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04/03/2011

LUC VANDER KELEN: "VOUS VOYEZ BEAUCOUP DE DRAPEAUX AUX FENETRES?" (PARIS MATCH 13/1/11)

Au Nord comme au Sud du pays, les observateurs éprouvent, chaque jour, un peu plus de mal à comprendre et à décrire la crise historique que traverse notre pays. Afin de tenter d'aider nos lecteurs à y voir plus clair, nous avons interrogé Luc Van der Kelen, éditorialiste de Het Laatste Nieuws, premier quotidien flamand. À ce double titre, il est le chroniqueur le plus lu et celui dont les avis sont les plus écoutés. Il nous a fait part de son amertume et de sa tristesse, mais nous a aussi expliqué comment il envisageait la Belgique de demain. Ses propos ne sont guère optimistes. Cette interview a été réalisée, le 10 janvier 2011, soit la veille d'une rencontre entre le Roi et Johan Vande Lanotte.

Paris Match: Que la mission de Johan Vande Lanotte soit prolongée, que le Roi initie une nouvelle piste ou que l’on aille vers les élections, comment voyez-vous l’avenir de la Belgique à court terme, c’est-à-dire d’ici à trois mois ?

LVDK: La Belgique a besoin d'être gouvernée. Et ce, dans les plus brefs délais. Quand on lit dans les médias que la position financière belge subit une dégradation rapide – aux dernières nouvelles, nous passons, de la 50ème à 16ème place des pays dits "à risques financiers" – cela signifie que notre image commence à fortement se dégrader. Jusqu'à présent, elle était bonne, grâce surtout à la présidence belge et au soutien de Barroso, qui est sans doute le plus grand ami de la Belgique. Avec cette dégradation qui s'annonce, il est indispensable que nous ayons un gouvernement, le plus tard en février.

PM: La Belgique peut-elle politiquement se remettre d’une telle crise?

LVDK: Comme observateur, je constate une décadence de la manière dont on fait de la politique. Or, cela ne sert à rien. Ceux qui se laissent aller à certains écarts montrent qu'ils ne veulent pas vraiment arriver à un accord.

PM: Et financièrement ?

LVDK: Si cela continue, la population payera un prix très fort, pour cette crise qu'elle n'a pas voulu. Je songe à ceux qui ont une maison dont ils doivent payer les intérêts, par exemple. Si la situation politique s'enlise, les marchés s'emballeront et les taux d'intérêt grimperont: les gens devront donc payer plus, chaque mois. Je crois qu'au moment où je vous parle, nos dirigeants ne se rendent pas vraiment compte de la gravité de la situation et des risques qu'ils font prendre à la Belgique, ainsi qu'à ses habitants.

PM: Vous n'y croyez plus?

LVDK: Après 6 mois de négociations, qui n'en étaient pas vraiment, il est impossible d'encore croire à un gouvernement "normal" qui serait créé, en quelques jours. Voilà pourquoi je suis favorable à l'idée de Didier Reynders: le gouvernement Leterme doit poursuivre sa route, avec des pouvoirs élargis. Cela doit être décidé, dans les plus brefs délais. Parallèlement, les négociations communautaires se poursuivent.

PM: Et si vous vous projetez dans un an, comment voyez-vous le pays ?

LVDK: Selon moi, nous sommes seulement au début de la crise, qui a débuté en 2007. J'ajouterais que l'on est trop près des élections communales de 2012, pour qu'un grand accord intervienne. Je ne sens en effet aucune volonté d'obtenir un accord, tant du côté du PS que de celui de la N-VA, tous deux vainqueurs, le 13 juin dernier. Voilà pourquoi il sera impossible d'à la fois mettre sur pied un véritable gouvernement et d'obtenir un accord institutionnel. Cela ne pourra avoir lieu qu'après octobre 2012, et avant 2014, année où se dérouleront d'autres élections. Enfin, chacun sait qu'aucun accord sérieux n'est possible, en matière communautaire, si les trois grandes familles ne sont pas autour de la table. Autrement dit, sans Olivier Maingain, il n'y aura pas d'accord durable. Il est toujours présent, même quand il n'est pas là. Ainsi, il pèse sur Joëlle Milquet: elle n'ose pas faire trop de concessions, car elle sait fort bien que Maingain ne la ratera pas.

