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07/03/2010

NIGEL FARAGE: "JE N'EN AI PAS FINI AVEC VAN ROMPUY!" (DH 07-03-10)

 

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Nigel Farage est ce député anglais de l’UKIP – parti prônant le retrait de la Grande-Bretagne de l’Europe – qui a récemment traité Herman Van Rompuy du « serpillière humide ». Il n’est pas un inconnu, au Parlement européen. Déjà en février 2008, il s’était rendu célèbre pour être resté assis alors que les Eurodéputés offraient une standing ovation au prince Charles, après un discours sur le climat. La Dernière Heure a interrogé ce vice-président du groupe Europe Liberté Démocratie.

 

La Dernière Heure : Pouvez-vous vous présenter ?

NF : Je suis un homme d’affaires et je suis entré en politique parce que je trouvais qu’il était désastreux, pour l’Angleterre, d’être entrée dans l’Union européenne. Je ne fais pas de politique pour les mêmes motifs qu’un Van Rompuy.

DH : Vous n’être donc pas un professionnel de la politique ?

NF : Effectivement ! Si je le devais, je pourrais retourner à la City et gagner de l’argent, mais j’ai choisi de faire ce job parce que notre classe politique est pénible.

DH : C’est-à-dire ?

NF : J’estime que les pays doivent coopérer sans passer par des bureaucrates « à la Van Rompuy ». L’Europe est composée de 90% de bureaucrates.

DH : Connaissez-vous personnellement le président de l’Europe ?

NF : Non, je ne le connais pas. Malheureusement ! Avec ce que j’ai dit, il vaut mieux pour lui que je ne le connaisse pas.

DH : Que pensez-vous des réactions qui ont fait suite à vos propos?

NF : Très intéressantes ! En Angleterre, beaucoup de gens m’ont dit que j’avais tout à fait raison : un nombre important d’Anglais n’ont jamais entendu parler de lui. De plus, sa désignation a échappé à tout contrôle démocratique.

DH : Et les réactions hors Grande-Bretagne ?

NF : En Belgique, certains ont trouvé que j’y avais été trop fort.

DH : Vous avez aussi dit que la Belgique était un non-pays ?

NF : Ce pays est une fédération de perdants. Ils ne vont sans doute pas rester ensemble plus de deux mois.

DH : Le président du Parlement vous a condamné à une amende pour vos propos…

NF : J’ai été condamné pour l’équivalent de dix jours de mon traitement. C’est sans doute le prix à payer pour avoir parlé librement. Au Parlement européen, cela coûte très cher.

DH : Certains se sont demandé pourquoi l’Angleterre ne quittait pas tout simplement l’Europe…

NF : Pour moi, l’Angleterre peut quitter l’Europe, dès demain. Absolument ! C’est pour cela que nous avons tant de succès chez nous. Si mes compatriotes sont d’accord pour une coopération entre pays, ils ne veulent pas participer à un gouvernement « à la Van Rompuy ».

DH : Vos propos n’étaient-ils pas à usage interne : chez vous, on vote dans quelques mois…

NF : Non, j’avais déjà délivré le même message, lors des dernières élections.

DH : Votre discours était-il préparé ?

NF : Je n’avais pas écrit un discours, même si j’avais bien réfléchi à ce que j’allais dire.

DH : Pourquoi vous en être pris à Van Rompuy : il y a aussi Catherine Ashton ?

NF : Van Rompuy est sans doute mieux qualifié pour son job qu’Ashton, mais ce n’est pas pour cela qu’il est l’homme qu’il fallait à l’Europe. En bref, le président de l’Europe est sûrement quelqu’un de très intelligent, mais ce n’est pas pour cela qu’il mérite son bureau. Je vous l’ai dit – et ce n’est pas votre faute -, mon souci est qu’il n’a pas été élu démocratiquement.

DH : En fait, vous avez fait de la publicité à Van Rompuy ?

NF : (il éclate de rire) J’ai certainement aidé à sa célébrité…

DH : Quand on vous dit qu’il vaut mieux Van Rompuy qu’un show-man comme Tony Blair…

NF : Tout le problème est que Van Rompuy n’a pas été élu. C’est très significatif. Si on parlait un peu de démocratie. Nous sommes en train de fonder un nouveau régime qui n’est pas basé sur la démocratie. Les gens savent-ils que Van Rompuy gagne plus qu’Obama : 320.000 € annuels pour 240.000 € au président américain. Je l’ai lu, la semaine dernière.

DH : On vous dit populiste…

NF : Non, démocrate ! Nous faisons tous des choses populaires, mais ne sommes pas pour cela des populistes.

DH : Vous n’aimez pas le terme de « populiste » ?

NF : Non ! Pour moi, le populisme est un « non-mot »

DH : Hors micros, qu’ont pensé vos collègues de ce que vous avez dit ?

NF : La classe politique n’a pas apprécié mes propos parce qu’elle supporte le projet européen. Par contre, les gens de la base ont approuvé ce que j’ai fait.

DH : On a eu des mots très durs à votre égard ?

NF : J’ai été traité de fasciste et de malade mental.

DH : Et la réaction d’Herman Van Rompuy lui-même ?

NF : En m’opposant son mépris, il a refusé d’engager le combat.

DH : Vous êtes un très bon communicateur : qu’auriez-vous fait à sa place ?

NF : Je ne voudrais jamais être Van Rompuy et ne pas avoir été élu démocratiquement.

DH : Vous l’avez dans votre collimateur…

NF : Je n’en ai pas fini avec van Rompuy. Je ne puis dire ce que je ferai dans le futur, n’ayant pas l’habitude de reproduire les mêmes prises de parole.

DH : Comme député européen, vous êtes souvent à Bruxelles…

NF : J’aime Bruxelles ! Je n’en veux pas du tout à cette ville que j’apprécie. Ce sont les institutions européennes qu’elle héberge qui sont hors-la-loi.

DH : Van Rompuy est à son poste grâce à Sarkozy et Merkel…

NF : (il se fâche) Je ne veux pas répondre à cette question. Van Rompuy n’a pas été élu, un point c’est tout ! (il referme brutalement le téléphone)

 

Commentaires

En fait, c'est plutôt flatteur le terme populiste. Le populiste c'est celui qui exprime la voie du peuple et qui est compris par le peuple. On le voit, les gens n'ont plus confiance dans les politiciens. L'écart se creuse entre la classe dirigeante et la population. Grâce à quelques exceptions telles que Nigel Farage (qui n'est pas un politicien de carrière) et l'info libre circulant sur Internet, les consciences commencent à se réveiller. C'est pour cela qu'ils veulent verrouiller Internet ; pour poursuivre tranquilement l'installation d'une gouvernance mondiale qui n'aura de démocratique que le nom. Comme c'est déjà le cas du Parlement européen.

Écrit par : Tancrède Lenormand | 21/03/2010

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