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30/03/2009

QUE DU BONHEUR 29-03-09 (DH)

turtelboom - quedub 29-03-09.jpg

Sans-papiers : tour de passe-passe entre Van Rompuy et Turtelboom

Le dossier dans sans-papiers a donné lieu à un curieux tour de passe-passe, entre Herman Van Rompuy et Annemie Turtelboom. Acte un, depuis son entrée en fonction, la ministre VLD de la politique de migration et d’asile tarde à concrétiser l’accord de gouvernement sur ce dossier. Acte deux, le Premier ministre annonce, il y a quelques semaines, qu’il va consacrer l’essentiel de son temps à cette problématique. Et d’organiser des bilatérales pour tenter de faire se rapprocher les points de vue les plus éloignés. Lisez : entre VLD et PS. Acte trois, Turtelboom récupère la problématique. Commentaires, dans l’entourage de Van Rompuy : « Il est bizarre qu’elle ait fait cela, à l’issue de réunions « thérapeutiques », entre elle-même et Marie Arena, tenante des positions PS en la matière. » Le chef du gouvernement a-t-il pris ombrage de cette reprise en main ? « Turtelboom a pris une décision autonome que le Premier ne va pas condamner. » Au moins, le dossier a-t-il avancé…

musée hergé - quedub 29-03-09.jpgMusée Hergé à Louvain-la-Neuve : « Merci, Rocco ! »

C’est le 2 juin que le musée Hergé ouvrira ses portes à Louvain-la-Neuve. Œuvre de l’architecte français Christian de Portzamparc, le lieu s’étendra sur 3.600 m2, Fanny Rodwell, seconde épouse d’Hergé, ayant investi 15 millions d’euros dans la construction. Le but est d’accueillir 200.000 visiteurs par an. Benoît Lutgen, ministre wallon du Tourisme, n’est pas peu fier d’avoir emporté la mise : à l’origine en effet, Bruxelles était candidate contre la ville universaitaire. Qu’est-ce qui a bien pu permettre à Louvain-la-Neuve d’avoir la préférence ? « Le contexte universitaire et international de la ville ! », confie Lutgen. Lequel n’oublie pas non plus le rôle joué par Rocco, le chien qu’il avait reçu en quittant le secrétariat général du CDH pour rejoindre le gouvernement wallon. Il se fait que, lors du contact décisif, la veuve d’Hergé tomba sous le charme de Rocco, un superbe Jack Russel avec lequel elle joua, de longues minutes. Certes, le ministre ne va pas jusqu’à affirmer pas que c’est son toutou qui fit pencher la balance en faveur de Louvain-la-Neuve. Tout au plus se borne-t-il à admettre que Rocco contribua, à sa manière, à créer un « climat de convivialité ».

van den brande - quedub 29-03-09.jpgSus à Luc Van den Brande !

Le 15 avril prochain, seront auditionnés les 4 candidats au poste de Secrétaire général du Conseil de l’Europe. Parmi eux, on le sait, Luc Van den Brande, ministre-président du gouvernement flamand, de 1992 à 1999. Il vient d’ailleurs d’être célébré par ses pairs pour avoir – nous citons – « placé la Flandre sur la carte du monde ». Certains médias se sont déjà étonnés de la candidature de Van den Brande. D’autres franchissent un pas supplémentaire : ils ont rédigé une lettre-type qui circule sur internet. Elle est destinée à Lluis Maria de Puig, président de l’assemblée parlementaire de l’institution et reprend une partie des griefs à l’encontre de Van den Brande. Ainsi, celui d’être un farouche opposant de la Convention-cadre sur la protection des minorités nationales : Van den Brande n’a-t-il pas voté contre la résolution n°1301 relative à la protection des minorités en Belgique ? Autre argument, en tant que ministre-président, il a fait adopter en juillet 1996, un plan flamand pour la périphérie visant à restreindre les facilités linguistiques dans les 6 communes de la périphérie. Le reste, à l’avenant. Encore heureux que la NV.A ait fait exploser le cartel avec le CD&V : le gouvernement fédéral aurait été capable de proposer Bart De Wever au même poste que Van den Brande…

courard - quedub 29-03-09.jpgCourard-Lizin : il n’y a que les imbéciles qui ne changent jamais d’avis

