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09/03/2009

DIDIER REYNDERS: "JE SAIS QUE JE SUIS L'HOMME A ABATTRE!"

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La Dernière Heure : L’accord intervenu sur Fortis est le bon ?

Didier Reynders : Au sein du gouvernement, nous avons réfléchi à ce qui était possible et je crois que la solution trouvée est la bonne : pour les épargnants, pour le personnel…

DH : Le PS « prend acte » de la solution…

DR : J’ai lu le communiqué du Parti Socialiste : on y parle un peu comme si la décision avait été prise par d’autres. Toute la différence est là : Yves Leterme, puis Herman Van Rompuy, ont aidé à trouver une solution, tandis que le PS, lui, prend acte. Et pourtant, Madame Onkelinx a travaillé à la solution. C’est même elle qui a demandé que se déroule l’ultime kern, vendredi après minuit…

DH : N’y avait-il pas d’autres solutions que BNP Paribas ?

DR : L’Etat ne peut tout mettre dans le secteur financier. Certes, le Premier ministre a dit que le « stand alone » était possible. Mais il faut savoir à quel prix ? Il n’est pas question que la Belgique prenne trop de risques…

DH : Pour vous, BNP était la meilleure solution ?

DR : Pour moi, oui ! Et pour certains actionnaires, il s’agit peut-être de la moins mauvaise.

DH : Maître Modrikamen dit qu’il lui reste des cartouches…

DR : C’est le combat de sa vie. Il ne changera plus d’avis.

DH : Vous semblez confiant…

DR : Nous avons négocié avec le CA dont les membres avaient été élus à une très large majorité. Si, au début de l’affaire Fortis,  l’émotion a été forte au sein de la population, je n’ai pas varié dans mes choix et je crois que les gens commencent à comprendre. Ils en ont par-dessus la tête…

DH : Que visez-vous ?

DR : Je songe à Fortis, mais aussi à d’autres dossiers comme l’enseignement, la formation… Ce seront les débats de base de la campagne.

DH : Vous êtes certain qu’ils ne seront pas occultés par les suites de l’affaire Fortis ou par d’autres sujets ?

DR : Les débats sur les thèmes que j’évoque auront bien lieu. Il va falloir discuter de la manière de mieux valoriser l’enseignement, mais aussi de la plus grande autonomie à octroyer aux directeurs d’écoles, de la dépolitisation des places dans les crèches. Sans oublier l’emploi. Je lis que Madame Milquet « veut » le poste de l’enseignement, dans le prochain gouvernement. Mais elle l’a ! Et qu’a-t-elle fait ? Les gens le savent fort bien…

DH : Les premiers échos de la campagne en témoignent : vous êtes l’homme à abattre…

DR : Je me souviens qu’en 2007, les présidents de parti refusaient de débattre avec moi. Au PS, j’avais régulièrement Laurette Onkelinx face à moi, et au CDH, André Antoine. Cela ne nous a pas empêchés de remporter les élections. L’électeur a choisi et c’est lui qui choisira en juin prochain.

Le PS, incapable de gérer ses crises internes

DH : A Huy, le MR vient d’être rejeté dans l’opposition…

DR : Depuis que la MR, Isabelle Lissens, était devenue bourgmestre, on n’a plus entendu parler de Huy. Avant cela, cette ville était ingérable : comme Charleroi…

DH : Ne percevez-vous pas votre mise à l’écart à Huy comme un signe funeste ?

DR : Je le prends surtout comme le signe de l’incapacité du PS à gérer ses crises internes.

DH : C’est un problème de gouvernance ?

DR : Totalement ! Comme en Région wallonne et en région bruxelloise. L’accord qui vient d’intervenir à Huy réunit le PS et l’opposition qui étaient, jusqu’alors, en bagarre totale. Dans toutes les négociations qu’il y a eu, on n’a parlé que de nombre de postes, de jeux d’influence… jamais de projets ou de dossiers.

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