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13/04/2009

QUE DU BONHEUR (DH 12-009)

 

Vincent-Van-quickenborne - quedub 12-04-09.jpg

SPF Economie et Justice: les ministres vont s'offrir des comités de direction sur mesure

Vincent Van Quickenborne (VLD), ministre "pour" l'Entreprise et la Simplification, a manifestement décidé de faire le ménage au sein de son administration. Il ne va pourvoir à aucune vacance, alors que quatre hauts gradés du SPF Economie ont été nommés en 2003 et devraient donc voir leur mandat renouvelé.À savoir, Robert Geurts (PS) directeur général classes moyennes, Roger Desmet-Carlier (CD&V) directeur général PME, Emilie Goffin (PS) directeur général de la Coordination et Nico Demeester (VLD), actuel chef de cabinet du ministre et nommé directeur général de l'INS. Ajoutez-y que le big boss, Lambert Verjus – ancien pote de feu André Cools et dont la voiture avait été incendiée peu avant l'assassinat du Maître de Flémalle - est proche de l'âge de la retraite: vous aurez compris que Van Quick est sur le point de s'offrir un comité de direction qui lui sera entièrement dévoué.

Même stratégie au SPF Justice où trois membres du staff vont s'effacer: Marc Martel (VLD) directeur budget et contrôle, Jan Bogaerts (VLD) directeur P&O et Dirk Minart (VLD), directeur de l'encadrement. Claude Cheruy (CDH), ancien directeur de l'organisation judiciaire étant parti pour l'Economie sans être remplacé, ce sont donc quatre directeurs sur huit que Stefaan De Clerck va pouvoir remplacer d'un coup, au sein de son département. Bien joué, non?

van assche - quedub 12-04-09.jpgVan Assche: le pigeon sachant plumer!

Un curieux tract électoral est tombé dans nombre de boîtes aux lettres bruxelloises. Son titre, "Votre pension + 20%", ne cache rien: il propose rien moins qu'une augmentation de 20% des pensions pour les isolées au revenu de moins de 1000 € ou pour les couples ne touchant pas 1350 €. Et qui retrouve-t-on à la tête de ce groupe, style "demain, on rase gratis"? Jos Van Assche! Le nom ne vous dit peut-être rien, mais il s'agit du brave bougre qui a défrayé la chronique juridico-hilarante, en septembre dernier. Un Camerounais l'avait persuadé de tremper des billets de banque dans un bidet d'eau chaude, mêlée d'un produit magique. Quelques incantations plus tard et après avoir conservé les billets sous le pied durant dix minutes, Jos les avait déposés dans un congélateur. Quarante-huit heures après et bien qu'ayant suivi la recette à la lettre, le pauvre hère s'était aperçu que son magot ne s'était pas multiplié par trois, comme promis par son bienfaiteur. Pire, il avait perdu 100.000 €. Le plus cocasse? Député, ce fin de renard de Van Assche siège à la commission des Finances du Parlement bruxellois. Depuis le ratage du tour de magie noire, l'Anderlechtois a été viré par son parti, le Vlaams Belang, et tente de refaire fortune sur le dos des petits pensionnés. Un averti en vaut deux…

philippe van cau - quedub 12-04-09.jpgVan Cau junior a de chouettes amis!

Au sein du clan Van Cau, a-t-on l'impression que les nouveaux ennuis judiciaires de Junior auraient un rapport avec les élections de juin? La réponse du pater familias fuse: "Non, il ne faut tout de même pas être parano!" Il ne s'en étonne pas moins des poux que cherche la Justice dans la chevelure de son fils: les travaux faisant l'objet de l'attention des juges carolos ont été réalisés à de très bonnes conditions certes, mais est-ce pour autant illégal? Et Van Cau senior d'expliquer: "Imaginons que mon hobby est de repeindre des maisons. Qui m'empêchera de repeindre gracieusement la vôtre?" Il a appelé à sa cause des juristes qui ont planché sur le dossier et partagent la même optique. Surtout qu'à l'époque des faits, Philippe Van Cau était un jeune père de famille, sans aucun mandat. Traduction: il ne pouvait rien offrir à l'entrepreneur qui l'a aidé à rafistoler sa maison. Pas sûr que Dame Justice acceptera ce poignant raccourci…

luc verbruggen - quedub 12-04-09.jpgLe Parquet juge irrecevable l'appel des 5 "mauvais" Verbruggen

