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15/11/2009

JEAN-JACQUES DELEEUW, DIRECTEUR GENERAL DE BEL RTL: "LA RADIO FAIT APPEL A L'IMAGINAIRE" (Paris Match, 05-11-09)


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Paris Match: Comment faites-vous pour tirer votre épingle du jeu dans un univers en crise comme le nôtre, celle-ci touchant surtout les médias et la publicité?

Jean-Jacques Deleeuw: Nous avons d'abord décidé de ne pas détricoter notre média et de rester cohérents avec ce que j'appelle les gènes de Bel RTL. Ensuite, si un annonceur a choisi notre radio pour faire de la publicité, il doit toucher le public qu'il souhaite. Enfin, nous misons beaucoup sur notre créativité, avec de nouvelles émissions, de nouveaux rendez-vous.

PM: Des exemples?

JJD: L'émission "Tout pour la musique": c'est une sorte de quiz musical qui va à la rencontre du public. En matière de publicité, nous proposons également des formats commerciaux nouveaux. En résumé donc, notre volonté est à la fois de travailler pour les auditeurs et pour les clients.

PM: Comment faites-vous pour être plus forts quand les autres sont plus faibles?

JJD: Je pousserais votre question encore un peu plus loin: le plus dur est d'être plus fort quand les autres sont plus forts. Pour y arriver, nous devons absolument nous remettre en question. J'entends par là, revenir aux fondamentaux, aux gènes, à la carte ADN de la marque Bel RTL.

PM: Quels sont-ils, ces gènes?

JJD: Ces fondamentaux sont l'information, le divertissement, la musique et les services.

PM: Qu'est-ce que cela donne, concrètement?

JJD: Durant le printemps dernier, nous avons beaucoup réfléchi. Résultat important de cette recherche: nous avons décidé de fortifier notre liaison avec RTL. Pour mémoire, Bel RTL est née du mariage de RTL France et RTL TVi. Nous avons dès lors tenté de retendre le fil avec la télé. Via par exemple des opérations communes, comme X Factors, ou par la présence, sur Bel RTL, d'animateurs télé de RTL: Luc Trullemens, Hakima Darmouch, Philippe Malherbe, Charlotte Baut… Entre nous, je tente aussi de convaincre Anne Quevrin de refaire de la radio…

PM: Comment Bel RTL combat-elle la crise?

JJD: Notre média ne vit que des ressources publicitaires. Or, chacun le sait, en cas de crise, le budget publicitaire est le premier qui saute, dans les sociétés. Ceci dit, je dois avouer que la radio se défend bien par rapport aux autres médias: elle permet de faire du "call to action".

PM: C'est-à-dire?

JJD: Je prendrais l'exemple des magasins qui organisent des journées portes ouvertes. L'expression "call to action" signifie un peu "appeler pour agir".

PM: Vous devez aussi tenir compte de la spécificité des annonceurs?

JJD: Exactement, la crise ne frappe pas de la même manière les petits et les gros clients. C'est pour cela que nous proposons de nouvelles offres commerciales et que nous misons fort sur notre diversification. C'est ainsi que nous sommes partenaires d'éditions commerciales, ou que nous opérons des rationalisations sans toucher au contenu, voire enfin que nous tentons de rendre nos offres plus efficaces.

PM: Vous avez aussi eu des réactions plus concrètes face à la crise?

JJD: Nous avons lancé "RTL positif", dès que la crise s'est annoncée. Nous estimions que nous ne pouvions régulièrement donner des infos sur les faillites, mais qu'il était impossible de le faire sans parler des hommes qui créaient des emplois. Nous réfléchissons actuellement à la deuxième phase de "RTL positif"…

PM: Comment faites-vous pour motiver vos équipes auxquelles vous demandez toujours plus?

JJD: La crise s'est doublée du problème des nouvelles vagues d'audience et du réveil de la concurrence publique (la RTBF). Nous avons ouvert un grand chantier qui a duré 5 mois. Il s'est par exemple traduit sous la forme d'études avec des groupes de téléspectateurs auxquels nous avons demandé ce qu'ils voulaient, tout en leur demandant ce qu'ils pensaient de la concurrence…

PM: A quoi cela a-t-il abouti?

JJD: Sont sorties de cette réflexion beaucoup d'adaptations et quelques nouveautés, tout en restant dans le cadre de nos fondamentaux.

