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24/08/2009

QUE DU BONHEUR (DH 23-08-09)


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Le triple combat d'Herman De Croo

Depuis qu'il a révélé son cancer des cordes vocales, Herman De Croo a été submergé par les messages de sympathies. Les plus hautes autorités congolaises, qui devaient l'accueillir durant l'été, n'ont pas été les dernières à l'encourager. Il reste encore au ministre d'Etat à subir 6 séances de radiation pour arriver à la fin de son traitement. Contacté, il nous a affirmé, d'une voix faible, que les principaux désagréments qu'il avait craints n'étaient pas apparus: pas de déglutition douloureuse, pas de brûlure de la gorge, pas de perte de salive… D'ici septembre, il commencera un triple combat. Le premier est de pouvoir bénéficier, pour tout cancéreux qui subit le même traitement, d'une irradiation sept jours sur sept: la maudite coupure du week-end permet en effet aux cellules malades de se revivifier. Deuxième bataille, la lutte contre la rareté des isotopes. Troisième engagement du ministre, avec Laurette Onkelinx, ministre de la Santé publique, qui l'a contacté sur le sujet, De Croo va entrer en guerre pour que soit conservé en Belgique un centre de recherche digne de ce nom (l'handrothérapie). "Sait-on, assène le libéral, que 50.000 cas sont découverts chaque année? Si l'on n'y prend garde, mi-2010, des milliers de Belges risquent de voir post-poser leur diagnostic… " À bon entendeur…

flahaut.jpgFlahaut: "La Flandre utilise les structures de la Belgique quand cela lui convient!"

Rrroberrrt Urrrbain n'est pas content. Il l'a fait savoir, vendredi, par un communiqué estimant que la nomination d'un commissaire adjoint à l'expo de Shanghai, Leo Delcroix, était une concession à Mère Flandre. Impossible cependant, à la lecture de ce texte, de comprendre si le socialiste a volontairement démissionné de son poste ou s'il y a été contraint par les événements. Une chose est sûre: la désignation de Delcroix donne des boutons à certains. Ainsi, André Flahaut qui reprend sur son blog la liste des portefeuilles attribués à des Flamands, en matière de relations internationales: Premier ministre, Affaires étrangères, Justice, Budget, Intérieur, Défense… Sans parler de l'entourage de certaines éminences: Charles Michel n'est-il pas cornaqué par l'ancien conseiller diplomatique d'Herman Van Rompuy? Interrogé, Flahaux ajoute des éléments éloquents. Accrochez-vous bien! Avant même d'avoir été nommé commissaire à l'expo 2010, le sulfureux Leo Delcroix a participé à une réception à l'ambassade de Chine à Bruxelles. De Même, Yves Leterme s'est rendu au Congo, à un sommet sur la francophonie (!), sans être officiellement ministre des Affaires étrangères. Autre joyeuseté, c'est une société de Vilvorde qui a remporté l'appel d'offre concernant l'audit de la radio nationale congolaise.Le premier citoyen de cette Ville, Jean-Luc Dehaene, était d'ailleurs présent à la signature du contrat. Ajoutez-y le retour en force de Luc Vanden Brande qui tente de reposer sa candidature comme secrétaire général du Conseil de l'Europe, alors qu'il n'est plus parlementaire et que la Flandre refuse de signer la convention de protection des minorités, au sein du même Conseil. À ces faits, Flahaux adjoint la récente convocation de l'ambassadeur hollandais par le ministre-président flamand, Kris Peeters, pour un problème fluvial: du jamais vu! Traduction lapidaire du socialiste: la Flandre utilise les structures de la Belgique quand cela lui convient.

maingain.jpgMaingain: "Le retour de l'Etat CVP!"

Certains rétorquent bien que le PS participa à la répartition des portefeuilles ministériels, lors de la formation du gouvernement. Réponse de Flahaux: "Nous sommes arrivés après la rupture de l'Orange-bleue et n'allions tout de même pas tout remettre en question!" Un peu léger, pour Olivier Maingain qui maintient qu'à l'époque, rien n'avait encore été décidé en matière de portefeuilles. Le président du FDF s'interroge pourtant sur le dernier mouvement diplomatique qui, comme nous le révélions dans notre rubrique du 26 avril dernier, réservait la part belle aux ambassadeurs flamandsl. Et d'évoquer ni plus ni moins que "le retour de l'Etat CVP!" Maingain s'apprête à poser une question parlementaire sur le sujet…

van binst.jpgLa phrase de la semaine

Ancien capitaine du Sporting d'Anderlecht, Gilbert Van Binst n'a pas son pareil pour détendre l'atmosphère, même après une défaite comme celle subie par son club, mercredi soir à Lyon. "Pendant toute la journée, les gens m'ont charrié. J'ai répondu que je n'avais pas vu le match." Ce pieux mensonge n'empêche pas le "Gilles" de coter les joueurs. Ainsi par exemple, "Wasilewski: 4, Je l'ai cherché sur son flanc, mais je ne l'ai pas trouvé. Il était partout, sauf là! Juhasz: 5, il n'a pas fait grand chose et donc, il n'a pas fait grand chose de mal. Polak: 4, Où veut-il aller? Dans un grand club: pour réchauffer le banc? Gillet: 4, Vous l'avez vu? Moi, pas…" Le reste à l'avenant!

