Belgique… Reste qu’en général, à Bruxelles, on a gâché beaucoup de choses : voyez le nouveau Parlement européen ! Il est vrai cependant que cela va mieux : on ne fait plus pareils ratages à la même échelle. Pour conclure, je dirais que c’est une ville charmante.

DH : Que pensez-vous des Bruxellois ?

BT : La population de Bruxelles est beaucoup moins homogène qu’en Wallonie. J’ai beaucoup de respect pour la manière dont les Bruxellois se débrouillent : ils sont chaleureux et optimistes.

Mini Quiz DH

DH : Qui est ministre-président de la Communauté française ?

BT : Rudy Demotte !

DH : Quel est le prénom d’Adamo ?

BT : Salvatore !

DH : Qui entraîne le Sporting d’Anderlecht ?

BT : Ariël Jacobs !

DH : Quelle est la commune la plus peuplée de la Région de Bruxelles-Capitale ?

BT : Molenbeek ? Schaerbeek ?

DH : Non, il s’agit de Bruxelles-Ville qui compte 162.000 habitants, pour 123.000 à Schaerbeek et 105.000 pour Anderlecht. Dernière question, quel cours d’eau est connu, en Wallonie, pour sa culture du tabac ?

BT : La Semois.

DH : Exact et merci !

27/01/2010

Eric Van Rompuy: "La fin du miracle flamand!" (DH 25-01-10)


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Interrogé hier matin sur les ondes de la RTBF, l'ancien ministre flamand de l'Economie, Eric Van Rompuy, s'est montré bien peu optimiste concernant l'avenir d'Opel Anvers. "La Flandre ne pèse pas assez sur les multinationales", a-t-il affirmé. Pressé par La Dernière Heure d'élargir son propos, le député de Parlement flamand déclare, sans ambages: "Il est faux de croire qu'Opel pourra rester ouvert!" Et de rappeler le triste sort qui fut celui de Renault Vilvorde, à la fin des années 90. Selon Van Rompuy junior, il s'agit ni plus ni moins que la fin du miracle flamand. En cause, selon lui, le fait que la Flandre manque cruellement de leviers économiques qui permettraient d'influencer les coûts salariaux, voire ceux de l'énergie. Pour appuyer ses dires, le député CD&V sort les derniers chiffres du chômage en Flandre: plus de 5.000 pour le seul mois de janvier, le gouvernement de Kris Peeters en prédisant entre 40 et 45.000 pour 2010.

La solution serait bien, selon Van Rompuy, de régionaliser le marché de travail et l'impôt des sociétés, mais la Flandre n'en a pas les moyens. D'où l'appel qu'il lance aux régions afin que celles-ci se responsabilisent plus et se dotent d'instruments différents pour y parvenir, selon qu'il s'agit de la Flandre ou de la Wallonie. Et le député d'en appeler à la mémoire de feu Gaston Geens, ministre-président flamand, qui avait lancé le projet Flander's Technology, en 1983. C'est ainsi que Van Rompuy prône, pour la ixième fois, en faveur d'entreprises flamandes plus innovantes et technologiques, parlant même de la fin de la période d'industrialisation. "Trouvons de nouveaux secteurs, des secteurs de services avec de l'informatique et de la logistique", lance l'ancien ministre flamand de l'Economie.

"Les coûts trop élevés et le manque d'innovation technologique sont des données que chaque région doit combattre, avec les moyens dont elle dispose", lance Eric Van Rompuy. Un nouvel appel vers plus de régionalisation!

Le même Van Rompuy s'élève également contre certains mandataires du sud du pays – lisez: Olivier Maingain – selon lesquels Opel Anvers est bien la preuve que la Flandre n'est pas à l'abri de catastrophes industrielles. Pareille réaction wallonne ne serait-elle pas due à une certaine suffisance dont auraient fait preuve les partis flamands, dans le passé?" "En tous les cas, ce n'est pas un reproche qu'on peut adresser au CD&V!", tranche Eric Van Rompuy, en guise de conclusion.