Suite de la saga "Verbruggen" où un des frères, Luc, s'attaque à sa fratrie: Christiane, Chantal, Monique, Marc et Liliane, leur reprochant d'avoir capté l'héritage de leur notaire de père, Robert. Enjeu de ce Dallas belgo-belge: des centaines de millions d'euros. Lors d'un chapitre précédent, Luc avait remporté une première manche: le 5 novembre dernier, ses 5 "mauvais" frères et sœurs avaient été renvoyés, devant le tribunal correctionnel. Et voilà que ces dernières semaines, l'affaire a connu deux rebondissements. Avec d'abord, la curieuse mise en vente d'un bien qui aurait dû revenir à Luc, mais que le notaire a refusé de vendre au candidat le plus offrant. Une citation en annulation de la vente a suivi. Second point, le Procureur général près la Cour d'Appel a rendu, le 11 mars dernier, un réquisitoire assassin à l'encontre de la "bande de 5". Le Parquet juge en effet irrecevable leur appel à l'encontre de la décision de 5 novembre dernier. À suivre, plus que jamais…

La phrase de la semaine

Du JT de 13 h de ce samedi 11 avril à la RTBF qui commente avec beaucoup de respect une procession de fidèles en Italie pour le Vendredi Saint : "Ils défilent en hommage au soi-disant fils de leur divinité".

MODRIKAMEN: "Le stand alone reste notre projet!" (DH 12-04-09)

modrikamen DH 12-04-09.jpg

Vendredi, une nouvelle décision de justice est tombée dans la saga Fortis. Bilan : tous les actionnaires auront le droit de vote lors de la prochaine assemblée générale du 28 avril et plus seulement ceux qui avaient une participation dans le holding à la date du 14 octobre 2008. Une défaite pour l'avocat Modrikamen qui a aussi vu la cour d'appel rejeter un recours visant à permettre aux actionnaires de se prononcer sur la possibilité d'un scénario de cavalier seul (stand alone) de Fortis Banque plutôt que de la laisser passer sous pavillon français. Au lendemain de cette déroute, rencontre avec l'avocat Modrikamen.

La Dernière Heure: Vendredi, en sortant de l'audience, vous avez admis votre défaite…

Mischael Modrikamen: Oui, elle est claire et il faut le reconnaître! Toutefois, il ne s'agit pas de "la" défaite, mais d'"une" défaite dans une affaire qui dure depuis 6 ou 7 mois.

DH: Cette fois, c'était une cour à 3 juges…

MM: Nous l'avions demandé. Reste que la décision est attristante: elle ouvre la porte à un abus de droit qui pourrait venir de BNP ou de sociétés proches: elles ne voteront pas en fonction de l'intérêt de Fortis, mais de leur intérêt propre.

DH: Cela va vous compliquer la tâche?

MM: Absolument! Pour nous, il y avait un "fair game" selon lequel ceux qui viendraient voter le feraient selon leurs mérites.

DH: D'autres regrets?

MM: La cour n'a pas mis le plan B – le "stand alone" – à l'ordre du jour! 

DH: A ce propos, où en êtes-vous?

MM: Vendredi, avant la décision, nous avions bien progressé avec une banque d'affaires. Nous avons aussi un CEO.

DH: Axel Miller?

MM: Ce n'est pas nous qui avons cité son nom. Il s'agit d'une possibilité parmi d'autres…

DH: A court terme, qu'allez-vous faire?

MM: Je vais consulter, et d'ici lundi, nous prendrons attitude pour savoir si nous continuons avec le plan B. De mes premiers contacts, je crois que ce sera positif. Nous disposons d'une force de frappe. 

DH: Encore du temps perdu?

MM: Au contraire, pour nous, il s'agit de temps gagné afin de mieux élaborer notre projet. Nous pourrons le présenter avant l'AG, même si la décision de vendredi rend les choses plus difficiles pour nous. Quant à la holding, elle pourrait devenir insolvable.