Le 27 janvier dernier, une mâle dépêche tombait sur les téléscripteurs. Elle annonçait : « A plusieurs reprises, Philippe Courard a condamné sans détour le comportement de Madame Lizin. (…) Dans la mesure où l’impartialité subjective du ministre est mise en cause, une solution alternative consisterait à déléguer la mission de mener l’instruction à un autre membre du gouvernement. » Collègue de Courard, Didier Donfut reprenait le dossier en main. Or voilà que vendredi dernier, 27 mars 2009, un autre Belga arrivait. Son titre : " CHRH de Huy : Philippe Courard veut instruire le dossier. » Et d’expliquer : « Se disant « étonné » de la décision du CHRH de Huy de ne pas entamer de procédure à l’encontre d’Anne-Marie Lizin (…) le ministre entend bien analyser cette décision afin de vérifier que tout a été fait dans les règles. » Qui a osé dire que Philippe Courard ne savait pas ce qu’il voulait ? 

Affaire « Maudoux » : le retour !

On se souvient de l’affaire « Maudoux », du nom de l’ex-avocat curateur Paul Maudoux, accusé de détournements par une curatrice namuroise, Me Isabelle Bronckaert. Ayant obtenu le remboursement des sommes détournées, celle-ci avait pourtant estimé que l’ancien Procureur du Roi de Namur, devenu Procureur général de Liège, Cédric Visart de Bocarmé, n’avait guère mis de bonne volonté pour diligenter le dossier. La présence de la fille de Me Maudoux comme substitut aux côtés de Visart avait poussé la plaignante à porter le dossier devant le Conseil Supérieur de la Justice. Tandis que celui-ci étudie toujours l’affaire, notre petit doigt nous a prévenu que celle-ci devrait passer devant la chambre des mises, entre les 8 et 10 avril prochains. Le dossier n’est donc pas enterré…

milquet - quedub 29-03-09.gifLa phrase de la semaine

« Je ne m’occupe pas d’Ecolo, du PS et du MR. Je ne les critiquerai pas. Les Ecolos, ils sont dans l’opposition, donc ils fédèrent les mécontents, il font rêver. Mais il faut savoir gérer. En 1999, ils étaient à 20%. Quand ils sont sortis du gouvernement, ils étaient à 7%. » (Joëlle Milquet dans La Libre Belgique)

 

CLAUDE JAVEAU: "ON EST PLUS HEUREUX EN BELGIQUE QU'EN HOLLANDE OU EN FRANCE!" (PARIS MATCH 19-03-09)

claude javeau - PM 19-03-09.jpg
Paris Match: Quel regard portez-vous sur la richesse des soixante dernières années, dans le monde ?

Claude Javeau: Elles sont extraordinaires et se divisent en deux sous-périodes. Les "trente glorieuses" d'abord, qui vont jusqu'à 1973: l'état-providence y règne, la prospérité est très forte et les pays se retrouvent sous la coupe des Etats-Unis. Puis, vient la crise du pétrole, avec le chômage qui augmente de manière brutale et l'économie qui domine. Dès la fin des années 70, ce sera le grand tournant néo-libéral du reagano-thathchérisme. On voit ce que cela donne aujourd'hui…

PM: D'autres observations?

CJ: Après la guerre, le fascisme s'écroule. La fin du communisme viendra en 1989, lors de la chute du mur de Berlin. L'équilibre de la terreur s'écroulera avec des guerres périphériques: Viêt-Nam, guerres de libération en Afrique, guerres d'indépendance, guérillas en Amérique latine, abcès de fixation au Proche-Orient…

PM: Il y a aussi l'explosion des nouvelles techniques?

