Blogs DHNET.BE
DHNET.BE | Créer un Blog | Envoyer ce Blog à un ami | Avertir le modérateur

24/07/2011

UNE COLERE ROYALe (DH 22-07-11)

La gestuelle du Roi, lors du discours du 20 juillet, en disait très, très long...

Le discours d’Albert II était d’une incroyable force. Nous avons interrogé Guy Delhaye, répétiteur de prise de parole en public, et lui avons demandé d’analyser l’allocution du Souverain belge.

Par quoi avez-vous été frappé, en écoutant le Roi ?

“Il a parlé 12 minutes, dont 10 ont été consacrées à la situation du pays. C’est le temps pour qu’un auditoire reste attentif et que personne ne décroche.”

Vous avez également été attentif à la gestuelle d’Albert II ?

“Comme à son habitude, il était calme et posé. Cependant, il avait un regard extrêmement fixe : il regardait ses interlocuteurs, dans les yeux. On sentait son regard.”

Et le ton ?

“À plusieurs reprises, le chef de l’État en a changé. Il l’a fait lorsqu’il voulait marquer certains moments. Sa diction était alors découpée, pour insister sur l’urgence et l’importance de ce qu’il disait.”

Comme d’autres, vous avez retenu qu’il a utilisé des mots forts ?

“Exactement. Ainsi le mot exhorté qu’il a utilisé à deux reprises, ou exacerbé et affligé. Des mots peu utilisés mais qui renforçaient le propos.”

N’est-ce pas un peu élitiste ?

“Non ! Si des téléspectateurs ne connaissent pas ces mots, ils auront compris qu’Albert II les avait choisis avec précaution.”

Avez-vous retenu d’autres mots ?

“Des expressions plutôt. Comme vrai courage. Il faut la prendre en songeant à son contraire : poltronnerie, couardise.”

Vous avez également observé les mouvements de ses mains ?

“On le sait, la gestuelle renforce le poids des mots. Dès le début, Albert II avait les mains jointes et les doigts croisés. Puis, ses paumes se sont fait face. À un moment bien précis de son discours, il a subitement écarté les mains : c’était lorsqu’il présentait sa solution. Ensuite, il a repris une gestuelle plus calme et s’est mis à soulever les mains, puis à les rabattre sur la table.”

Autre moment fort, celui où il a pointé l’index vers la table...

“Comme pour dire : je le veux. Les gens attendaient et avaient besoin d’une telle motivation.”

Que retenez-vous de manière générale ?

Albert II a répondu au ras-le-bol de la population, tout en mettant en garde la classe politique contre tout poujadisme. On a assisté à une colère royale.”

Les commentaires sont fermés.