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02/11/2012

INTERVIEW DE THOMAS DE BERGEYCK (PARIS MATCH du 14 octobre 2012)

Le journaliste nous parle de sa rencontre du prince Guillaume et de la princesse Stéphanie, quelques jours avant la diffusion de leur interview, dans "Place royale".


Paris Match: Dans quelles conditions avez-vous pu rencontrer les futurs mariés ?

Thomas de Bergeyck: Grâce à la patience et au talent de notre producteur Emmanuel Mestdag, nous avons sollicité – comme nous la faisons à chaque fois – le couple qui va se marier pour recueillir ses premières impressions, avant le grand jour. C'était il y a un peu plus de deux semaines, et nous voulions savoir quel était l'état d'esprit du prince Guillaume et de sa fiancée. A Monaco, nous l'avions fait, trois semaines avant le mariage d'Albert et Charlene, trouvant ceux-ci très détendus. Notre but était de constater si c'était le cas du futur couple grand-ducal. Nous avons voulu prendre la température et avoir le plus de détails possible sur ce mariage et sur la manière dont vont se dérouler les noces. Nous en avons obtenu grâce à cette interview exclusive.

 

Paris Match: Comment s'est comporté le prince Guillaume ?

Thomas De Bergeyck: Le contact que j'ai eu avec lui était vraiment très sympathique. Ils sont arrivés avec quelques minutes de retard et le Prince m'a dit: "Monsieur de Bergeyck, je suis heureux que vous ayez aussi un peu de retard avec votre équipe." Nous avons commencé par parler de choses tout à fait simples, parce que nous avons à peu près le même âge et que j'avais croisé le prince Guillaume, une ou deux fois chez mes cousins Mérode, avec lesquels ils sont très amis. Nous ne nous connaissions pas, mais avons eu un contact convivial, sympathique et très détendu. Pendant que Stéphanie se faisait maquiller, le prince m'a dit: "Je crois que vous êtes doublement cousin avec ma fiancée…" Et c'était exact, puisque je le suis d'abord par les Lannoy, c'est-à-dire par nos arrières grand-mères, mais aussi par les Bergeyck, vu que la grand-mère de Stéphanie était une Bergeyck. Le prince a donc voulu mettre tout le monde à l'aise et, surtout en coulisses, en me montrant par la fenêtre du Palais grand-ducal, l'endroit où serait installé notre podium. "C'est là-bas que vous serez, avec une vue parfaite sur le palais. Vous nous verrez passer…" J'ai été impressionné par le fait qu'il était à l'affût du moindre détail: "Est-ce que ma cravate est bien mise? Est-ce que ma chemise est sans pli? Est-ce que je suis bien assis?" Il maîtrise parfaitement la situation, mais aussi l'outil de la télévision. C'est un vrai professionnel. Il y a aussi qu'ils ont voulu tous les deux –, –  ils nous l'ont dit – faire les choses ensemble et tout maîtriser, de A à Z. C'est d'abord leur mariage. Ils nous ont expliqué: "Il s'agit d'abord d'un moment intime, avant d'être un moment public et important pour l'état." Ils veulent, avant toute chose, "vivre leur mariage les yeux dans les yeux". Le prince a d'ailleurs ajouté: "Au moment où je vais dire "oui" à mon épouse, je vais la regarder droit dans les yeux, sans penser qu'il y a des centaines de milliers de personnes qui nous regardent." J'ai enfin trouvé le prince Guillaume très attentif à sa fiancée: il s'assurait qu'elle était bien assise, il la rassurait en permanence en lui prenant la main et en l'encourageant… Il a vraiment décidé de l'aider puisque lui connaît bien la fonction, l'état et l'aspect médiatique de sa famille. On ressent beaucoup que, de père en fils, il y a un accompagnement permanent: "Je vais t'aider parce que j'ai de l'expérience…" J'ai trouvé cela formidable. Pour faire bref, je dirais que c'est un pro qui parle avec le cœur. Enfin, ils avaient préparé ensemble leurs réponses…

 

Paris Match: D'où tient-il cette connaissance des médias?

