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12/06/2011

BART DE WEVER EST L'ENFANT DES DEHAENE, TOBBACK, DE GUCHT... (DH 12-06-11)

Olivier Maingain (FDF) guère optimiste sur les chances d’aboutir à un accord

Hier samedi, il n’y en avait que pour Bart De Wever. Le président de la N-VA avait, en effet, accordé des interviews à La Libre , au Laatste Nieuws et au Standaard . Sans oublier sa participation au Zevende dag (VRT), vendredi. Nous avons demandé à Olivier Maingain comment il analysait cette présence multimédia.

Dans De Standaard, Bart De Wever affirme : “Avec la majorité au Parlement, la Flandre peut enfin jouer la démocratie réelle. Et nous y avons obtenu le soutien du MR…” S’agit-il d’un appel du pied ?

“Je n’ai pas à disséquer la pensée du président de la N-VA. Je rappelle simplement que je suis un des plus fervents opposants au nationalisme de Bart De Wever. Il est antieuropéen et n’a pas l’idéologie qu’il convient pour renforcer l’Europe. On ne fera pas face au débat lié à l’immigration en prônant un repli nationaliste. Cela n’a rien à voir.”

Selon vous, De Wever est-il un démocrate ?

“Disons qu’il n’est pas le démocrate le plus exemplaire que je connaisse. Je n’ai pas lu le livre de Marcel Sel, paru jeudi, mais le songe à certains faits, connus de tous…”

Est-il d’extrême droite ?

“Là n’est pas la question ! Je ne me demande pas s’il est influencé par ses idées familiales (Ndlr : son grand-père a collaboré, durant la guerre). Tout ce que je sais est qu’il est un homme qui n’est pas de ce siècle. Son discours nationaliste est rétrograde. Il est en train de travailler contre les objectifs de l’Europe. Celle-ci a, certes, des carences, mais ce n’est pas en l’affaiblissant qu’on va l’aider.”

En milieu de semaine, votre collègue du MR, Serge Kubla, s’en est pris à la Wallonie…

“Il a posé un diagnostic et a porté un jugement. C’est son droit. Nous devons avoir la fierté, pour nous-mêmes, comme francophones bruxellois et wallons, de porter un regard objectif sur le plan socio-économique.”

Que doivent viser les francophones ?

“Ils doivent avoir comme objectif de placer, pour nos deux régions, les indicateurs de croissance au-dessus de la moyenne européenne. Aujourd’hui, nous sommes en deçà, pour certains indicateurs, mais nous devons remonter. Pour y arriver, nous ne pouvons compter que sur nos forces. Nous ne serons forts qu’ensemble, Wallons et Bruxellois. Car, ne l’oublions pas, la région wallonne et Bruxelles, ensemble, ont un PIB quasi égal à celui de la Flandre. J’en ai marre du discours flamand qui fait passer Bruxelles et la Wallonie pour des régions sinistrées. Mais nous devons être plus exigeants avec nous-mêmes afin de nous faire respecter.”

En Flandre, il n’y a que des politiques de l’ancienne génération – Tobback, De Gucht, Dehaene… – pour s’opposer à De Wever…

“Ce dernier est l’enfant d’une certaine Flandre. Les personnes que vous citez n’ont pas eu le courage de contrer le nationalisme, quand il le fallait. Ils ont même eu une certaine complaisance. Ils ont eux-mêmes engendré les excès de Bart De Wever : son succès leur est dû.”

Avez-vous des exemples en tête ?

“Lorsque Karel De Gucht a affirmé que la Belgique s’évaporait, De Wever n’existait pas encore… Ces hommes ne doivent pas s’étonner, ensuite, du succès de la N-VA…”

Cette Flandre, à laquelle vous faites allusion, quelle est-elle ?

“Elle est celle qui a estimé que son autonomie ne devait pas être contrariée. Bart De Wever propose de faire une marche en avant, encore plus rapide. Pour y parvenir, la Flandre ne veut plus être contrariée par le Sud. Quitte à faire de la Belgique une coquille vide. C’est un processus sécessionniste qui n’a plus de fin…”

Sur quoi porte le débat actuel ?

“Il porte sur l’existence de l’Etat belge : voilà pourquoi je prédis que cela va encore prendre des mois, voire même plus…”

Comment prendre les déclarations de certains qui prétendent, régulièrement, qu’on est près d’un accord ?

“L’été dernier, les partis francophones qui négociaient (PS, CDH, Ecolo) ont beaucoup lâché et cela n’a pas servi. Bart De Wever ne sera satisfait que lorsqu’il aura rendu irréversible la fin de l’Etat belge.”

Commentaires

La création d'un véritable Etat-nation flamand est inéluctable. Une coupole Belgique subsistera, avec la monarchie, les relations extérieures, la défense nationale et une politique de financement de la solidarité interpersonelle et de correction de ses désaquilibres régionaux. Le futur "Etat belge" devrait aussi garder la compétence pour toutes les questions sensibles, notamment pour faire respecter l'état de droit aujourd'hui malmené par une certaine Flandre. Exemple : il faudrait que l'Etat exerce un second degré de tutelle sur les communes à facilités. De même il devrait être seul maître des zones frontières entre les régions et, notamment, des axes de communication entre la Wallonie et Bruxelles qui devraient relever de sa compétence exclusive, sachant qu'après la scission de BHV, les flamands vont rendre ces axes aussi impraticables que possible (cfr la volonté de la Flandre de fermer l'accès du Ring vers l'avenue de Tervuren aux Quatre-Bras ... pour des raisons botaniques !). Le lien territorial Wallonie-Bruxelles devrait être une revendication francophone prioritaire. En effet, si la Flandre devient un Etat-nation, il est essentiel de construire notre avenir sur la fédération Wallonie-Bruxelles et de proposer pour cet axe un projet politique novateur et alternatif à l'axe PS-cdH-Ecolo. C'est pourquoi il faut désenclaver BXL, confrontée à une pression démographique liée à sa vocation européenne et appelée à trouver de nouveaux espaces que le "groen gordel" ne lui permettra pas de trouver dans BHV.

Écrit par : Veldekens Benoît | 14/06/2011

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