PM: Des exemples?

JJD: Nous avons déplacé du soir au matin le duo de présentateurs – Barbara Mertens et Pascal Vrebos -, la tranche matinale du 7-9h ayant une audience cinq fois plus forte que celle du soir. Autre exemple, nous avons insisté sur l'humour: c'est pour cela que François Pierrette refait de la radio, après 15 ans d'absence.

PM: Pouvez-vous déjà tirer des conclusions de toutes ces modifications?

JJD: Ces changements n'ont été opérés qu'il y a un mois. Or la prochaine vague de résultats ne viendra que dans 6 mois, le 11 février plus exactement. La seule chose que je puis dire est que les premiers indices sont encourageants. Mais il reste du travail…

PM: Jean-Jacques Deleeuw, 90% de votre carrière été consacrée à la radio. Pourquoi votre préférence va-t-elle à ce média?

JJD: La radio a ceci de différent qu'elle est le seul média où le visuel ne compte pas et qui fait appel à l'imaginaire. Avec la radio, il suffit de fermer les yeux pour être emporté dans un autre monde. Ensuite, la radio est un média secondaire: on peut l'écouter tout en faisant autre chose. Or les jeunes d'aujourd'hui ont pour habitude d'effectuer plusieurs tâches à la fois: regarder la TV, jouer avec une console vidéo ou surfer sur internet, voire faire leurs devoirs, tout en écoutant la radio.

PM: C'est cela qui vous rend si passionné?

JJD: Oui, mais pas uniquement. Ma passion pour la radio vient de l'instantanéité qu'elle propose. Je rappellerais qu'à l'origine, Appel ne voulait pas entendre parler de radio, mais à bien fini par s'y résoudre…

PM: Au contraire de la RTBF, vous ne recevez aucun subside?

JJD: Non, c'est tout le contraire! Chaque année, nous donnons 500.000 euros à la Communauté française. Sans parler de la redevance, du coût des émetteurs…

PM: Comment faites-vous pour motiver vos équipes?

JJD: Il ne faut guère les motiver parce qu'ils le sont automatiquement par la concurrence et le fait d'être, de devenir ou de redevenir numéro un. Nous organisons des réunions où se retrouvent nos collaborateurs. Que ce soit à l'occasion de la Saint Nicolas ou lors de notre apéro du vendredi. Ce jour-là, nous nous retrouvons vers 11h45, au carrefour d'un couloir que nous avons baptisé "l'avenue des Programmes" et de "l'avenue de la Direction". Les gens s'y retrouvent autour d'une boisson, venant parfois d'autres étages, et se passent des livres, des places de concerts dont nous sommes partenaires, ou discutent des CD de Serge Jonckers. C'est à la fois convivial et intéressant.

PM: Comment faites-vous pour relever les défis de l'avenir?

JJD: Pour y arriver, je tente de conserver et de renouveler les talents d'aujourd'hui. Sans parler d'attirer les talents de demain. L'expérience de "Radio Académy" participe à cette dernière volonté. Cette année, la Liégeoise Sandra Landresse a remporté le prix, mais certains de ses prédécesseurs sont connus: Michael Paschen, Stéphane Piedboeuf, Caroline Fontenoy… Enfin, pour relever les défis de l'avenir, j'ajouterais que nous lançons de nouveaux formats d'émissions, comme "Votez pour moi"! Des initiatives qu'on ne verrait sans doute pas autre part…

Quelques chiffres concernant Bel RTL

Collaborateurs: 80 équivalents temps plein.

Budget de fonctionnement: 12 millions d'euros.

Chiffre d'affaires de la publicité: 20 millions d'euros.

Masse salariale: 6 millions d'euros.

Revenus nets: quatorze millions d'euros.

Commentaires

meilleurs voeux à vous et à carole.LA maman de FAbienne Dufaux Sejour croisiere Egypte

Écrit par : colette | 29/12/2009

je me souviens bien de la scène

Écrit par : agrandir votre penis | 06/09/2014

En ce moment, il semble que Movable Type est la plateforme de blogs top là-bas en ce moment. (à partir de ce que j'ai lu) Qu'est-ce que vous utilisez sur votre blog ?

Écrit par : achat maxosize en france | 08/10/2014

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