CJ: Les moyens techniques innovants progressent de façon effarante. Par exemple, à l'époque où Paris Match commence en 1949, un ordinateur est une énorme machine qui occupe plusieurs pièces. Actuellement, on peut même en installer un sur un téléphone portable. De même, les grands enregistreurs deviendront des MP3 qu'on met dans sa poche. Toute cela a fait exploser le monde…

PM: Socialement, qu'observe-t-on?

CJ: La post-modernité est caractérisée par la fin de l'autorité. Concrètement, cela donne la négation de la différence générationnelle: un jeune n'accepte plus qu'un plus vieux, comme un prof par exemple, ait une légitimité sur lui. La seule autorité qu'on reconnaisse encore est celle du patronat qui remplace le patriarcat.

PM: Et en Belgique: que retenez-vous comme grands événements ayant touché la société belge ?

CJ: La Belgique de 1945 est comparable à celle de 1830. La seule réelle innovation est le vote des femmes qui, dès les législatives de 1949, imposera des gouvernements homogènes PSC-CVP. À l'époque, l'idée d'une séparation nord-sud est inexistante. Je me souviens d'avoir réalisé une enquête qui mêlait francophones et Flamands. En 2009, ce serait impensable. Viendra alors la première transformation du pays et le clichage de la frontière linguistique, dès les années 60. On passe d'un pays unitaire à une fédération où le Roi est de moins en moins influent.

PM: A cette époque, la Belgique est déjà frappée par la crise?

CJ: Le Sud disposant d'industries de faible valeur ajoutée, le chômage s'y installe en premier lieu. Ajoutez-y que la classe ouvrière est turbulente et vous comprendrez pourquoi les investissements se font surtout au Nord. Bref, la Wallonie s'appauvrit. Dès 1964, la Flandre domine, en richesse, en population et en influence, même si elle conservera toujours un ressentiment par rapport à l'ancienne élite francophone.

PM: Chez nous comme ailleurs, les jeunes montent en puissance?

CJ: Ils sont issus du baby-boom et, avec eux, l'enseignement va se développer. À l'ULB, on est passé de 3.500 étudiants en 1957, à 20.000 aujourd'hui. Ceci ne doit pas nous faire oublier qu'il y a des "déchets": le décrochage des jeunes n'ayant aucune formation.

PM: La Belgique est un des bons élèves de l'Europe?

CJ: Absolument! Et ce, dès la constitution du Benelux. Cela lui vaudra de recevoir chez elle les institutions européennes qui ne devraient plus la quitter. Bruxelles est et restera la capitale de l'Europe.

PM: Comment décrieriez-vous le Belge en général?

CJ: Il est incapable de se valoriser, surtout du côté francophone. Cette observation vaut pour beaucoup de petits pays, mais chez nous, elle est très marquée. Nous préférons la dérision. C'est d'autant plus contradictoire que la Belgique a contribué de manière extraordinaire à la Culture européenne. Qu'il suffise de se rappeler que la "petite" université qu'est l'ULB compte trois Prix Nobel. Personnellement, je ne suis pas honteux de mon passeport.

PM: Si vous deviez citer dix personnalités belges qui ont marqué ces soixante années, quelles seraient-elles et pourquoi ?

CJ: Je citerais, dans le désordre, Georges Simenon qui est, de loin, l'écrivain francophone le plus vendu au monde. Je n'aime pas l'homme, mais c'est un extraordinaire écrivain. Puis, Paul-Henri Spaak dont la stature a dépassé les frontières de son petit pays. Vient ensuite Hergé auquel je préfère pourtant Franquin: je les mets donc ensemble. Même si je ne l'apprécie guère non plus, je n'oublie pas Brel qui fut marquant. Il y a aussi Hugo Claus, du côté flamand: il aurait mérité le Nobel. Le Roi Baudouin a joué un rôle important pour le pays. Rayon politique, il pourrait y avoir Wilfried Martens que je retiendrais pour la durée et qui représente le type même de l'honnête homme. Je n'oublierais pas non plus le père Pire, voire José Van Damme et le "cannibale" Eddy Merckx évidemment…

PM: Vous n'en avez pas cité certains. Sœur Emmanuelle?