PM: On vous sens terriblement pessimiste…

LVDK: Effectivement! Je suis profondément triste. Amer, même. J'observe que les partis politiques n'ont ni la volonté ni le courage d'arriver à un accord. Certes, les francophones l'ont un peu fait – Elio Di Rupo a régulièrement lâché du lest –, mais du côté flamand, personne n'a mis d'eau dans son vin. Sans doute les partis du Nord du pays espèrent-ils obtenir encore plus que ce qu'ils n'ont déjà eu. Ils ont donc décidé d'attendre. Bref, tout le monde sait fort bien dans quelle direction on va, mais on y va quand même. Au moment où nous nous parlons, nous sommes lundi matin et je suis persuadé que le Roi va tout tenter pour éviter des élections: comme faire venir les libéraux, par exemple, voire appeler à la formation d'un gouvernement d'union nationale, ou que sais-je encore? Il cherchera toutes les pistes possibles et imaginables, en espérant qu'un signal international oblige enfin les politiques à faire quelque chose. Sans quoi, il y aura des élections, le dimanche 14 juin de cette année, je peux déjà vous l'annoncer.

PM: Votre lassitude et votre tristesse sont telles que vous avez été

jusqu'à consulter votre agenda?

LVDK: Tout à fait! On ne peut organiser des élections avant Pâques,

Etant donné que l'actuel gouvernement doit établir le budget de cette

année. Si l'on devait voter, ce serait donc après Pâques. J'ai choisi la

date du 14 juin, car elle est symbolique: Alexander De Croo a toujours

affirmé qu'il voulait un accord "avant le 14 juin"…

PM: Des élections changeraient-elles la donne?

LVDK: Etant donné qu'il n'y aura pas de déblocage, après

ces élections dont je parle, rien ne sert de les organiser. J'affirme cela

parce que, selon les sondages, en cas de scrutin, la N-VA l'emporterait

et le PS ne perdrait guère de voix: les mêmes De Wever et Di Rupo

se verraient contraints de discuter ensemble. Voilà pourquoi il ne sert à rien de voter.

PM: Si on ne vote pas, que peut-on faire d'autre pour sortir de

l'enlisement actuel?

LVDK: Commençons à gouverner! Et vite! Comme l'a fait Jean-Luc

Dehaene, en 1992, lors des accords de la Saint-Michel: un

gouvernement a été rapidement mis en place et il a ouvert de discrètes

négociations institutionnelles. Je le répète: votons le budget, avant tout,

afin de faire savoir aux marchés internationaux que le pays est stable.

PM: Serait-ce une question de génération?

LVDK: Les anciens ont commis des erreurs, comme la dette publique. Cependant, les Martens et autres Dehaene ont pris des décisions qui ont fait de la Belgique un des pays les plus prospères qui soient. Cela, malgré la dette publique, malgré la complexité des solutions qu'ils avaient imaginées. A l'époque, on gouvernait. Aujourd'hui, il n'y a que de la propagande à la télé, comme ces 5 minutes de courage politique, pour reprendre la formule d'Yves Leterme. Cela dure depuis 2007… Voilà pourquoi je suis triste et amer. Pourtant, personne ne peut me taxer d'être anti-flamand. Il faut tout simplement que les francophones n'aient pas peur et respectent la volonté de la majorité du pays d'avoir plus d'autonomie.

PM: Vous-même venez d'affirmer que les francophones avaient déjà beaucoup cédé: ils ne peuvent tout de même pas aller plus loin?

LVDK: Certes, mais je ne vois aucun leadership. Pas même chez Elio Di

Rupo qui ne s'expose pas comme devrait le faire un futur Premier

ministre. Je ne perçois que de l'angoisse, personne n'ayant le courage de dire oui. Il est effectivement bien plus aisé de dire non.