Thomas de Bergeyck: En tant qu'héritier, il a eu l'occasion de suivre le travail que fait son père, le grand-duc Henri, et celui de son grand-père, le grand-duc Jean. Mais c'est aussi dans son caractère: il est prêt pour la fonction, même si ce n'est pas du tout à l'ordre du jour. Il est sûr de lui, il est intelligent, il est ouvert d'esprit, il connaît fort bien son pays et est apprécié par son peuple, un phénomène qui va dans les deux sens. Il y a un bon rendu, entre le peuple et l'héritier. Pourtant, Dieu sait qu'il n'est pas aisé d'être un héritier du trône: Guillaume travaille tout autant que son père, parce qu'il a un rôle de représentation et doit également assumer des missions économiques.

 

 

Paris Match: Et la future mariée ? Quelle est sa personnalité?

Thomas de Bergeyck: Elle m'a surpris! Je l'ai trouvée, elle aussi, très professionnelle, c'est-à-dire à l'aise parce qu'on s'était déjà rencontré. Elle s'est sentie tout de suite en confiance. Vous devez savoir que l'équipe de "Place royale" est très chaleureuse, ce qui met nos invités en confiance. Peut-être s'agissait-il d'une détente en façade, parce qu'il n'est pas facile de répondre à des journalistes. Pour revenir à la future mariée, elle nous a dit, dans l'interview: "J'apprends le luxembourgeois, même si je dois encore progresser pour le parler, mais je peux compter sur l'aide de Guillaume." Et d'ajouter, cette phrase que j'ai trouvée fort belle: "Guillaume est avant tout mon meilleur ami!" Un fabuleux message qui prouve qu'il s'agit d'un véritable mariage d'amour. Après cela, vient le rôle public. Elle nous a dit qu'elle ne réfléchissait pas encore à son futur rôle de grande-duchesse. Ce n'est pas pour maintenant, mais, a priori, elle n'a pas d'appréhension. Chaque chose en son temps. D'abord, bâtir un couple solide avec Guillaume: ils se sont connus, il y a huit ans, chez des amis allemands – "On m'a présenté "un" Guillaume", nous a-t-elle confié, "je ne savais donc pas qu'il s'agissait d'un prince héritier" – et ils sont ensemble depuis trois ans. Autre confidence: "Je n'ai pas encore de fonction officielle, mais cela viendra en son temps." De toute manière, ils sont très complices. Ils nous l'ont d'ailleurs dit: "Après vingt-quatre heures, nous parlions de choses et d'autres. C'est comme cela que nous sommes tombés amoureux, l'un de l'autre."

 

Paris Match: Comment Stéphanie gère-t-elle le fait que sa mère est décédée à quelques semaines du mariage et que son père ne va pas bien ?

Thomas de Bergeyck: C'est très difficile pour elle, elle nous l'a aussi dit. Par respect et par pudeur, je n'avais pas prévu de question sur ce sujet. Et pourtant, Stéphanie m'a dit, avant l'interview, qu'elle souhaitait être interrogée sur le décès de sa mère parce qu'elle avait un message à faire passer. J'ai donc ajouté une question: "Souhaitez-vous que votre messe de mariage soit un message d'espérance?" Elle m'a expliqué que la situation n'était évidemment pas facile, pour elle et sa famille, mais que le mariage serait dédié à sa mère: ils commenceront la cérémonie par une minute de silence, elle portera la bague de fiançailles de sa mère et la statue de notre-dame de Luxembourg, dans la cathédrale, sera ornée d'un voile ayant appartenu à sa mère. La gestion de cette douleur se fait de manière remarquable, parce qu'elle est d'abord privée, mais aussi parce qu'elle sera partagée avec le grand public.

 

Paris Match: Comment, dans ces conditions, vivent-ils ce mariage ?

Thomas de Bergeyck: Ils le vivent très positivement, puisqu'ils sont parvenus à associer la maman à toutes les festivités. Et cela, sans perdre le caractère festif du mariage. C'est la plus belle preuve d'amour qu'on peut faire à une mère disparue: faire comme si elle était présente. D'autant que Guillaume est très rassurant, pour elle. Je suis convaincu qu'il est le mari idéal, et surtout son confident, même dans les moments difficiles.

 

Paris Match: Qu'avez-vous appris de neuf dans ce rendez-vous et y a-t-il des déclarations qui vous ont marqué ?