MARC VERWILGHEN: "L'UN D'EUX NE DIT PAS LA VERITE!" (DH 23-08-09)

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À la guerre des polices que Marc Verwilghen avait dû gérer durant sa présidence de la commission Dutroux, puis comme ministre de la Justice, a succédé une guerre sans merci entre la PJ d'une part, et la magistrature d'autre part. Verwilghen est aujourd'hui sénateur et avocat. Nous l'avons interrogé sur l'affaire De Tandt. Notons que son interview a été menée avant que l'on apprenne qu'une instruction pénale était ouverte à charge de la présidente du tribunal de commerce.

 

La Dernière heure: Connaissez-vous le dossier?

Marc Verwilghen: Je ne le connais que pour l'avoir suivi dans la presse. Je dois ajouter que je ne connais pas Madame De Tandt et Monsieur Van Audenaert, dans le cadre strict de l'affaire. Reste que la situation est grave: l'objectivité de la magistrature peut-elle encore être garantie?

DH: Quel que soit son dénouement, l'affaire va-t-elle laisser des traces?

MV: Des traces considérables, oui! Pour reprendre une phrase que j'ai prononcée lorsque je présidais la commission Dutroux: de la juge De Tandt, présidente du tribunal de Commerce, et de Glenn Audenaert, directeur général de la PJ de Bruxelles, un des deux ne dit pas la vérité!

Une commission d'enquête?

DH: Comment savoir lequel ment?

MV: Au-delà du dossier proprement dit, il devra y avoir une réaction du politique: celui-ci ne peut évidemment juger les juges, séparation des pouvoirs oblige. On pourrait cependant envisager la mise sur pied d'une commission d'enquête qui se pencherait sur l'objectivité de la magistrature, en général.

DH: Pourquoi donner une mission si large à cette commission?

MV: Les politiques ne peuvent juger les juges, mais ils peuvent juges les responsables de la magistrature. Ainsi, le premier président de la Cour d'Appel de Bruxelles, Guy Delvoie, doit intervenir. L'événement que nous vivons est suffisamment sérieux pour que celui-ci mène une action immédiate. Même s'il est en vacances, comme j'ai cru le lire… N'oublions pas que les affaires qu'aurait à trancher la juge De Tandt pourraient entraîner des actions si ce qu'on reproche à la juge s'avérait.

DH: Vous évoquez une commission d'enquête, mais le Conseil Supérieur de la Justice ne s'est-il pas déjà prononcé?

MV: Il l'a fait! Mais sans disposer de suffisamment d'éléments sur le problème de la déontologie qui est soulevé. Le CSJ devrait avoir plus de pouvoir pour connaître l'entièreté du dossier.

DH: Votre avis sur l'action du ministre de la Justice, votre successeur, Stefaan De Clerck?

MV: Il a agi comme il convenait de la faire. Son intervention a permis de redonner confiance au justiciable. Peut-être aurait-il dû le faire plus promptement…

DH: Que se passera-t-il s'il apparaît que Madame De Tandt est dans son bon droit?

MV: Avant de me prononcer, je voudrais insister sur la présomption d'innocence dont elle doit bénéficier. Si elle n'a rien commis de répréhensible, elle disposera de procédures pour se faire rendre justice. Elle retrouvera dès lors son honneur et pourra reprendre son travail.

DH: Certains évoquent aussi l'influence de la franc-maçonnerie, voire de l'Opus Dei, dans la magistrature: avez-vous déjà senti l'influence de l'une ou de l'autre?

MV: Bien sûr, je connais ce type d'intervention, depuis 33 ans que j'exerce la fonction d'avocat. J'ai toujours su que certains juges étaient attachés à la Loge ou à l'Opus Dei. Sans toujours le cacher. Leur vie professionnelle ne peut être influencée par leur engagement philosophique. J'ai lu des plaintes qui prouvaient que certains se posaient des questions à ce sujet, mais rien n'a jamais été révélé.