CJ: (il sourit) Elle est née en Belgique, mais n'était pas Belge. Je suppose que ce qu'elle a fait était bien. Elle avait un talent fou pour la médiatisation – en duo avec Michel Drucker –, mais je reste persuadé que beaucoup d'autres dans le monde ont fait des choses aussi belles et qu'ils auraient également mérité qu'on parle d'eux.

PM: Le professeur De Duve?

CJ: C'est notre dernier Nobel encore en vie. Il s'agit d'un homme remarquable!

PM: Les Diables rouges?

CJ: (il soupire) Pfft… En 1984, ils furent très bons …

PM: Dirk Frimout?

CJ: C'est un brave homme. "Faire le cosmonaute" lui a permis de devenir baron. C'est un modeste…

PM: Justine Henin?

CJ: Je déteste le personnage. Il est pourtant vrai que, dans un domaine qui n'est pas vital pour l'humanité comme le tennis, elle a bien réussi…

PM: Merckx ne pratiquait pas non plus en métier vital pour l'humanité…

CJ: C'est vrai, mais il incarnait l'obstination belge. Il a également réussi dans la durée. Ensuite, le cyclisme est plus populaire que le tennis. Enfin, il n'a pas la prétention de Justine Henin…

PM: Jean-Luc Dehaene?

CJ: C'est un homme important, mais surtout un monument de grossièreté. S'il existait un Prix Nobel de grossièreté, il l'aurait. Dehaene n'est pas un homme d'Etat, mais un politique remarquablement doué.

PM: Guy Verhofstadt?

CJ: Lui, je l'apprécie parce qu'il incarne une capacité de négocier "à la belge". Les gens l'aiment bien. Il est clean.

PM: Pour en revenir au niveau mondial, dans la liste des figures marquantes soumises au vote, les Belges ont présélectionné Ben Laden parce qu'il est inscrit dans l'histoire noire de ces soixante dernières années. Pour la seule Belgique, qui peut-on retenir dans cette même perspective: Dutroux ?

CJ: Il fut le Belge le plus connu, à un moment donné. Il a créé une incroyable panique au sein de la population, mais après son arrestation, la montagne a accouché d'une souris.

PM: Vous voulez parler de la théorie du grand complot?

CJ: Tout à fait!

PM: Il a pourtant provoqué des bouleversements dans la société belge?

CJ: Oui et non! On ne peut oublier le trait de génie que fut la création de la commission parlementaire. Elle a eu un incroyable effet cathartique sur les Belges. L'affaire Dutroux fut aussi le signal d'un intérêt plus grand pour les faits-divers. Enfin, il y a eu la mise en scène de la Justice avec des avocats qui n'hésitent plus à faire leur publicité: Magnée, Uyttendaele, Misson…

PM: Paradoxalement, si notre existence s'est trouvé de plus en plus enrichie par les progrès au cours de ces soixante dernières années, les gens n'ont jamais semblé si peu heureux. Un décryptage ?

CJ: Tout vient du fait qu'on a remplacé le désir par la jouissance. La société de consommation a fait dériver le désir d'être heureux vers l'accumulation d'objets, des biens qui sont vite périmés On en arrive également à des pratiques narcissiques comme les rencontres morcelées sur le net. L'homme ne parvient pas à créer une collectivité de bonheur: or, il ne peut être heureux tout seul.

 PM: Notre qualité de vie a-t-elle diminué avec le temps ?

CJ: On vit plus heureux en Belgique qu'en Hollande ou en France. Cependant, de manière plus précise, si la qualité de vie de ceux qui en bénéficiaient le plus a diminué, elle a plutôt augmenté, en moyenne. C'était vrai jusqu'au début de la crise que nous vivons. Mais certaines catégories s'accroissent: celles des gens qui sont sous le seuil de pauvreté, ceux qui sont issus de l'immigration…

PM: Pouvez-vous citer des époques où les Belges ont été plus heureux qu'aujourd'hui, au cours de ces soixante années ?

