Blogs DHNET.BE
DHNET.BE | Créer un Blog | Envoyer ce Blog à un ami | Avertir le modérateur

29/12/2012

L'église romane de Waha (Paris Match 27 décembre 2012)

Une des plus anciennes églises romanes du pays qui a conservé la preuve de la commémoration de sa consécration en 1050, et dont les vitraux ont été conçus par Jean-Michel Folon, l'année précédant son décès.


À la période gallo-romaine, la chaussée de Rochefort passe entre Marche et Waha. C'est cette voie qu'emprunte la première évangélisation, au VIIe et VIIIe siècles. À 100 mètres environ de l'actuelle église, est construit un premier oratoire dédié à Saint-Martin. Au 10ème siècle, le domaine seigneurial appartient au Comte Immon, dont la famille se dote d'une église: une bâtisse transformée et consacrée. Remarquable édifice, l'église romane de Waha (1050) est classée Patrimoine Majeur de Wallonie. Elle est entourée de son ancien cimetière et précédée d'un tilleul multicentenaire, sous lequel se recueille un moine Curé Blanc.

 

 

Comptant parmi les plus anciennes églises romanes du pays, elle est la seule à avoir conservé sa pierre dédicatoire qui commémore  sa consécration, le 20 juin 1050, par Théoduin, Evêque de Liège, de 1048 à 1075. Cette pièce, unique et rare, est autant un document historique qu'une œuvre d'art. L'église abrite également la pierre commémorative de la signature de l'Edit Perpétuel ornemental qui porte les armoiries de Philippe II, ainsi que les blasons du Luxembourg et de la ville de Marche, et des fonds baptismaux du 16ème siècle, plus une théothèque gothique du 16ème siècle, des dalles funéraires du 15ème au 18ème siècle, un reliquaire du 13ème siècle, un fragment de fresque murale du 13ème siècle, un fragment de Christ en croix du 16ème, sans compter plusieurs œuvres du mystérieux Maître de Waha, sculpteur du 16ème siècle, dont l'une des plus remarquables est le calvaire. 

 

À ce jour, on ignore tout du Maître de Waha. On suppose qu'il travailla dans la région de Marche, au début du 16ème siècle, car il a laissé chez nous des oeuvres admirables. Certaines se trouvent encore à Waha, comme son émouvant calvaire, tandis que d'autres sont conservées ailleurs. Son nom – Waha – vient sans doute du fait que la concentration des six statues – parmi les meilleures de sa production – se trouvent justement à Waha. Il entretenait, en effet, un lien privilégié avec le village, voire avec des commanditaires religieux de l'endroit.

Ce riche patrimoine est sublimé par le fabuleux jeu de couleurs qui se dégage des vitraux réalisés par Jean Michel Folon et qui rappellent le martyre de Saint Etienne, patron de la paroisse. 

 

La tour du 12ème siècle est surmontée d'un clocher du 16ème siècle, dont les pans carrés se superposent. L'intérieur, sobre, aux piliers massifs, conserve d'intéressants objets d'art. Sous le porche se remarquent plusieurs pierres tombales. Au-dessus de l'arc triomphal, se trouve un calvaire de la fin de l'époque gothique (16ème siècle). L'intérieur, également dépouillé, aux piliers massifs, conserve d'intéressants objets d'art.

 

Pendant la campagne des 18 jours, Waha est prise, le 11 mai 1940, par les Allemands de la 7ème Panzerdivision (du XV Armee-Korps), dont le but est de traverser la Meuse au niveau de Dinant.

Les vitraux qui illuminent l'église romane Saint-Etienne de Waha ont donc été conçus par notre compatriote Jean-Michel Folon. Il s'agit là de sa dernière œuvre, avant qu'il ne rejoigne, en 2005, "l'autre rive". Pour confectionner les six grands vitraux illustrant le martyre de Saint Etienne, l'artiste a recherché comment ce dernier était représenté, dans l'iconographie classique. Il s'est également attelé à peindre six esquisses, sous forme d'aquarelles. Les dix autres petits vitraux représentent le ciel bleu, dans lequel évoluent les oiseaux. Ce sont les ateliers Loire à Lévres, près de Chartes, qui ont été choisis pour réaliser la partie technique de l'œuvre. À l'office du Tourisme de Marche, on nous explique que le responsable des ateliers en question avait fait le déplacement, lors des dernières journées du Patrimoine, afin de décrire la manière dont il avait réalisé les vitraux, sur base du travail de Jean-Michel Folon.

 

 

Où?

Église romane Saint-Etienne de Waha, rue du Maquis, 6900 Waha.

Tél 084/34.53.27

Internet www.tourisme-marche-nassogne.be

 

Quand?

L'église est accessible, tous les jours, de 9h à 17h (excepté pendant les offices)

 

Combien?

L'entrée individuelle est gratuite.

Le tarif d'une visite guidée pour les groupes est de 50 € par groupe.

Les commentaires sont fermés.