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23/07/2012

SPA, PERLE DES ARDENNES (PARIS MATCH 19-07-12)

Qui ne connaît la ville d'eau et ses célèbres évènements culturels et sportifs: Francofolies, Grand Prix de Formule 1…


Les sources d'eau ferrugineuse et carbogazeuse de Spa sont réputées pour leurs vertus curatives, depuis l'époque romaine. À partir du XVIe siècle, la petite ville devient une station thermale, très prisée. Pour preuve, le docteur Gilbert Limborgh, médecin personnel du prince évêque Erard de la Marck, publie en 1559 une étude qui confirme la renommée de la Cité, comme endroit connu pour "prendre les eaux".

 

 

Le premier âge d'or de Spa se situe dans la seconde moitié du XVIIIe siècle. Mais la ville devient victime de sa renommée: les curistes (appelés "bobelins" par la population locale) se plaignent des infrastructures inadaptées à leur séjour qui s'organise autour des prises d'eau, mais aussi d'amusements comme les promenades, les activités culturelles, les bals et les jeux. Quelques monuments majeurs construits à cette époque en sont toujours le reflet.

 

Les troubles révolutionnaires mettent un frein à la venue des curistes, d'autant que la République interdit les jeux de hasard. Le succès de Spa faiblit encore durant la première moitié du XIXe siècle. Mais, suite à l'interdiction de pratiquer les jeux de hasard, décidée en 1872, par le gouvernement belge cette fois, les autorités communales décident de relancer le thermalisme. Léopold II encourage ce programme et, notamment, l'édification d'une vaste galerie parallèle à la promenade dite de "Sept Heures", rappelant le moment auquel les curistes avaient l'habitude de prendre l'air.

 

La fréquentation de la cité thermale se poursuit jusqu'à la Première guerre mondiale. Spa est occupée par les Allemands et devient une ville d'accueil pour les soldats convalescents de l'armée allemande. Le 9 novembre 1918, l'empereur Guillaume II, qui s'était installé en mars, abdique avant de s'enfuir en Hollande. La station accueille ensuite différentes commissions d'armistice et le château de la Fraineuse est le siège, en juillet 1920, de la conférence diplomatique qui fixe les réparations dues par les Allemands. Cette présence internationale entraîne le retour du jeu.

 

Suivent les années folles dont Spa profite. À nouveau occupée pendant la Deuxième Guerre mondiale, la station thermale échappe à la bataille des Ardennes et est libérée par les Américains. Durant la seconde moitié du XXe siècle, le tourisme de masse remplace peu à peu la villégiature des privilégiés. Le thermalisme social voit le jour, avec les centres de vacances. Ceux-ci déclinent, après 1975. D'autres évènements sportifs ou culturels animent la ville (Festival de théâtre, Francofolies et courses automobiles). Aujourd'hui, Spa semble vouloir renouer avec son passé prestigieux. En témoignent, les nouveaux thermes construits sur la colline d'Annette et Lubin, et reliés au centre par un funiculaire, la restauration de plusieurs bâtiments classés, les projets d'aménagement du centre urbain et la candidature de l'ensemble thermal de Spa, au patrimoine mondial de l'Unesco, en 2008.

 

Parmi les monuments emblématiques, on retiendra d'abord le Waux-Hall: judicieusement implanté en dehors du centre de la ville et à la rencontre des principales routes menant aux fontaines, ce bâtiment serait une des plus anciennes salles de jeux d'Europe. Vaste édifice aux proportions harmonieuses, il est l'œuvre de l'architecte liégeois Jacques-Barthélémy Renoz. Le Waux-Hall est classé depuis le 24 juillet 1936 et inscrit par le gouvernement wallon sur la liste du patrimoine exceptionnel, depuis 1993. Notons aussi la Redoute qui regroupe salle de bal, salons de jeux et théâtre. Victime de deux incendies, elle a fait place au casino actuel. Autre monument, la galerie Léopold II qui fait près de 130 mètres et est limitée, à ses extrémités, par deux pavillons: le premier, dit "des Petits-Jeux", et le second, dédié à la Reine Marie-Henriette de Habsbourg. N'oublions pas non plus l'établissement des bains, le pouhon Pierre-le-Grand, l'Hôtel de Ville, l'hôtel britannique, les villas spadoises et le cimetière de Spa.

 

Où?

Trois routes principales partent de Spa et mènent à des autoroutes: la N697 qui rejoint la E25/A26, la N62 qui conduit vers Theux, au nord et vers Francorchamps au sud-est, et la N685 qui rejoint l'autoroute E42/A27.

Infos: Office du tourisme, 41 place royale, 4900 Spa.

Tél 087/79.53.53

Internet: www.spa-info.be/tourisme/

 

Quand?

La plupart des bâtiments sont ouverts, durant la pleine saison, à savoir d'avril à septembre. Quant aux grandes manifestations se déroulant dans la ville, il s'agit des Boucles de Spa (mi-février), des Crêtes de Spa (fin mars: athlétisme), du Heroes Spa Tribute festival (6 au 8 juillet: groupes de covers), des Francfolies (18 au 22 juillet), du festival de théâtre (10 au 24 août), des Rétrofolies (18 et 19 août), du Grand Prix de Formule 1 (2 septembre) et de l'Automne musical (22 septembre au 17 novembre).

 

Combien?

Des visites de Spa, avec guide, sont organisées, pour les groupes, au tarif de 25 € par personne. Elles comprennent, entre autres, le tour des célèbres fontaines, le musée de la Ville d'Eaux, la visite de l'embouteillage de Spa Monopole, le pays de Franchimont et la vallée de l'Emblève, le pays de Saint Remacle etc.…

Renseignements: tourisme@spa-info.be

 

(encadré)

L'événement

Les Francofolies

Cette année, elle se dérouleront du 18 au 22 juillet. L'échevin Luc Peeters nous en dit un peu plus: "Ce festival, dont le chiffre d'affaires est de 5 millions d'euros, offre une visibilité extraordinaire et récurrente à la Ville. Outre la programmation musicale – une centaine de concerts – il nécessite une gigantesque organisation, étant donné qu'il se déroule, en pleine ville. Son succès ne se dément jamais."

André Gilain

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