CJ: Souvenons-nous que la Belgique est sortie fort peu abîmée de la guerre. Les Belges furent très heureux entre 1950 et 1970, après l'affaire royale et malgré les grandes grèves. L'Expo 58 a symbolisé ce bonheur. À l'époque, le Belge passait comme étant le petit-bourgeois de l'Europe.

PM: Si vous deviez participer au vote sur "L'homme le plus important du monde", pour qui voteriez-vous et pourquoi ?

CJ: Churchill! Sans lui, ni vous ni moi ne serions pas là. C'était un grand personnage: il incarne la démocratie. De Gaulle, aussi, qui était un personnage étonnant. Puis, selon moi, Jean XXIII: ce petit bonhomme qu'on croyait de transition a bouleversé l'Eglise et a introduit une révolution. Je trouve que Bill Clinton fut un excellent président. Des gens comme Olof Palm, Willy Brandt ou Simone Weill ont également été extraordinaires…

PM: Des observations sur d'autres papes?

CJ: Je note que ni Pie XII ni Paul VI ne figurent dans votre sondage. Quant à Jean-Paul II, ce fut le pape des médias.

PM: Un avis sur le classement actuel: Martin Luther King mène toujours devant Barak Obama, Sœur Emmanuelle et Nelson Mandela qui sont très bien placés. Ce vote, illustré par des figures "saintes", est-il une réaction par rapport à la société injuste que nous vivons actuellement ?

CJ: Le vote en faveur de Martin Luther King correspond à notre époque où l'on récuse les grandes cassures. Quant à Nelson Mandela, il est toujours là. Notez que, parmi ceux que vous citez, figurent trois noirs: il y a peut-être une culpabilité générale de les avoir maltraités.

PM: Peut-on dire que les 60 prochaines années seront plus justes ou bien cette expression n'est-elle qu'une fugace envie d'espoir pour le monde qui, en définitive, ne changera pas ?

CJ: Cela va aller de pire en pire, avec des oppositions de plus en plus importantes. Regardez ce que le Hamas a fait à Gaza: il est parvenu à manipuler Israël de manière à ce que l'extrême droite y monte en puissance. Ceci dit, je ne crois pas que nous allons vivre un grand "clash" de civilisation, mais des conflits locaux qui risquent de dégénérer. Ainsi qu'un accroissement du chômage…

PM: Un avis aussi sur quelques excellents scores : ceux de Christiaan Barnard et Jean-Paul II, alors que Luc Montagnier et Jean XXIII sont moins cités ?

CJ: Barnard fut fort médiatisé et il a inauguré la série des remplacements d'organes. Quant à Montagnier, on n'a toujours pas le remède du virus qu'il a trouvé…

PM: Un avis sur la valeur de ce type de consultation populaire qu'est le sondage de Paris Match?

CJ: Un véritable sondage est basé sur des critères sociologiques normaux. Ici, les votes sont indicatifs, mais pas scientifiques. Il s'agit donc d'un quota. Reste que votre sondage est intéressant en ce qu'il a été réalisé à partir d'un échantillon auto-constitué.

24/03/2009

QUE DU BONHEUR 22-03-09

Sociétés de liquidités: une ingénierie venue de Suède

Ces dernières semaines, les soubresauts de la commission "Fortis" ont fait passer au second plan le travail d'une autre commission, celle des grands dossiers de fraude fiscale. Lundi, elle a entendu une avocate de l'Etat, Me Martine Bourmanne. Au contraire de son confrère Van Buggenhout qui avait refusé de prêter serment et de s'exprimer devant la commission sur la séparation des pouvoirs, l'avocate a accepté de s'exécuter. C'était à huis clos. Or nous pouvons révéler que Me Bourmanne a décrit par le menu son travail depuis 10 ans, en matière de lutte contre les sociétés de liquidités. Celles-ci consistent en un mécanisme frauduleux destiné à l'achat des actions d'une société, vidée de tous ses moyens. La vente se fait avec la complicité des banques. Le comble? L'ingénierie, importée de Suède, est mise au point par de célèbres cabinets d'avocats, dont les patrons peuvent parfois aussi être professeurs d'université, quand ils n'occupent pas en plus un poste en vue au sein de l'appareil judiciaire. Certains robins ont même déjà subi des condamnations. Celles-ci accomplies, ils ont gentiment repris leurs activités délictueuses. Lundi, l'experte a affirmé qu'elle était parvenue à dénombrer 13 réseaux d'acquéreurs et que le montant total de la fraude s'élevait à un milliard d'euros. Dans les prochains mois, quelques grandes affaires de sociétés de liquidités devaient être plaidées…