 

20/08/2009

QUE DU BONHEUR (DH 16-08-09)


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Le "nouveau" yacht d'Albert II

Beaucoup de bruit (pour rien?), à propos du yacht d'Albert II. En milieu de semaine, des médias ont en effet annoncé que le Roi avait acquis un nouveau bateau: l'Alpa (contraction d'Albert et Paola). Or en lisant les articles relatant le scoop, on apprenait que l'engin (sic) avait été acquis en 2008. Le reste était extrait d'une réponse du ministre de la Défense, Pieter De Crem, au député NVA, le bien nommé Jan Jambon. A savoir par exemple que le Souverain avait passé 65 jours sur ses yachts successifs en 2005, 48 en 2006, 8 en 2007 et 44 en 2008. L'année dernière, à la mi-août, Albert II et Paola avaient d'ailleurs été photographié sur l'Alpa par la presse italienne. Au VLD, certains affirment même qu'en rentrant en Belgique, le Roi avait fait un crochet par la Toscane, et plus particulièrement par la seconde résidence qu'y possède Guy Verhofstadt. Pareille séjour du Souverain chez un de ses anciens Premiers ministres est un événement particulièrement rare. Plus rare en fait que l'achat d'un "nouveau" yacht, un an plus tôt…

Cédric Visart: deux affaires qui dorment

A l'occasion du remue-ménage au sein de la magistrature, certains ont ressorti deux autres affaires. La première est celle de la plainte au Conseil Supérieur de la Justice à l'encontre de Cédric Visart de Bocarmé. Celle-ci concerne, on s'en souvient, une affaire de détournement qu'aurait effectué un curateur, Me Maudoux. A l'époque, Visart était Procureur du Roi, à Namur. On le soupçonne d'avoir gelé l'affaire, le CSJ ayant rendu un avis particulièrement saignant dans lequel il parle d'un "traitement de faveur" réservé à ce dossier par Visart, aujourd'hui procureur général de Liège. Or curieusement, selon nos informations, l'avis n'aurait pas encore été transmis au ministre de la Justice, Stefaan De Clerck dont, simple détail, Visart fut autrefois chef de cabinet. La seconde affaire est celle du juge Sieur, condamné pour faux et usage de faux. Si son principal collaborateur, le juge Riguelle, n'a jamais été inquiété, celui qui fut leur victime, un certain Sterpin, s'est vu refuser tout accès au dossier par le Parquet général. Autre hasard, Cédric Visart était cité dans le dossier. Comme quoi, tout est dans tout…

colmant.jpgBruno Colmant, le faux-proche de Reynders

Dans le cadre de l'annonce de l'arrivée de Bruno Colmant, actuel CEO d'Euronext Belgium, chez Fortis Holding, de nombreux commentateurs ont prétendu qu'il y aurait "du Reynders" dans ce transfert haut de gamme. Certes, Colmant fut bien chef de cabinet du vice-Premier ministre durant quelques petits mois, certes, l'homme est d'une intelligence hors norme, mais leur relation ne "clopa" jamais. Si, comme le ramasse un proche du président du MR, on se quitte rarement en mauvais terme avec Didier, le nouveau numéro deux de Fortis ne partira jamais en vacances avec son ancien patron. En témoigne, une petite, toute petite histoire qui ne plut pourtant guère à Reynders: un jour, en pleine circulation, au beau milieu du boulevard Botanique, Colmant fut plaqué par son chauffeur pour l'avoir traité avec des mots qu'un cocher n'utiliserait pas avec son cheval. Après l'incident, le chef de cabinet eut beau se confondre en excuses, rien n'y fit. Au 12 rue de la Loi, l'aventure – ô combien symbolique – fit grand bruit et Colmant ne parvint jamais à remonter la pente. Ce type d'accrochage avec des subalternes, Reynders lui pas aimer…

geertrui windels.jpgLes phrases de la semaine

Surnommée la "woel water" (enfant turbulent) par l'hebdomadaire Knack, l'épouse d'Herman Van Rompuy, Geertrui Windels, a un caractère nettement plus tranché que celui de son mari. Dans Humo, elle ne fait rien pour démentir son surnom. Ainsi, à propos de sa commune, Rhode-Saint-Genèse: "Je dis aux francophones qu'il n'y aurait pas eu de frontière linguistique s'ils avaient montré du respect pour la population flamande. Un Flamand n'ouvrirait jamais un restaurant dans les Ardennes en ne parlant que le flamand. Les francophones le font en périphérie et ils disent que nous sommes des racistes." Et de conclure par des propos plus mesurés: "Parfois je suis jalouse de la force qu'Herman puise dans sa foi!" Geertrui parle d'or!