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22/02/2009

ROBERT WTTERWULGHE, A PROPOS DE LA CRISE DE l'AUTOMOBILE: "NOUS N'AVONS RIEN VU VENIR!" (DH 17-02-09!

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En janvier, avec 355.000 voitures neuves vendues en moins, la perte est de 27%, par rapport à 2008. Aucun des 28 pays étudiés n'échappe à ce recul. Nous avons demandé son analyse à Robert Wtterwulghe, professeur d'économie à l'UCL.

La Dernière Heure: Pourquoi l'automobile est-elle si touchée?

Robert Wtterwulghe: C'est un des meilleurs indicateurs de dépenses des ménages et de consommation. Les autres secteurs ont un effet-retard et ralentissent plus lentement. Autre caractéristique, la visibilité du secteur auto et le fait qu'il compte le plus d'emplois en Europe…

DH: En quoi cette baisse peut-elle se révéler grave?

RW: Dans le secteur automobile, un employé qui se retrouve au chômage entraîne quatre et demi, voire cinq autres travailleurs, provenant surtout de PME.

DH: Pourquoi la Belgique est-elle à ce point frappée?

RW: Notre seule valeur ajoutée est la qualité de nos ouvriers. Il n'y a plus de créativité et d'innovation: il suffirait de démonter nos usines et de les reconstruire ailleurs. De plus, les constructeurs préfèrent fermer des usines en Belgique que chez eux.

DH: Pourquoi n'a-t-on rien fait?

RW: Nous n'avons pas vu venir. Le problème se poserait sans la crise. Il y a déjà eu Renault Vilvorde, VW Forest, Ford Genk…

DH: La Flandre est aussi touchée?

RW: Récemment, le ministre-président flamand, Kris Peeters, a attiré l'attention sur le fait que sa région ne pouvait se sauver seule et qu'il fallait trouver des outils, au niveau de l'Europe. C'est un revirement…

DH: Où le bât blesse-t-il?

RW: En Europe, il n'existe pas de politique économique et chaque état a tendance à jouer seul. C'est le sauve-qui-peut.

DH: Que faire?

RW: Toute l'Europe est attaquée et, de plus, le marché européen est interdépendant: si un pays tombe, les autres ressentiront la secousse. Il faut organiser une politique globale, en analysant les coûts et en décidant des sites qu'il vaut mieux fermer. Cela permettra une politique homogène. Un peu comme la CECA…

DH: Plus généralement, que faut-il faire pour que les travailleurs restent dans les entreprises?

RW: Celles-ci doivent être performantes, sans être subsidiées par l'Etat. On peut augmenter les salaires en diminuant les coûts. Sait-on qu'un travailleur qui gagne un 1 € coûte 2,4 € à l'entreprise? Pour diminuer ce chiffre, il convient de baisser le circuit de distribution de la sécurité sociale et d'éviter les structures parasites.

DH: La qualité de notre sécurité sociale n'en pâtira-t-elle pas?

RW: Je vais faire hurler dans les chaumières, mais la privatisation est une solution. On pourrait aussi "pomper" sur les plus gros salaires…

Commentaires

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Écrit par : maxosize en pharmacie | 08/10/2014

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