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28/02/2010

THIERRY TACHENY: UN PATRON FRANCOPHONE A LA TETE DE LA CHAINE FLAMANDE VT4 (DH 22-02-10)


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La Dernière Heure : Il y a un an, comment ont réagi vos proches quand vous leur avez annoncé que vous alliez diriger une chaîne flamande ?

Thierry Tacheny : Vu mon parcours, personne n’a été étonné de me voir dans un poste de gestion permanente. Ce qui était plus curieux c’est que je le fasse en Flandre.

DH : Et vous, qu’est-ce que cela vous a fait ?

TT : J’ai trouvé fort intéressant, en tant qu’expert, de pouvoir exercer mes talents en Flandre.

DH : Avez-vous craint un rejet de la part des équipes en place, à VT4 (qui fait partie du groupe international SBS) ?

TT : Etant francophone, je ne suis pas apparu comme un potentiel rival. Mon poste, j’aurais pu l’exercer en Autriche, au Danemark…

DH : Vous êtes en place depuis plus d’un an : quel regard portez-vous sur cette expérience ?

TT : Question job et culturellement, c’est un enchantement. On sait qu’étant donné mon peu de connaissance du flamand, toutes nos réunions se tiennent en anglais. Je ne suis pas certain qu’un Flamand aurait pu imposer cela à RTL…

DH : Comment situeriez-vous VT4, dans le paysage audiovisuel flamand ?

TT : A l’origine, il y avait la VRT. Puis, la Flandre a mis du temps à accepter l’idée d’une télé privée : les éditeurs de presse craignaient de perdre des annonceurs. Enfin, en 1989, ils se sont tous mis ensemble et ont créé VTM. Son succès fut instantané.

DH : ET VT4 ?

TT : C’est une chaîne de la troisième génération, c’est-à-dire sans infos, mais avec beaucoup de divertissements. VT4 s’est introduite avec un cocktail agressif : violence, guerre et sexe la nuit. Ensuite, elle a imposé ce que les autres chaînes ne faisaient pas. Elle a notamment imposé la téléréalité, alors que peu y croyaient.

DH : Quel est le téléspectateur-type de votre chaîne ?

TT : TV4 attire plutôt les jeunes, les jeunes ménages et les téléspectateurs masculins. Je dirais, sans prétention, que VT4 est un peu le miroir de la jeunesse flamande.

DH : La comparaison avec la chaîne française M6 vous plaît…

TT : M6 attirait également les jeunes de 15 à 34 ans. Elle a été la petite chaîne qui monte, qui monte…

DH : Et c’est vous, francophone, qui allez tenter de modifier cette donne ?

TT : Nous allons abandonner un peu de notre ADN historique et tenter d’élargir le nombre de nos téléspectateurs.

DH : Comment ?

TT : VT4 veut aussi devenir une chaîne d’avant-soirée. Nous réfléchissons à tout cela, depuis un an.

DH : C’est demain lundi que VT4 va franchir le pas ?

TT : Dès 18h30, nous allons lancer trois nouveaux programmes qui se suivront. En passant une journée avec eux, nous montrerons d’abord que les « BV » (Bekende Vlamingen) vivent comme Monsieur et Madame tout monde. Ce sera « Wat een leven ». Puis, viendra une émission, « Huizenjacht », qui tournera autour de la vente et l’achat de maisons, de la décoration… Et enfin, « Komen eten », la version flamande d’ « Un dîner presque parfait ».

DH : La télévision a beaucoup d’importance, en Flandre ?

TT : Pour citer l’exemple du Laatste Nieuws, notre premier quotidien, il consacre tous les jours 3 pages à la télé.

DH : Ces programmes seront des productions 100% flamande ?

TT : C’est une de nos spécificités : pour y parvenir, nous avons dû diminuer les budgets habituels de production. Autre choix, ces trois programmes parlent des Flamands. Et, enfin, nous espérons qu’ils vont être regardés en famille.

DH : Avez-vous eu du mal à imposer ce revirement ?

TT : Avant de lancer cette nouvelle vision, j’ai dû avoir la certitude que tout le monde me suivrait. Ce fut le cas.

DH : Question audience, que visez-vous ?

TT : Nous espérons grappiller quelques pour cent. Sans pour cela viser la place de la VRT ou de VTM. D’ici 2 à 3 ans, VT4 devrait entrer dans le groupe des véritables chaînes flamandes.

DH : Vous avez aussi fait appel à Eddy De Wilde…

TT : je n’avais pas songé à lui lorsque j’ai accepté de devenir CEO de VT4. Mais Eddy est un seigneur de la télé. Le rôle qu’il a chez nous – il est directeur des programmes – tient autant du coaching que du management. Flamand d’origine, il aide à changer la culture-maison et les esprits. Il a aussi tenu tête aux producteurs, notamment pour réduire les coûts.

Commentaires

S'il est une preuve que la TV n'est devenue QUE marketing , elle est incarnée par Thierry Tacheny.
Thierry n'y connait rien aux programmes , il les a seulement cotoyé.
En revanche, il sait vendre même si la qualité du produit n'est pas au rendez-vous.
La télevision est depuis longtemps de l'épicerie !

Écrit par : Jacques Duclin | 19/05/2010

Il est en faveur de moi d'avoir un site qui est très utile pour mon expérience. Merci admin

Écrit par : male extra | 08/10/2014

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