PM: L’immobilisme est économiquement dangereux. L’interminable crise a fragilisé le pays. La Belgique détient désormais le record européen du pays resté le plus longtemps sans gouvernement. Pour vous, le danger de voir le pays attaqué, sur les marchés financiers, est-il réel ?

LVDK: Oui! On peut l'observer, chaque jour: les taux d'intérêts grimpent. Une montée de 1% signifierait une perte d'un milliard, sur les 80 que doit déjà financer notre pays. Cela va se produire. Standard and Poors nous a prévenus: dans 6 mois, cette société de notation va dégrader la Belgique. En clair, dès le mois de mars, les gens vont vendre. Et lorsque cela commence, tout va très vite. On ne pourra plus rien faire.

PM: "La Belgique avance à toute allure vers la banqueroute", a indiqué une analyse du marché. Croyez-vous que cela soit possible et pourquoi les politiques ont-ils l’impression de ne pas attacher d’importance à ces menaces ?

LVDK: J'ai lu, début décembre, l'interview de Bart De Wever, dans Der Spiegel (Ndlr: le leader nationaliste y affirmait: "L'argent de la Flandre ne doit pas être une perfusion pour la Wallonie, comme la drogue pour un junkie.") A ce moment, il y a eu un choc et il a craint d'être désigné comme le grand coupable de la crise. J'ai espéré que les choses changent, mais cela n'a pas eu lieu. La prochaine fois, ce sera bien pire: l'Europe sera appelée au chevet de notre pays. Aujourd'hui, la question n'est plus de savoir si cela va réellement se produire, mais quand cela va se produire.

PM: Comment pourrait-on éviter l’écueil de la faillite du pays ?

LVDK: Le plus dur, pour un parti politique, est de perdre une élection. La Belgique vaut bien une défaite électorale, non? Quant à ceux qui témoigneront de courage, ils seront récompensés par l'électeur.

PM: Certaines personnalités sortent quand même du lot?

LVDK: Il en existe, dans chaque parti. Actuellement, un homme comme Yves Leterme, pourtant fort décrié, prend ses responsabilités. Cependant, ce n'est pas lui qui décide.

PM: Que risque la population si on n’y parvient pas ?

LVDK: Elle souffrira, de manière très directe. Peu de Belges iront en vacances, par manque d'argent, vu que le remboursement de leur maison aura augmenté. D'autres seront au chômage, étant donné que les entreprises auront pris de plein fouet la hausse des taux d'intérêts… Si les Allemands et les Français contraignent la Belgique à faire des économies, les pensions s'en ressentiront, mais aussi les minervals, les salaires dans la Fonction publique… Nous vivrons ce que les Grecs et les Irlandais ont vécu. Pourtant, le Belge, même le Flamand, n'aime pas que l'on touche à son porte-monnaie.

PM: Que pensez-vous de la proposition de Didier Reynders de repartir d’une page blanche, pour relancer les négociations et rassurer les marchés?

LVDK: Si on se met d'accord au sein de l'actuel gouvernement, avec le soutien extérieur de la N-VA, il est possible de voter un budget, qui corresponde à l'accord de stabilité de l'UE. Cela peut se faire en une semaine. En un week-end, même. Afin d'y parvenir, il suffit de quelques personnalités de bonne volonté. La N-VA a accepté la proposition de Didier Reynders, pas les autres formations. Pour me résumer, je suis favorable à toute proposition qui rende possible un gouvernement socio-économique, lequel serait plus qu'un gouvernement d'affaires courantes. Au moins, Reynders a fait une proposition constructive et pouvant rapidement être mise en place.

PM: Que faut-il penser de Bart De Wever?

LVDK: Sa plus grande inquiétude est d'être enterré, au sein d'un gouvernement de gauche. Chacun sait que les négociations sont terminées, depuis septembre, puisque les sept partis ne sont plus retrouvés à la même table de négociation. Durant l'été, le président de la N-VA a tenté de trouver un accord, mais il a mis deux mois pour constater que ce serait très difficile, sinon impossible. C'est alors qu'il a quitté l'option de négociations à sept. De Wever a fait part de sa crainte. Malgré cela, le Roi a décidé de prolonger les négociations, avec les mêmes formations. Quant à ce que vient de faire Johan Vande Lanotte, c'est intéressant. Pourtant, on sent bien, depuis quatre mois, que la volonté n'y est plus. Je songe aux partis de gauche. On a besoin d'un réanimateur-défébrilateur car, pour moi, la formule à sept est morte. Vande Lanotte n'est pas Jésus.

