Blogs DHNET.BE
DHNET.BE | Créer un Blog | Envoyer ce Blog à un ami | Avertir le modérateur

22/11/2012

LA COLLEGIALE SAINTE WAUDRU (PARIS MATCH du 15-11-12)

Une collégiale consacrée à Sainte-Waudru qui abrite un trésor à la renommée internationale.


 

 

L'année 2012 fait l'objet de différentes festivités, à l'occasion du quatorzième centenaire de la naissance de Sainte-Waudru: conférences, musique, théâtre…

Issue d'une famille de l'aristocratie franque, Waudru naît, au début du VIIème siècle. Son père est un homme de confiance de roi Clotaire II (584-629), souverain de Neustrie, puis roi des Francs. Sa fille épousa Madelgaire, alias saint Vincent de Soignies. De ce mariage naquirent quatre enfants: Adeltrude, Madelgaire, Dandry et Dentelin. Puis, à l'instar de son époux et en accord avec lui, Waudru opte pour la vie monastique. Ainsi, elle fonde une petite communauté religieuse qu'elle installe sur la colline qui devient plus tard Mons. À sa mort, que la tradition fixe au 9 avril 688, Waudru est proclamée sainte. Sa réputation se répand rapidement et elle devient l'objet d'un véritable culte. Si la dévotion populaire fait rapidement d'elle une sainte, l'Eglise, par contre, ne reconnaît officiellement sa canonisation qu'en 1039. Dans le courant du XIème siècle sans doute, l'abbaye devient un chapitre noble de chanoinesses.

 

La collégiale Sainte-Waudru

 

Son classement comme monument date de 15 janvier 1936. Elle est également inscrite au patrimoine exceptionnel de Wallonie.

Isolée, l'église du chapitre des chanoinesses de Mons est, jadis, entourée de lieux de culte dédiés à saint Germain et à saint Pierre. En 1449, le chapitre de Sainte-Waudru décide de moderniser l'église, sonnant ainsi le glas de l'édifice roman – dédié à notre-dame – mais également de l'église saint-pierre. Les travaux s'étalent sur près de deux siècles, mais une grande homogénéité architecturale caractérise le bel édifice gothique, construit sur le modèle de la collégiale de Louvain dont le maître d'œuvre est Mathieu De Layens. Le grès de Bray se mêle au calcaire d'Ecaussines, tandis que la brique est utilisée pour les voûtes de la nef. Celle-ci fait 115 mètres de long, 32 mètres de large et 24,5 mètres de haut, complétée de bas-côtés. L'église dispose d'un chœur doublé d'un déambulatoire, ainsi que d'un transept de même largeur que la nef principale, dessinant une croix latine. Au milieu du XVIème siècle, un projet de tour occidentale voit le jour. Celui-ci sera cependant abandonné en 1547, ne permettant pas à la tour, qui portait la marque du style Renaissance, de culminer à plus de 190 mètres. Enfin, de remarquables vitraux parachèvent la construction. La collégiale conserve, en effet, en tout ou en partie, vingt-sept vitraux datant, pour l'essentiel, du XVIème siècle, illustrant la transition entre le gothique et le même style Renaissance. Ils sont consacrés à la vie du Christ et à celle de la Vierge, tout en évoquant largement les donateurs, principalement les Habsbourg d'Espagne.

 

Sainte Waudru abrite encore une part importante du mobilier issu de l'Ancien Régime. C'est le cas des admirables sculptures dues à Jacques Du Broeucq (1505-1584) qui réalisa ces œuvres et des bas-reliefs pour orner le jubé de chœur, aujourd'hui disparu. Devenue église paroissiale après le Concordat de 1801, Sainte-Waudru connaît son lot de restaurations, après les dégâts survenus, lors des petits conflits ayant surtout endommagé les charpentes et les toitures. La première réfection d'ensemble se déroule en 1802, à la reprise du culte, après l'épisode révolutionnaire, tandis que d'autres travaux ont lieu durant le XIXème siècle.

 

Le trésor de la collégiale

 

Accessible dans l'angle du transept sud de la collégiale, le trésor qu'elle recèle comprend une intéressante collection de pièces d'orfèvrerie, des textiles, des sculptures, des livres et des peintures datant, du VIIème au XIXème siècle. Quant à la châsse de "Madame Saint Waudru", comme le disent les Montois, elle est suspendue, au-dessus du chœur. La "descente de la châsse" constitue un haut moment de l'identité montoise, la veille de la procession du dimanche de la Trinité. C'est que l'église Sainte-Waudru abrite également le Car d'or: un lourd carrosse d'apparat, en bois peint (1781) qui convoie chaque année les reliques de la sainte, par les rues de la ville de Mons, avant le combat "dit Lumeçon", de saint Georges contre le dragon, sur la Grand'Place. La Ducasse de Mons a été inscrite sur la liste du patrimoine oral et immatériel de l'Humanité, en 2005.

 

Où?

1, rue du Chapitre, 7000 Mons

tél. 065/84.46.94

Internet: http://www.waudru.be

 

Quand?

Les visites peuvent se dérouler, lors de l'ouverture de la collégiale, c'est-à-dire de 9h à 18h30 (de 7h 18h30, le dimanche). Notons que, lors des offices, l'accès au chœur est interdit.

Le trésor, lui, est accessible, de mars à novembre: du mardi au vendredi, de 13h30 à 18h, et les samedi et dimanche, de 13h30 à 17h.

 

Combien?

L'entrée, qui se fait par le portail sud, est entièrement libre. Des autoguides multilingues et des bornes audiovisuelles sont disponibles sur place, pour un parcours allant de 20 minutes à 1h30.

Les visites guidées, elles, (10 personnes minimums par groupe) sont possibles toute l'année, moyennant une réservation préalable à la Maison du Tourisme de Mons (tél 065/33.55.80).

Les commentaires sont fermés.