Thomas de Bergeyck: Ce qui m'a frappé, c'est que, lorsque je lui ai demandé ce qu'on pouvait lui souhaiter, elle m'a répondu: "Rendre mon fiancé heureux!" C'est très beau, comme réponse. Elle aurait pu dire vouloir être exemplaire pour son pays, être une grande-duchesse modèle… Je trouve que cette réponse est une très belle preuve d'amour.

 

Paris Match: Qu'est-ce qui vous a étonné au cours de ce rendez-vous ?

Thomas de Bergeyck: J'ai été globalement surpris par leur décontraction. Je me marierais et l'on viendrait m'interviewer quinze jours avant, avec ma fiancée à côté de moi, je serais un peu stressé. Ils étaient très détendus parce qu'ils sont très préparés et parce qu'ils ont la main sur leur mariage. Cela se sent très fort.

 

 

Paris Match: Comment voyez-vous ce couple ?

Thomas de Bergeyck: À mon avis, je pense qu'ils resteront très complices, même dans les épreuves, parce qu'il y en a toujours. Ce n'est pas facile d'être un jour chef d'Etat, mais selon moi, ils le feront avec beaucoup de conviction et puis surtout, le fait que nos deux pays soient unis, est important. N'oublions pas qu'il s'agit d'un nouveau mariage entre le Luxembourg et la Belgique, après la grand-mère Joséphine-Charlotte. Sauf qu'ici, c'est l'amour qui prime sur la raison d'état.

 

Paris Match: De par vos origines nobiliaires mutuelles, vous connaissez la famille Lannoy. Que pouvez-vous en dire ?

Thomas de Bergeyck: Ce sont des cousins très éloignés, via mon arrière grand-mère d'Outremont. J'ai déjà croisé, à plusieurs reprises, le frère de la future princesse, Amaury de Lannoy. On est de même famille, mais on ne se connaît pas très bien…

 

Paris Match: Qu'espérez-vous pour ce mariage ?

Thomas de Bergeyck: D'abord du beau temps! Pour commenter ce mariage, en direct à l'extérieur, nous disposerons d'un studio mobile où nous serons protégés par un petit toit. Donc, s'il pleut toute la journée, cela ne sera pas très gai. Mais ne dit-on pas "Mariage pluvieux, mariage heureux!"? Je n'irais pas jusqu'à souhaiter qu'il pleuve, car je suis persuadé que le soleil sera au rendez-vous… Le Luxembourg est un pays superbe, sous le soleil. Pour le reste, il faut leur faire confiance.

 

Paris Match: RTL TVI diffuse l'événement en direct. Comment allez-vous agir ?

Thomas de Bergeyck: Je prépare déjà ce mariage et lit beaucoup d'articles, de livres… sur l'histoire de la famille et les origines des uns et des autres. Pour l'instant, je compulse tout cela, puis je constituerai mes questions, mes interventions, les lancements de sujets… Je fais cela avec beaucoup de plaisir. Le même plaisir que j'ai eu pour présenter les mariages au Royaume-Uni et à Monaco. Ce furent de grands moments pour moi qui ai repris cette émission en septembre 2010. C'est le troisième mariage que je présenterai en direct et la quatrième retransmission, depuis deux ans, puisqu'il y a eu le jubilé de la Reine Elisabeth.

 

 

Paris Match: A-t-on déjà la confirmation de la famille de têtes couronnées ou non, de princesses et de princesses médiatiques, comme Kate et William ?

Thomas de Bergeyck: On n'a pas encore toutes les informations, mais on sait déjà que toute la famille royale belge sera présente, ainsi que beaucoup de Norvégiens, c'est-à-dire le Roi et la Reine, de même que les deux couples Haakon et Mette Marie, Martha Louise et Ari, voire des Suédois, comme Victoria et Daniel… Pour le reste, cela viendra dans les jours qui viennent. Enfin, quant à Kate et William, je ne serais pas étonné qu'ils viennent.

 

Paris Match: Finalement, tout ça ne vous donne pas envie de vous marier ?

Thomas de Bergeyck: Bonne question! Très sincèrement, pour l'instant, je me complais dans la description du mariage des autres. Peut-être en tirerai-je des enseignements positifs pour moi (il éclate de rire) car en disséquant, avec passion et conviction, leurs unions et leurs mariages, j'apprends peut-être beaucoup de choses pour le mien. Cependant, me concernant, ce n'est pas encore au programme…

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