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13/06/2012

CHATEAU DE BELOEIL, LE VERSAILLES BELGE (Paris Match)

Le domaine de Beloeil a, depuis toujours, été lié à l'histoire de la famille de Ligne, établie, depuis le XIe siècle dans le village du même nom (appartenant à l'entité d'Ath). 


C'est en 1394 que la maison de Ligne s'installe définitivement au lieu-dit Beloeil où elle élève un premier château, sur le site du domaine actuel. Situé à mi-chemin, entre Mons et Tournai, l'ensemble est grandiose et ne se rencontre à l'étranger que dans les résidences des familles souveraines. Nous ne disposons aujourd'hui que de données fragmentaires, relatives aux premières résidences, seigneuriale, comtale, puis princière… Ainsi, sous les Pays-Bas espagnols, les Lignes ont été créés comte de Saint-Empire, en 1545, puis princes, en 1601-1602. Ils étaient aussi princes d'Epinoy (1595) et d'Amblise (1608), par héritage. En 1643, ils ont été élevés au rang de "Grands d'Espagne de première classe". Sous les Pays-Bas autrichiens, dès 1715, ils n'ont cessé de mettre en valeur les lieux et de les hisser au rang de véritable rendez-vous de l'élite européenne, dans un équilibre subtil, entre les cours de Vienne et de Versailles. Voilà pour l'histoire.

De style classique, le château actuel est le fruit d'importantes modifications apportées à,l'ancien manoir. Elles ont débuté à la charnière des XVIIe et XIIIe siècles. Le plan, en forme de trapèze, a été conservé, de même que les quatre tours d'angle et les douves qu'alimentaient les eaux de la Hunnelle. Ravagé par un incendie, le 14 décembre 1900, le château a été reconstruit, entre 1901 et 1906, par l'architecte parisien Ernest Sanson. L'aile droite des dépendances agricoles et deux alignements des communs avaient été épargnés. Et, surtout, les importantes collections artistiques avaient été sauvées, grâce à l'aide des villageois, tandis que les étonnants jardins n'avaient pas souffert.

Une grande allée de tilleuls mène au château dont deux pavillons de style classique marquent l'entrée, ornée d'une belle grille en fer forgé. On accède à la première cour par un pont gardé par un lion et un griffon. Cette cour est bordée, à gauche, par les remises à carrosses et, à droite, par les écuries. La cour d'honneur s'ouvre sur les ailes principales, par un portail baroque. Le château a été édifié en "U", et il est fait de brique et de pierre bleue. Il est toujours encadré par les quatre tours d'angle. De la troisième cour de jadis, qu'entourait la ferme domaniale, ne subsiste qu'une aile.

 

À l'intérieur du château, salons, chambres d'apparat et galeries se succèdent en enfilade, de part et d'autre d'un vestibule d'entrée, où monte une imposante cage d'escalier, à double rampe en fer forgé. Parmi les pièces les plus remarquables, on distingue le salon des Maréchaux (tapisseries de Beauvais), la salle à manger de deux Gobelins et d'admirables portraits, le salon de Lorraine (portrait du gouverneur des Pays-Bas), le salon des ambassadeurs (toiles de gilles van Tilborg et de François Duchastel), ainsi que l'appartement d'honneur qui abrite notamment les chambres d'Epinoy et d'Amblise, dont le mobilier est remarquable. Aux riches collections de meubles, tableaux et tapisseries, essentiellement des XVII et XVIIIèmes siècles, on ajoutera les décors des parquets, des boiseries et lambris, des cheminées de marbre…

Exceptionnelle, la très belle bibliothèque créée par Albert-Henri – deuxième prince de Ligne (1609-1641) – s'enorgueillit de conserver plus de 20.000 volumes anciens et de manuscrits précieux, voire rarissimes.Contiguë, une petite pièce contient les ouvrages de Charles-Joseph de Ligne (1735-1814), à la fois feld-maréchal autrichien et écrivain de langue française épris des idées des Lumières. Elle renferme également plus de 3.500 lettres autographes. Cette correspondance témoigne des échanges intenses des princes de ligne, avec les souverains d'Europe et les célébrités littéraires et scientifique de l'époque. 

 

Les jardins de Beloeil s'étendent au sud et à l'ouest du château.Leur configuration actuelle remonte au XVIIIe siècle, même si des aménagements antérieurs sont attestés. À partir de 1711, Claude Lamorale II de Ligne donne une nouvelle ampleur au parc qu'il transforme, dans la grande tradition classique française, avec l'aide des architectes Jean-Michel Chevotet (1698-1772)(1698-1772) et Jean-Baptiste Bergé. Ceux-ci aménagent un vaste rectangle de 20 ha occupé en son centre par le "Miroir" ou bassin de Neptune, du nom du groupe sculpté par Adrien-Joseph Henrion et situé à son extrémité. De part et d'autre de ce bassin, et au-delà de deux allées latérales de charmilles, se succèdent bosquets, salons de verdure et pièces d'eau. L'ensemble se complète d'un potager, divisé géométriquement et doté en son centre d'un temple octogonal dédié à Pomone, la divinité des fruits. Une orangerie néoclassique, réédifiée en 1830, la borde au nord. Dans le prolongement du "Miroir" s'étend une longue allée de hêtres – la Grande Avenue – fermée à son extrémité par les deux pavillons des gardes (XIXe siècles), inscrits sur la liste des biens de l'Institut du Patrimoine wallon qui leur destine une nouvelle affectation.

Entre 1775 et 1779, Charles-Joseph de Ligne aménage le nord-ouest du château en espace triangulaire, dans le style paysager anglais, avec l'aide de l'architecte français François Bélanger (1744-1818). Il fait ériger, entre autres, l'île de Flore, la "Fausse ruine", le temple de Morphée et aussi l'obélisque, en hommage aux faits d'armes de son fils. Il évoque ce nouveau jardin, dans ses "Mémoires militaires, littéraires et sentimentales" (1795).

Le bois de Beloeil, la Grande Avenue et les Pavillons des Gardes ont été cédés à la Région wallonne (350 ha). L'ensemble du jardin français, du jardin anglais et du potager (50 ha) est géré par la Fondation Ligne.

Où? Le château fait partie de l'entité de Ath et est situé à mi-chemin entre Mons et Tournai. 

 

Quand le visite-t-on? Il est accessible aux groupes (minumum 20 personnes), tous les jours sur demande, du 1er avril au 31 octobre 2012, de 10h à 18h. La réservation doit avoir été effectuée quinze jours avant la date de la visite. Les visites individuelles ont lieu, de 13h à 18h, les week-ends et jours fériés, en avril, mai, juin et septembre 2012, et tous les jours, du 1er juillet au 31 août 2012.

Combien? Les tarifs varient, selon que la visite concerne le seul parc ou qu'elle se fait en train, mais aussi selon l'âge et le statut du visiteur. Toutes ces informations, et tant d'autres, figurent sur le site http://www.chateaudebeloeil.com/fr/informations-pratiques.html

Tél 069/68.94.26

Adresse: Château de Beloeil, 11 rue du Château, 7970 Beloeil

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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