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12/01/2013

La cathédrale Notre-Dame de Tournai (Paris Match 03-01-13)

Un témoignage très complet sur l'art de construire au Moyen-Âge


Monument classé par Arrêté royal du 05-02-1936 – Patrimoine exceptionnel de Wallonie, depuis 1993. Bien inscrit sur la liste du patrimoine de l'UNESCO, en décembre 2000.

 

 

Véritable monument de l'histoire de l'architecture en Occident, la cathédrale Notre-Dame propose un témoignage très complet sur l'art de construire au Moyen-Âge. Son inscription au patrimoine de l'humanité en 2000 est justifiée par différents critères, dont celui de témoigner d'un échange d'influences considérables entre l'architecture Île-de-France, de Rhénanie et de Normandie, pendant la courte période qui, au début du XIIe siècle, précède l'éclosion de l'architecture gothique.

 

Outre son architecture grandiose, la cathédrale de Tournai présente aussi diverses particularités. La première relève de la permanence: l'évêché de Tournai est fondé au Vème siècle et s'est maintenu jusqu'à nos jours. La deuxième a trait à la fonction qu'elle remplit encore aujourd'hui. En outre, Notre-Dame répond à certains besoins de la société contemporaine: pôle cultuel, certes, mais aussi culturel par sa richesse architecturale et artistique, et centre intellectuel grâce à sa bibliothèque, ses archives et ses collections.

 

Grâce aux patientes fouilles archéologiques, on sait que le site a été le cadre d'occupations humaines et de constructions successives, entre la période gallo-romaine et le XIIe siècle. Mais aux XIIème et XIIIème siècles, s'érige un monument grandiose, fruit de trois projets distincts, cohérents, aboutis et toujours visibles: les trois nefs romanes, le transept roman et le choeur gothique. Les dimensions de l'édifice et son ampleur sont tout à fait étonnantes: 134 mètres de long, dont 54m, pour le seul chœur gothique, un transept large de 67 mètres et cinq tours dont la plus haute culmine à 83 mètres.

 

La nef centrale présente une élévation à quatre niveaux. Elle brille par la richesse de ses sculptures. Quantitativement d'abord, car la complexité de l'édifice a entraîné la multiplication de colonnettes et chapiteaux. On en dénombre environ 1500 dans les parties romanes, dont 740 intérieures, fait exceptionnel.

 

Qualitativement ensuite, tant sont grandes la diversité des compositions et la variété des motifs, essentiellement végétaux.

 

La volumétrie du transept, hérissé de ses cinq tours – dont la tour lanterne, dite "la tour Brunin", au centre de la croisée – est une des caractéristiques emblématiques de la cathédrale. L'élévation est résolument novatrice avec ses quatre niveaux et un triforium, couloir continu clairement individualisé.

 

Sous la croisée du transept, l'accès au chœur est fermé par un grand jubé Renaissance (1572). Le chœur proprement dit est représentatif de la maturité de l'art gothique ou ogival. Contemporain de la construction de la Sainte-Chapelle à Paris, il s'éleva entre 1242 et 1255, se substituant au chœur roman achevé au milieu du XIIème siècle. Il affiche une audace constructive étonnante dans sa volonté d'amplification. Il marque une rupture d'échelle vis-à-vis des parties romanes. Autre esprit, autres formes: ici, tout est lumière, élévation et légèreté. Ce nouveau chœur visait à une telle épuration qu'il dut être renforcé, moins d'un siècle, après son édification.

 

Les siècles suivants n'apportèrent aucune modification essentielle à l'édifice, si ce n'est l'établissement, au XVIème siècle, de la chapelle de la paroisse, le long du flanc de la nef. Une longue restauration fut entreprise, à partir de 1840. Avec les réparations de l'après-guerre, ces travaux donnèrent à la cathédrale son aspect actuel. Au début du siècle dernier, la cathédrale fut isolée par la démolition des maisons qui l'entouraient. La fin du XXème vit les premières restaurations: porche occidental (1990-1992), puis consolidations diverses et nombreuses études pluridisciplinaires (1995-2007) destinées à répondre aux multiples questions posées par des nécessités de choix.

 

En juillet 2008, le Gouvernement wallon et la Province de Hainaut (propriétaire de l'édifice) conclurent un accord-cadre pour une durée de 7 ans, et d'un montant de 21 millions d'euros visant à restaurer la partie romane et d'assurer les études nécessaires à la restauration de la partie gothique. Cela permis d'assurer les travaux de rénovation des façades de la nef et des porches latéraux.

 

Le 19 juillet 2012, Carlo Di Antonio, ministre du Patrimoine, fit approuver par le Gouvernement wallon la prolongation de l'accord-cadre, garantissant ainsi la restauration des façades et toitures du transept et des cinq tours.

 

Vous ne pouvez quitter Tournai et sa cathédrale, sans visites son trésor qui renferme notamment une des sept merveilles de Belgique, la châsse Notre-Dame.

 

Où?

Place de l'évêché, 7500 Tournai

Tél 069-22.20.45

tourisme@tournai.be

http://www.cathedraledetournai.be

 

Quand?

La cathédrale peut être visitée, d'avril à octobre, tous les jours de 9h15 à 12h, et de 14h à 18h, ainsi que de novembre à mars, de 9h15 à 12h et de 14h à 17h.

Le trésor, lui, peut être visité, d'avril à octobre, tous les jours de 9h30 à 12h et de 14h à 18H, mais aussi de novembre à mars, de 9h30 à 12h, et de 14h à 17h.

Fermeture, la matinée des samedis, dimanches et jours fériés.

Pour les visites guidées, il y a lieu de se renseigner auprès de l'Office du Tourisme de Tournai.

 

Combien?

2 € par adulte, pour l'entrée au Trésor et 3 € par famille.

Un livre sur la cathédrale

 

En décembre 2012, sortait l'ouvrage "La cathédrale Notre-Dame de Tournai: archéologie du site et des monuments anciens" (3 volumes et un portfolio), par le professeur Brulet, collection Etudes et Documents du département du Patrimoine, édités et diffusés par l'Institut du Patrimoine wallon (www.institutdupatrimoine.be)

 

La cathédrale renferme en son sous-sol un foisonnement de vestiges archéologiques qui témoignent de la vitalité de la ville, à partir de la période romane et du développement du siège épiscopal. Grâce aux patientes fouilles archéologiques menées depuis quinze ans, par le professeur Raymond Brulet et son équipe du Centre de Recherches d'Archéologie nationale (UCL), on sait que le site a été le cadre d'occupations humaines et de constructions successives, depuis la période gallo-romaine.La découverte majeure est celle d'une église datant des débuts du christianisme, dans la région, sans oublier les constructions de l'Antiquité tardive: trois basiliques du Haut Moyen-Âge, un baptistère et une première cathédrale élevée au XIème siècles.

 

 

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