DH: C'est-à-dire?

MM: Le capital net non consolidé de Fortis holding est de 3 milliards. Si vous additionnez les pertes des produits structurés – 760 millions d'euros – et les hybrides – 2,3 milliards –, ainsi que les charges d'intérêt: vous verrez, on court vers l'insolvabilité. Surtout que l'Etat français a augmenté le capital de BNP de 5,5 milliards. Ils ont été souscrits à 5,5 €.

DH: Quid pour la suite?

MM: Quoi qu'il arrive, nous allons nous battre pour démontrer que l'affaire négociée par le gouvernement est mauvaise. J'invite les actionnaires à voter "non", en prévision d'éventuels dommages et intérêts. Ceux qui croient que c'est fini se font donc des illusions…

DH: Et la prochaine AG?

MM: Nous sommes prêts à aller en référé si BNP vient avec des puissances votantes ayant pour seul but d'influencer le vote…

JEAN GANDOIS: "J'avais prédit la fin du bassin liégeois pour 2010!"

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Jean Gandois (79 ans) fut patron de Rhône-Poulenc et de Péchiney, avant de devenir président du patronat français. Chez nous, il s'est fait connaître lorsque Wilfried Martens l'appela au chevet de la sidérurgie: il présida Cockerill Sambre, de 1987 à 1999. Pour la DH, il a accepté de jeter son regard d'expert sur la crise du bassin liégeois. 

La Dernière Heure: Suivez-vous de près l'actualité économique, et surtout sidérurgique?

Jean Gandois: Je la suis, bien entendu, mais pas dans le détail. Concernant la sidérurgie, je n'y suis plus actif.

DH: Avec la crise chez Arcelor Mittal, on revient vingt ans en arrière?

JG: Pas vraiment! Je ne vous apprendrai rien en vous disant que la crise générale est la plus grave de ces cinquante dernières années. Contrairement au passé, il s'agit d'une crise conjoncturelle majeure: les marchés se sont effondrés et les clients divisent leurs commandes par 50%. Il y a vingt ans, la crise de la sidérurgie était structurelle.

DH: La sidérurgie est toujours une des première touchée…

JG: En effet! Cela vient du fait qu'elle a pour principaux clients l'automobile, la construction ou l'électroménager. Et comme ils sont atteints en premier lieu, la sidérurgie est vite touchée.

DH: On annonce la mise en veilleuse de certains outils: faut-il vraiment croire que ce sera passager?

JG: La dépression conjoncturelle ne va pas durer éternellement: de six mois à un an, voire un an et demi. L'important est de savoir quelles seront les décisions structurelles qui seront prises, à la fin de la crise.

DH: C'est-à-dire?

JG: Prenons l'exemple de Mittal. Elle a acheté des sociétés de très mauvaises qualité. Va-t-elle les fermer en premier lieu? Ce n'est pas du tout certain. En décidant de ce qu'elle ferme, Mittal devra avoir une vision mondiale et prendre en compte des aspects économiques, mais aussi sociaux et politiques.

DH: Vous songez à un cas précis?

JG: Je pense à la Pologne. Mittal aura-t-elle le courage d'y fermer ses plus mauvaises entreprises, au risque de créer de graves problèmes politiques. En plus des arbitrages entre usines, il faudra tenir compte de contingences politiques et sociales.

DH: A vous suivre, le pouvoir politique aura son rôle à jouer?

JG: Il devra soutenir ses usines, c'est clair! Voyez la Belgique, si ses entreprises sont meilleures qu'en Pologne, les problèmes politiques et sociaux pourraient y jouer un rôle plus ou moins grand.

DH: La sidérurgie belge, c'est une mort lente?

JG: C'est difficile à dire! Il y a vingt-cinq ans, j'avais prédit que le bassin liégeois s'arrêterait en 2010. On y est presque…

DH: Vous affirmez par ailleurs que la crise économique et financière globale devrait se terminer dans un an et demi, soit aussi en 2010…

JG: Certes, mais la reprise ne permettra pas de revenir en arrière. Il conviendra d'avoir un raisonnement pour l'avenir.