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10/09/2012

ABBAYE DE BONNE-ESPERANCE (Paris Match du 06-09-12)

Une abbaye qui prit son essor au XIII siècle et pourra être visitée, lors des journées du patrimoine, les 8 et 9 septembre, après une fête inaugurale, le vendredi 7, à 20h30.


Implantée dans une petite commune rurale en périphérie sud de la ville de Binche, et à proximité de l'ancienne route Bavai-Cologne, l'abbaye de Bonne-Espérance a conservé un plan abbatial complet. En effet, bien que réquisitionnées, ses bâtisses ont peu souffert des troubles engendrés par la Révolution française. Elle est fondée en 1130 et son développement est favorisé par la vénération de la Vierge miraculeuse. Dans la seconde moitié du XIIIe siècle, la communauté de chanoines prémontrés, dits aussi norbertins, installée dans un cadre digne de son statut et conforme à la tradition de l'ordre, peut accueillir un pèlerinage fort fréquenté. Il faut alors attendre le XVIe siècle pour que reprenne l'effort de construction, bien vite réduit à néant, lors du double pillage de l'abbaye par les troupes françaises assaillant Binche, puis par celles du Prince d'Orange. Au XIIIe siècle, l'abbaye alors florissante avec ses 4.709 hectares de terres de culture et d'exploitation houillère, affiche sa richesse économique autant que spirituelle. C'est alors qu'elle acquiert, dans les grandes lignes, la physionomie que nous lui connaissons aujourd'hui. L'évêché de Tournai en devient propriétaire en 1830 et y installe un séminaire, converti une dizaine d'années plus tard en établissement d'enseignement.

 

 

De prime abord, l'abbaye de Bonne-Espérance offre au regard l'image d'un ensemble conventuel du XVIIIe siècle en brique et pierre, d'où émerge une tour gothique dépourvue de flèche. Si sa cour déploie avec majesté de longues façades répondant à une volonté d'harmonie et de symétrie propre au classicisme, cette impression d'unité est pourtant trompeuse, fruit d'une scénographie complexe, due vraisemblablement à un concepteur unique.

 

Dès l'origine, le plan distribue les bâtiments selon une logique reprise par la suite. Entourant le cloître: au sud, l'église; à l'est, la sacristie, la salle capitulaire et le parloir; au nord, le réfectoire, la cuisine et l'infirmerie; à l'ouest, le quartier de l'abbé, des frères convers et des hôtes; à l'étage, les dortoirs et la bibliothèque donnant sur la cour d'entrée, les ailes des communs, ateliers et basse-cour. De ce complexe initial subsistent d'importants vestiges évocateurs de la grandeur et de la qualité architecturale des bâtiments.

 

Remplaçant, en 1266 déjà, un édifice trop exigu, le sanctuaire gothique d'une longueur considérable de 102 mètres nous est connu par des fouilles et des sondages effectués, dans les années 1920 et 1950, des descriptions lacunaires et quelques vestiges intégrés dans des constructions ultérieures. Cet immense vaisseau dut être réduit dès la fin du XVe siècle, doté d'une tour occidentale en gothique hennuyer, puis complètement démoli, avant de faire place à l'église actuelle.

 

C'est à l'abbé Petit, parvenu à tirer profit de la relative disparité de l'ensemble, qu'il faut rendre hommage. On lui doit, en effet, le réfectoire et le chauffoir, ainsi que la façade principale, mais sans doute aussi la conception scénographique de la cour d'honneur et l'élévation partielle des aires des communs. Le réfectoire, chaleureux et d'un grand raffinement est paré de superbes lambris de chêne, allant jusqu'à couvrir les larges ébrasements des fenêtres. Au bout de la grande salle, à droite du siège de l'abbé, trône toujours la chaire d'où l'on accompagne les repas d'édifiantes lectures. Le chauffoir est conçu de même.

 

La relative asymétrie de la cour peut surprendre: la persistance probable des vestiges gothiques pourrait en partie expliquer le déport vers la gauche des trois ailes. La façade de l'aile principale et du pavillon de droite constitue un témoin tempéré, mais très précoce, dans nos régions, du style Louis XVI. À l'étage est conservé un intéressant petit oratoire circulaire, lambrissé de chêne, comportant un autel à baldaquin et un parquet marqueté en étoile auquel répond, au plafond peint, une représentation du Dieu Céleste. L'aile droite des annexes, abritant jadis boulangerie et brasserie, compte une vingtaine de travées plus simples et de proportions plus réduites. La cour, ou plutôt son prolongement, sera achevée en 1766-1767. L'abbatiale et la sacristie seront reconstruites, de 1771 à 1779, le gros œuvre étant terminé en 1774.

 

Bien d'autres informations, dans l'ouvrage "Le patrimoine exceptionnel de Wallonie", de la division du Patrimoine DGATPL, l'abbaye de Bonne-Espérance étant d'ailleurs classée par Arrêté royal, en 1973.

 

Où?

Adresse: 22 rue Grégoire Jurion, 7120 Vellereille-les-Brayeux

Tél 064/31.08.08

Site internet: http://www.bonne-esperance.be/abbaye.html, ou www.college-bonne-esperance.be

 

Quand?

Le site est accessible uniquement lors de visites guidées. Elles ont lieu, du dimanche de Pâques au deuxième dimanche d'octobre, à 15h30. En dehors de cela, les visites se font sur rendez-vous en contactant le numéro repris plus haut, voire le 064/31.08.09 ou le 0496/86.88.18, de 18h à 20h ou le week-end.

 

Combien?

La visite de l'abbaye, du moulin du four et de la brasserie revient à 4 €.

 

Une inauguration de la 24e édition des Journées du Patrimoine en Wallonie se déroulera, le 7 septembre 2012 à l'abbaye de Bonne-Espérance. L'accès au spectacle inaugural sera gratuit et des visites guidées seront organisées, les samedi 8 et dimanche 9 septembre 2012. La soirée inaugurale débutera à 20h30, avec la première partie du spectacle de la chorale Poly'sons, puis un concert de la chorale Scala & Kolacny brothers, fondée par les frères Stijn et Steven Kolacny. Le premier dirige la chorale et le second assure l'accompagnement au piano. Ils reprennent des classiques de rock ou des morceaux indie qu'ils réinventent pour en faire des hymnes élégiaques, aux effets à couper le souffle. En 2008, est sorti l'album "Dans les yeux d'Aurore", reprenant les plus belles chansons de Pierre Rapsat. Elles seront interprétées pour l'occasion.
Durant le week-end, l'abbaye sera ouverte, de 13 à 18h le samedi, pour des visites guidées qui se dérouleront à 14h, 15h, 16h et 17h, et de 10 à 18h, le dimanche, avec des visites guidées, à 11h, 14h, 15h et 16h.

Parmi les bâtiments à visiter, on l'a dit, une brasserie. L'administrateur des compagnons de Bonne-Espérance gère la fabrication de cette bière qui est produite à la brasserie Lefèvre, à Quenast. Monsieur André Wanty nous en dit plus: "Nous devons tourner autour des 4.200 hectolitres par an. La bière est vendue à Bonne-Espérance et dans les grandes surface, voire même en Italie. Elle a beaucoup d'amertume et ne ressemble à aucune autre trappiste. Nous sommes dans une période de plein développement parce que la Bonne-Espérance commence à fort bien se vendre."

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