Blogs DHNET.BE
DHNET.BE | Créer un Blog | Avertir le modérateur

31/01/2010

SOUS LE REGARD DE LA FLANDRE (4): BRUNO TOBBACK: "LES WALLONS ONT DU MAL A ACCOMPLIR LEURS PROJETS!" (DH 31-01-10)


brunotobback.jpg

Quatrième épisode de notre rubrique dominicale: quel regard les Flamands les plus connus – les Bekende Vlamingen (BV) – portent-ils sur nous, Wallons et Bruxellois francophones?

Petit rappel. Les "BV", ce sont un peu les people flamands: quelques rares politiques, des journalistes et animateurs télé, d’anciennes Miss, des sportifs, certains participants à des émissions de divertissement. Cela va de la famille Pfaff à Bart De Wever, en passant par Frank De Winne ou Koen Wauters, le chanteur de Clouseau. La marque "BV" a été créée par la chaîne privée VTM, à ses débuts en 1989, avant d'être reprise par la presse écrite, avec le plus important hebdo, Dag Allemaal, et le premier quotidien, Het Laatste Nieuws.Cette semaine, nous avons interrogé Bruno Tobback, fils de l’ancien ministre de l’Intérieur, et lui-même chef de groupe sp.a à la Chambre. Un « BV » qui monte…

La Dernière Heure : A quoi vous fait songer la Wallonie ?

Bruno Tobback : Les premières images remontent à ma petite enfance et plus particulièrement aux voyages scolaires que j’effectuais dans des lieux touristiques, comme le barrage de la Gileppe.

DH : Qu’en avez-vous retenu ?

BT : A l’époque, j’avais une dizaine d’années. Je ne me rendais pas vraiment compte que j’étais hors de Flandre : comme beaucoup de Flamands, nous n’avions pas vraiment l’idée d’être dans des zones touristiques.

DH : Et par la suite ?

BT : J’ai fait de l’escalade en Wallonie, au rocher de Freyr par exemple, près de Dinant. Et les aiguilles de Chaleux. Je faisais de l’escalade avec des amis en m’entraînais en salle à Leuven.

DH : Quel genre de personnes rencontriez-vous en escaladant les rochers wallons ?

BT : Il y avait toutes sortes de gens : des Wallons, mais aussi des Flamands, des Hollandais…

DH : Comment était l’ambiance ?

BT : Les gens étaient conviviaux, accueillants. (il rit) Ce n’est pas à proprement parler une spécificité de Dinant, je crois…

DH : D’une manière plus générale, quel regard portez-vous sur la Wallonie ?

BT : C’est une région qui dispose d’énormément de possibilités : aux niveaux économiques, culturels, touristiques… Certes, elle possède des potentiels, mais elle éprouve des difficultés à les réaliser. C’est une chose que j’ai du mal à comprendre : en Wallonie, je côtoie des gens créatifs, conviviaux… et pourtant, ils ont du mal à accomplir leurs projets.

DH : Voulez-vous dire qu’il s’agit d’un problème plus général qui existe pour l’ensemble du pays ?

BT : C’est essentiellement dû au cycle énonomique que nous traversons. Et si en Flandre, cela va un peu mieux, c’est un don du ciel ! Il y a deux ou trois décennies, l’atmosphère était bonne en Flandre. Cependant, à deux pas de la Flandre, dans des régions comme Wavre, cela a aussi commencé à bouger avec l’installation de l’UCL, par exemple.

DH : Vous connaissez mieux le Brabant wallon ?

BT : Je le connais beaucoup mieux. La seule chose qui y manque vraiment est le bilinguisme.

DH : Et Bruxelles ?

BT : On y a toujours beaucoup de mal à obtenir des réponses qui ressemblent à du néerlandais.

DH : À part cela, vous connaissez à fond la capitale ?

BT : Oui ! D’abord parce que j’y travaille. Mais aussi parce que j’y ai étudié à la VUB, logeant à Ixelles et Etterbeek. J’y ai rencontré de véritables amis à Forest ou Uccle – où j’ai travaillé comme avocat – et ils le sont restés.

DH : Que pensez-vous de la ville en général ?

BT : Elle est un peu chaotique et connaît une difficulté d’organisation. Voyez les zones de police : les bourgmestres en sont responsables, mais aussi les chefs de la police, bref tout ce qui concerne la sécurité. Cette diversité est non seulement inefficace, mais elle coûte aussi très cher.

DH : Vous appréciez l’architecture bruxelloise ?

BT : Elle est variée, mais un peu bordélique. Quand on se promène dans des villes comme Paris ou Amsterdam, on peut apprécier une certaine harmonie, de la cohérence.

DH : Bruxelles devient plus intéressante ?

BT : C’est exact ! On y ressent un charme surréaliste. C’est celui de toute la Belgique… Reste qu’en général, à Bruxelles, on a gâché beaucoup de choses : voyez le nouveau Parlement européen ! Il est vrai cependant que cela va mieux : on ne fait plus pareils ratages à la même échelle. Pour conclure, je dirais que c’est une ville charmante.

DH : Que pensez-vous des Bruxellois ?

BT : La population de Bruxelles est beaucoup moins homogène qu’en Wallonie. J’ai beaucoup de respect pour la manière dont les Bruxellois se débrouillent : ils sont chaleureux et optimistes.

Mini Quiz DH

DH : Qui est ministre-président de la Communauté française ?

BT : Rudy Demotte !

DH : Quel est le prénom d’Adamo ?

BT : Salvatore !

DH : Qui entraîne le Sporting d’Anderlecht ?

BT : Ariël Jacobs !

DH : Quelle est la commune la plus peuplée de la Région de Bruxelles-Capitale ?

BT : Molenbeek ? Schaerbeek ?

DH : Non, il s’agit de Bruxelles-Ville qui compte 162.000 habitants, pour 123.000 à Schaerbeek et 105.000 pour Anderlecht. Dernière question, quel cours d’eau est connu, en Wallonie, pour sa culture du tabac ?

BT : La Semois.

DH : Exact et merci !

Les commentaires sont fermés.