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01/04/2010

SOUS LE REGARD DE LA FLANDRE: JEAN-MARIE DEDECKER: "Charleroi est toujours le trou du cul du monde" (DH 28-03-10)

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Suite des interviews dominicales que la DH consacre à l’opinion qu’ont les « BV » (Flamands connus) sur la Wallonie, Bruxelles et les francophones. Ce dimanche, l’ancien entraîneur national de judo, Jean-Marie Dedecker, mais aussi ex-parlementaire du VLD et fondateur de la Liste Dedecker. Lorsque nous avons interrogé, l’homme venait de passer 24 heures à Charleroi…

La Dernière Heure : Charleroi a été qualifiée de « trou du cul du monde »…

Jean-Marie Dedecker : C’est toujours le cas ! Je pense qu’il s’agit d’un véritable cimetière économique.

DH : Des villes pareilles existent aussi en Flandre ?

JMDD : C’était il y a 25 ans ! Depuis, on n’a plus jamais vu cela.

DH : Qu’est-ce qui vous y a surtout frappé ?

JMDD : La pauvreté ! Mais aussi, pour prendre un détail, le fait que certaines fenêtres de l’Hôtel de Ville sont cassées, sans avoir été réparées : on y a mis de simples planches en bois.

DH : D’autres villes wallonnes que vous connaissez ?

JMDD : Il y a Huy, la ville d’Anne-Marie Lizin. Mon fils y construit, chaque année, une grande patinoire et je m’y rends, évidemment.

DH : Mais encore ?

JMDD : Quand j’étais entraîneur de judo, je donnais des cours à Marche-en-Famenne, Namur… Ce sont donc des villes que je connais un peu.

DH : Quels endroits de Wallonie ont votre préférence ?

JMDD : Les Ardennes, Bouillon, Marche… C’est-à-dire tout ce qui est proche des forêts. J’adore m’y promener.

DH : Comment percevez-vous les Wallons ?

JMDD : Ils sont très ouverts et fort gentils, allant jusqu’à vous offrir un bisou pour vous saluer. Ils le font même entre hommes, ce que ne se pratique pas du tout en Flandre.

DH : Comment avez-vous réagi, lorsque vous avez reçu votre premier bisou d’un Wallon ?

JMDD : J’ai pris cela comme il le fallait : le témoignage d’une grande ouverture.

DH : Comment êtes-vous accueilli lorsque vous vous rendez en Wallonie ?

JMDD : La première chose à savoir est qu’il faut toujours s’exprimer en français. Un peu comme on doit parler anglais en Grande-Bretagne ou allemand en Allemagne.

DH : C’est un reproche ?

JMDD : Non, c’est une chose à savoir. Il serait pourtant bon que les Wallons fassent des efforts en matière de langues. Mais tout cela est du passé : aujourd’hui, on est proche du divorce.

DH : Pour en revenir à la manière dont vous êtes accueilli en Wallonie ?

JMDD : Certes, je ne m’y sens pas chez moi et suis accueilli comme un flamingant. Ce n’est pourtant pas là un reproche que m’adressent les gens. Ils me disent plutôt qu’on a besoin d’un type comme moi.

DH : Et Bruxelles ?

JMDD : C’est une société en soi. Personnellement, Bruxelles c’est avant tout le Parlement fédéral et les embouteillages. Cette ville ne me donne pas du tout envie de m’y promener.

DH : Parce qu’elle ne vous plaît pas ?

JMDD : Quand j’étais entraîneur de judo, je me rendais trois ou quatre fois par semaine à Ixelles. C’était comme aujourd’hui pour la politique.

DH : Et les Flamands, à Bruxelles ?

JMDD : 50.000 habitants de la capitale votent pour des Flamands. Cette petite minorité explique pourquoi on ne parle pas flamand, dans la capitale.

DH : … comme en Wallonie !

JMDD : Oui mais là, les gens sont gentils et pleins de vie.

DH : Bruxelles est aussi la capitale de la Flandre ?

JMDD : Il y a des dizaines d’années, Bruxelles était une ville flamande. C’est pour cela qu’on a le sentiment que la Flandre y est partout. Tout le problème est que les Flamands qui sont venus à Bruxelles ont appris le français. C’est une réalité : il n’y a pas à le regretter ou non.

DH : Vous arrive-t-il de suivre les programmes des télés francophones ?

JMDD : Parfois, le dimanche midi. Le meilleur présentateur est Pascal Vrebos.

DH : Que pointeriez-vous comme différences entre les chaînes flamandes et francophones ?

JMDD : Au nord comme au sud, on parle très peu de l’actualité qui se déroule de l’autre côté de la frontière linguistique. Chez nous, il n’y a quasi pas d’information sur ce qui se passe en Wallonie. Les Flamands connaissent tout juste Rudy Demotte et Charles Picqué. Mais à part ces deux-là…

DH : Diriez-vous la même chose, à propos de la presse écrite ?

JMDD : Tout à fait ! Les meurtres et la violence mis à part, on ne parle pas de la Wallonie.

MODRIKAMEN

On ennuie Modrikamen parce que, comme moi, il critique le système !

DH : Les médias flamands ne parlent quasi pas de l’affaire Modrikamen…

JMDD : Bien sûr ! L’explication vient du fait que nous sommes deux nations.

DH : Vous connaissez Modrikamen ?

JMDD : Oui, personnellement. Pour autant je n’ai pas de commentaire à faire sur son inculpation, ne connaissant pas le fond du dossier.

DH : Lorsque vous avez lancé votre parti, vous avez vécu le même genre de choses ?

JMDD : Dans l’année qui a suivi la création de LDD, j’ai subi 26 contrôles fiscaux. Depuis, on me suit à travers une loupe.

DH : Pourquoi, selon vous ?

JMDD : Parce que des gens comme Modrikamen ou moi critiquons le système.

DH : Comment éviter cela ?

JMDD : Il faut changer le mode de désignation des fonctionnaires : ils sont tous à leur place par la volonté des partis. Organisons de véritables examens !

DH : Vous n’abandonnez pourtant pas…

JMDD : Pour la seule raison que j’ai mauvais caractère. Souvenez-vous de la célèbre phrase : « Quand tous les dégoûtés s’en iront, il ne restera que les dégoûtants. »

MINI QUIZ DH

DH : Quel est le véritable nom du créateur de Tintin ?

JMDD : Je ne sais pas…

DH : Georges Remi. Pouvez-vous citer trois ministre wallons ?

JMDD : Demotte, Lutgen et Nollet.

DH : Qui est le patron du Standard de Liège ?

JMDD : D’Onofrio.

DH : La ministre de la Culture et de l’audiovisuel de la Communauté française ?

JMDD : Cela ne m’intéresse pas.

DH : Fadila Laanan. Et la présentatrice de Place royale ?

JMDD : Même réponse : cela ne fait partie de mes centres d’intérêt.

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