van gorp - quedub 22-03-09.jpgVan Gorp, un parcours droit comme un vilebrequin

Président du PS schaerbeekois, Eddy Courthéoux est aussi directeur général d'Actiris, ex-Orbem. Dire qu'il espérait profiter d'une retraite bien méritée sur son carabinier en s'en allant sur un coup d'éclat: le colloque pour les 20 ans d'Actiris qui se déroule, mardi et mercredi…  Les élections du juin en ont décidé autrement. Appelé à la rescousse, Courthéoux va devoir jouer les prolongations: sur la liste régionale du PS d'abord, où Charles Picqué lui a demandé de se présenter, et au sein de la section de Schaerbeek que Laurette Onkelinx l'a prié d'encore tenir en main. En cause, les velléités du néo-socialiste Jean-Pierre Van Gorp qui se serait bien vu à la tête de la section, ce qui lui aurait donné du poids pour figurer en bonne place sur la liste régionale. Entré au PS à l'aube des calamiteuses communales de 2006, l'ex-échevin n'y fait pas l'unanimité: certains se souviennent qu'il fut président de l'UDRT à Saint-Josse – ce parti avait conçu le mémorable slogan "Saint-Josse-ten-Marrakesh" –. Par la suite, Van Gorp avait atterri à Schaerbeek sur la liste de Roger Nols, l'"ami" de Jean-Marie le Pen, invité en héros dans la cité des Anes. Bref, le rappel de ce parcours droit comme un vilebrequin n'invite pas à l'optimisme pour ce la présidence du PS schaerbeekois que vise l'humaniste Van Gorp…

guillon - quedub 22-03-09.gifGuillon perd son calme au 140

Stéphane Guillon n'est pas prêt d'oublier sa première à Bruxelles. C'était vendredi soir, au théâtre 140, et celui qui s'autoproclame "la langue de pute de France Inter" fut contraint d'arrêter son spectacle à d'innombrables reprises. Soit que, sur scène, le son lui revenait en écho, ce qui l'empêchait de se concentrer, soit que, dans la salle, des spectateurs hurlaient pour lui faire comprendre qu'ils n'entendaient rien. À chaque coup, Guillon s'excusait, regrettant ce gigantesque couac et expliquant qu'il avait procédé, une heure durant, à une balance du son. Lors d'une de ces coupures involontaires, on le sentit même à deux doigts de péter un câble et de quitter définitivement la scène, qualifiée par lui de "silo à grains". Il se reprit pourtant, se demandant si ce sale coup n'avait pas été ourdi par les Renseignements généraux, sur ordre de Sarkozy qui venait de participer à un sommet européen, à deux pas de là. Fort bien. Cependant, à la fin du spectacle, la direction de la salle donna une tout autre version pour expliquer la médiocrité du son: ayant raté son train, Guillon était arrivé trop tard pour procéder à la balance. De quoi rendre un peu factices ses multiples accès de colère…

vrebos - quedub 22-03-09.jpgLa phrase de la semaine

"Renseignements pris, la gamme s'échelonne entre 350 et 1.000 euros pièce, ce qui fait quand même cher la canette (vide). Et si, par malheur, cet art ne se vendait pas? Resterait un terrible dilemme: bulle verte ou sac bleu," (Le Vif, à propos de l'exposition "Déchettisme" de Pascal Vrebos)