PM: La proposition Reynders n’est-elle pas un mauvais quitte ou double, dans la mesure où même si le MR se rapproche de la droite flamande, les diktats de la N-VA semblent trop importants?

LVDK: Je ne dis pas que ce sera facile, mais il y aura plus d'équilibre, dans un gouvernement centriste, que dans un gouvernement comprenant cinq partis et demi de gauche (le CD&V n'est qu'à moitié de gauche), et la N-VA. Cette formule n'a plus la confiance de Bart De Wever.

PM: La N-VA ne veut pas d’accord et cherche à pourrir la situation.

Vrai ?

LVDK: Non! Bart De Wever a tenté d'être constructif, avec sa note. Ses intentions étaient positives. Il ne cherche donc pas le pourrissement. Pour lui, le communautaire est le plus important: cela figure au premier article du programme de sa formation. Or, sur le socio-économique, sur l'asile, sur la Sécurité sociale, il n'est pas d'accord avec Elio Di Rupo. Ils sont comme l'eau et le feu.

PM: Le pays extrémiste et séparatiste veut-il aller vers le chaos ?

LVDK: Négatif! Si De Wever obtient ce qu'il veut sur le communautaire, il pourra se montrer plus souple en matière socio-économique.

PM: Jusqu’où les partis flamands le laisseront-ils aller, avant de l’abandonner ?

LVDK: Il est évident que le Cd&V va coller à la N-VA, jusqu'aux élections communales d'octobre 2012. Ce parti veut, avant tout, sauver ses 165 bourgmestres qui sont pour lui, une forteresse. S'il perd cela, il subira une nouvelle défaite, aux élections régionales et fédérales qui suivront. De Wever le sait fort bien. Voilà pourquoi il laisse passer le temps. A Ypres, Yves Leterme a pris tout le monde de court en annonçant un cartel avec la N-VA, pour les communales. Depuis, Bart De Wever a bloqué la situation. Il n'y aura pas d'autres cartels.

PM: L’écolo francophone Jean-Marc Nollet a déclaré qu’il fallait maintenant tenter de constituer un gouvernement sans la N-VA. Votre avis? Est-ce possible?

LVDK: C'est totalement irréalisable. Ceux qui profèrent de telles affirmations se bercent d'illusions. Le CD&V n'acceptera jamais de quitter le sillage de la N-VA. Pour les autres partis, ce serait tout aussi suicidaire. Il existe une seule solution pour qu'un tel scénario se réalise: que le pourrissement de la situation économique soit tel qu'on en arrive à être forcé d'écarter la N-VA.

PM: La mise à l'écart de la N-VA n’est-elle pas envisageable, si le communautaire est mis au frigo et que l'on se concentre sur l’économique et le social ?

LVDK: Non! Un tel gouvernement aurait besoin du soutien de la N-VA. Sans elle, on n'y arrivera pas. Si la formation de Bart De Wever est mise hors-jeu, le CD&V ne suivra pas. Or, pour qu'une formule tienne la route, un de ces deux partis doit être présent. Sans eux, pas d'issue.

PM: Les débats dominicaux ont montré l’impossibilité des partis à s’entendre et à mettre de l’eau dans leur vin. Sera-ce possible un jour ?

LVDK: Un jour, oui! S'il n'y pas d'accord, le pays court à sa perte: une scission du pays serait bien plus difficile à gérer que les négociations actuelles. On commencerait par discuter des frontières et à ce moment, Wallons et Bruxellois exigeront un corridor qui les relie. Pour parvenir à résoudre ce seul point, on ne pourra se passer d'une intervention internationale. Ensuite, on en viendra à évoquer la protection des minorités, en Flandre. Là, c'est l'Europe qui sera appelée à la rescousse. A ce stade, on n'aura pas encore évoqué le partage de la dette. C'est parce que ce scénario est sans solution qu'un accord doit être trouvé. Le plus tôt possible. Quand sera-ce? Je vous le répète, selon moi, cet accord interviendra, après les élections communales d'octobre 2012.

