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01/04/2010

FATOUMATA SIDIBE: "Des prédicateurs volants détournent des malades du traitement du SIDA!" (DH23-03-10)


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D’origine malienne, la députée bruxelloise Fatoumata Sidibe (MR) était présidente du comité belge « Ni putes ni soumises » jusqu’à sa candidature aux dernières élections régionales bruxelloises. Femme de terrain, elle a participé, en 2006, à un colloque intitulé « Pratiques religieuses, pratiques de soins, diversités sexuelles dans le contexte de l’épidémie du VIH/Sida ». C’est à ce double titre qu’elle a récemment interrogé le ministre Benoît Cerexhe sur les refus d’observance thérapeutiques, par certains malades atteints du Sida. Et de pointer le refus de femmes enceintes de suivre un traitement qui protégerait leur fœtus ainsi que le refus de parents d’administrer un traitement préventif à leur jeune enfant, quand il ne s’agit pas du refus de continuation du traitement à des enfants séropositifs ou de l’arrêt pur et simple du suivi médical. Le sujet est à ce point tragique qu’il a parfois requis le recours aux commissions éthiques hospitalières ou aux tribunaux de la Jeunesse. Principaux responsables : des prédicateurs volants qui hantent cliniques et hôpitaux, promettant aux malades des « guérisons miracles » en leur imposant des contraintes inacceptables comme le jeûne « sec », de longues prières ou même des sévices physiques. Sans parler des sommes, parfois considérables que sont contraintes de verser ces familles désargentées. Ces sortes de gourous sont issus d’églises souterraines prônant la pratique des danses, des transes, des aveux publics… Les populations migrantes les plus vulnérables sont celles de la RDC, du Rwanda, du Cameroun et d’Afrique latine, toutes extrêmement repliées sur elles-mêmes. Dans sa réponse longuement argumentée, Benoît Cerexhe indiquait que l’équipe spécialisée du CHU Saint-Pierre parlait de « quelques cas par an ». Un peu court, selon la députée. Pour déterminer l’étendue du phénomène, Fatoumata Sidibe souhaite un état des lieux qui serait réalisé sur base d’informations récoltées par le monde associatif et par les églises officielles. Ce n’est qu’à partir de données sûres que l’on pourra lutter efficacement contre ces pratiques qui ont déjà causé la mort de nombreux patients.

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