PM: En dehors des élections, les citoyens ont-ils encore un rôle à jouer ? Croyez-vous que la manifestation prévue le 23 janvier pourrait changer quelque chose. S’il y avait 300 000 Belges dans les rues comme pour la Marche Blanche, les politiques s’interrogeraient-ils ?

LVDK: Mais nooooon… Il y aura tout au plus 2000 personnes. Les gens n'ont pas l'air de se rendre compte de la gravité de la crise que nous traversons. Ils observent que notre pays se porte mieux que la Grèce ou l'Irlande. Il n'y a de grève nulle part. Bref, la vie continue. Prenez les vacances ou l'achat de voitures neuves: cela fonctionne fort bien. De plus, le Belge n'est pas un manifestant dans l'âme. Seuls les syndicats parviennent à organiser de véritables manifestations. Le temps des marches flamandes sur Bruxelles est passé. Enfin, avez-vous vu des drapeaux aux fenêtres, à Bruxelles?

PM: Que pensez-vous de cet échange de phrases assassines entre personnalités politiques alors que l’instant est tragique ?

LVDK: C'est honteux. Et contreproductif. Si on continue cela, il n'y aura pas d'accord du tout. Voyez ce qu'il vient de se produire, aux USA. Certains ont formulé des déclarations agressives et proféré des attaques personnelles. Etant donné que cette société permet de posséder une arme, cela a tourné au drame. Heureusement, nous n'en sommes pas là.

PM: Francis Van de Woestyne a écrit dans La Libre Belgique : "La raison impose de cesser ces tergiversations et de lancer, sans délai, de rapides négociations pour qu’une petite équipe se mette en place et, dans un délai limité, prenne les mesures budgétaires urgentes. Aujourd’hui, la Belgique court comme une poule sans tête." Un commentaire?

LVDK: Il ne nous faut pas nécessairement quelque chose de neuf. Un gouvernement existe, de même qu'un Parlement qui a les pleins pouvoirs. Utilisons-les. On peut commencer, demain. Il s'agit de la seule possibilité.

PM: Le 3 juin 2010, vous déclariez : « Tout le monde va devoir quitter ses positions de guerre que l’on connaît aujourd’hui. Je ne suis pas optimiste. Je suis même pessimiste concernant la possibilité d’avoir une réforme de l’Etat et une solution pour BHV. Si cela continue, je crains de nouvelles élections dans un an. » Un commentaire? Vous êtes devin?

LVDK: C'est vrai, j'ai eu raison. Quand je vous entends lire ce texte, je me dis que j'étais dans le bon. Et je continue à croire ce que j'affirmais, en juin dernier: je ne vois nulle part la volonté de réaliser un grand accord communautaire. Aujourd'hui, on n'a même pas quitté le centre du conflit. On est toujours en guerre, avec les déclarations agressives auxquelles vous avez fait allusion. Léo Goovaerts, spécialiste en négociations, le dit fort bien: il n'y a pas de négociations. Celles-ci se sont terminées, le 24 août 2010 (Ndlr: lorsque les Flamands ont mis la loi de financement sur la table) et ont été enterrées, le 3 septembre (Ndlr: quand Elio Di Rupo a démissionné comme préformateur). Le conflit est loin d'être terminé.

PM: Vous disiez également : "L’élargissement de Bruxelles est la seule chose qui n’est pas négociable. Tout le reste l’est. Le territoire d’une Région, on doit l’accepter sinon, on ne peut vivre ensemble." Vous persistez et signez ?

LVDK: Parfaitement! On ne touche pas au territoire de l'autre. Les droits des francophones sont négociables, eux! Wallons et Bruxellois peuvent toujours essayer de toucher au territoire flamand: au Nord, aucun parti ne l'acceptera...

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